[409] La troisième rive du fleuve

Tennis-basket | Jacques Carelman | Catalogue d’objets introuvables [1969]

Il y a les bides cuisants, pour lesquels on se demande encore ce qui a bien pu traverser l’esprit des inventeurs. Mais il y a aussi les idées qui auraient pu révolutionner un secteur et qui ont fini aux oubliettes pour des raisons parfois injustes. Pour chaque innovation qui réussit, neuf sont un échec. Ce sont les vilains petits canards dont on ne parle pas. Samuel West, docteur en psychologie des organisations, a décidé de les exposer au grand jour. Son Museum of Failure [littéralement, « Musée de l’échec »] ouvrira ses portes le 7 juin, à Helsingborg, petite ville côtière du sud-ouest de la Suède. Dans ces fiascos de l’industrie, il y a les incontournables : les Google Glass, par exemple, retirées de la vente en janvier 2015, preuve que même un géant n’est pas à l’abri d’une déconfiture. D’autres inventions auraient pu se transformer en poule aux œufs d’or pour les entreprises qui les ont développées, comme l’appareil photo numérique de Kodak, mis au point dès 1975. Commercialisé à partir de 1995, il fait un tabac, mais la compagnie n’ajuste pas sa stratégie et continue de miser sur les tirages papier. Elle fait faillite en 2012.

Le rideau se lève sur le Festival de Cannes mercredi pour une 70e édition riche en stars, de Nicole Kidman à Dustin Hoffman en passant par Julianne Moore ou Vincent Lindon, mais le géant Netflix joue les trouble-fêtes en bousculant ce rendez-vous mondial du cinéma. Américains et Français sont présents en force à Cannes avec quatre films chacun dans la course à la Palme d’or qui sera décernée le 28 mai. Une palme exceptionnellement constellée de diamants. Le générique de cette édition, qu’ouvrira mercredi soir par Monica Bellucci en maîtresse de cérémonie avant la projection du dernier Desplechin [« Les Fantômes d’Ismaël »], est riche en étoiles. Nicole Kidman viendra sur la Croisette pour une série et trois films, dont deux en compétition : « Les Proies » de Sofia Coppola et « Mise à mort du cerf sacré » du Grec Yorgos Lanthimos. La Française Isabelle Huppert, auréolée du récent succès d’ « Elle », montera les marches, aux côtés de Jean-Louis Trintignant, pour le nouveau long métrage de Michael Haneke [« Happy End »]. Avec, qui sait, une troisième Palme d’or pour le réalisateur autrichien.
 
D’après le National Footprint Accounts 2016, si nous vivions comme 30 % des nations, essentiellement en Afrique et en Asie, moins d’une planète suffirait pour satisfaire nos besoins. Mais il faudrait plus de neuf Terres si la population mondiale vivait comme le Luxembourg. C’est ce que montre une infographie publiée le 1er avril dans le quotidien argentin la Nación.
Conçue par Florencia Abd, cette infographie illustre l’empreinte écologique de l’humanité et la traduit en nombre de planètes Terre nécessaires pour produire les ressources que nous consommons — en utilisant de l’eau et des surfaces agricoles — et pour absorber les déchets générés.

Des milliers d’opposants au président vénézuélien Nicolas Maduro bloquaient lundi les principales routes du pays, qui entrait dans sa septième semaine de protestations marquées par des violences ayant fait 38 morts. L’opération, baptisée « grand sit-in contre la dictature », devait durer douze heures, jusqu’à 19H00 [23H00 GMT], dans une cinquantaine de points stratégiques du pays. Sans relâche, l’opposition redouble d’imagination chaque jour pour maintenir la pression dans les rues : vendredi, elle a fait manifester plusieurs milliers de grands-parents à Caracas, samedi elle a organisé des cortèges de voitures, de motos, de vélos et même de chevaux à travers le pays. Dimanche, elle a réuni une nouvelle manifestation à l’occasion de la fête des mères. L’objectif, a-t-il souligné, est de « rendre ingouvernable » le Venezuela, déjà secoué par une profonde crise politique depuis des mois, qui s’ajoute au marasme économique de ce pays pétrolier ruiné par la chute des cours du brut. 
 
Les deux plus grands producteurs de pétrole, la Russie et l’Arabie saoudite, se sont prononcés ce lundi 15 mai, dans un communiqué commun, en faveur d’une extension de l’accord de réduction de la production jusqu’en mars 2018. L’annonce intervient après une rencontre à Pékin entre le ministre russe de l’Energie Alexandre Novak et son homologue saoudien Khaled Al-Faleh, et avant une rencontre le 25 mai des Etats membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole [Opep]. « Les deux ministres sont tombés d’accord sur la nécessité, afin de parvenir au but souhaité d’une stabilisation du marché, d’une prolongation des accords [de réduction de la production] pour 9 mois, jusqu’au 31 mars 2018 », ont indiqué les deux ministres dans un communiqué commun.
 
L’ONU ouvre mardi à Genève un nouveau cycle de négociations pour mettre fin à la guerre en Syrie, déjà éclipsé par des pourparlers parallèles menés par la Russie, l’Iran et la Turquie ainsi que par les défaites rebelles à Damas. Les efforts pour y mettre fin se mènent désormais sur deux circuits concurrents : le processus politique formel se déroule au siège de l’ONU à Genève depuis 2014 tandis que des pourparlers parallèles se tiennent depuis janvier à Astana au Kazakhstan à l’initiative de la Turquie, soutien des rebelles, de la Russie et l’Iran, alliés du régime de Bachar al-Assad. Depuis l’élection de Donald Trump comme président, les États-Unis, qui appuient les rebelles, se sont mis en retrait du processus de paix qu’ils présidaient auparavant avec la Russie. Lors d’une conférence de presse lundi à Genève, l’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, s’est toutefois déclaré « encouragé par l’engagement et l’intérêt croissants de l’administration américaine ». Il a assuré que les pourparlers de Genève fonctionnaient « en tandem » avec ceux d’Astana.

Le Comité international olympique, en visite lundi et mardi dans la capitale française, envisage d’attribuer coup sur coup les JO 2024 et 2028. Ce qui garantirait aux deux candidates, Paris et Los Angeles, d’obtenir satisfaction. Comme le racontait Libération le 23 février, le plan B a germé cet hiver, lorsque le président du CIO, l’Allemand Thomas Bach, a fait savoir sans trop de détails qu’il envisageait d’attribuer cette année non pas seulement la ville des Jeux 2024 mais aussi celle de 2028. Début février, il confirmait ses propos. Si cette hypothèse était approuvée les 11 et 12 juillet prochains par les représentants du CIO réunis à Lausanne [Suisse], il ne serait pas nécessaire d’attendre le vote fixé le 13 septembre à Lima [Pérou] : Paris et Los Angeles auraient toutes deux gagné. Il resterait à déterminer dans quel ordre chronologique leur allouer les Jeux.

Angela Merkel a fait lundi des gestes d’ouverture remarqués en direction d’Emmanuel Macron sur son projet de « refondation » de l’Europe en crise lors de leur première entrevue, malgré des réserves de fond qui persistent. Leur première entrevue depuis l’élection du président centriste était très attendue car les projets de réforme de l’UE évoqués par Emmanuel Macron durant la campagne électorale avaient suscité des critiques à Berlin. « Nous sommes à un moment historique de l’Europe » avec « la montée des populismes » et le risque de « délitement » de l’Union, a martelé Emmanuel Macron après leur entretien. De mémoire des journalistes allemands, l’accueil réservé à Emmanuel Macron par le public est du jamais-vu, sinon pour la venue de l’ancien président américain Barack Obama. Au début de leur entretien, la chancelière est même sortie sur le balcon de son bureau pour saluer la foule. Illustration la plus éclatante de leur volonté commune : la chancelière, jusque-là très réticente, a lâché que « du point de vue allemand, il est possible de changer les traités si cela fait sens » en Europe.

Comme prévu, le maire du Havre a été nommé Premier ministre par Emmanuel Macron, lundi 15 mai. La presse étrangère découvre cet homme politique de 46 ans encarté chez Les Républicains et livre ses premières impressions. « La tâche numéro un du nouveau Premier ministre sera de mener le terrible combat des élections législatives en juin pour faire remporter une majorité au jeune mouvement politique de Macron », pointe The Guardian, qui analyse : « Le choix d’un maire de droite indique que des personnalités du parti Les Républicains pourraient à présent sauter du bateau et se présenter sous la bannière de Macron lors des législatives. Cela aggraverait les divisions au sein d’une droite française déjà fracturée ».

Comme le rapporte le site de l’hebdomadaire Capital, le nouveau Premier ministre ne laissera visiblement pas un souvenir impérissable au Palais-Bourbon. Il a été l’un des députés les moins actifs de la législature finissante, se plaçant à la 478e place [sur 504] du classement établi par Capital, grâce à des données amassées par le collectif Regards Citoyens. Sur cinq ans, Edouard Philippe ne s’est présenté que 124 fois en commission [en sachant qu’au total, plus de 400 réunions ont lieu en une année]. Côté production législative, l’élu s’est contenté de déposer 6 amendements et n’a rédigé aucun rapport ni proposition de loi. Assez loin de la « forte expérience de la vie politique, de l’art parlementaire » exigée par Emmanuel Macron pour entrer à Matignon.

Après la nomination du premier ministre Edouard Philippe, maire LR du Havre, ce lundi, les membres du 1er gouvernement de la présidence d’Emmanuel Macron seront annoncés mardi. Ce sera une équipe resserrée, paritaire et composée de personnalités d’expérience, mais aussi de nouveaux visages venus de la société civile, choisis pour leurs compétences. Elle sera aussi composée d’hommes et de femmes de gauche, de droite et du centre. Lundi, à Paris, dans les milieux politiques et dans la presse, des noms circulaient pour les différents portefeuilles. Ce futur gouvernement se réunira pour la première fois, mercredi.
 
Christian Estrosi [LR] a été réélu lundi maire de Nice, une semaine après avoir annoncé sa démission surprise de la présidence de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur pour reprendre sa place à la tête de sa ville, où sa famille politique traverse de fortes turbulences. Frappé par la règle du non-cumul des mandats, Christian Estrosi avait cédé son fauteuil de maire tout en gardant la main sur Nice comme Premier adjoint. Il a été réélu par 55 voix sur 57 exprimées — 12 élus n’ont pas pris part au vote.

La nouvelle chaîne de télé locale des Bouches-du-Rhône « Provence Azur » a été lancée ce lundi… avec le soutien de la région Provence Alpes Côte d’Azur, qui financera les deux tiers du budget. En toute indépendance ? Le premier Journal Télévisé était à 19 heures.

Nouvelle surprise dans le paysage politique Marseillais. Députée PS de La 5e circonscription, dans le centre-ville, Marie-Arlette Carlotti renonce à se présenter aux législatives de juin. Elle soutenait Emmanuel Macron mais tenait à « rester socialiste ». « J’ai fait un beau parcours et je ne renie rien. C’est donc avec le sentiment du travail accompli et la conscience libre que je vous annonce que je ne serai pas candidate lors des prochaines élections législatives. Les Français appellent à un profond renouvellement de la vie publique, un dépassement des partis. Je les ai entendus. Je ne ferai pas le combat de trop. Cette rénovation, je l’appelle de mes vœux, ici à Marseille, depuis longtemps ». […] « Mais je n’ai pas réussi à donner une meilleure image du Parti Socialiste à Marseille, cette ville à laquelle je suis tant attachée et qui mérite mieux »…

Après avoir retiré l’investiture En Marche à Haouaria Hadj-Chikh jeudi dernier sur la 7ème circonscription des Bouches-du-Rhône [quartiers Nord de Marseille], le mouvement d’Emmanuel Macron a suspendu son investiture au député François-Michel Lambert sur la 10ème circonscription [Gardanne-Allauch], une condamnation pour « diffamation publique envers un fonctionnaire public » pourrait en effet lui valoir d’être désinvesti, et Céline Gailhac sur la 12ème circonscription [Vitrolles, côte bleue]. La République En Marche a investi Saïd Ahamada dans la 7ème circonscription pré-citée : il est élu Modem des 15ème et 16ème arrondissements. C’est un entrepreneur d’origine comorienne, très impliqué dans le milieu associatif. Ont aussi été investis Mohamed Laqhila et Magali Sirerols, respectivement dans la 11ème [Aix-Sud] et la 13ème [Martigues] circonscriptions du département.

Dans les rues de Lyon, Paris, Aix-en-Provence, Cannes, Toulouse ou encore Grenoble, des nains de jardin ont été déposés un peu partout ce lundi 15. C’est l’initiative peu commune du mouvement citoyen Alternabita pour sensibiliser la population au réchauffement climatique. Avec des photos relayées avec le hashtag « #Naindigné » sur les réseaux sociaux, Alternabita compte « booster les actions des citoyens », a expliqué l’organisation au Huffington Post. Pour pousser les citoyens à “inverser la tendance” et à « reprendre le contrôle de notre consommation » le mouvement a annoncé le lancement d’un site Internet, afin de promouvoir les initiatives visant à faire « émerger les énergies alternatives ». 
 
Si vous n’avez pas encore eu l’occasion de découvrir la passionnante exposition « Destinerrance » de Christiane Courbon et Rindala El Khoury à Mac Arteum, Châteauneuf le rouge [13], l’exposition est ouverte du mercredi au samedi de 14h à 18h jusqu’au 8 juillet. D’ici là, vous pouvez venir assister ce mercredi 17 mai à 18h30 à la conférence d’Alain Chareyre Méjan, philosophe, enseignant à l’Université de Provence, « La troisième rive du fleuve ». 
En tant que détour pour arriver où l’on est depuis le début, l’errance est l’indistinction du proche et du lointain : la troisième rive du fleuve. Elle recoupe en ce sens à la lettre cette « approche du lointain comme lointain » qui définit la Philosophie d’après Merleau-Ponty… Lointain ne veut pas dire éloigné dans l’espace mais plutôt : sans coordonnées assignables à un point fixe qui lui serait extérieur. Errer et philosopher sont une même chose et reviennent à nous faire éprouver en tout et pour tout que nous sommes « partout en étant en ce moment et à ce lieu » [Le Visible et l’Invisible]. Ce sont des « pratiques » de l’Ici pour ainsi dire laissé à lui-même. Quelque chose de comparable à ce que le romancier Norman Maclean évoque quand il remarque que « pour un garçon jeune, c’est une expérience sans pareille de pisser au milieu des étoiles » [Montana, 1919]. 
 
Bonne journée

Mathieu Grizard

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