[377] Où l’air est bleu

Yves Klein | Monochrome bleu sans titre (IKB 27) c. 1957 | © Succession Yves Klein, ADAGP, Paris / SAVA, Buenos Aires 2017

Yves Klein a inventé un bleu fulgurant, plus intense que la fusion du ciel et de la mer. Avec cette couleur hypnotique, Klein a créé des tableaux monochromes, et l’a utilisée sur le corps des mannequins nues qu’il a apposés contre des tissus pour y imprimer l’effet du vent et de la pluie. Ce bleu qui le fascinait et en a fait l’un des plus grands artistes européens de l’après-guerre l’a aussi empoisonné lentement, par la toxicité élevée du polyester avec lequel il mêlait le pigment original. Sa mort précoce — d’un troisième infarctus à 34 ans — a interrompu une très brève production artistique, prolifique, de plus de 1.200 œuvres. Une sélection soignée de 70 d’entre elles, dont les premiers monochromes de 1955, et d’une centaine de documents personnels des Archives Klein font partie de la rétrospective Yves Klein [Nice 1928- Paris 1962] que l’on peut voir à la Fondation Proa, à Buenos Aires, jusqu’au 31 juillet 2017.

Lors d’une présentation au MAMAC [Musée d’art moderne et d’art contemporain de Nice] le 11 avril 2017, un homme s’est littéralement plongé dans l’une des œuvres d’art exposée. Apparemment subjugué par le discours de Christian Estrosi, [premier adjoint de la cité, président de la métropole Nice Côte d’Azur et/ou président du Conseil régional Provence Alpes Côte d’Azur ?] qui prenait la parole pour annoncer l’exposition estivale de Nice, l’homme a malencontreusement marché sur une œuvre de l’artiste niçois Yves Klein, composée de pigments purs. L’histoire ne dit pas s’il tentait en réalité de rendre hommage à Yves Klein, qui aimait badigeonner ses modèles de bleu afin d’étaler la couleur sur un support. La municipalité a rapidement indiqué que « les dégâts avaient été réparés ».

Des scientifiques ont révélé ce mercredi 12 avril pourquoi les lacets de nos chaussures se défont quand nous marchons. « Les nœuds de lacets se dénouent en quelques secondes, souvent sans signe annonciateur », remarquent des ingénieurs en mécanique dans une étude publiée dans la revue britannique Proceedings of the Royal Society A. La mécanique de ce processus n’avait jamais été étudiée avant qu’un trio d’ingénieurs de l’université de Californie à Berkeley ne relève le défi. En étudiant les images d’un chercheur sur un tapis de course, ils ont relevé deux forces distinctes responsables du « délaçage » de ses chaussures. Pour commencer, le choc du pied avec le sol a pour effet de détendre le nœud. Puis le balancement de la jambe fait glisser la boucle. Le tout agissant « comme une main invisible, desserrant le nœud et ensuite tirant sur les extrémités de vos lacets jusqu’à ce que tout se déroule », expliquent les chercheurs dans un communiqué.

En Iran, l’ancien président Mahmoud Ahmadinejad a soumis sa candidature à l’élection présidentielle du 19 mai afin de soutenir « la candidature » de son ex-vice-président, Hamid Baghaie, qui s’est également enregistré mercredi, rapportent, mercredi 12 avril, les médias d’Etat. La décision du conservateur Mahmoud Ahmadinejad, qui a été président de 2005 à 2013, de soumettre sa candidature est perçue comme un défi lancé à l’autorité de l’ayatollah Khamenei. En septembre 2016 déjà, M. Ahmadinejad avait annoncé qu’il ne serait pas candidat après une intervention de l’ayatollah Khamenei, le dissuadant de l’être. Le guide avait affirmé qu’il fallait éviter une « bipolarisation nocive » dans le pays. « Le guide suprême m’a conseillé de ne pas participer à l’élection, ce que j’ai accepté […]. Je respecte ma parole. Mon enregistrement vise simplement à soutenir la candidature de mon frère Hamid Baghaie », a déclaré M. Ahmadinejad, mercredi, immédiatement après l’enregistrement de sa candidature. Cette candidature doit encore être validée par le Conseil des gardiens de la Constitution, sorte de conseil constitutionnel qui vérifie la fidélité des candidats aux idéaux révolutionnaires. Les conservateurs ont désigné Ebrahim Raisi, un proche du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, pour tenter d’empêcher le modéré Hassan Rohani d’obtenir un second mandat de quatre ans lors de ce scrutin.

La politique menée par le premier ministre hongrois, Viktor Orban, est dans le viseur de la Commission européenne. Lors de sa réunion hebdomadaire, mercredi 12 avril, l’exécutif européen s’est penché sur une série de réformes ainsi que sur un projet d’encadrement du financement « étranger » des ONG, qui ont jeté un froid entre Bruxelles et le souverainiste Orban. Ces « développements ont soulevé l’inquiétude générale quant à leur compatibilité avec le droit de l’Union européenne et les valeurs communes sur lesquelles l’UE est basée », a rappelé la Commission. Cette dernière estime qu’à ce stade, il n’existe « pas de menace systémique pour l’Etat de droit en Hongrie », selon les termes de son vice-président Frans Timmermans. Toutefois, l’instance, garante des traités et de l’application du droit au sein de l’UE, pourrait lancer dès la fin du mois des procédures d’infraction à l’encontre de Budapest.

Alors qu’à Moscou, le président russe Vladimir Poutine recevait durant près de deux heures le secrétaire d’Etat américain, Rex Tillerson, dans un climat tendu sur fond de crise syrienne, la Russie a opposé son veto à une résolution du Conseil de sécurité afin de protéger le régime de Damas, mercredi 12 avril. C’est la huitième fois depuis le début de la guerre en 2011 que Moscou bloque toute action de l’ONU contre son allié syrien. Le projet de résolution présenté par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France demandait une enquête internationale et la coopération de Damas sur l’attaque chimique de Khan Cheikhoun, imputée au régime de Bachar Al-Assad. La résolution devait apporter le soutien de la communauté internationale aux enquêteurs de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques [OIAC]. Le texte exigeait notamment que les autorités syriennes fournissent les détails des activités militaires de son armée le jour de l’attaque, ainsi que les noms des commandants des escadrons aériens, et donnent un accès aux bases aériennes. Parmi les quinze membres du Conseil, la Bolivie a également voté contre le texte, dix se sont prononcés pour et trois se sont abstenus [Chine, Kazakhstan, Ethiopie].

Une start-up de San Francisco, Blendoor, vient de publier une étude sur la diversité — place des femmes et des minorités ethniques, politiques de recrutement et de ressources humaines [égalité salariale, LGBT etc.], carrières internes… — dans 138 grandes entreprises « tech » des Etats-Unis. Le résultat est peu flatteur globalement, mais certaines entreprises font nettement mieux que d’autres. Parmi les meilleurs, HP [notée 87/100], PayPal [82], et quatre ex-aequo [80] — Apple, Cisco, Intuit et Yelp [notation en ligne de commerces et d’entreprises] ont les équipes les plus diversifiées et les stratégies les plus « inclusives ». Elle souligne que « beaucoup de ces entreprises n’ont aucune minorité représentée à leur conseil d’administration ou dans leur équipe de direction ».

Les cinquante plus grandes entreprises américaines stockeraient près de 1 600 milliards de dollars [plus de 1 500 milliards d’euros] dans des paradis fiscaux. Objectif : réduire leurs impôts aux États-Unis. C’est ce que conclut une étude de l’organisation anti-pauvreté Oxfam America, publiée mercredi 12 avril. Ces firmes créent des filiales dans des pays à la fiscalité avantageuse [« places offshore »], afin d’optimiser leurs finances ou de réduire leurs impôts dans leur pays d’origine. Apple arrive en tête du classement avec l’équivalent de 189 milliards d’euros stockés offshore, suivi de près par les laboratoires pharmaceutiques Pfizer [183 milliards d’euros]. Le groupe informatique Microsoft arrive en troisième position, avec 117 milliards d’euros. Les États-Unis sont l’un des pays industrialisés où l’impôt sur les sociétés est le plus élevé : 35 % au niveau fédéral. Les filiales offshore permettent aux entreprises de se soustraire à cette forte taxation. Selon Oxfam, grâce à ce système, les cinquante plus grandes compagnies américaines sont en réalité taxées à 25 %.

Publiée mardi 11 avril, l’étude intitulée « Les impôts sur les salaires 2017 » confirme que la France figure toujours parmi les pays de l’OCDE où la pression fiscale sur les salaires est la plus élevée. « C’est le cas depuis des années, commente François Ecalle, ancien conseiller maître de la Cour des comptes et fondateur du site d’analyse des finances publiques Fipeco. En France, en 2016, pour un couple marié avec deux enfants et ne disposant que d’un seul salaire moyen, le poids de ces prélèvements a représenté 40 % du coût du travail. C’est plus que la moyenne des pays étudiés [26,6 %]. Il s’agit surtout du plus fort taux de l’OCDE, devant la Finlande [39,2 %], l’Italie [38,6 %] et la Belgique [38,6 %]. On est loin des pays où le taux effectif d’imposition pour les familles est le plus faible, comme la Nouvelle-Zélande [6,2 %], le Chili [7 %] et l’Irlande [8,3 %]. Si l’on considère la pression fiscale pour un célibataire sans enfants rémunéré au salaire moyen, c’est la Belgique [54 %] qui passe en tête du podium, suivie de l’Allemagne [49,4 %], de la Hongrie [48,2 %] et de la France [48,1 %]. Les pays où elle est la plus faible sont, là encore, le Chili [7 %] et la Nouvelle-Zélande [17,9 %], suivis par le Mexique [20,1 %].
Et si on parlait aussi des services [publics] qui vont avec ?

La France travaille peu [1 467 heures en moyenne, par an et par travailleur], mais elle ne fait pas figure d’exception en Europe. Quatre pays travaillent moins que nous en moyenne : l’Allemagne [1 368 heures], la Norvège [1 418 heures], les Pays-Bas [1 422 heures] et le Danemark [1 455 heures]. Le Luxembourg est proche avec 1 507 heures. D’autres travaillent évidemment beaucoup plus que nous en moyenne [1 658 heures au Royaume-Uni et plus de 1 800 heures au Portugal et en Grèce]. D’abord, la France a davantage de congés payés et de jours fériés que certains autres pays de l’OCDE. Et en France, 19 % des salariés travaillent à temps partiel, contre 26% au Royaume-Uni, et même 29 % en Allemagne. Cela tire vers le bas la moyenne des heures travaillées par personne sur l’année.

A l’approche de la présidentielle, une plateforme citoyenne baptisée Alter-Votants propose aux Français déçus ou indécis de donner leurs voix à des étrangers vivant sur le territoire. A première vue, l’idée peut sembler curieuse. Elle a même sûrement de quoi attiser la colère des frontistes. Pourtant, le concept défendu par le collectif Alter-Votants voit depuis quelques jours son nombre d’inscriptions fortement progresser. Lancée en janvier dernier, cette plateforme citoyenne permet de mettre en relation des Français indécis, voire déçus par le système électoral actuel, avec des étrangers vivant sur le territoire et souhaitant faire entendre leur voix, lors du prochain scrutin présidentiel. Plus qu’une action contre l’abstention, Alter-Votants vise d’abord à replacer la question du droit de vote des étrangers dans le débat public. Un thème qui n’a, jusqu’à présent, pas été débattu, voire évoqué, pendant la campagne.

Jamais le nombre d’indécis n’aura été aussi important à la veille d’une élection présidentielle. Nombre d’électeurs se retrouvent ainsi dans la position de l’âne de Buridan. « L‘âne de Buridan est une fable philosophique célèbre, attribuée au philosophe scolastique Buridan et mettant en scène un âne qui se laisse mourir de faim, faute d’avoir pu choisir entre un plat d’avoine et un seau d’eau. C’est, contrairement à ce que l’on croit généralement, une preuve par l’absurde que, dans la réalité le choix se fait toujours, et qu’il y a un dynamisme de l’acte indépendant de tout motif objectif. La fable de Buridan est donc un cas d’étude sur le libre-arbitre en philosophie ».

Depuis ce mercredi matin 12 avril, l’État organise la répartition sur l’ensemble du territoire des personnes sinistrées après la destruction du camp de Grande-Synthe dans la nuit de lundi à mardi. Au total, 1341 personnes avaient été comptabilisées dans ce camp le 6 avril, selon les chiffres du gouvernement. Dans un communiqué commun, la ministre du Logement et le ministre l’Intérieur, Matthias Fekl, ont annoncé qu’ils demanderaient aux préfets « d’accélérer la mise à disposition de places en Centres d’Accueil et d’Orientation [CAO] ». « L’objectif est de pouvoir accueillir rapidement toutes les personnes sinistrées sur tout le territoire français et leur permettre d’entrer dans le parcours de la demande d’asile », ont-ils indiqué.

Un petit Mistral reprend ce jeudi 13 avril en matinée, et pousse quelques rafales de Nord jusqu’à 60 ou 70 km/h de la vallée du Rhône aux portes de Toulon. Le soleil sera généreux pour cette fin de semaine et pour le début de la semaine prochaine. Le mistral reste présent et les températures maximales oscilleront autour de 20 à 23°.

Bonne journée

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