[410] Impressions gravées

Camille Pissarro | Fabrique à Pontoise | Eau-forte [1874]

Peintre impressionniste de la première heure, Camille Pissarro s’est aussi intéressé à la gravure. A Pontoise, le musée Tavet-Delacour expose ce travail peu connu. Avec 200 œuvres gravées de Camille Pissarro, réunies sous le titre « Impressions gravées », le public découvre une autre facette du travail de Pissarro, surtout réputé pour être l’un des pères de l’impressionnisme. Il fut notamment le professeur de Cézanne et de Gauguin. « Pissarro parle de la gravure en permanence, dans toutes ses lettres à son fils Lucien pendant trente ans » raconte Christophe Duvivier, le directeur des musées de Pontoise. La plupart des estampes de l’artiste sont en noir et blanc, ce qui n’est pas contradictoire avec son intérêt pour l’impressionnisme. « Au contraire, ça vient nourrir son travail sur la couleur » analyse Christophe Duvivier. Jusqu’au 11 juin 2017

Selon le très sérieux journal The Washington Post, à l’occasion d’une rencontre avec Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, dans le Bureau ovale, Donald Trump aurait révélé une information classifiée à son interlocuteur, compromettant ses partenaires diplomatiques et la sécurité des sources sur le terrain. Le président américain La Maison blanche dément : « L’histoire, telle qu’elle a été rédigée, est fausse ». L’affaire intervient dans un contexte difficile pour Trump. Il a limogé la semaine dernière le patron du FBI James Comey, alors que la police fédérale enquêtait sur les liens troubles entretenus entre Moscou et sa garde rapprochée.

Des chercheurs en sécurité informatique ont indiqué ce lundi 15 mai avoir découvert un lien potentiel entre la Corée du Nord et la cyberattaque mondiale qui frappe depuis vendredi des dizaines de milliers d’entreprises et d’administrations à travers le monde. Neel Nehta, informaticien chez Google, a mis en ligne des codes informatiques montrant certaines similarités entre le virus « Wannacry », qui a touché 150 pays, et une autre série de piratages attribués à la Corée du Nord. D’autres experts ont rapidement conclu que ces indices, même s’ils ne sont pas complètement concluants, prouvent que la Corée du Nord aurait pu fomenter cette attaque informatique. « Pour le moment davantage de recherches sont nécessaires dans les versions plus anciennes de Wannacry », a noté la société de sécurité informatique Kaspersky.

Trois associations lesbiennes, gays, bi et trans [LGBT] françaises ont déposé plainte devant la Cour pénale internationale pour « génocide », mardi 16 mai, contre le président Ramzan Kadyrov pour des persécutions d’homosexuels commises en Tchétchénie, a annoncé leur avocat à l’Agence France-presse. M. Kadyrov est « le logisticien » du « génocide », « l’organisateur de camps de tortures avec une volonté d’extermination des homosexuels », a déclaré Me Etienne Deshoulières, qui représente les associations Stop homophobie, Mousse et Comité Idaho France. « On a quotidiennement de nouvelles informations alarmantes sur la Tchétchénie », a déploré Alexandre Marcel, le président du comité Idaho France, pour qui la plainte devant la CPI était « le seul moyen de poursuivre » au niveau international « des comportements nazis ».

Au Venezuela, la pénurie a fait exploser les prix des denrées et prospérer le marché noir. La majorité des Vénézuéliens sont désormais confrontés à la pauvreté, constate un journaliste argentin. Faire ses courses est une bataille faite d’équations et de concessions quotidiennes. Fin avril, dans plusieurs magasins, on ne trouvait déjà plus d’œufs, un produit dont le prix a augmenté de 2 117 % en un mois.

« Jane Kim travaille pour la ville de San Francisco et estime que la taxe sur les robots va devenir indispensable pour compenser la dévastation économique qu’engendrera la robotisation de la main-d’œuvre. Les entreprises qui utilisent des robots pour effectuer des tâches précédemment effectuées par des humains paieraient la ville. Ces fonds publics pourraient être utilisés pour financer la reconversion des travailleurs ayant perdu leur emploi ou bien à financer un revenu de base. Une taxe sur les robots pourrait permettre à la ville de San Francisco de constituer un fond d’aide aux travailleurs à faible revenu. La taxe pourrait permettre de lancer une expérimentation autour du revenu de base universel, comme celle actuellement en cours à Oakland, en Californie. Le programme offre à environ 100 familles 2 000 $ par mois ».

A qui profite l’insolente prospérité allemande ? Comment doivent se répartir les fruits de la croissance d’un pays dont la plupart des indicateurs économiques sont au vert ? Ces questions, actuellement âprement discutées au sein des partis politiques du pays, devraient prendre encore plus d’importance avec la publication du rapport annuel du Fonds monétaire international [FMI], lundi 15 mai. Ce dernier s’inquiète de la « lente augmentation générale du risque de pauvreté » outre-Rhin en dépit d’une solide croissance et d’un taux de chômage historiquement faible. « Malgré un filet de sécurité sociale bien développé et une forte progression de l’emploi, le risque de pauvreté relative [en Allemagne] demande une attention continue », écrit le FMI au neuvième point de son rapport. Si l’inégalité de revenus disponibles [mesurée par le coefficient de Gini] est restée relativement stable durant la dernière décennie et demeure proche de la moyenne européenne, le risque de pauvreté a progressé, soulignent les auteurs du document.

La pauvreté touche près de 600 000 personnes en Suisse. A une époque où l’aide sociale est prise pour cible et suscite des soupçons d’abus, « Le Temps » a écouté des témoignages de parcours tourmentés, entre souffrance physique, privations et humiliations. Ils évoquent la « dureté » autant que l’abnégation des assistants sociaux, l’impossibilité de satisfaire les exigences de la réinsertion, la honte face aux gens ordinaires qui ont un travail, des vies assurées. On entrevoit la fatalité qui les écrase. La pauvreté s’hérite, se transmet. On n’en sort pas facilement. Ils en parlent avec cœur. Ils en rient aussi.

La défaite du Front national à l’élection présidentielle de 2017 et les mésusages de l’argent public dont il est soupçonné aimantent les regards vers l’appareil du parti fondé par Jean-Marie Le Pen. Mais pourquoi vote-t-on Front national ? Quelles parts de votre histoire familiale, de votre activité professionnelle, de votre lieu de résidence, de vos aspirations personnelles vous conduisent à glisser un bulletin FN dans l’urne ? Indépendamment du discours porté par le FN et de ses stratégies de conquêtes territoriales, des expériences sociales denses et complexes incitent à ce vote. Il est donc essentiel de les décrire afin de comprendre ce qui pousse de plus en plus de Français.es à voter pour Marine Le Pen -plus de 10 millions d’électeurs au second tour de la présidentielle. Le vote Front national des banlieues pavillonnaires en périphérie des métropoles n’est pas l’expression de « petits Blancs » déclassés mais le produit de leurs conditions sociales et de décennies de transformation du monde du travail, explique la sociologue Violaine Girard dans une passionnante enquête sur le vote FN parue aux Editions du Croquant.

Aux Pays-Bas, la formation d’un gouvernement a échoué. Les négociations, qui ont duré soixante et un jours, n’ont pas porté leurs fruits en raison d’une pomme de discorde : la politique d’asile. Bien qu’arrivé en tête des législatives en mars, le Premier ministre Mark Rutte [VVD, conservateurs-libéraux] n’a pas la majorité. Il n’a obtenu que 33 sièges [sur 150] à la Chambre basse, ce qui l’oblige à former une coalition pour gouverner. Jesse Klaver, l’étoile montante de GroenLinks [Verts], a quitté la table des négociations en raison de divergences idéologiques avec lui. « Le sujet de l’immigration était la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Mais sur d’autres sujets aussi, notamment la politique environnementale et l’impôt sur le revenu, les points de vue étaient trop divergents ». Quatre partis devaient donc se mettre d’accord : le VVD, les chrétiens-démocrates du CDA, les écologistes de GroenLinks dirigés par Jesse Klaver, et les démocrates centristes du D66.

L’Elysée a annoncé ce mardi que la composition du gouvernement ne sera annoncée que le mercredi 17 mai, à 15 heures. Le Palais justifie ce retard afin de permettre des vérifications concernant les « situations fiscales » des « personnalités qui sont pressenties au gouvernement ». Dans son communiqué, l’Elysée ajoute que ces derniers ne doivent pas se trouver dans « des situations de conflit d’intérêt au regard des informations dont dispose la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique ». Le premier conseil des Ministres devrait avoir lieu jeudi.

En attendant, les premières nominations au cabinet du nouveau premier ministre Édouard Philippe ont été publiées mardi 16 mai au Journal officiel. Benoît Ribadeau-Dumas, un dirigeant d’une des divisions de l’équipementier aéronautique Zodiac Aerospace, a été nommé directeur de cabinet. Cet énarque avait fait partie du cabinet de Jean-Pierre Raffarin en 2002. Sont également nommés au cabinet du premier ministre, selon l’arrêté publié au Journal officiel, Anne Clerc, chef de cabinet — elle était aussi membre du cabinet Raffarin en 2004 — le général de corps d’armée François Lecointre, chef du cabinet militaire, et enfin Nolwenn Chouffot, chargée de mission auprès du directeur de cabinet.

Il n’avait jusque-là jamais dit ‘oui’ aux propositions d’entrée au gouvernement. Cette fois, avec Emmanuel Macron, Nicolas Hulot devrait franchir le pas. L’écologiste aurait en effet accepté la proposition faite par le nouveau président de la République d’un ministère de l’Ecologie au large périmètre. Son nom devrait donc être annoncé mercredi par le secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler. Selon L’Obs, Emmanuel Macron et Nicolas Hulot se sont rencontrés après le second tour de la présidentielle. Un journaliste de Ouest-France indiquait aussi mardi matin sur Twitter que l’écologiste a annulé ses rendez-vous calés mardi et « ne peut en proposer d’autres à ce stade ».

Le chef de l’Etat, qui n’a guère fait campagne sur les thématiques environnementales, s’est choisi un premier ministre, Edouard Philippe, lui-même peu sensible à l’écologie. Le maire du Havre [depuis 2010], diplômé de Sciences Po et de l’ENA, n’a pas vraiment manifesté, dans son parcours professionnel pas davantage que dans ses mandats électifs, d’attrait pour les questions environnementales. Les ONG écologistes s’alarment de son passé — à leurs yeux de son passif — au sein du groupe Areva, alors fleuron du nucléaire français, dont il a été directeur des affaires publiques de 2007 à 2010 ». A l’Assemblée nationale, le député [UMP puis LR] de Seine-Maritime n’a pas brillé par son engagement pour l’écologie, quand il n’a pas œuvré contre. A l’unisson de sa famille politique, il y a voté en défaveur de la loi du 17 août 2015 sur la transition énergétique pour la croissance verte, de même que contre la loi du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages.

Le mouvement d’Emmanuel Macron, la République en marche [LRM], a publié lundi 15 mai au soir une liste complétée de 511 candidats pour les élections législatives de juin. Cette nouvelle liste comprend 83 noms de plus que la liste initiale publiée le 11 mai. Elle inclut notamment les noms de nouveaux candidats issus du MoDem, le parti de François Bayrou. Numéro deux du parti centriste, la députée européenne Marielle de Sarnez se voit ainsi investie à Paris, tout comme Marc Fesneau, secrétaire général du parti, dans le Loir-et-Cher. Jeudi 11 mai au soir, le président du MoDem avait fait savoir que la liste initiale publiée par LRM n’avait « pas son assentiment », avant d’annoncer vendredi qu’un projet d’accord « solide et équilibré » avait finalement été trouvé. La liste comprend 255 candidatures féminines et 256 candidatures masculines. Selon En marche !, la dernière vague d’annonce « interviendra d’ici le milieu de la semaine ».

Partenaire d’En marche, un membre du Modem local réagit après le gel de l’investiture de François-Michel Lambert dans la 10e circonscription. Comme l’a raconté Marsactu, le cas du député écologiste sortant, condamné pour diffamation, est examiné par la commission nationale d’investiture du mouvement. « La promotion des emplois familiaux tout comme ces écueils juridiques constituent des règles incontournables pour le rassemblement des humanistes. À présent la dynamique de campagne n’est possible qu’avec le retrait immédiat de cette candidature », assène dans un communiqué Bruno Amic, vice-président du Modem 13. Lequel avait fait part de sa volonté d’être candidat dans cette même circonscription…

Le maire de Bouc-Bel-Air [13] et candidat aux législatives dans la 10ème circonscription Richard Maillé aurait été suspendu des Républicains. Gomet’ s’est procuré une lettre envoyée par le secrétaire national du parti à Richard Mallié avec accusé de réception en date du 10 mai 2017. Cette lettre affirme que « le bureau politique du 9 mai 2017 a décidé à l’unanimité de vous suspendre de notre mouvement pour une durée de 3 ans ». Le maire de Bouc-Bel-Air avait dans un premier temps été investi par le conseil national des Républicains, avant de se voir démis de son investiture en vertu de l’accord national passé avec l’UDI qui porte Bruno Genzana [conseiller général d’Allauch] candidat sur la circonscription. Monique Robineau conteste la légalité de cette procédure affirmant que « c’est le conseil national des Républicains, instance suprême du parti, qui a accordé son investiture à Richard Mallié » et l’accord « passé entre l’UDI et François Fillon » n’a pas la même valeur. Elle affirme qu’ils iront « jusqu’au bout ».

C’était une promesse de campagne de Christian Estrosi, la voici qui prend forme. Depuis ce mardi 16 mai en effet, les premiers portiques de sécurité fixes sont en cours de déploiement dans plusieurs gares de la région. Sont concernées celles d’Arles, Aix-en-Provence centre, les Arcs [ou avait eu lieu la première expérimentation], Draguignan et Cagnes-sur-Mer, le déploiement s’effectuant jusqu’en septembre. D’ici la fin de cette année, d’autres équipements mobiles vont être mis en place dans 39 gares pour des contrôles aléatoires. Une seconde vague de déploiement pour des portiques fixes interviendra en octobre pour les gares d’Avignon centre, Nice Saint-Augustin, Nice-Riquier et Menton.

Bonne journée

Mathieu Grizard

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