[446] Solitudes

Zineb Sedira | The Lovers [2008]

Faire vivre les multiples cultures et influences qui ont forgé son identité, c’est ce que recherche Zineb Sedira* dans l’exposition « La maison de ma mère » présentée à Toulon cet été. De parents algériens, cette artiste née en France est partie vivre en Angleterre où elle a donné naissance à une petite fille. C’est aux côtés de sa mère et de sa fille qu’elle apparait sur les clichés. Plus qu’un travail sur la maternité, cette œuvre interroge la filiation matrilinéaire et la transmission de la mémoire familiale à travers les générations. Dans « Mother and I » [France], Zineb Sedira interroge sa mère sur son passé en français. Sa mère lui répond en arabe. Les questions concernent une époque pas si lointaine mais qui s’est hélas peu à peu effacée de la mémoire de sa mère. Dans la deuxième vidéo, « Daughter and I » [Angleterre], l’artiste continue à parler en français et cette fois, sa fille l’interroge en anglais. On voit ces trois générations de femmes et on voit la distance entre cette petite fille et sa grand-mère. On sent une distance créée par le barrage de la langue et de la culture. Plus que dans les mots eux-mêmes, la signification de cette œuvre repose sur les modes de communication. Comment échanger quand le langage impose une barrière difficilement franchissable ? Lorsque c’est au tour de la vieille dame d’interroger l’enfant, le dialogue laisse place à un silence. Le silence devient alors plus audible que les mots eux-mêmes. La petite fille, ne comprenant pas l’arabe, finit par regarder vers le bas. Le dialogue flotte pendant quelques instants puis la grand-mère sourit. Sourire, signe de solitude et symbole de la distance géographique et culturelle éloignant ces trois générations.
A découvrir jusqu’au 27 juillet au Théâtre Liberté de Toulon.

« Vos langues sont les causes de la guerre », a lancé le Premier ministre cambodgien à l’opposition, lors d’une visite à la frontière vietnamienne où il était venu célébrer le 40e anniversaire de sa défection des rangs des Khmers rouges. Hun Sen, au pouvoir depuis la chute des Khmers rouges, a dit mercredi à ses opposants de « préparer leurs cercueils », dans une surenchère verbale inquiétante à l’approche des législatives de 2018. Entouré de gradés et de membres de son gouvernement, lui-même en uniforme militaire, il a assuré que l’armée était prête à « réprimer tout mouvement cherchant à le renverser et à faire tort à la nation ». « Afin d’assurer la paix et la protection de millions de personnes, s’il est nécessaire d’éliminer 100 ou 200 personnes, il faut le faire », a encore dit celui qui n’hésite pas à utiliser les méthodes répressives pour se maintenir au pouvoir depuis 40 ans. Ces déclarations belliqueuses surviennent dans un contexte de fragilisation du parti au pouvoir, le Parti du peuple cambodgien [CPP], qui a fait un score mitigé aux récentes élections municipales organisées début juin à travers tout le pays.

Plus qu’une révolution de palais, c’est un séisme que vient de connaître le régime saoudien puisqu’un clan vient de prendre quasiment tous les pouvoirs, éliminant en grande partie son dernier rival, le privant dès lors de l’accès à nombre des richesses du royaume. En nommant par décret son jeune fils prince-héritier, en évinçant Mohammed ben Nayef, le prince-héritier en titre, privé de toutes ses autres fonctions — il était aussi vice-premier ministre et ministre de l’intérieur –, le vieux roi Salman confie à Mohammed ben Salman, âgé de 31 ans, la direction totale du pays, lui-même n’étant guère en état de régner. Artisan d’un programme de modernisation du royaume il y a un an, c’est lui qui, en tant que ministre de la défense, a engagé la guerre au Yémen. Chassé de ses fonctions, Mohammed ben Nayef, successeur en titre du roi Salman, subit une rare humiliation.

La population mondiale atteindra les 9,8 milliards d’habitants en 2050, a calculé l’ONU dans un rapport publié mercredi, dans lequel il estime que l’Inde va bientôt devenir le pays le plus peuplé de la planète, devant la Chine. Actuellement habitée par 7,6 milliards de personnes, la Terre en abritera 8,6 milliards en 2030, 9,8 en 2050 et 11,2 en 2100, selon les estimations du département des affaires économiques et sociales des Nations unies. L’Inde doit devenir l’Etat le plus peuplé du monde d’ici environ sept ans, devant la Chine. Le Nigeria, qui connaît une croissance démographique très rapide, devrait supplanter les Etats-Unis en troisième position d’ici 2050. Le nombre des personnes âgées de 60 ans ou plus doit par ailleurs plus que doubler à la même échéance. La population vieillissante, selon le rapport, doit ainsi passer de 962 millions en 2017 à quelque 2,1 milliards en 2050 et 3,1 milliards en 2100.

L’Albanie a un obstacle sur la route de son rapprochement avec l’Union européenne: ses champs de cannabis éparpillés dans ses montagnes, fléau gardé sous silence par les candidats aux élections législatives de dimanche. Si le Maroc est le principal fournisseur de résine, « l’Albanie reste la principale source d’herbe de cannabis exportée vers l’Union européenne », selon un récent rapport d’Europol. Ce commerce illégal représenterait un tiers de la valeur du Produit intérieur brut [PIB] de l’Albanie, voire plus, selon des sources occidentales. Rien que pour le cannabis produit dans la région de Lazarat [sud], le « royaume du cannabis », la valeur marchande annuelle a été évaluée à 4,5 milliards par an dans un rapport de 2013 de la police italienne, quelques mois avant une opération de police dans ce secteur. Avant de partir surtout vers l’étranger, ces sommes alimentent la corruption et empoisonnent le climat politique. Aux affaires depuis 2013, Edi Rama a promis d’ « éradiquer le phénomène une bonne fois pour toutes ». Un plan d’action a été mis sur pied en avril. Mais cette lutte va de pair avec celle contre la corruption…

La Première ministre britannique Theresa May a présenté ce mercredi 21 juin au matin sa loi pour sortir le Royaume-Uni de la législation de l’Union européenne, dans un discours lu par la reine Elizabeth II devant le Parlement. Ce programme législatif, fort de huit articles sur les 27 au total présenté par le gouvernement, est destiné à abolir le Code de la loi de 1972 qui avait incorporé la législation européenne au droit britannique, et à créer de nouvelles règles en termes de commerce, immigration, pêche ou encore agriculture. Mais ce qui a surtout retenu l’attention, c’est le chapeau bleu à points jaunes de la reine Elizabeth II, imitant sans équivoque le drapeau européen, et interprété, largement, comme un signe pro-européen.

« Le Temps » a fait partie du groupe de huit journaux européens conviés par Emmanuel Macron à l’Elysée, pour le premier entretien de son quinquennat accordé à la presse. Deux heures de discussion à bâtons rompus sur l’Europe, le monde, et la diplomatie française revisitée, à la veille de son premier sommet européen ce jeudi à Bruxelles. Un seul sujet pour cet entretien accordé par Emmanuel Macron à huit journaux européens [Le Figaro, Suddeutsche Zeitung, Le Soir, The Guardian, Corriere Della Serra, El Pais, Gazeta Wiborcza et Le Temps] : la place de la France sur la scène internationale. Deux jours après la nette victoire de « La République en marche » aux législatives du 18 juin, la politique intérieure n’a pas été évoquée. Tout le reste, en revanche, était à l’agenda. Y compris la candidature parisienne aux JO 2024, que le président Français viendra défendre en personne à Lausanne devant la commission d’évaluation du CIO, le 11 juillet prochain.

Le secrétaire général d’Élysée, Alexis Kohler, a annoncé ce mercredi soir la composition du nouveau gouvernement d’Edouard Philippe. La nouvelle équipe gouvernementale compte 20 ministres et 10 secrétaires d’Etat, et est composée de 15 hommes et 15 femmes. Suite aux défections annoncées [Ferrand, Goulard, Bayrou, Sarnez], plusieurs nouvelles et nouveaux venu.e.s font leur entrée au gouvernement. Nicole Belloubet [membre du conseil constitutionnel depuis 2013] comme garde des Sceaux, ministre de la Justice, Florence Parly [secrétaire d’Etat au budget sous Jospin] en tant que ministre des Armées, Nathalie Loiseau comme ministre auprès du ministre de l’Europe chargée des Affaires européennes, Stéphane Travert [porte-parole d’EM pendant la campagne] au ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, Jacqueline Gourault ministre auprès du ministre de l’Intérieur et Élisabeth Borne, ministre auprès du ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire, chargée des Transports. Jacques Mézard change d’attributions et devient ministre de la Cohésion des territoires, et six nouveaux secrétaires d’Etat entrent en fonction, dont Brune Poirson, 34 ans, diplômée de l’institut politique d’Aix en Provence, tout juste élue dans la circonscription de Marion Maréchal le Pen [qui ne se représentait pas].

La politique française, même renouvelée, peut-elle définitivement tourner la page des « affaires » et des arrangements familiaux ou partisans ? L’annonce du départ du gouvernement français du ministre centriste de la Justice François Bayrou montre combien la « transformation » annoncée par Emmanuel Macron est difficile à mettre en œuvre. Va-t-on enfin en sortir ? Quatre ministres importants seront donc restés à peine un mois dans l’équipe gouvernementale française réunie à la mi-mai par le premier ministre, Edouard Philippe. Le premier a été l’ex-socialiste Richard Ferrand, ministre de la Cohésion des territoires, mis en cause pour ses arrangements immobiliers familiaux lorsqu’il dirigeait jusqu’en 2011 les Mutuelles de Bretagne — il prendra la tête du groupe majoritaire à l’Assemblée, ce qui est en réalité une promotion. La seconde a été la ministre de la Défense centriste Sylvie Goulard, députée européenne du Mouvement démocrate [MoDem], qui a pris mardi les devants en annonçant qu’elle veut pouvoir se défendre librement si la justice la met en cause. Les deux autres démissionnaires, dont le départ a été annoncé ce mercredi matin, sont le ministre de la Justice et numéro trois du gouvernement François Bayrou [président et fondateur du MoDem], et sa fidèle partenaire politique Marielle de Sarnez, ministre des Affaires européennes. En clair, et même si les ministres n’avaient pas encore pris toutes leurs marques en raison de la campagne pour les législatives, le premier gouvernement du quinquennat Macron a été décapité.

Certains y verront un retour aux sources. D’autres l’analyseront peut-être comme un signe supplémentaire de fin de cycle. L’Assemblée nationale version 2017 est en tout cas extrêmement fragmentée, avec a priori 7 groupes parlementaires. Un chiffre atteint une seule fois seulement sous la Vème République : à ses débuts, entre 1958 et 1962. Une situation due à la recomposition politique en cours, qui divise autant la gauche que la droite et le centre. Pour les cinq ans qui viennent, l’hémicycle devrait se diviser entre les groupes suivants [de gauche à droite] : GDR [communistes], France insoumise, Parti socialiste [+ radicaux de gauche], LREM [majorité présidentielle], MoDem, LR et UDI « constructifs », LR canal historique. S’y ajoutent les non-inscrits, qui siègent en-dehors des groupes.

« Il y a un très lourd droit du travail en France. Il y a aussi un très grand nombre de chômeurs. On ne peut pas ne rien faire. Le président de la République a indiqué pendant sa campagne qu’il entendait moderniser le droit du travail ». Le 15 mai, sur TF1, le premier ministre Édouard Philippe rappelait cette évidence, à ses yeux : pour relancer l’emploi, il convient en urgence de modifier le code du travail. Depuis, le mouvement est bel et bien lancé. La séquence s’achèvera, après consultation des partenaires sociaux, en octobre, avec l’adoption par l’Assemblée nationale des ordonnances réformant ce code du travail si entravant pour l’activité des entreprises. La note de conjoncture de l’Insee révèle, grâce à une enquête auprès de chefs d’entreprise, que les difficultés pour recruter sont très peu liées à la législation du travail. C’est-à-dire l’inverse de ce que le gouvernement affirme avec sa réforme du code du travail.

A Vivatech, jeudi 15 juin, Emmanuel Macron dans son discours sur la politique d’innovation de la France, annonçant par là même 10 milliards d’euros d’investissement, a prononcé ces mots en apparence modernes : « I want France to be a start-up nation. A nation that thinks and moves like a startup ». Je veux que la France soit une nation start-up. Une nation qui pense et agit comme une startup. […] 90% des startups meurent dans les 5 premières années, à cause de leur modèle à très haut risque financier et basé sur l’hyper-croissance. On ne peut pas prendre en otage toute une Nation sur un modèle fait pour être éphémère, sur un modèle darwinien «[En] Marche ou crève » .

La majorité [65%] de la production d’huile d’olive en France vient de la région Provence Alpes Côte d’Azur. Mais cette année, comme l’année dernière, la récolte s’annonce très mauvaise : 3200 à 3400 tonnes, selon les professionnels. Certes, c’est la même quantité qu’en 2000, mais en 15 ans, près de 7000 hectares supplémentaires ont été plantés. Le rendement est donc médiocre. Et ce n’est pas que de la faute des insectes nuisibles, du climat, ou de la maladie des oliviers. Ce sont aussi les méthodes de production, qui manquent d’anticipation par rapport à ces facteurs, pointe Olivier Nesles, président de l’interprofession Afidol. De plus, les producteurs vieillissent, le savoir se perd. Sur les 35 000 oléiculteurs français, 10 000 seulement sont des professionnels. A cela s’ajoute une augmentation du nombre d’oliveraies cultivées en bio, dont le rendement est moins important. Résultat, la production française ne représente que 4% de la consommation nationale, avec 200 litres d’huile produits à l’hectare en moyenne ces six dernières années.

« Dans un monde qui change, il faut aller plus vite, plus loin et plus fort estime le député Lambert. Martine Vassal est tout à fait capable de faire que la métropole accélère enfin. Ce n’est pas mon camp politique mais elle dispose de la majorité dans cette assemblée ». Le député de la 10ème circonscription des Bouches du Rhône François-Michel Lambert de préciser que son mouvement, La République en marche, va créer un groupe au sein de l’assemblée métropolitaine Aix Marseille Provence. « Et nous serons prêts à accompagner Martine Vassal si elle va plus loin, plus vite et plus fort, parce que cette Métropole est indispensable pour créer les 60 000 emplois qu’il manque sur le territoire. » Le député macroniste estime que les résultats des législatives affaiblissent le président de la Métropole et souhaite que Martine Vassal, la présidente du département, prenne le relais pour accélérer. Exit dinGau ?

Après plusieurs jours en procédure « d’information », les Bouches-du-Rhône ont passé ce mercredi le seuil d’alerte de pollution à l’ozone. C’est la première fois de l’année, et depuis juin 2014 que le taux de pollution et sa durée dans le temps poussent le déclenchement de cette procédure, concrétisé par un arrêté préfectoral portant sur les 21 et le 22 juin. Une température de 25 degrés est suffisante pour que le gaz ozone se développe. « Les conditions météorologiques sont propices à la formation d’ozone dans les terres avec des vents faibles et des fortes températures. La qualité de l’air a été médiocre [mardi], tout comme [mercredi] mais la situation pourrait se dégrader jeudi et vendredi en particulier », précise ainsi le communiqué de la préfecture. Les vitesses maximales autorisées sont ainsi abaissées de 20 km/h sur l’ensemble du réseau, sans descendre en dessous de 70 km/h.

Alors que les Bouches du Rhône font partie des trois départements français épargnés par la canicule, les parents d’élèves des écoles d’Aix en Provence sont en colère. L’école maternelle de la Mareschale est dans un état de détérioration tel que ses bâtiments ne permettent plus de protéger les enfants des températures caniculaires de ces derniers jours. D’autres écoles de la ville seraient également touchées. Pour exprimer leur mécontentement, les parents d’élèves se retrouvent ce vendredi 23 juin sur la place de la Mairie à Aix-en-Provence, avant le début du conseil municipal. Et quand on apprend la température qu’il fait dans les classes à 8 heures du matin, on se demande si quelqu’un a suggéré d’ouvrir les fenêtres la nuit…

Bonne journée

Mathieu Grizard

*Une œuvre de Zineb Sedira est également présentée à Mac Arteum à Châteauneuf le Rouge [13] dans le cadre de l’exposition « Destinerrance » jusqu’au 8 juillet, du mercredi au samedi de 14h à 18h.

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