[444] Je rêvais d’un autre monde

Steven Pippin | Laundromat-Locomotion [Walking in Suit] 1997
Steven Pippin | Laundromat-Locomotion [Walking in Suit] 1997

« Après l’acquisition de trois de ses photographies, le centre Pompidou consacre une rétrospective à l’artiste britannique Steven Pippin, bricoleur invétéré d’objets farfelus qui combinent prises de vue et développement d’images. Une démarche obsessionnelle, radicale et philosophique. A première vue, les photographies de Steven Pippin sont décevantes : floues, noir et blanc, au sujet mal défini. Et elles le sont, finalement — si peu attractives visuellement. Mais pour peu que l’on plonge dans leur système de pensée et dans leur imaginaire poétique, on goûte à une substantifique moelle : la philosophie, l’absurdité, l’humour et l’érotisme de la photographie. Géo Trouvetou conceptuel, à la fois ingénieur, sculpteur et photographe, Steven Pippin pousse à son paroxysme l’idée de photographie. A Beaubourg, l’exposition « Aberration optique » s’ouvre sur une étrange sculpture en métal : c’est la porte occultante qui fermait le Photomaton et lui permettait de se photographier à l’extérieur ». Jusqu’au 11 septembre 2017.

L’équipe du télescope spatial Kepler de la NASA a présenté, lundi 19 juin, la découverte de 219 nouvelles exoplanètes potentielles. Parmi elles, dix sont d’une taille proche de celle de la Terre, où l’eau pourrait hypothétiquement exister à l’état liquide et permettre la vie. En tout, 4 034 exoplanètes ont été détectées par Kepler, dont 2 335 ont été confirmées par d’autres télescopes. Environ cinquante de ces planètes, situées hors de notre système solaire, ont d’une taille approchant celle de la Terre et orbitent dans la zone habitable de leur étoile, y compris les dix dernières révélées lundi. Sur cette cinquantaine de planètes potentiellement sœurs de la Terre, plus de trente ont été confirmées. « Ce catalogue minutieux est le fondement scientifique qui permettra de répondre directement à l’une des questions les plus brûlantes en astronomie consistant à déterminer le nombre de planètes sœurs de la Terre dans la galaxie », a expliqué Susan Thompson, une des scientifiques de l’équipe Kepler et de l’Institut SETI, qui se consacre à la recherche d’une intelligence extraterrestre.

À l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés [ce mardi 20 juin], le Haut-Commissariat pour les réfugiés [HCR] publie son rapport annuel sur les déplacés dans le monde en raison de conflits. On compte 65,6 millions de « déracinés » en 2016, c’est 300 000 de plus qu’en 2015. Parmi eux, des « déplacés internes », en légère baisse [40,3 millions], et des « réfugiés » qui quittent leur pays [22,5 millions], en hausse de 1,2 million. La moitié de ces réfugiés sont des enfants. Le conflit en Syrie génère le plus de réfugiés [5,5 millions, + 825 000 en 2016]. Mais la détérioration de la situation au Soudan du Sud est jugée la plus préoccupante : + 64 % de réfugiés lors des six derniers mois de 2016 [1,4 million]. À Moria, sur l’île grecque de Lesbos, les migrants qui n’ont pas de statut de réfugié attendent de savoir ce qu’ils vont devenir. 16 000 migrants et réfugiés potentiels se trouvent ainsi piégés sur les îles grecques face à la Turquie. l’entrée officielle est gardée par des forces anti-émeutes, un double grillage et des barbelés élevés. Les défenseurs des droits de l’homme ont surnommé Moria « Guantanamo ». De l’extérieur, l’endroit affiche pourtant une image presque correcte avec ses conteneurs blancs alignés, son linge qui sèche aux fenêtres et les allées et venues continuelles à l’intérieur. Rien ne permet d’imaginer un enfer.

Le Grand Paris Express est le plus grand projet d’infrastructures en Europe et le quatrième au monde, derrière trois ouvrages chinois. 205 kilomètres de tunnels doivent être construits d’ici à 2030, avec quatre lignes de métro supplémentaires, deux extensions et 72 gares desservies, dont 68 nouvelles. Cela revient quasiment à doubler la taille du métro parisien, qui compte 220 kilomètres de lignes, dont dix seulement ont été mis en service depuis 2000. Ces métros vont créer une grande rocade souterraine reliant entre eux les grands pôles économiques de la région. Ils permettront aussi de se déplacer d’une banlieue à une autre sans avoir à transiter par Paris. Les premiers chantiers viennent de démarrer.

Un an après le séisme du référendum, le Royaume-Uni et l’UE ont donné lundi 19 juin le coup d’envoi officiel des négociations du Brexit, avec moins de deux ans devant eux pour boucler ces tractations historiques, sur fond d’incertitudes sur la position d’un gouvernement britannique fragilisé. Le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, a reçu le ministre britannique du Brexit David Davis à 11H00 dans les locaux du Berlaymont, le siège de la Commission européenne. « Notre objectif est clair : nous devons d’abord nous attaquer aux incertitudes créées par le Brexit », a déclaré M. Barnier, en anglais. « J’espère qu’aujourd’hui nous pourrons identifier des priorités et un calendrier ». Les Britanniques voulaient discuter dès le départ de leur « relation future » avec l’UE, notamment sur le plan commercial. Mais ils semblent avoir accepté le tempo des Européens, qui n’accepteront de parler de l’avenir que quand des « progrès suffisants » auront été enregistrés pour leurs trois priorités. M. Davis s’est dit de son côté « déterminé à bâtir un partenariat fort et spécial » avec l’UE, lors d’une brève prise de parole devant la presse, avant que les deux hommes ne s’isolent avec leurs délégations dans une salle du septième étage de la Commission européenne. Selon M. Barnier, les négociations devront être bouclées autour d’octobre 2108, pour laisser le temps ensuite au Parlement européen et au Parlement britannique de ratifier l’accord du retrait, prévu pour la fin mars 2019.

« La presse d’outre-Manche avait déjà eu du mal à digérer en 2014 la nomination à la tête de la Commission européenne de Jean-Claude Juncker, ce Luxembourgeois « fédéraliste » honni par David Cameron et accablé de tous les vices. En juillet 2016, la stupeur est encore montée d’un cran lorsque celui-ci a désigné le Français Michel Barnier comme négociateur de l’Union européenne pour le Brexit. Un Français qui, forcément, ne saurait pas parler anglais ni ne pourrait s’empêcher de mettre des bâtons dans les roues de Londres. Un nom qui n’a pas non plus rappelé que des bons souvenirs. Nick Clegg, le leader des Lib Dems, avait ainsi déclaré que Michel Barnier « n’est pas un ami » de la City et qu’il serait un interlocuteur difficile. Quant aux tabloïds, ils se retrouvaient de nouveau face à l’ancien commissaire de José Manuel Barroso aux Services financiers, qu’ils considéraient au plus fort de la crise financière comme « l’homme le plus dangereux d’Europe ». Ceux qui le connaissent louent son pragmatisme, sa pugnacité mais aussi son calme et sa capacité d’écoute. Il a révélé s’être découvert une passion commune avec Theresa May, à savoir les randonnées en montagne. « En montagne, on apprend à mettre un pied devant l’autre car le chemin peut être accidenté. On apprend à garder son souffle et à regarder le sommet », avait-il alors conté, comme un prélude à des négociations qui seront loin d’être de tout repos.

Certains commentateurs hexagonaux estiment que les « bons résultats » économiques du Royaume-Uni invitent la France à l’imiter. Mais le dynamisme qu’ils observent est surtout celui de la capitale, dont l’exubérance masque la réalité plus sombre du reste du pays. Et le recul du chômage s’accompagne d’une chute des rémunérations sans précédent depuis le XIXe siècle. Il faut remonter à l’époque victorienne pour trouver une crise économique ayant provoqué au Royaume-Uni une chute des salaires aussi importante que celle qui a débuté en 2007.

« ‘Ils ne sont puissants que parce que nous sommes à genoux’ [Etienne de La Boétie, Discours de la servitude volontaire]. Les lobbys industriels nous mènent une guerre que nous ne voulons pas voir. Une guerre contre l’intérêt général qui est au cœur de notre contrat social. Une guerre pour la dictature de l’argent, pour la dérégulation des marchés, la déréglementation, le profit… Il est temps de désarmer ceux qui procèdent à la capture scientifique et réglementaire de nos institutions : la finance, les Bayer-Monsanto et autres mastodontes de la chimie, de la pharmacie, de l’agroalimentaire… » 
Le collectif « Vigilobb, Agir contre les lobbys » lance un « manifeste » pour interpeller les nouveaux députés sur les progrès à accomplir en matière de lutte contre les conflits d’intérêt. L’association souhaite lancer des campagnes de mobilisation citoyenne contre la capture scientifique et réglementaire des défenseurs d’intérêts particuliers commerciaux et financiers.

Il y a cinq ans, Europe Ecologie-Les Verts faisait élire 17 députés et pouvait ainsi constituer un groupe à l’Assemblée nationale. Une première pour le parti écologiste, dont Cécile Duflot et Pascal Canfin avaient intégré le gouvernement Hollande. Cinq ans plus tard, plus rien. La nouvelle législature débutera sans député EELV en son sein. Aucun n’est parvenu à se faire élire lors de ces élections législatives. Défaite symbolique, Cécile Duflot s’est inclinée dès le premier tour du scrutin dans sa circonscription parisienne. Seul élu étiqueté écologiste par le ministère de l’Intérieur Eric Alauzet, député sortant, a lui remporté sa législative dans la deuxième circonscription du Doubs [62,19% des suffrages]. Mais ce dernier s’est vu retirer son investiture en pleine campagne par Europe Ecologie — Les Verts, en raison de sa trop grande proximité avec Emmanuel Macron. Eric Alauzet n’est d’ailleurs pas le seul sortant écologiste à rempiler. En effet, plusieurs d’entre eux — après la lente décomposition du groupe EELV dans la législature précédente — s’étaient émancipés et avaient alors rejoint le groupe socialiste dans l’hémicycle. Désormais En Marche !, on retrouve ainsi François de Rugy [qui briguerait la présidence de l’Assemblée nationale], Barbara Pompili, François-Michel Lambert et Paul Molac.

Le réalisateur du film Merci patron ! François Ruffin, élu député dimanche de la 1ère circonscription de la Somme, a assuré lundi qu’il se paierait au Smic, réservant le reste de ses revenus « à des œuvres ». « J’ai pris trois engagements auprès des électeurs », a-t-il expliqué au micro de RTL : « me payer au Smic, ensuite avoir un mandat révocable, si 25% des inscrits de ma circonscription souhaitent que je dégage, eh ben je m’en irai ». Un député ne peut pas baisser individuellement son indemnité. François Ruffin peut néanmoins, et c’est ce qu’il va visiblement faire, donner ce qui dépasse du smic. Il devra en revanche payer des impôts sur la totalité de l’indemnité. Interrogé sur la destination du reste de ses indemnités, il a précisé qu’il les donnerait « à des œuvres ». Avant lui, les membres du mouvement espagnol Podemos avaient déjà pris cet engagement. A propos de la réserve parlementaire, que le projet de loi de moralisation de la vie publique prévoit de supprimer, il a prévenu que si elle était conservée, il la ferait « gérer par un jury populaire tiré au sort ».

La réélection de Manuel Valls n’aura même pas réussi à lui donner le sourire, la légèreté et la bonne humeur. A peine arrivé à l’Assemblée nationale ce lundi matin, il a répondu avec son tact habituel aux journalistes. « L’ancien Premier ministre, dont l’élection dans l’Essonne, avec 139 voix d’avance, est contestée par sa concurrente de La France insoumise [LFI], Farida Amrani, est arrivé, comme ses nouveaux camarades, par l’allée de la présidence au palais Bourbon. Il a ensuite bifurqué à droite pour entrer dans la salle des quatre colonnes. Et là, il est tombé sur une meute de journalistes et de caméras. « Je peux passer », leur a-t-il lancé, très énervé. Coincé, Manuel Valls s’est étonné des questions des journalistes ». Coincé, forcément coincé…

Un mois et deux jours après sa nomination au Ministère de la Cohésion des territoires, Richard Ferrand démissionne du gouvernement, à la demande d’Emmanuel Macron. Il va briguer la présidence de la tête du groupe La République En Marche à l’Assemblée Nationale. Réélu député de la 6e circonscription du Finistère lors des élections législatives, Richard Ferrand siégera donc à l’hémicycle. Depuis l’ouverture d’une enquête préliminaire portant sur ses transactions immobilières lorsqu’il était directeur des Mutuelles de Bretagne, Richard Ferrand semblait menacé au gouvernement, même si le Premier Ministre lui avait réitéré sa confiance à plusieurs reprises. Cette fonction de président du groupe REM à l’Assemblée, serait une porte de sortie toute trouvée pour Richard Ferrand. Benjamin Griveaux, porte-parole de La République en marche, élu député de Paris dimanche, indique que « c’est plutôt un signe d’absolue confiance du président de la République à l’endroit de Richard Ferrand » qu’une manière de lui assurer une immunité parlementaire.

Mohamed Laqhila, nouveau député LREM de la 11e circonscription des Bouches-du-Rhône, se félicite : « Nous avons une majorité absolue, les Français nous ont donné les moyens d’aller vite, de légiférer par ordonnance. Car, il y a urgence à réformer ce pays. » « Pour ma part, poursuit-il, j’entends travailler sur une question à laquelle, en tant qu’expert-comptable, je suis sensible : les finances. Il faut en finir avec une « logique » absurde à l’œuvre dans ce pays qui veut que l’on vote les dépenses avant de chercher les recettes. Il existe dans ce pays des dépenses inutiles auxquelles il faut mettre fin et qui coûtent à notre pays entre 5 et 10 milliards par an. Cette recherche va être mon domaine de prédilection ». « J’installerai ma permanence là où sont nos entreprises, nos start-ups. Je ferai remonter leurs problèmes, leurs attentes, leurs potentialités. Je les solliciterai aussi pour qu’elles embauchent autant que possible sur le territoire de la circonscription qui connaît un taux de chômage de 12,80%, plus que la moyenne nationale. Je veux être le député de l’entreprise et de l’emploi et je prends ce mandat comme une mission ».

Dans la 11ème circonscription des Bouches du Rhône, le député sortant LR qui repartait au combat pour un 7ème mandat, a adressé cet au revoir à ses électeurs : « Nous n’allons pas rompre ce lien exceptionnel qui nous a rassemblés au cours de ces six semaines de campagne. Nous allons au contraire le renforcer. Dès la rentrée, nous nous retrouverons pour partager le pain et le sel de l’amitié et des projets ». D’ici là, il devrait écrire une biographie de Mirabeau.

Condamné en première instance à 3.000 euros d’amende avec sursis, Cédric Herrou, membre de l’association Roya Citoyenne comparaissait devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence ce lundi 19 juin pour aide à l’entrée, à la circulation et au séjour de personnes en situation irrégulière. « Je suis innocent » dit sobrement au tribunal Cédric Herrou, 37 ans, dont « la revendication était que les mineurs soient pris en charge par les autorités, et que les migrants puissent faire leur demande d’asile ». Il explique avoir l’impression de faire le travail de l’Etat. Je n’incarne pas une lutte mais « je me sens considéré comme un contrebandier » par la justice « alors qu’on parle de gens » se désole le militant. En première instance, la justice l’avait condamné à 3.000 euros d’amende avec sursis et n’avait pas suivi les réquisitions du procureur, qui avait requis 8 mois de prison avec sursis. C’est ce même procureur qui a décidé de faire appel de ce jugement.

Ce samedi 24 juin de 14h à 18h aura lieu le lancement officiel de la Monnaie Locale Complémentaire Citoyenne du Pays d’Aix, la Roue, à l’occasion de la journée d’ouverture des Rencontres Déconnomiques. Il aura lieu au parc Saint Mitre, ou vous pourrez suivre diverses tables rondes sur les Monnaies Locales Complémentaires en général, sur La Roue en particulier et sur la Nef, banque éthique. Des professionnels utilisant la Roue actuellement seront là pour en parler. Tout cela sera accompagné d’animations, de festivités, d’une tombola, et d’un concert pour terminer le tout en beauté, et vous aurez la possibilité d’échanger sur place des euros en Roues bien sûr.

Bonne journée

Mathieu Grizard

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