[405] Parce que c’est possible

Pascale Marthine Tayou | La Colonisation

« L’art contemporain d’Afrique ? C’est un espace-temps symbolique, réel ou fantasmé. C’est précisément là aussi où se négocient le présent, le passé et le futur de notre monde à tous. La nouvelle exposition de la Fondation Louis Vuitton est un feu d’artifice de chefs-d’œuvre venus d’Afrique et s’est donné un titre prometteur : « Art/Afrique, le nouvel atelier ». Mais le concept derrière la mise en scène éblouissante ressemble plus à un retour en arrière. Cette exposition Art/Afrique, le nouvel atelier s’affiche comme la propriété de deux collections, de deux hommes : d’un côté le milliardaire Bernard Arnault, propriétaire de LVMH et président de la Fondation qui porte son nom ; de l’autre côté Jean Pigozzi, le riche et excentrique héritier de l’empire automobile Simca ayant construit la plus grande collection d’art africain sans n’avoir jamais mis un pied en Afrique. Réunissant une toute petite partie de leurs collections africaines côte à côte, ils ont réussi à mettre sur pied l’une des plus grandes expositions jamais organisées sur l’art contemporain africain. Reste la question suivante : en montrant les œuvres sous le drapeau de leurs collections privées, se sont-ils trompés de siècle ? ». Est-ce pour répondre à la question que Pascale Marthine Tayou a créé in situ son œuvre « La Colonisation » avec des pavés coloriés à la gouache ?

La 57e Biennale de Venise ouvre samedi. Cette année, Christine Macel, commissaire de la Biennale, promet un véritable « voyage ». C’est la première Française à ce poste. Avant elle, seul un homme, l’académicien Jean Clair, avait eu cet honneur en 1995. Conservatrice en chef au Centre Pompidou, cette véritable tête chercheuse de 48 ans a monté une exposition qu’elle veut « dynamique ». Audacieuse aussi, à son image. « Ce sera un voyage d’un point à un autre en neuf chapitres », réunis sous le titre qui claque de « Viva Arte Viva ». Lors de la Biennale de 2013, l’installation vidéo de Anri Sala autour du Concerto pour la main gauche, de Ravel, avait transporté les visiteurs du pavillon français. Un moment fort, orchestré déjà par Christine Macel. Samedi, jour d’ouverture, la directrice artistique de la Biennale a choisi de remettre un Lion d’or pour l’ensemble de sa carrière à l’Américaine Carolee Schneemann, une plasticienne adepte de performances chocs et féministes, comme Meat Joy [1964], une improvisation de huit danseurs avec des poissons, des poulets et de la peinture. Un engagement que l’on retrouvera dans « Viva Arte Viva », où plus de 40 plasticiennes ont été invitées. 
 
« The Guardian l’a un jour taxé de « bad boy de la danse contemporaine ». Le public du Kunstenfestivaldesarts connaît plutôt Mårten Spångberg pour la force de ses spectacles de danse qui transcendent les niveaux d’interprétation et absorbent ses spectateurs dans un vertigineux vortex esthétique. Un an après Natten, sa fameuse « danse de l’horreur », le chorégraphe suédois revient au festival avec la Première mondiale de Gerhard Richter, une pièce pour le théâtre. Accompagné d’un groupe de danseurs expérimentés, il donne à voir, sur une grande scène de théâtre, un spectacle élégant, coloré, et tout en contrastes chorégraphiques. Pourquoi ? « Parce que c’est possible », pour paraphraser Richter lui-même ». Au KVS du 11 au 14 mai dans le cadre du KunstenFestivaldesArts.

Des chercheurs viennent de dévoiler une carte très détaillée de la surface de Io, l’un des satellites naturels de Jupiter. Elle met en évidence un système complexe de vagues de lave traversant le plus grand lac de cette lune. De nouvelles observations suggèrent que la surface de Io, la quatrième plus grosse lune de Jupiter, connue pour son activité volcanique intense, est traversée par deux grandes vagues de lave. C’est à la faveur d’un alignement orbital rare entre Io et Europe, une autre lune jovienne, qui s’est produit le 8 mars 2015, qu’une équipe de chercheurs internationale a pu mener ces observations et réaliser une carte extrêmement précise d’une partie de la surface de Io, dévoilée dans Nature le 11 mai. L’équipe s’est focalisée sur le plus grand cratère de la lune, « aussi grand que le pays de Galles », s’amuse The Guardian. Connue sous le nom de Loki Patera, cette mer de lave « couvre une surface de plus de 1 million de fois supérieure à celle d’un lac de lave typique sur Terre », insiste Wired.

Un Britannique devrait succéder à un autre Britannique au poste de secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence [Ocha]. La nomination de Mark Lowcock, haut fonctionnaire de 54 ans, par le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, en fonction depuis le 1er janvier, est attendue vendredi 12 mai. Il remplacera Stephen O’Brien, resté deux ans à ce poste très convoité des Nations unies. Depuis son arrivée à la tête de l’ONU, Antonio Guterres a procédé à plusieurs nominations. Il a ainsi confié au diplomate français Jean-Pierre Lacroix, la direction des opérations de maintien de la paix. Quant à l’Américain Jeffrey Feltman, il restera un an encore à la direction des affaires politiques. La prochaine nomination attendue concerne le chef de l’ONU chargé de l’antiterrorisme, qui sera probablement un Russe.

L’actualité scientifique est rarement prodigue en bonnes nouvelles pour l’environnement, la nature, la biodiversité et, en définitive, l’humanité. Il convient donc de se réjouir de l’annonce faite jeudi 11 mai par une équipe internationale de chercheurs dans la revue Science. Elle suggère que le couvert boisé de la planète serait environ 10 % plus étendu que ce qu’avançaient les estimations antérieures. Cette révision à la hausse tient aux forêts des zones arides, jusqu’alors mal inventoriées. Dans le détail, les territoires boisés sont les plus développés au sud du désert saharien, dans la partie sud de l’Afrique, autour de la Méditerranée, en Russie, dans le centre de l’Inde, sur les côtes australiennes, dans l’ouest de l’Amérique latine, l’est du Brésil, le nord du Venezuela et de la Colombie, ainsi qu’au centre du Canada. « Nos travaux doivent surtout conduire à mettre en place des programmes de conservation et de restauration du couvert boisé de régions pauvres, qui peuvent jouer un rôle important dans la lutte contre le changement climatique, la désertification et la perte de biodiversité », commente Jérôme Chave, directeur de recherche au CNRS.

Lors de grands travaux, plusieurs espèces, animales ou végétales, sont de fait sacrifiées. Un groupe de parlementaires français s’est penché sur la question, afin de trouver des solutions pour mieux compenser ces destructions. Les élus se sont plus particulièrement penchés sur trois projets sensibles en matière d’impact environnemental : la construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes, la ligne TGV qui va relier Tours à Bordeaux et l’A65 [déjà en service] de Pau à Langon. Actuellement, la loi du 8 août 2016 pour « la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages » prévoit des mesures dites « compensatoires » qui permettent de déplacer ou de recréer ailleurs un écosystème menacé par un chantier. Or, selon les parlementaires, les dispositions prévues par ce texte sont parfois imprécises, notamment en ce qui concerne les avancées scientifiques en matière de biodiversité. « La préservation de la biodiversité doit se faire au bénéfice de l’intérêt général. Elle ne doit être un permis à détruire ou une interdiction systématique à tout projet d’infrastructure. », explique Rémy Pointereau, sénateur [LR] et membre de la commission.

La tendance structurelle est claire : comme les autres vieux pays industrialisés, la France se « désélectrifie ». Depuis le milieu des années 1990, il existe en France un découplage de plus en plus important entre l’activité économique et l’électricité utilisée. Côté positif, nos économies connaissent une amélioration de leur efficacité énergétique. Mais on note également une diminution absolue et pas uniquement relative de la consommation industrielle. Dans ce cas, le découplage consommation/activité économique ne serait pas seulement le signe de gains d’efficacité énergétique ou de transformations sectorielles mais aussi celui d’une désindustrialisation importante depuis le début des années 2000.

Dans l’imaginaire collectif, les énergies renouvelables se résument souvent au solaire, à l’éolien, à la production d’électricité. Mais saviez-vous que le gaz, lui aussi, peut être d’origine renouvelable [issu de ressources inépuisables, contrairement aux énergies fossiles et fissiles] ? Que ce gaz vert peut parfaitement servir à nous chauffer, cuisiner, produire de l’électricité ou faire rouler nos véhicules, et ainsi remplacer pétrole, gaz d’origine fossile, fioul ou nucléaire ? En France, la filière toute récente du biométhane, en plein essor, semble promise à un bel avenir. De plus en plus de collectivités et d’entreprises en consomment et voici qu’arrivent les premières offres pour les particuliers. 
 
« La République en marche », le mouvement d’Emmanuel Macron, a dévoilé jeudi en conférence de presse les noms de 428 candidats aux législatives, sur 577 circonscriptions. 19 000 dossiers de candidature ont été présentés depuis janvier, soit 34 environ par circonscription. 71% émanaient d’hommes, et donc 29% de femmes. Le mouvement n’investit pas Manuel Valls, mais ne présentera pas de candidat contre lui dans son fief de l’Essonne. Sur la liste des 428 candidats déjà investis figurent le mathématicien Cédric Villani, investi dans l’Essonne, le conseiller de François Hollande Gaspard Gantzer, ancien camarade de Macron à l’ENA, en Ille-et-Villaine. La secrétaire d’État chargée de la biodiversité, Barbara Pompili est, elle, investie dans la Somme, et l’ancien candidat écologiste à l’élection présidentielle François de Rugy en Loire-Atlantique. Les anciens magistrats Eric Halphen et Laurence Vichnievsky sont également sur cette première liste, ainsi que Christophe Castaner [ex-PS] dans les Alpes de Haute-Provence.
 
Dans les Bouches du Rhône, manquent encore la 3ème et la 11ème. La 4ème circonscription marseillaise [1er, 2e, 3e arrondissement] s’annonce chargée avec Corinne Versini [LREM] contre Patrick Mennucci [PS], Solange Biaggi [LR] et Jean-Luc Mélenchon [FI] ! Pour la 10ème, ce sera le député sortant ex-EELV François-Michel LAMBERT. Dans la 11ème, où la candidature de Gaëlle Lenfant [PS] avait été remplacée la semaine dernière par celle de Dorian Hispa [EELV], le suspense demeure. 
Quant à la 14ème circonscription, le très macronien député sortant Jean-David Ciot [PS] a été doublé par Anne-Laurence Petel…
Sans étiquette affichée, ni mention du parti [socialiste] dont il est le premier secrétaire fédéral, il affirme néanmoins son combat « pour une Majorité Présidentielle », et invite à une réunion publique à Venelles le lundi 15 mai à 18h30.

A Aix en Provence, la requalification des trois places a permis la découverte de centaines de sépultures devant l’église, certaines datant de plus de six siècles. Il aura fallu du temps : presque neuf mois et une vingtaine d’archéologues pour sortir environ 230 squelettes de terre. D’anciens habitants aixois, vieux de plusieurs siècles, enterrés place des Prêcheurs, face à la Madeleine. Devant les marches de l’église, les archéologues s’activent sous le commandement de leur directrice, Nuria Nin. Ici, les premiers corps ont été inhumés autour du XIVe siècle et ce, jusqu’au début du XVIIIe. Au total, cinq niveaux ont été découverts. « Des remblais ont été rapportés, les sols ont été refaits et de nouveaux défunts ont été enterrés sur les autres », explique Nuria Nin. D’ici deux semaines, les fouilles seront abandonnées et les travaux reprendront place des Prêcheurs, Madeleine et Verdun. La direction d’archéologie de la ville commencera l’étude des 250 à 300 sépultures qu’elle aura extraites d’ici là. 
 
« Certains métiers retrouvent leur vocation écologique première, alors que de nouveaux métiers liés à l’environnement apparaissent progressivement. Les questions environnementales s’invitent dans tous les corps de métiers. Les métiers liés à l’environnement et au développement durable attirent de plus en plus de jeunes, loin parfois de leur formation d’origine. Et souvent ils inventent d’autres formes de travail, plus collaboratives, plus en adéquation avec les nouveaux enjeux écologiques.
Comment l’écologie crée-t-elle de nouveaux métiers et comment influence-t-elle les métiers traditionnels ? Avec le cinéma, cette nouvelle approche du travail s’incarne dans des personnages, au-delà des cadres scientifique, technique et économique ». Les Journées du film sur l’environnement se déroulent à Aix-en-Provence les vendredi 12 et samedi 13 mai à la Fondation Vasarely. 
 
Exceptionnellement, en raison de la mise en place de l’IronMan à Aix en Provence, le marché [sauf place Richelme] samedi 13 mai est annulé, et le cercle de silence se réunira place d’Albertas de 11h30 à 12h. Les plus curieux pourront ensuite filer assister au vernissage de l’exposition Destinerrance à Mac Arteum à Châteauneuf le Rouge [13] qui se tient à la même heure… L’exposition est visible jusqu’au 8 juillet, du mercredi au samedi de 14h à 18h.

Bonne journée

Mathieu Grizard