[393] Au bord des Mondes

Johann Gottfried Schadow | Quadrige de la porte de Brandebourg [1793] pillé par Napoléon [1806] pour l’installer à Paris.

L’Irak et la Syrie ravagés sont actuellement le théâtre d’un trafic intense d’œuvres d’art, qui contribuent notamment aux finances de Daech, de l’Etat Islamique. Le cas de la merveilleuse Palmyre martyrisée a frappé spécialement les esprits, mais c’est de bien d’autres lieux que proviennent des objets d’art qui ont été spoliés et qui viennent irriguer les marchés internationaux au profit de marchands et d’acquéreurs peu scrupuleux. L’art comme butin, tel est le thème de l’émission de France Culture ce samedi matin 29 avril, avec le concours de Bénédicte Savoy, qui vient d’être élue, brillamment, à 44 ans, au Collège de France, sur une chaire consacrée à l’histoire du patrimoine artistique en Europe du XVIIIe au XXe siècle. Elle vient de prononcer sa leçon inaugurale, le 30 mars dernier, sous le titre « objets du désir, désirs d’objets ». Ses travaux portent sur l’histoire culturelle, sociale et politique des arts.

Curieux croisement que celui d’un château du XVIe siècle avec de l’art contemporain de haute volée. Au cœur de la campagne des Deux-Sèvres, le château d’Oiron permet à la fois de déambuler dans une demeure centenaire merveilleusement entretenue et de profiter d’une étonnante enfilade de salles dédiées à des artistes contemporains à la renommée internationale. Depuis 1993, c’est une improbable collection d’œuvres d’artistes contemporains qui y est à découvrir. Surprenant, brillant et ludique, comme un dialogue entre l’art contemporain le plus pointu et les murs séculaires du château, Curios et Mirabilia, c’est le nom de la collection, représente un joyeux tour de force. La salle d’armes de Daniel Spoerri est impressionnante, mais aussi les œuvres de Gavin Bryars, Christian Boltanski, Charles Ross dans le salon du soleil…Comme point d’orgue, la tour des ondes, avec au dernier niveau « Room for departure », de Marina Abramovic, une pièce qui invite au voyage spirituel. Sous le commissariat de Marie Cantos et de Maryline Robalo, le château d’Oiron accueille les artistes Dove Allouche, Mélanie Berger, Blanca Casas Brullet, Vincent Chenut, Guillaume Constantin, Isabelle Ferreira, Julie C. Fortier, Marie-Jeanne Hoffner, Ali Tnani et Rémi Uchéda, 11 artistes sont venus « s’incruster » dans les interstices du château avec une exposition intitulée « architextures » jusqu’au 4 juin.

Début 2016, l’agence américaine a mis en œuvre un logiciel lui permettant de « tatouer » des documents internes à l’aide de balises espionnes. L’organisation de Julian Assange en publie ce vendredi le code source et le mode d’emploi, que « Libération », Mediapart et le quotidien italien la Repubblica ont pu consulter. L’objectif de cet outil, déployé début 2016, est de permettre à l’agence américaine de détecter si des documents internes créés avec les logiciels de bureautique de Microsoft [Word, Excel, PowerPoint…] sont sortis de ses murs et tombés dans des mains non autorisées. Et, selon toute vraisemblance, de pister les fuites.

Les dépenses militaires ont atteint 1 686 milliards de dollars [1 544,3 milliards d’euros] dans le monde en 2016. Soit l’équivalent du PIB du Canada ou encore de 2,2% du PIB mondial selon le dernier rapport du Stockholm International Peace Research Institute [Sipri]. Malgré le manque de communication de certains Etats, le Sipri publie chaque année les données les plus complètes « sur les dépenses publiques pour les forces et les activités militaires, y compris les salaires et les avantages sociaux, les frais de fonctionnement, les achats de matériel militaire et d’armes, les infrastructures militaires, la recherche et développement, l’administration centrale, le commandement et le soutien », précise l’institut dans un document.

La Corée du Nord a procédé samedi 29 avril à un tir de missile balistique depuis une zone située au nord de la capitale Pyongyang, a annoncé l’agence de presse sud-coréenne Yonhap. Une information confirmée par le commandement américain pour le Pacifique [PACOM]. Ce lancement a échoué presque immédiatement, le missile ayant « apparemment explosé quelques secondes après le tir », a précisé Yonhap, citant un communiqué de l’armée sud-coréenne. Il s’agit du quatrième essai de rang à avoir échoué depuis mars. Les faits se sont produits quelques heures après une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur le dossier nord-coréen, autour du secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson. Ce dernier avait exhorté ses partenaires à contrer la « menace nucléaire » de la Corée du Nord qui aurait des « conséquences catastrophiques ». Il a surtout pressé la Chine d’isoler économiquement et diplomatiquement son allié Pyongyang.

L’économie mexicaine a résisté mieux que prévu face à l’incertitude provoquée par les 100 premiers jours de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, avec un PIB en hausse de 0,6% au premier trimestre.
La croissance du produit intérieur brut annoncée vendredi par l’institut mexicain des statistiques [INEGI] est légèrement supérieure aux attentes des analystes qui tablaient sur 0,5%. « Le chiffre d’aujourd’hui renforce notre vision que l’économie mexicaine ne s’effondrera pas malgré les incertitudes liées à l’avenir des relations avec les Etats-Unis », commente la société britannique de conseil Capital Economics dans une note à ses clients. Au premier trimestre, les exportations du Mexique, qui s’orientent à 80% vers les Etats-Unis, se sont accrues de 11,2%. « Nous anticipions une forte chute de l’investissement et de l’activité économique, qui n’a pas eu lieu », indique à l’AFP Carlos Serrano, chef économiste chez BBVA Bancomer.

L’ONU a annoncé vendredi soir 28 avril que le Front Polisario, mouvement indépendantiste au Sahara occidental, s’était retiré d’une zone tampon de la région, ouvrant la voie à une relance de négociations pour tenter de régler ce conflit vieux de plusieurs décennies.

L’UE devrait publier une déclaration après le sommet européen du 29 avril pour soutenir l’idée d’une éventuelle réunification de l’Irlande, note le Financial Times. Le texte devrait également confirmer que, si l’Irlande du Nord quittait le Royaume-Uni pour redevenir une partie de la République d’Irlande, elle pourrait rejoindre automatiquement l’UE. Une déclaration sur une éventuelle réunification serait en concordance avec l’accord du Vendredi saint conclu en 1998 entre le Royaume-Uni et l’Irlande. Cet accord prévoit en effet la possibilité d’un référendum sur la réunification de l’Irlande, si une majorité d’Irlandais et une partie considérable des Nord-Irlandais semblent y être favorables. Selon un sondage cité par The Daily Telegraph, « 62 % des Nord-Irlandais aimeraient rester au sein du Royaume-Uni et seulement 22 % seraient en faveur de la réunification avec l’Irlande ». L’Irlande est le pays pour lequel les conséquences du Brexit seront les plus importantes, souligne le Financial Times. « Dublin veut à tout prix éviter que le Brexit soit une rupture nette entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. Cela nuirait fortement aux échanges commerciaux entre l’Irlande et le Royaume-Uni, qui s’élèvent à 1,2 milliard d’euros par semaine ». En plus de la déclaration sur l’Irlande du Nord, le Conseil européen devrait adopter les directives de négociation pour l’UE.

Vendredi 28 avril, Roland Ries, maire PS de Strasbourg, et Toni Vetrano, maire [CDU] de Kehl [Land du Bade-Wurtemberg], ont inauguré le prolongement de la ligne D du tramway strasbourgeois au-delà du Rhin jusqu’à la ville allemande voisine. Ce samedi, la première rame en exploitation a démarré dès 4 h 30 du matin pour rallier, depuis la station Aristide-Briand, la gare de Kehl en passant par trois nouvelles stations et deux majestueux ouvrages d’art qui franchissent d’abord le bassin Vauban du port fluvial, puis le Rhin, éternel fleuve-frontière. Faire franchir le Rhin au tramway n’aura pourtant pas été un long fleuve tranquille. Après la victoire française de 1918 et le démantèlement d’une première ligne transrhénane construite par le Reich dans l’Alsace allemande post-guerre de 1870, Strasbourg s’était tournée vers la France à l’ouest. Pendant des décennies, le territoire entre la ville et le fleuve frontalier était devenu un no man’s land, un glacis militarisé, peu à peu transformé en un territoire interlope fait de friches industrielles et d’équipements portuaires.

Après la mise en retrait de Marine Le Pen, Jean-François Jalkh avait pris la présidence par intérim en sa qualité de premier vice-président, comme le veulent les statuts du FN. C’est également cet homme de confiance des Le Pen père et fille qui avait assuré la succession à la tête du parti en 2011. Confronté à l’exhumation de propos négationnistes sur les chambres à gaz, Jean-François Jalkh s’est désisté en faveur du maire d’Hénin Beaumont et compte porter plainte. A noter que Jean-François Jalkh reste le secrétaire général du micro parti de Marine Le Pen, Jeanne, essentiellement destiné à la récolte de fonds pour les campagnes électorales de la candidate. En dehors des soupçons concernant son passé, Jean-François Jalkh est également cité dans plusieurs affaires judiciaires, comme celle des kits de campagne du FN, mais aussi celle des assistants parlementaires du Front national au Parlement de Bruxelles, dans le volet concernant Jean-Marie Le Pen. Comme annoncé par Louis Aliot, c’est donc Steeve Briois, le maire de Hénin-Beaumont, qui dirigera le parti jusqu’à l’éventuel retour de Marine Le Pen. Ce dernier a notamment été à l’origine de l’initiative controversée ma « commune sans migrants » en 2016. Que du beau monde !

« Il faut expliquer sans relâche que le FN est un danger pour les libertés démocratiques. Il n’y a aucun exemple historique où l’extrême droite est arrivée au pouvoir par les urnes et en est sortie dans une alternance tranquille quelques années après », pour Pierre Khalfa coprésident de la Fondation Copernic.

Les résultats du premier tour de l’élection présidentielle étaient déjà connus pour les communes, les départements, les régions — et le pays bien entendu. Mais vous pouvez désormais les consulter par bureau de vote. Avoir ces données rendues publiques quelques jours après le scrutin est une nouveauté. Jusqu’à maintenant, le détail des résultats des bureaux de vote n’était consultable qu’en se rendant en préfecture. Ils étaient parfois mis en ligne ensuite, après un délai certain [comme ceux des élections municipales de 2014, rendus disponibles en septembre 2015 sur data.gouv.fr]. Quelques villes, en pointe sur « l’open data », les rendent également accessibles [là aussi avec un certain délai], comme Paris, Lyon ou encore Rennes [liste non exhaustive].

« L’Europe a une âme, l’Europe est une vie et l’Europe est un chemin d’espérance ». L’archevêque d’Aix et Arles, Mgr Christophe Dufour, a réagi jeudi 27 avril au résultat du premier tour de l’élection présidentielle qui propulse Emmanuel Macron et Marine Le Pen au second tour, en défendant fortement la construction européenne. Dans un communiqué intitulé « Chère Europe, où vas-tu ? », Mgr Dufour ne fait pas une seule allusion au Front National ou au candidat d’En Marche !, mais son plaidoyer pour la construction européenne, que Marine Le Pen remet en question, laisse peu de doute sur sa préférence.

« Cette année, le Business game s’attaque au ‘Stadium’ de Vitrolles, le fameux ‘Cube’ imaginé et réalisé par Rudy Ricciotti », explique Fabrice Alimi, président du Club immobilier Marseille Provence, à l’origine de ce concours. Les participants ? Ce sont les 31 étudiants en master professionnel Aménagement et promotion immobilière de l’École supérieure des professions immobilières [Espi, 3e]. Il leur a été proposé de travailler en équipe sur la « réhabilitation et la réutilisation pour de nouveaux usages » de ce lieu abandonné depuis de nombreuses années, et de « mettre en place un programme d’accompagnement ayant pour objet de valoriser le site en l’intégrant dans son environnement ». Après avoir travaillé a priori d’arrache-pied pendant quatre mois, les étudiants soutiendront leurs projets jeudi 4 mai à partir de 14 h à la Caisse d’épargne du cours Pierre-Puget [Marseille 6e].

La métropole Aix Marseille Provence est la « 1ère assemblée métropolitaine de France, avec ses 240 élus, loin devant le Grand Paris », commente Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille et Président de la métropole. Elle regroupe 92 communes et donc 92 maires, ce qu’il considère comme « déjà suffisant pour faire avancer les choses ». Mais la métropole compte aussi 29 communes du département des Bouches du Rhône, qui ont choisi de ne pas devenir membres de l’entité. Pourtant, les choses doivent continuer à avancer, et c’est l’objectif de la mise en place du conseil de développement métropolitain en alliant élus et société civile. Le conseil de développement, présidé par Gérard Goninet, directeur d’Airbus industrie, la Vice-présidente est Sandra Chalinet, Présidente des Terrasses du Port, dispose de cinq commissions permanentes thématiques qui se réunissent une fois par mois : Grande Accessibilité, Mobilité et Infrastructures ; Développement économique, Innovation, Enseignement supérieur, Recherche ; Aménagement et urbanisme ; Habitat, Politique de la ville et Solidarités ; Développement durable, Cadre de vie, Agriculture et Environnement. 
La création d’un conseil de développement métropolitain est prévu dans la Loi de Modernisation de l’Action Publique Territoriale et d’Affirmation des métropoles [dite Loi MAPTAM] du 27 janvier 2014.

On a du mal à la reconnaître : de la piscine Yves-Blanc, il ne reste que les tribunes en béton et sa charpente métallique si caractéristique. La société Spie-Batignolles a démoli tout le reste, et le reconstruit peu à peu : le bassin de 50 m, avec une fosse spéciale pour la natation synchronisée, un second bassin de 25 m — avant, il ne mesurait que 17 m. On retrouvera une couverture coulissante toute neuve ; ces dernières années, elle ne s’ouvrait qu’à moitié… Les Aixois — et en particulier les sportifs du Pays d’Aix Natation — pourront découvrir leur nouvelle piscine en septembre 2018. Peut-être même un peu avant…

Le Carnaval d’Aix « Au bord des Mondes » a lieu ce dimanche 30 avril. La Compagnie Gratte-Ciel a imaginé une transhumance réunissant 500 participants et un bestiaire surréaliste pour une déambulation qui part du haut du cours Mirabeau à 15h pour arriver jusqu’à la place de la Rotonde pour un grand final aérien vers 16h. Le défilé de trois chars du comité officiel du carnaval d’Aix-en-Provence, représentant une tortuepan, un caméléon ailé et un pélican est enrichi par des structures portées par les carnavaliers, grands costumes spectaculaires, hérissées de perches. Un berger qui a la forme d’un géant en osier, guide ces animaux fantastiques et cette humanité en marche. La musique, résolument festive, est confiée au collectif Grail’Oli, musiciens gourmands de rythmes exotiques et férus de carnaval. Le grand final circassien sur la rotonde réunit une performance aérienne sur un mat oscillant de 8m de haut interprétée par un clown acrobate qui est rejoint par le Centre International des Arts en Mouvement, à travers un numéro créé pour l’événement et les artistes de la compagnie Gratte-Ciel pour un numéro de corde lisse sous une grue au milieu de milliers de ballons.

Bonne journée