[452] Blanc sur blanc

Kasimir Malevitch | Carré blanc sur fond blanc [1918]

Pour être retenu par les logiciels qui scannent les CV que reçoivent les grosses entreprises ou les cabinets de recrutement, des candidats cachent en arrière-plan le nom d’écoles prestigieuses ou de compétences en tout genre. La pratique dont il est question pourrait être surnommée « la technique du blanc sur blanc ». Il ne s’agit pas d’une démarche artistique mais d’une ruse pour trouver du travail, à l’heure où l’examen des candidatures dans les grosses entreprises et cabinets de recrutement peut être en partie informatisée, mais d’inscrire en lettres blanches sur son CV le nom d’une école [qu’on n’a pas faite] ou l’intitulé correspondant à une compétence [que l’on n’a pas]. Pour duper un logiciel, filouter un programme informatique. Blanc sur blanc, c’est-à-dire invisible à l’œil nu, mais pas aux yeux des logiciels qui scannent les candidatures. Une stratégie similaire à celle consistant à dissimuler dans le code HTML d’un site certains mots-clés, dans le but d’être mieux référencé.

« On pourrait dire d’Hélène Delprat ce que les « Tontons Flingueurs » disaient autrefois d’un fameux breuvage : « c’est du brutal ». Cette artiste adore déstabiliser. Elle veut tordre le coup à la peinture classique. C’est peut-être une façon de se venger du succès qui la rendit célèbre, en 1985, après son passage à la Villa Médicis. Elle fait une pause pendant dix ans, sans exposer. Quand elle revient elle décide de tout détruire, pour mieux reconstruire. Elle « disperse façon puzzle » l’Histoire de l’Art, pour mieux construire son propre univers, sur les ruines du vieux monde. Delprat me fait penser à ces personnages de dessin animé qui piétinent à pieds joints leurs adversaires. Elle pourrait aussi être une gargouille moyenâgeuse grimaçante, posée sur une jolie maison moderne ». Hélène Delprat, née en 1957, possède aussi une qualité rare chez les artistes reconnus : l’autodérision. Elle est peintre, illustratrice, vidéaste, bloggeuse. Chaque exposition de Delprat est un événement, un kaléidoscope créatif et sensible, un pas de côté de clown, de bouffon ». Elle s’expose à la Maison Rouge à Paris jusqu’au 17 septembre 2017. Le titre de l’exposition : « I dit it my way ».

L’homme d’affaires François Pinault a dévoilé ce lundi le projet architectural tout en cylindres du futur musée d’art contemporain de sa Collection. En plein cœur de Paris, l’ancienne Bourse de commerce se transformera en monument artistique circulaire sur cinq niveaux dont l’ouverture est annoncée « début 2019 ». « Ce cylindre marque l’épicentre du bâtiment, qui est l’épicentre du centre culturel de Paris qui est lui-même l’épicentre de la culture dans le monde », a expliqué l’architecte japonais Tadao Ando lors d’une conférence de presse dans la Bourse de Commerce, en présence de l’homme d’affaires François Pinault et de la maire de Paris, Anne Hidalgo.

Comme tous les ans depuis 1996, le magazine Challenges publie son classement des 500 fortunes françaises dans son numéro à sortir mercredi. Et cette année, c’est à Bernard Arnault et à sa famille que revient la première place, alors que le PDG du groupe de luxe LVMH avait brièvement abandonné la place l’année précédente à Liliane Bettencourt. Avec un patrimoine estimé à 46,9 milliards d’euros, Bernard Arnault et sa famille ont vu leur fortune bondir de près de moitié depuis un an, une performance qui leur permet de repasser devant Liliane Bettencourt, héritière des cosmétiques L’Oréal, et ses proches [35,8 milliards d’euros]. Sur la troisième marche figure une autre figure du luxe, Axel Dumas, à la tête d’Hermès, et la famille Hermès, avec 30,9 milliards d’euros. « Le nombre de milliardaires est hallucinant », avec 92 personnalités dans le classement, a jugé Éric Tréguier, journaliste au magazine Challenges et coauteur du classement, auprès de l’Agence France-Presse.

Plus de 8.000 migrants ont été secourus au cours des dernières 48 heures en Méditerranée dans les eaux en face de la Libye, dont 5.000 lundi, ont indiqué mardi des garde-côtes à l’AFP. « Lundi, nous avons secouru environ 5.000 personnes qui se trouvaient à bord de quatre embarcations plus importantes, une plus petite et 18 canots pneumatiques », a déclaré un porte-parole des garde-côtes. Il a précisé que de nombreux navires des garde-côtes, des marines militaires impliquées dans le dispositif Frontex, l’agence européenne des frontières, et des ONG ont participé à ces opérations. Dimanche, plus de 3.300 migrants avaient déjà été secourus en Méditerranée au cours de 31 opérations distinctes et deux corps sans vie avaient été récupérés, selon les garde-côtes. Le beau temps favorise ces départs massifs de migrants qui compliquent fortement les secours. Avec environ 8.300 personnes secourues en 48 heures, le record du 29 août 2016 où environ 7.000 migrants avaient été secourus en 24 heures, n’était pas loin. Selon des chiffres du ministère italien de l’Intérieur, plus de 73.300 migrants sont arrivés sur le territoire national depuis le début de l’année, en hausse de plus de 14% par rapport à la même période en 2016.

Les autorités de la République démocratique du Congo [RDC] ont découvert dix nouvelles fosses communes dans la région du Kasaï, ce qui porte à 52 le nombre total de charniers identifiés depuis le début d’une insurrection en août 2016, a fait savoir l’armée lundi 26 juin. Les enquêteurs des Nations unies avaient dit jusqu’alors avoir identifié au moins 42 fosses communes au Kasaï, où plus de 3 000 personnes ont été tuées dans les affrontements entre les forces gouvernementales et une milice locale, selon l’Eglise catholique congolaise. Plus de 1,3 million d’habitants ont fui les combats. Les autorités soupçonnent les membres de la milice Kamwina Nsapu d’avoir creusé ces tombes, a dit Joseph Ponde. L’Etat congolais a déjà imputé à cette milice d’autres fosses communes retrouvées dans la province voisine, le Kasaï-Central. Des témoins au Kasaï-Central, interrogés en mars par Reuters, ont toutefois dit avoir vu des camions de l’armée déchargeant des corps.

La revue XXI publie, mercredi 28 juin, une enquête sur le rôle de la France lors du génocide des Tutsi du Rwanda en 1994, qui affirme que les autorités françaises ont sciemment réarmé les responsables des massacres, violant ainsi l’embargo sur les armes décrété par l’Organisation des Nations unies [ONU] dans ce pays d’Afrique de l’Est. Intitulé « Réarmez-les », l’article de Patrick de Saint-Exupéry, cofondateur de la revue, s’appuie sur le témoignage d’un haut fonctionnaire qui a pu consulter les archives sur le conflit rwandais. Lorsque l’Elysée annonça en 2015 l’ouverture de ces archives, deux hauts fonctionnaires furent en effet chargés de vérifier leur contenu. L’enquête de la revue XXI relate les débats que l’ordre de réarmement a provoqués chez les officiers français, certains demandant à pouvoir exercer leur droit de retrait pour ne pas l’exécuter. Mais la directive est finalement confirmée, et l’ordre est signé par le secrétaire général de l’Elysée de l’époque, Hubert Védrine.

L’Etat néerlandais est tenu partiellement responsable du décès de 350 musulmans lors du massacre de Srebrenica en 1995, selon le jugement de la Cour d’appel de La Haye rendu mardi. « La Cour juge que l’Etat néerlandais a agi illégalement » et « condamne l’Etat à verser une compensation partielle » aux familles des victimes, a déclaré la juge Gepke Dulek, ajoutant que les Casques bleus néerlandais ont facilité la séparation des hommes et des garçons Musulmans « en sachant qu’il y avait un risque réel qu’ils subissent un traitement inhumain par les Serbes de Bosnie ».

Le chef de file de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a décidé de repousser, mardi 27 juin, le vote de la réforme de la santé afin d’obtenir un soutien plus large des sénateurs de son parti, ont fait savoir des assistants parlementaires. M. McConnell espérait faire adopter un texte avant la suspension, à la fin de la semaine, de la session parlementaire. Selon le sénateur républicain David Perdue, l’objectif est de voter la réforme en juillet. Parallèlement, le président américain, Donald Trump a convoqué à la Maison Blanche les 52 parlementaires républicains du Sénat afin d’évoquer avec eux les suites de cette réforme qu’il a promise au cours de sa campagne électorale. Ce report montre que ni lui ni le président ne sont parvenus à convaincre un nombre suffisant de parlementaires pour faire adopter cette réforme dont l’objectif est d’abroger partiellement l’Affordable Care Act, plus connu sous le nom d’Obamacare.

La Commission européenne a infligé ce mardi une amende record de 2,42 milliards d’euros à Google pour avoir abusé de sa position dominante dans la recherche en ligne afin de favoriser son comparateur de prix Google Shopping. Dans un cas d’abus de position dominante, l’amende la plus importante jamais prononcée par Bruxelles s’élevait jusqu’alors à 1,06 milliard d’euros, contre le géant américain des puces informatiques Intel, et remontait à 2009.

Cinq semaines après son arrivée à l’Élysée, la fameuse photo officielle d’Emmanuel Macron n’a toujours pas été dévoilée. L’Élysée, sans surprise, fait tout pour qu’on en sache le moins possible, au-delà de l’habitude du chef de l’État de garder pour lui ses secrets de fabrication. Le président de la République a fait le choix de demander à Soazig de La Moissonnière, la photographe qui le suit depuis le tout début de sa campagne, après avoir couvert la campagne de François Bayrou en 2012. Sa photographe officielle à qui il réserve un accès privilégié en permanence.

Le député de Loire-Atlantique François de Rugy a été choisi ce mardi par les membres du groupe majoritaire de la République en Marche pour être leur candidat au « perchoir », ce qui lui assurait d’être élu dans l’après-midi président de l’Assemblée. Sur 301 votants, l’ex-écologiste François de Rugy a obtenu 153 voix contre 59 pour Sophie Errante, 54 pour Brigitte Bourguignon, autre candidate issue du PS, et 32 pour Philippe Folliot [venu de l’UDI], ont précisé des participants à la réunion à huis clos. Il y a eu trois bulletins nuls. Ex-écologiste passé à La République en marche [REM], il a été élu ce mardi, avec 353 voix, treizième président de l’Assemblée nationale de la Ve République. L’Assemblée la plus féminine de l’Histoire de France a élu au suffrage universel 9 hommes aux postes-clés et aucune femme. Une belle occasion manquée.

« C’est une page de 132 ans d’histoire qui se tourne. « Suite à un vote de notre groupe parlementaire ce matin, nous avons choisi de nous nommer groupe Nouvelle Gauche », a déclaré Olivier Faure, président des députés PS, lors d’une conférence de presse, mardi 27 juin. Pour la première fois depuis 1885, il n’y aura pas un groupe dénommé socialiste au sein d’hémicycle ». De son côté, Manuel Valls a annoncé mardi sur RTL qu’il quittait le Parti socialiste, après avoir soutenu Emmanuel Macron dès le premier tour de l’élection présidentielle, et s’être fait réélire député de l’Essonne sans l’étiquette du PS. Il devrait siéger comme député apparenté du groupe La République en marche, a-t-on appris de source parlementaire.

« A priori, l’année 2017 aura été la dernière pour les primaires en France. Certes, il ne faut jamais dire jamais. Mais la déculottée reçue par le socialiste Benoît Hamon à la présidentielle, ainsi que les fractures exacerbées de la droite couronnées par l’élimination au premier tour de François Fillon, devraient refroidir tous les partisans de ce système à l’avenir. Et pourtant, si elles permettent donc rarement de remporter l’Élysée, les primaires ont d’autres avantages. Comme celui d’offrir à ses plus illustres perdants des postes en or par la suite. Voici le podium de ceux qui s’en sont le mieux tirés par rapport à leur score famélique lors de l’une des quatre primaires organisées depuis 2011. Médaille d’or et record de France : 5,63% et Premier ministre pour Manuel Valls ; Médaille d’argent : 3,88% et président de l’Assemblée pour François de Rugy ; Médaille de bronze : 2,4% et ministre de l’Économie pour Bruno Le Maire ».

A Bruxelles, la commission d’enquête sur le Samusocial a officiellement débuté ses travaux ce mardi après-midi, à la suite du scandale des jetons de présence du désormais ex-bourgmestre de la ville, Yvan Mayeur, et de l’ancienne présidente du CPAS, Pascale Peraïta. Le président Stefan Cornelis [VLD] a ouvert la séance avec les prestations de serment des conseillers politiques. Les deux commissaires gouvernementaux ont confirmé que des jetons de présence avaient été distribués aux administrateurs dès 2006. Pour rappel, Pascale Peraïta avait déclaré au Soir que ce système avait été mis en place en 2011. Plus tard, les commissaires avaient précisé que des jetons avaient été perçus dès 2008… Plus surprenant encore : Pascale Peraïta a touché des jetons de présence en tant que directrice, sans même être membre du conseil d’administration. Tout ce système semble s’être mis en place en contradiction avec les statuts de l’ASBL. Ces derniers ne prévoyaient pas, avant 2014, la capacité de l’assemblée générale de fixer et d’octroyer des jetons de présence.

Pour la première fois, le conseil municipal de Marseille a débattu ce lundi de « l’affaire du Samu social », selon le propre qualificatif de l’adjoint Xavier Méry. [Selon Le Canard enchainé, les enquêteurs ont mis au jour un véritable système permettant à une cinquantaine d’agents sur les 80 que compte le service de ne pas effectuer les heures pour lesquelles ils étaient payés, détournant par ce biais 5 millions d’euros, en comptant que le système serait en place depuis 2010]. Le maire, dinGau, a déclaré que la haute administration ne savait rien de cet « abus manifeste » et du soupçon de détournement de fonds publics. Il pointe clairement la responsabilité du directeur de service, René Giancarli. Ce dernier reste muré dans le silence que lui impose sa situation de principal mis en cause. Son avocat Éric Bagnoli n’a pas souhaité commenter plus avant les déclarations du maire. « Il y avait 80 personnes dans ce service, il est connu de tous que tout le monde était au courant de son mode d’organisation », affirme-t-il. Bien qu’amoindri par des ennuis de santé, il n’entend pas porter seul la coiffe du déshonneur, ni assumer seul devant un tribunal le montant de 5 millions d’euros des fonds publics que le système du Samu social aurait contribué à détourner.

L’an dernier, c’était à cause du vent que la ville d’Aix-en-Provence avait annulé le feu d’artifice du 14 juillet. Cette année, c’est en raison de la sécurité. Depuis l’attentat de Nice, la météo n’est plus le premier souci des municipalités et des associations qui organisent des festivités. Avant de donner son accord, la préfecture impose des mesures parfois impossibles à mettre en œuvre : des barrières mobiles en acier pour clôturer le périmètre d’accueil du public, le filtrage des entrées avec contrôle visuel des sacs et surtout, la pose de glissières en béton armé pour empêcher l’accès des véhicules. Outre le feu d’artifice du 14 juillet, la ville d’Aix a également annulé les fêtes de Puyricard et de Venelles.

Comme chaque année le 3 bis f, le centre d’arts contemporains de l’hôpital psychiatrique d’Aix en Provence, organise le 14 juillet « une fête nationale résolument d’un genre nouveau et de tous les genres, un rendez-vous placé cette année sous le signe du 3, une valse fantasque et sérieuse debout sur les 3 pieds du 3 bis f : Art — Folie — Cité, un colloque / action pour s’exercer ensemble à une pensée collective joyeuse, un espace-temps pour colloquer, mettre en œuvre, mettre en acte et faire ensemble en 3’33 ou 33’ ou 333’’. L’accueil a lieu à partir de 15h30 en entrée libre en présence de Alain Béhar, Matthieu Bertéa, Caroline Blanc, Fabrice Cattalano, Charlie Chine, Michaël Cros, Mathilde Dromard, Diane Guyot de Saint Michel, Christelle Harbonn, Thierry Lagalla, Juyung Lee, Christian Mazzuchini, Gwennaëlle Roulleau, Malte Schwind, Christian Ubl…
Pour assister au banquet du 14 juillet à partir de 20h30 [12€], n’oubliez pas de réserver au plus tôt, l’évènement est extrêmement couru.

Bonne journée

Mathieu Grizard

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