[433] Fins de Partie

Roberto Cuoghi | Imitation du Christ | Il Mondo Magico | Pavillon italien | Biennale de Venise
Roberto Cuoghi | Imitation du Christ | Il Mondo Magico | Pavillon italien | Biennale de Venise

« En avril et en mai, les sourciers de l’art ont fait étape à Athènes, pour le premier volet de la Documenta, avant de gagner dans la foulée la Biennale de Venise. Quelques semaines plus tard, ce beau monde se retrouvera pour l’ouverture de la Documenta, cette fois-ci à Kassel, le 10 juin. A partir du 13 juin, la caravane arty convergera à la foire Art Basel, baromètre inégalé du marché de l’art. Entre ces trois manifestations, les frontières sont poreuses. Une soixantaine d’artistes exposés à Venise et Kassel seront aussi présentés par leurs galeries à Bâle. Rien d’étonnant à cela. Celles-ci ont produit une grande partie des œuvres déployées à Venise, Athènes ou Kassel. Qui profitera cette année de l’effet d’aubaine ? Probablement l’Italien Roberto Cuoghi, qui, dans le pavillon italien à Venise, a abordé la question de la putréfaction et de la disparition des corps avec une impressionnante installation autour de copies de christs en croix ».

La Fondation de l’Hermitage, à Lausanne, est en train de produire une série de vingt courtes capsules vidéo accompagnant chacune une toile visible dans le cadre de l’exposition « Chefs-d’œuvre de la collection Bührle », qui voit Manet et Cézanne côtoyer Van Gogh et Monet. La septième capsule, mise en ligne il y a quelques jours, présente un « Nu couché » de Modigliani. En une minute, on appréhende l’œuvre tout en apprenant qu’elle fait partie d’une trentaine de nus peints par l’artiste toscan à partir de 1916, et qui ont fait scandale dès leur première exposition, entraînant une intervention policière. Un siècle plus tard, c’est au tour de Facebook de s’illustrer et de censurer l’œuvre de Modigliani. La vidéo didactique du musée lausannois reste par contre disponible sur la plateforme YouTube. Ironie du sort, son commentaire se conclut ainsi : « La charge érotique de ces nus est telle qu’ils sont aujourd’hui encore parfois censurés ».

Le documentariste et activiste américain Michael Moore a lancé mardi 6 juin un nouveau site internet, appelé TrumpiLeaks, pour permettre aux lanceurs d’alerte de lui transmettre en toute sécurité des informations sur le président américain Donald Trump et son administration. Tout en reconnaissant qu’aucun moyen de communication n’est sûr à 100%, Michael Moore indique que son équipe a eu recours aux moyens technologiques les plus développés pour garantir l’anonymat des lanceurs d’alerte. Il a dévoilé le site TrumpiLeaks au lendemain de l’annonce par le département de la Justice de l’arrestation d’une sous-traitante de la National Security Agency [NSA] âgée de 25 ans, accusée d’avoir piraté des informations confidentielles sur les ingérences russes présumées dans la campagne présidentielle de l’année dernière.

Seul à sa table face à 17 sénateurs, l’ancien patron du FBI James Comey a livré jeudi un témoignage particulièrement troublant pour Donald Trump, rigoureux, fidèle à ses principes et s’exprimant avec aisance à l’occasion d’un des événements les plus attendus de ces dernières années. Quand la sénatrice Dianne Feinstein lui a demandé pourquoi il n’avait pas répondu à Donald Trump que ses demandes sur l’enquête concernant Michael Flynn étaient inappropriées, James Comey s’est livré à quelques réflexions personnelles. « J’étais tellement abasourdi par la conversation que je n’ai pas répondu ». Sous le feu des questions, M. Comey a à un moment déplié la longue liste des actions discutables de Donald Trump, dont un tweet où le président le menaçait de divulguer des « enregistrements » de leurs conversations. « J’espère bien qu’il y a des enregistrements », a-t-il dit, très sûr de lui. Et les quelques fois où M. Comey n’a pas répondu à des questions des sénateurs, il n’a fait qu’accroître le suspense, suggérant qu’il pourrait donner des précisions durant la seconde partie de son audition, prévue cette fois à huis clos.

Le Parlement japonais a voté vendredi 9 juin une loi permettant à l’empereur Akihito de quitter le trône, ouvrant ainsi la voie à la première abdication au Japon en plus de 200 ans. Akihito, âgé de 83 ans, avait créé la surprise en août 2016 en laissant filtrer dans une allocution télévisée ses craintes quant à ses aptitudes à accomplir les multiples tâches liées à son rang de « symbole de la nation et de l’unité du peuple », du fait de son âge. La loi ne s’applique qu’à lui seul et il doit céder la place à son fils aîné, le prince Naruhito, à une date fixée par décret, dans les trois ans suivant son entrée en vigueur. Le texte avait été voté par la Chambre basse il y a une semaine et a été définitivement adopté par le Sénat ce vendredi.

La Première ministre conservatrice Theresa May a perdu jeudi la majorité absolue dont elle disposait au Parlement, selon les premières estimations, un résultat choc qui plonge le pays dans l’incertitude à quelques jours de l’ouverture des négociations du Brexit. C’est un échec personnel pour Mme May, qui avait convoqué ces élections législatives anticipées en comptant en obtenir une majorité renforcée pour négocier la sortie de l’Union européenne. Les Tories décrochent 318 sièges, contre 330 dans l’assemblée sortante, tandis que les travaillistes de Jeremy Corbyn gagnent 37 sièges, à 266 mandats, selon une estimation Ipsos/MORI à la fermeture des bureaux de vote à 21H00 GMT. Mme May disposait d’une majorité de 17 sièges dans le Parlement sortant. Moins d’un an après le référendum pour la sortie de l’Union européenne, cette tenante d’un Brexit « dur » avait convoqué ces élections anticipées afin d’avoir les coudées franches pour négocier avec les 27 à partir du 19 juin. Mais les travaillistes de M. Corbyn, tenant de l’aile gauche et qui a mené une campagne jugée réussie, ont contrarié ces plans. En France, en 1997, la dissolution voulue par Jacques Chirac avait conduit à la victoire de Lionel Jospin…

Les abus liés au « travail détaché » en Europe ont été au cœur de la campagne présidentielle française. Ce dispositif créé en 1996, avant l’élargissement de l’Union à l’Est, est accusé d’encourager le dumping social. Sur le papier, les salariés envoyés dans un autre État de l’Union travaillent dans les conditions du pays d’accueil [rémunération, temps de travail…] et les cotisations sociales sont payées dans l’État d’origine. Mais les fraudes se sont multipliées au fil des ans [non-paiement des heures supplémentaires, de certaines primes…]. Cela a conduit les Européens à lancer en mars 2016 la révision du texte. Après qu’Emmanuel Macron a réaffirmé le 31 mai sa volonté d’en « construire une vraie refondation », Paris a rédigé un document de deux pages avec huit propositions qui visent à durcir la version actuellement en discussion, jugée insuffisante.

Par le grand nombre des députés sortants qui ne se représentent pas, au moins 216 nouveaux députés s’assiéront dans l’hémicycle du Palais-Bourbon ce mois de juin. Portée également par la promesse politique de renouvellement des Républicains en marche !, la 15e Assemblée nationale élue ces 11 et 18 juin sera peut-être davantage représentative de la société française qu’elle ne l’a été jusqu’ici. Depuis 1958, la professionnalisation de la vie politique, et par conséquent l’écart entre les appartenances sociologiques des élus et la population française, se creusent. L’Assemblée, censée être politiquement représentative du peuple, l’est-elle sociologiquement ? Sans surprise, elle représente très majoritairement des hommes blancs de plus de 50 ans diplômés et issus des classes supérieures ; des hommes devenus des professionnels de la politique. En voici la démonstration en quatre graphiques, sous l’œil de Luc Rouban, chercheur au CNRS et au Cevipof, spécialiste de la sociologie du personnel politique.

Favori des élections législatives depuis la victoire d’Emmanuel Macron à la présidentielle, La République en marche [LRM] présente pour la première fois des candidats à un scrutin national. Âge, études, métiers, passé politique, profils sur les réseaux sociaux… Le Monde a épluché la liste des 525 candidats soutenus par ce nouveau mouvement pour en analyser la composition. Premier grand texte du quinquennat, le projet de loi « pour la confiance dans notre vie démocratique » présenté par le ministre de la justice, François Bayrou, doit concrétiser les promesses d’exemplarité et de renouvellement du président Macron. Mais les députés de La République en marche [LRM] qui seraient susceptibles de voter cette loi de moralisation de la vie publique sont-ils en phase avec ses grands principes ? L’enquête du Monde montre que ce n’est pas toujours le cas.

Alors que le ministre de de la transition écologique et solidaire se promenait en Provence avec le candidat Castaner, le président de la République, Emmanuel Macron, a lancé jeudi 8 juin la plateforme internet « Make Our Planet Great Again » pour « faciliter la mobilisation pour la protection de notre planète de celles et de ceux qui souhaitent s’investir dans des projets, poursuivre des recherches, entreprendre, rechercher des financements ou s’installer en France. Coordonné avec les ministères de la Transition écologique et solidaire, de l’Europe et des Affaires étrangères, de l’Économie, et de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, et porté par Business France, cette plate-forme, développée en anglais et en français, offre un seul et même outil, ambitieux, pratique et pragmatique ».

La question de rejets toxiques de l’entreprise Alteo vient d’atterrir sur le bureau du nouveau ministre de l’Environnement. Nicolas Hulot, qui s’est par le passé opposé à la poursuite des rejets, se retrouve saisi d’un recours intenté par Hervé Menchon, candidat EELV dans la 6e circonscription, le 23 mai, mais rendu public seulement ce jeudi. L’élu marseillais avait déposé en février auprès du préfet des Bouches-du-Rhône un recours gracieux, car au-delà du délai d’un an prévu, visant faire annuler sa décision d’autoriser pour encore 5 ans les rejets toxiques de l’entreprise de Gardanne. L’argument, inédit par rapport aux précédents recours, est de dénoncer dans cette autorisation une violation de la charte de l’environnement de 2004, annexée à la Constitution. « À nos yeux, l’État enfreint là le principe de précaution et celui de pollueur-payeur puisqu’il n’a jamais été question de remise en état du canyon où les boues rouges ont été déversées », précisait Hervé Menchon en février. Faute de réponse du préfet au terme de deux mois d’attente — ce qui équivaut à un rejet de la demande — l’écologiste et son avocat ont décidé de poursuivre par un recours hiérarchique, qui vise le supérieur du préfet, à savoir le ministre Hulot.

Saisi par les associations France Nature Environnement, Convergence écologique des Bouches du Rhône, Les Amis de la terre, ainsi que les parcs régionaux du Verdon et du Luberon qui lui ont demandé d’annuler l’arrêté préfectoral du 29 novembre 2012 autorisant le groupe E.ON [aujourd’hui Uniper] a exploiter une unité fonctionnant à la biomasse sur le site de Gardanne, le tribunal administratif de Marseille s’est prononcé en faveur de l’annulation. Le juge a estimé qu’en raison des prélèvements importants en bois, l’étude d’impact est insuffisante. Cette insuffisance « a eu pour effet de nuire à l’information complète de la population au stade de l’enquête publique », fait notamment remarquer le tribunal. « L’étude d’impact n’est pas proportionnée à l’importance et à la nature du projet ». Calibrée pour brûler des centaines de milliers de tonnes de bois par an, cette centrale est un projet-clé du département en matière d’énergie. Cette usine de conversion du charbon à la biomasse, dont l’autorisation avait été délivrée par le préfet en 2012, répondait à l’appel d’offres lancé en 2011 par l’Etat afin d’atteindre son objectif de 23 % d’énergies renouvelables d’ici à 2020.

François-Michel Lambert est officiellement investi par LREM dans la 10e circonscription des Bouches-du-Rhône. Suspendue par le mouvement de la majorité présidentielle, en raison d’une condamnation en diffamation entachant son casier judiciaire, sa candidature a été rendue officielle par la présidente de LREM, Catherine Barbaroux. Jeudi dernier, le tribunal de grande instance de Lille a en effet accepté la requête en urgence que lui avait adressée le candidat, et exclu la mention de condamnation de son casier judiciaire.

« J’ai pris comme parti d’aller sur les territoires, parce que c’est sur les territoires que les choses se passent. Il s’agit de repenser la cohésion sociale, de redonner aux gens la possibilité de penser qu’ils ont le pouvoir de prendre en main leur vie. Et la culture peut apporter beaucoup à ce niveau-là ». Après Cannes, Arles, Montpellier, la Ministre de la Culture est en visite à Marseille et Aix en Provence ce vendredi 9 juin, en passant par le Théâtre Toursky, le Mucem et une rencontre avec les acteurs de Marseille Provence 2018, pour finir à la Direction Régionale des Affaires Culturelles située à Aix en Provence… De l’intérêt d’avoir une ministre installée dans la Région ?

Qu’est-ce que la prospérité aujourd’hui ? La prospérité supporte-t-elle les inégalités ? Doit-on craindre une stagnation séculaire ? Le Monde progresse-t-il ? A-t-on épuisé les politiques économiques ? Quel futur pour les Eldorados ? La croissance détruit-elle la planète ? La mondialisation a-t-elle tourné le dos aux peuples ? La démocratie peut-elle survivre sans prospérité ? Les nouvelles technologies nous rendent-elles aveugles ? Faut-il s’attendre à une nouvelle crise financière ? La finance peut-elle être responsable ? La France est-elle prospère ? Serons-nous encore des humains ? A quoi ressemblera le consommateur du futur ? Est-il encore temps pour l’Europe sociale ? Etc
Voici quelques questions soulevées par les Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, organisé par Le Cercle des économistes. Les pré-inscriptions sont officiellement ouvertes !

L’Institut de l’Image d’Aix-en-Provence continue de labourer le patrimoine cinématographique, nous offrant une occasion unique de [re]découvrir les chefs-d’œuvre de l’image en mouvement, avec ce mois-ci un cycle consacré aux pépites du cinéma italien. Il s’agit ici d’explorer les œuvres rares du patrimoine transalpin, et d’offrir au public l’occasion de découvrir une poignée d’opus somptueux, certains restaurés en DCP numérique, qui ont également fait la richesse d’une cinématographie comptant parmi les plus grandes. À commencer par le « Je la connaissais bien », d’Antonio Petrangeli, dont la cinémathèque de Bologne a réalisé une restauration de toute beauté ! La séance sera accompagnée par Claudio Milanesi, universitaire à Aix-Marseille.

Le Printemps de l’Art Contemporain s’étend cette année à Aix en Provence et dans le Pays d’Aix, entre le 3bisf, centre d’arts contemporains, le Pavillon de Vendôme, Seconde Nature et Mac Arteum à Châteauneuf le Rouge. Ce samedi 10 juin, le parcours de clôture vous attendra au départ pour une balade riche en surprises de 12h à 22h, avant de s’achever par une nocturne au Pavillon de Vendôme. Quant à l’exposition « Destinerrance » à Châteauneuf le rouge, elle se prolonge jusqu’au 8 juillet.

Le 14 juin prochain à 18h, la colombe sauvage inaugurera quelques nouvelles rues du quartier de la Duranne à Aix en Provence : rue des Prix Nobel, rues Jean-Pierre Saez, Gabriel Lippman, Pierre Ambrogiani, Fresse de Montval, Neil Armstrong et route du Val d’Arbois…
Ou sont les femmes ?

Bonne journée

Mathieu Grizard

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