[375] Des tensions sur fonds de crises

Marta Minujin

« Pour la première fois, la très politique manifestation d’art contemporain [Documenta] se déroule entre Grèce et Allemagne. Un geste fort alors que perdurent les tensions entre Europe du Nord et du Sud, sur fond de crises économique et migratoire. […] Au sol, un tapis d’olives, vestige d’une performance de Marta Minujín. Au musée d’Art contemporain d’Athènes [EMST], la provocatrice artiste argentine paye la dette grecque en olives à une Angela Merkel fantoche le jour de l’inauguration de la Documenta. Cet été à Kassel, en Allemagne, elle reproduira un Parthénon grandeur nature tout entier constitué de livres interdits à un moment de l’histoire. Sur la Friedrichplatz, à l’endroit même des autodafés nazis. Le ton de la 14e Documenta est donné, politique et plutôt beaucoup moins clownesque que cette performance inaugurale. A l’heure de l’euroscepticisme, Athènes et Kassel ont travaillé ensemble pendant trois ans pour imaginer la mythique exposition quinquennale d’art contemporain qui s’ouvre cette année, exceptionnellement, dans la capitale grecque ». « Tout est fait pour que l’on perde le nord, selon le souhait du directeur artistique nommé en 2013, le Polonais Adam Szymczyk, curateur star et ex-directeur de la Kunsthalle de Bâle ».

« Des fusions entre artistes, il y en a. C’est un phénomène où création et intimité se forgent par intérêt et par passion. […] Les plus célèbres « mystères » sont sans doute ceux qui, à Venise vers 1500, unirent Giorgione à Titien et, à Paris avant la guerre de 1914, Braque et Picasso : par la qualité des artistes, par le lien gémellaire qu’ils développèrent assez pour qu’on ne sache à qui accorder telle ou telle œuvre. Ce genre d’union n’arrive pas n’importe quand ni n’importe où. Comme le dit Elie Faure à propos de la Renaissance italienne, « c’est aux époques d’anémie nationale que l’artiste s’entoure de retranchements. Quand la vie a cette exubérance, elle ne s’aperçoit pas de ses emprunts ». On y pense en circulant dans les sept salles que la National Gallery consacre à l’histoire commune de Michel-Ange et de Sebastiano del Piombo. Il y a ici quelques chefs-d’œuvre, dont les deux Michel-Ange inachevés du musée. Leur classe soudain mise en valeur vous mord le corps entier. Ce doit être ça, la beauté : des silhouettes et des drapés qu’on ne regarde jamais d’assez bas pour se sentir monter. Avec quelques autres, ces tableaux justifient le voyage à Londres », écrit Philippe Lançon dans Libération. A la National Gallery, jusqu’au 25 juin 2017.

Pendant plus d’un siècle, une écrasante majorité d’États ont interdit à leurs citoyens de posséder deux passeports. La double allégeance évoquait alors la trahison, la subversion, l’espionnage. Si plus de la moitié des pays du monde sont revenus sur cette interdiction, les binationaux demeurent souvent l’objet de méfiance, comme le montre en France le cas des Franco-Algériens. Depuis quelques années, la binationalité fait débat en de multiples endroits du globe. Dans un contexte de surenchères identitaires et de tensions géopolitiques, elle est appréhendée comme un danger pour les cohésions nationales. Pour mémoire, est binational celui qui possède une ou deux nationalités, voire davantage. Dans une étude publiée en 2008, l’Institut national d’études démographiques [INED] rappelle que « le droit français autorise la double nationalité et n’exige pas qu’un étranger devenu français renonce à sa nationalité d’origine ». L’organisme relève aussi que, si l’on sait que « plus de 40 % des immigrés vivant en France sont de nationalité française, et que 95 % des enfants d’immigrés nés en France sont également français », en revanche « on connaît mal les situations de double nationalité ».

La Corée du Nord a annoncé lundi 10 avril qu’elle riposterait à tout mouvement militaire des Etats-Unis. La marine américaine a envoyé l’un de ses porte-avions, l’USS Carl Vinson, dans la péninsule coréenne. « Nous tiendrons les Etats-Unis complètement responsables des conséquences catastrophiques qui seraient liés à leurs actions scandaleuses », a prévenu un porte-parole du ministère des affaires étrangères. « Le déploiement insensé américain pour envahir la République populaire démocratique de Corée a atteint une phase préoccupante », a ajouté le porte-parole, cité par l’agence officielle KCNA. La nation dirigée par Kim Jong-Un « est prête à réagir, quel que soit le type de guerre voulu par les Etats-Unis », a-t-il poursuivi, précisant que « nous prendrons les mesures de contre-attaque les plus fermes contre les provocateurs, afin de nous défendre par la voie des armes ».

La capitale espagnole a accueilli ce lundi 10 avril le troisième « Med 7 » regroupant les pays du sud de l’Union européenne. C’est maintenant un rendez-vous régulier au sein de l’Union européenne. Après leur appel au soutien de la croissance en septembre dernier à Athènes, leur prise de position à Lisbonne en faveur d’un fonds monétaire européen fin janvier, les chefs d’État du sud de l’UE se sont de nouveau réunis en sommet ce lundi 10 avril. À Madrid cette fois. Pour exposer leur vision de l’Europe après le Brexit, mais aussi évoquer d’autres thèmes comme la politique économique et sociale ou encore les questions de défense. Les chefs d’État ont exprimé leur confiance et leur soutien au négociateur désigné par l’UE pour négocier le départ du Royaume-Uni de l’Union européenne. « Tout d’abord le retrait doit être négocié et ensuite on parlera de l’avenir », a déclaré Mariano Rajoy, pour conforter la ligne fixée à 27. Mais l’Espagnol a aussi insisté sur les droits des citoyens à l’issue du Brexit. En effet, l’imbrication des enjeux est très étroite entre la Grande-Bretagne et les pays méditerranéens.

Depuis vingt-cinq ans, plus de 130 millions d’hectares de forêt sont partis en fumée ou ont été arrachés, remplacés par des villes ou des terres agricoles. Le Brésil arrive largement en tête des pays les plus déboisés ces vingt-cinq dernières années, devançant l’Indonésie, pourtant soumise chaque année à d’intenses feux de forêt. C’est l’urbanisation galopante, mais surtout l’agriculture intensive qui sont responsables de la déforestation à travers le monde. Cependant, le rythme des défrichages ralentit depuis 2015, selon la FAO.

Ce lundi 10 avril, l’ensemble des examens en France métropolitaine et dans les départements et collectivités d’Outre-mer a été annulé, à cause du cyclone Cook qui frappe actuellement la Nouvelle-Calédonie. « Pour garantir l’équité entre tous les candidats partout sur tout le territoire, le ministère de l’Education nationale a décidé le report de toutes les épreuves écrites des concours convoquées ce lundi 10 avril », a annoncé le ministère dans un communiqué. Une annulation qui concerne notamment l’ensemble des épreuves du concours d’enseignement [le Capeps] ainsi que l’épreuve de géographie de l’Ecole Normale Supérieure.

Le sentiment d’insécurité des Français reste à un niveau très élevé. Les études ont beau indiquer que l’insécurité baisse en France, en tout cas au domicile et dans le quartier, le sentiment d’insécurité, lui, perdure. Il provient autant de la menace terroriste que des incivilités quotidiennes, selon une étude réalisée par l’Ifop pour le think tank Synopia sur « les Français et les enjeux de sécurité », et seuls 17 % des sondés considèrent « ne pas se sentir spécialement en insécurité ». La faute à la menace terroriste, désignée par 33 % des interviewés comme « la principale source » de cette inquiétude. Un chiffre qui grimpe à 39 % chez les femmes et culmine à 41 % chez les 18–24 ans. « Il est intéressant de voir comment les deux registres de la menace, celle du terrorisme en haut et celle de l’incivilité en bas, font système et convergent vers ce qui peut se résumer à une crainte grandissante de l’autre », analyse le sociologue Alain Mergier. Point positif de l’étude : 37 % des sondés se disent prêts à « faire un effort personnel pour être plus courtois au quotidien, dans la rue ou au volant ». Chiche !

A Fleury-Mérogis, au sud de Paris, les surveillants pénitentiaires de la plus grande prison de d’Europe ont bloqué ce lundi soir 10 avril l’accès à l’établissement. Ils dénoncent leurs conditions de travail devenues de plus en plus difficiles. Cette action est organisée après l’agression de six de leurs collègues jeudi 6 avril, au cours d’une bagarre entre détenus mineurs, un évènement qui a mis le feu aux poudres. A la surpopulation s’ajoute un manque d’effectif. En moyenne, à Fleury-Mérogis, il y a un surveillant pour 100 détenus. « Un personnel ne peut pas gérer 100 détenus. C’est matériellement impossible. Le ratio, il faut le ramener à un seuil de normalité. Il faut peut-être un surveillant pour 50 ou 60 détenus », propose Didier Kandassamy, du syndicat Force ouvrière, qui y travaille depuis dix-sept ans. Un rendez-vous de l’intersyndicale et de l’administration pénitentiaires est prévu ce mardi 11 avril. Les syndicats organiseront une « marche des oubliés de la République » dans la ville de Fleury-Mérogis.

Un incendie, visible à des kilomètres à la ronde, a ravagé le camp de Grande-Synthe [Nord] lundi 10 avril. Environ 1 500 migrants, principalement des Kurdes irakiens, y vivaient, dans quelque 300 cabanons en bois. Venu sur place dans la nuit, le préfet du Nord Michel Lalande a évoqué la « fin » du camp réduit à « un amas de cendres ». « Il sera impossible de remettre des cabanons à la place de ceux qui existaient auparavant », a-t-il ajouté. Le Centre opérationnel d’incendie et de secours [Codis] du Nord a précisé que les flammes avaient fait au moins une dizaine de blessés et détruit une vingtaine de chalets. « A ce que je peux voir par moi-même, tout a brûlé. Il reste une cuisine communautaire et le point d’information. Mais il est impossible de parcourir tout le camp et donc de se faire une idée précise de l’étendue des dégâts », a déclaré Olivier Caremelle, directeur de cabinet du maire [EELV] Damien Carême, qui en collaboration avec MSF avait construit et ouvert ce camp en mars 2016.

En 1792 pages, L’Encyclopédie des migrants réunit 400 lettres d’exilés, adressées à un de leurs proches au pays. Un ouvrage monumental, conçu par l’artiste Paloma Fernández Sobrino. Des lettres adressées depuis huit villes européennes à des proches, restés au pays. Il y a dix ans, L’Âge de la tortue a proposé à Paloma Fernández Sobrino de vivre en immersion dans le quartier populaire du Blosne, à Rennes. « Très vite, le sujet des migrations s’est imposé à moi, car en tant que migrante, née dans La Mancha, en Espagne, j’avais plein de choses à dire, raconte-t-elle. L’auteure va collecter de nombreuses correspondances, terreau d’un savoir nouveau fondé sur l’intime et l’individuel. Inspiré de L’Encyclopédie des Lumières, son ouvrage documente la migration. Ces lettres manuscrites, écrites en 74 langues maternelles, sont accompagnées de portraits photographiques, de textes de chercheurs en sciences humaines, et traduites dans l’une des quatre langues [français, espagnol, portugais, anglais] de cet ouvrage. La version numérique [www.encyclopedie-des-migrants.eu/digital], gratuite, offre également un film documentaire, la méthodologie et un mode d’emploi pédagogique.

L’astreinte de 3000 euros par jour imposée par la justice a atteint son objectif : l’office HLM du département Treize habitat vient de voter lors d’un conseil d’administration extraordinaire la réintégration de son ex directeur, Bernard Escalle, révèle TPBM. Celui-ci avait été licencié par deux fois sur décision de l’ancien président, l’élu socialiste Christophe Masse. À chaque fois, les tribunaux administratifs avaient estimé que cette éviction ne s’était pas faite dans les règles. Comme il ne peut y avoir deux directeurs généraux dans une même structure, celui choisi par l’actuel président Lionel Royer-Perreaut [LR], Eric Taverni, quitte donc ses fonctions. S’il ne souhaite pas travailler durablement avec Bernard Escalle, Lionel Royer-Perreaut devra trouver un accord amiable avec lui. Des discussions, portant sur l’indemnité de départ consentie au directeur, avaient été ouvertes au début de son mandat en 2015, sans succès.

Aix-Marseille Université a été retenue et subventionnée par l’Etat pour élargir les horaires de ses bibliothèques le soir et le samedi matin. Les campus de médecine, droit et lettres à forte fréquentation ont été sélectionnés dans le cadre d’un plan national. Avec 72 000 étudiants et 4 500 places assises, Aix-Marseille-Université [AMU] se situe en deçà des besoins. Raison sans doute pour laquelle son projet présenté dans le cadre du plan national « Bibliothèques ouvertes + » a été retenu et subventionné par le ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur. Il permet d’élargir les horaires les soirs de semaine de 8h à 21h et en période de révision jusqu’à 22h le soir, et le samedi matin. La BU médecine à Marseille a été la première à tester ce dispositif avec une première nocturne lundi dernier. D’autres BU actuellement concernées par des projets de rénovation entreront dans le dispositif dans les mois à venir. Après la BU de Lettres à Aix-en-Provence en septembre 2017, l’extension des horaires concernera en janvier 2018, le droit à Aix.

Il aura fallu une délocalisation de la rencontre à Marseille, dimanche en lever de rideau de Toulon-Toulouse, pour que Provence Rugby retrouve le chemin du succès face à Tarbes [27 à 23]. Les observateurs ont noté une très bonne première période des noirs qui semblent avoir levé le pied par la suite malgré le nombre de supporters qui ne cessait de croître puisque, débutée devant 3 000 personnes environ, la rencontre s’est terminée devant plus de 10 000 personnes. Délocalisation totalement réussie et une première qui a redonné un peu le moral aux dirigeants et au staff technique aixois. Reste maintenant à affronter le plus dur : la phase finale. Sans cette série maudite des cinq défaites enregistrées lors des cinq rencontres précédentes, Provence Rugby aurait pu accéder directement en Pro D2, comme l’a fait Massy dimanche. Prochaine rencontre à Maurice David, demi-finale aller, le 22 ou le 23 avril [à définir].

Bonne journée

Mathieu Grizard

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