[407] Les hasards heureux de l’escarpolette

Jean-Honoré Fragonard | Les hasards heureux de l’escarpolette

Deux tableaux du maître du classicisme français Jean-Honoré Fragonard, « Le Jeu de la palette » et « Le Jeu de la bascule » — ont été retrouvés dans un château normand en juillet 2016, comme le révèle l’étude Tajan, à l’origine de la fabuleuse découverte, dans Le Figaro du 13 mai 2017. Ces deux tableaux de jeunesse sont estimés à 6 millions d’euros et avaient disparu au début du XIXe siècle, après la mort de Bergeret de Grandcourt, mécène et ami du peintre, qui les détenait. Mondialement connu pour ses scènes galantes — « Le Verrou » — et particulièrement bucoliques — « Les Hasards heureux de l’escarpolette », ces deux œuvres ne dérogent apparemment pas à sa touche : elles mettent en scène des personnages jouant au milieu de ruines. Le directeur du département des tableaux anciens de Tajan, Thaddée Prate, explique qu’il a tout de suite perçu les personnages « caractéristiques de Fragonard », « traités avec beaucoup de nervosité, de spontanéité. » Un décret datant du 10 mai 2017 les a classés trésors nationaux.

L’artiste allemande Anne Imhof a remporté samedi 13 mai le Lion d’Or à la 57ème Biennale d’art de Venise pour sa performance « Faust », une vision sombre et provocatrice de la société contemporaine. Anne Imhof, née à Giessen en 1978 et habitant à Frankfort, est parvenue à la notoriété en Allemagne en 2013 avec sa première exposition en solo, une performance mettant en scène des ânes et des acteurs piégés par une clôture invisible. Décrite par le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung comme « la découverte de l’art contemporain », elle est régulièrement invitée au Hamburger Banhof de Berlin, l’un des plus grands musées d’art contemporain en Allemagne. Elle a également exposé à Paris et à Montréal. Le président du jury Manuel Borja-Villel a fait l’éloge de sa performance, « Faust », qui occupe la totalité du pavillon allemand, « une installation puissance et dérangeante qui soulève des questions urgentes sur notre époque » : des personnages vêtus de noir déambulent, sous la garde de dobermans, dans des cages en verre au plafond transparent bas sur lequel marchent les visiteurs. Dans une ambiance sadomasochiste, imprégnée d’odeur de désinfectant d’hôpital, les silhouettes errent parmi des menottes et des chaînes, des éviers et des tuyaux.
 
 « Des centaines de milliers de cadenas étaient accrochés aux grilles des ponts de Paris, engendrant des problèmes de sécurité et dégradant le patrimoine, avant qu’ils n’aient été enlevés. La mairie de Paris a décidé d’en vendre une petite partie dans un esprit solidaire. Les enchères ont eu lieu ce samedi. Les bénéfices de la vente devaient aller à trois associations mobilisées dans l’accueil et l’accompagnement des réfugiés accueillis par la Ville de Paris : Solipam, l’Armée du Salut et Emmaüs Solidarité. Pour dénoncer cet objectif, une dizaine de jeunes militants d’extrême droite se sont brièvement introduits dans la salle en cours de vente. « Génération Identitaire ! L’argent aux Parisiens, pas aux clandestins ! » ont-ils scandé pendant quelques minutes en déployant une banderole portant le même slogan, avant d’être évacués sans ménagement et sans incident ».

Une attaque informatique d’une rare ampleur a été lancée vendredi 12 mai, touchant plusieurs dizaines de milliers d’ordinateurs dans le monde, infectés par un logiciel de rançon. Plusieurs sites de production du constructeur automobile français Renault se trouvaient à l’arrêt samedi matin en raison de cette attaque. Samedi 13 mai, elle affectait toujours une centaine de pays, parmi lesquels la Russie, le Royaume-Uni, la France, où le parquet de Paris a ouvert une enquête dans la journée sur les atteintes dans le pays, ou encore l’Espagne, le Mexique ou l’Italie. Et elle suscitait l’inquiétude des experts en sécurité. Les autorités américaines et britanniques ont conseillé aux particuliers, entreprises et organisations touchés de ne pas payer les pirates informatiques qui exigent un paiement pour débloquer les ordinateurs infectés.
 
 Après une décennie de guerre civile [1996–2006], qui a fait 16 000 morts et abouti à la chute de la monarchie hindoue pluriséculaire, le Népal renoue dimanche 14 mai avec les élections locales. La dernière fois que les Népalais ont voté aux élections locales, il y a vingt ans, la guerre civile débutait tout juste. Appelés à départager plus de 50 000 candidats pour 13 556 postes allant de maire à conseiller de district, les habitants du pays himalayen doivent combler ce vide institutionnel sur lequel la corruption a proliféré. S’inscrivant dans le cadre du processus de paix, ce scrutin constitue une étape-clé de l’enracinement du fonctionnement démocratique dans la désormais République fédérale. Aux termes de la nouvelle Constitution, le vote sera suivi d’élections provinciales puis nationales, ces dernières en janvier 2018 au plus tard. Le mandat des représentants locaux élus en 1997 a expiré en 2002, au pire de la guerre. Les vacances ont été remplies par des bureaucrates, souvent nommés en fonction de leur allégeance à des partis politiques. Et de fait, sans personne en charge, la corruption sur le terrain a proliféré.
 
 Pour les Iraniens, le troisième et dernier débat de la campagne pour l’élection présidentielle, diffusé en direct à la télévision vendredi 12 mai, restera dans les annales. Pendant trois heures, les six candidats, dont l’actuel président Hassan Rohani, ont échangé des accusations de corruption. Et ce, malgré la mise en garde, deux jours plus tôt, adressée par le Guide suprême, Ali Khamenei, qui leur avait demandé d’éviter les propos « immoraux » qui pourraient être utilisés par « les ennemis » du pays. Interrogé sur la lutte contre la contrebande, le vice-président, Eshagh Jahangiri, candidat modéré, n’a pas hésité à renvoyer la balle dans le camp des deux principaux candidats conservateurs, l’ancien procureur général et religieux chiite Ebrahim Raisi, et l’ex-chef du Conseil de la lutte contre la contrebande et actuel maire de Téhéran, Mohammad Bagher Ghalibaf. « Personne n’a été aussi longtemps au sein du pouvoir judiciaire que M. Raisi, a lancé Eshagh Jahangiri. Il doit expliquer ce qu’il a fait contre la corruption ».

L’ex-ministre des finances grec Yanis Varoufakis, qui avait appelé à voter pour Emmanuel Macron au second tour de l’élection présidentielle, met en garde samedi 13 mai contre la « solution néolibérale » du nouveau président français. Dans une tribune publiée par le quotidien grec Journal des rédacteurs sous le titre « Voilà pourquoi, Emmanuel, nous serons contre toi », la figure de la gauche radicale dénonce la politique de « dérégulation et d’austérité » prônée par Emmanuel Macron, qui va « simplement redistribuer la misère entre les travailleurs français ». Selon M. Varoufakis, qui argue de conversations personnelles avec M. Macron, ce dernier a conscience de la casse qu’il va provoquer mais persiste dans cette voie « pour convaincre Berlin d’avancer vers une fédéralisation de la zone euro ». « C’est là que réside la grande erreur d’Emmanuel [Macron] » car « Berlin ne lui donnera rien », tranche M. Varoufakis.

« Investi ce dimanche matin, Emmanuel Macron deviendra le huitième président élu de la République Française. Ou plutôt le huitième « monarque » de la Ve République, comme en témoigne le protocole de la passation de pouvoirs. La République française n’aura peut-être jamais, dimanche matin, autant ressemblé à une monarchie républicaine. Remise au nouveau président de la Grand-Croix de la Légion d’Honneur, descente des Champs-Elysées encadré par la Garde Républicaine à cheval après l’hommage au soldat inconnu, tir de vingt et un coups de canon sur l’Esplanade des Invalides… Le protocole de la passation de pouvoirs entre François Hollande et Emmanuel Macron sera d’autant plus impressionnant que le nouveau chef de l’Etat, âgé de trente-neuf ans et quatre mois, n’a jamais été élu avant d’occuper la fonction suprême. Et qu’il s’installe à l’Elysée, à quelques mois près, au même âge que Louis Napoléon Bonaparte, premier président élu au suffrage universel à 40 ans, en décembre 1848, avant de se faire proclamer Empereur sous le titre de Napoléon III le 2 décembre 1852 ». 
 
 Conclue à l’approche du second tour de la présidentielle, l’alliance entre Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan, avait été saluée par le Front national comme un événement historique : avec le soutien de l’ex-candidat de Debout la France (DLF), le parti lepéniste semblait briser son traditionnel isolement. Et donner un avant-goût de la grande « recomposition politique » qu’il appelle de ses vœux. Mais deux semaines plus tard, cet accord semble déjà bien incertain. Selon Le Point et Europe 1, Nicolas Dupont-Aignan pourrait annoncer lundi que son mouvement présentera des candidats dans toutes les circonscriptions de France : y compris, donc, contre ceux du Front national, alors que les deux partis envisageaient jusqu’à présent des désistements réciproques dans quelques dizaines de circonscriptions. L’idée n’a pas encore été officiellement confirmée par le Front national.

Christian Estrosi qui renonce à la présidence de région, Renaud Muselier qui le remplace, Mélenchon qui s’invite : Marseille a été le centre de la vie politique française pour cette première semaine après l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République. Au lendemain de l’élection d’Emmanuel Macron, Christian Estrosi surprend son monde en annonçant lors d’une réunion publique à Nice sa démission de la présidence du conseil régional. Renaud Muselier est habitué au rôle de doublure. Après avoir échoué à endosser le premier rôle à la communauté urbaine en 2008, le voilà avec une nouvelle chance de devenir numéro 1, à la région cette fois. Marion Maréchal-Le Pen quitte la vie politique et décide d’abandonner ses mandats de député du Vaucluse et de conseillère régionale. Alors qu’il se cherchait un point de chute pour les législatives depuis plusieurs semaines, Jean-Luc Mélenchon annonce avoir jeté son dévolu sur la 4e circonscription de Marseille. Ce territoire, ancré à gauche, est le plus favorable de la ville pour l’ancien candidat à la présidentielle. Après avoir maintes fois déclaré qu’il ne serait pas candidat aux législatives, Stéphane Ravier annonce avoir obtenu de Marine Le Pen d’être investi candidat Front national aux législatives dans la 3e circonscription soit peu ou prou les 13e et 14e arrondissements dont il est maire.

Si la colombe sauvage a semblé accueillir avec sérénité l’élection d’Emmanuel Macron, elle n’a toujours pas digéré ses propos sur la colonisation lors de la campagne électorale. Au cours de la cérémonie de lancement du projet de « conservatoire national de la mémoire des français d’Afrique du Nord » [sic], qui devrait ouvrir ses portes d’ici dix-huit mois à Aix en Provence, elle a redit son agacement, mais espère bien faire revenir le nouveau président sur ses propos… Et a ajouté que si l’Algérie était encore française « elle s’en porterait mieux » [re-sic]. Le projet, d’un montant de 4 613 000 euros, sera financé par la fondation pour la recherche historique sur l’Algérie et les collectivités locales [ville d’Aix, Métropole Aix Marseille Provence, Département des Bouches du Rhône et Région Provence Alpes Côte d’Azur]. Mais pas l’Etat.
 
 Après l’IronKid ce samedi après-midi cours Mirabeau, c’est au tour de l’IronMan de se dérouler dans le Pays d’Aix, au départ de Peyrolles en Provence, à la nage, en vélo et à pied pour une folle journée qui se terminera Place de la Rotonde. Si vous ne participez pas, restez loin !

Bonne journée

Mathieu Grizard

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