[463] Des équilibres

Alexander Calder

Du 24 juin au 29 octobre 2017, le musée Soulages à Rodez consacre une exposition à Alexander Calder [1898–1976], l’un des plus grands sculpteurs du vingtième siècle. A chaque salle sa thématique. Au fil de la visite, se dévoilent la carrière de Calder et ses évolutions. Une façon de découvrir le destin peu commun de ce fils d’un sculpteur et d’une peintre, né dans la banlieue de Philadelphie et qui voulait devenir ingénieur en mécanique. Le jeune homme a d’abord appris à fabriquer des machines avant de s’inscrire dans une école d’art. Puis, il dessine des caricatures pour les journaux et des tableaux de New York. Mais c’est à Paris, dans les années 20, que son destin prend une autre tournure. Pour inscrire ensuite naturellement sa sculpture dans ce monde de l’art parisien de grandes figures abstraites comme Mondrian, Léger et Arp. Les quinze dernières années de sa vie, Calder vit et travaille dans son atelier de Saché [en Touraine] dressant des sculptures métalliques monumentales destinées à des villes et des bâtiments dans le monde. L’exposition, entre 60 et 80 pièces, présente des sculptures [Mobiles, Stabiles, des sculptures en « fil-de-fer »], des gouaches, des dessins provenant du Centre Pompidou, de la Calder Foundation [New York], de la fondation Maeght, de musées français et étrangers, de collections privées… mais également de galeries dont Maeght pour une pièce monumentale placée dans le jardin devant le musée.

La langue maorie compte 200 mots nouveaux depuis la fin juin. Des noms et des expressions élaborées surtout pour décrire les maladies mentales, les addictions et le handicap, explique le blog Nouvelles d’ailleurs de la BBC. Ce nouveau vocabulaire a fait l’objet d’une publication, un glossaire intitulé « Te Reo Hāpai — The Language of Enrichment », destiné aux professions médicales et aux patients, signale le site de la chaîne publique Maori Television. L’idée, explique dans une interview Keri Opai, un fonctionnaire néo-zélandais qui a participé à la création de ces nouveaux champs sémantiques, n’est pas seulement de remplir des vides dans le vocabulaire maori, mais aussi de s’assurer que les termes choisis ne sont pas péjoratifs ou ne portent pas de jugement. Le Maori, la langue des populations polynésiennes autochtones de Nouvelle-Zélande, est parlé par environ 125 000 personnes dans le pays, soit moins d’un quart de la population d’origine maorie, rappelle la BBC.

L’Unesco a inscrit samedi 8 juillet la ville d’Asmara, capitale de l’Erythrée, sur sa liste du patrimoine culturel mondial. La décision, annoncée à Cracovie, en Pologne, où le comité du patrimoine mondial est réuni, couronne un long effort des autorités érythréennes pour faire reconnaître par la communauté internationale l’architecture unique de la ville. Celle-ci possède notamment un bowling Art déco, avec des fenêtres aux vitres de couleur et une station-service qui ressemble à un avion en train de s’élever dans les airs. Il s’agit de la première inscription d’un site érythréen sur la liste du patrimoine mondial.

Vendredi, le ton était diplomatique. Ce samedi, il se fait prophétique. Le pape François avait en effet déjà envoyé, le 7 juillet, une lettre à Angela Merkel, à l’occasion du sommet du G20 qui s’est ouvert à Hambourg, en demandant notamment d’appeler la communauté internationale à s’engager pour lutter contre des situations de manque d’eau et de nourriture en Afrique. Mais samedi, dans la presse italienne, dans un entretien au quotidien La Repubblica, le pape François souligne en termes particulièrement vigoureux l’urgence de la crise migratoire. Il exprime son inquiétude face à la possibilité « d’alliances très dangereuses », « surtout pour les migrants, entre puissances du G20 ». De manière plus explicite, le pape « redoute des alliances très dangereuses entre des puissances qui ont une vision distordue du monde : l’Amérique et la Russie, la Chine et la Corée du Nord, Poutine et Assad dans la guerre de Syrie ». La situation des migrants, et la nécessaire mobilisation des pays riches face à ce drame, est un des leitmotivs du pontificat de l’argentin Jorge Bergoglio.

« On n’aurait pas laissé deux mille chats crever là, au soleil, sans eau, tout le monde serait devenu dingue », lance ce vendeur en électronique dans le quartier de Château-Rouge à Paris. Lui n’a pas eu le temps de dire au revoir aux quelques jeunes hommes avec qui il avait sympathisé ces dernières semaines, mais il sait qu’il « les reverra d’ici quelques jours ». « Ici, personne ne se fait d’illusion », lance-t-il, avant de s’exclamer : « Il paraît qu’on peut connaître quelqu’un en fouillant ses poubelles, alors la France a un beau miroir ici ». A la porte de la Chapelle, « la répétition des évacuations de migrants tourne à l’absurde ». Plus de 2 770 personnes ont été ont été dirigées, vendredi, vers des gymnases réquisitionnés en Ile-de-France. La 34e opération de ce type à Paris depuis juin 2015. A l’unisson, tous les riverains ne croient pas aux « promesses de changement » du nouveau gouvernement. « Si c’était dans des beaux quartiers, on aurait trouvé la solution très vite, reprend-elle, mais il n’y a que les miséreux pour s’occuper des miséreux. »

L’accord de libre-échange entre l’UE et le Canada [CETA] va être appliqué « provisoirement » à partir du 21 septembre, ont annoncé les deux parties samedi dans un communiqué commun. Le président de la Commission Jean-Claude Juncker et le Premier ministre canadien Justin Trudeau, qui assistent tous les deux au G20 à Hambourg [Allemagne], se sont mis d’accord sur cette date, soit un peu moins d’un an après sa signature. Cette application « provisoire » de l’Accord économique et commercial global [AECG, ou CETA pour son acronyme anglais] se fait en attendant une pleine entrée en vigueur du texte une fois que tous les parlements des pays membres de l’UE l’auront voté. Bien que le traité ait déjà été approuvé par les chambres canadienne et européenne, le passage par les parlements nationaux et locaux pourrait prendre plusieurs années. L’accord, un épais document de 1 600 pages négocié pendant sept ans, doit selon Bruxelles supprimer plus de 99% des droits de douane avec Ottawa, et faire progresser de 25% le commerce de l’Union avec le Canada, son 12e partenaire commercial.

Les dirigeants des grandes puissances mondiales ont accordé samedi 8 juillet à Donald Trump des concessions sur les sujets très sensibles du commerce et du climat, dans l’espoir de le maintenir dans le giron du G20. La déclaration finale adoptée après deux jours de sommet sous haute tension à Hambourg en Allemagne, marqué en permanence par des manifestations souvent violentes, porte la marque des controverses entre la nouvelle administration américaine et le reste du monde. Concernant le climat, le G20 a pris acte de la sortie des Etats-Unis de l’Accord de Paris de lutte contre le réchauffement climatique, et de l’isolement du pays sur la question : tous les autres pays considèrent dans le texte que cet accord international est « irréversible ». Au sommet du G20, les Etats-Unis ont accepté finalement, après avoir rechigné, de se rallier dans la déclaration finale à une condamnation du « protectionnisme ». Une tradition de ce forum qui répète depuis des années cette antienne. Le rôle de « surveillance » de l’Organisation mondiale du commerce, souvent critiquée dans le passé par l’administration américaine, est également endossé. Mais en échange, le forum des vingt plus grandes économies mondiales reconnaît pour la première fois le droit des pays victimes de pratiques de dumping de recourir à « des instruments légitimes de défense commerciale ». Ce G20 restera quoi qu’il arrive comme le plus tendu et électrique de l’histoire tant à l’intérieur des salles de réunion qu’à l’extérieur.

Faire les yeux doux à la finance londonienne ou sauver le climat ? Pour Alexandre Naulot, porte-parole de l’ONG Oxfam en charge des questions financières et de régulation, le président Macron a choisi. Le Premier ministre, Edouard Philippe, vient d’annoncer que l’extension prévue en 2018 de la taxe sur les transactions financières [TFF] va être abrogée ; la tranche supérieure, à 20%, de la « taxe sur les salaires », pesant notamment sur les gros revenus du secteur financier, va être supprimée; enfin, les « bonus » parfois considérables du secteur financier seront eux exclus du calcul des indemnités de licenciement des employés « preneurs de risques » [traders, etc.], ce qui devrait profiter à leurs employeurs.

« Pendant sa campagne, le discours d’Emmanuel Macron était conçu comme un subtil jeu d’équilibre ; chaque idée était contrebalancée par son inverse, nuancée par son contraire. C’est ce qu’on avait appelé le syndrome « En même temps », selon l’une des expressions les plus utilisées par le candidat Macron. Une expression qu’il avait même fait scander à la foule, en signe de ralliement, lors d’un meeting, le 17 avril à Bercy. En d’autres termes, le programme doit « marcher sur ses deux jambes” », selon le cliché resservi à satiété par les lieutenants d’Emmanuel Macron. Garantir la sécurité et « en même temps » renforcer les libertés publiques. Bonne gestion des comptes publics, « et en même temps » le pouvoir d’achat des Français… Pourtant, ces derniers jours, quelques fissures sont apparues dans ce bel emblème du « En même temps ». Les linguistes pourront se pencher sur cette expression « Et en même temps », fatalement ambiguë : elle revêt à la fois l’idée de complémentarité, mais aussi de simultanéité. Cette simultanéité n’aura donc duré que le temps de la campagne. Et en même temps, ce n’est pas la première fois… »

Dans le flot d’annonces dévoilées mardi par Edouard Philippe dans son discours de politique générale, ce n’est pas forcément celle qui a le plus retenu l’attention. Mais ce n’est pas pour autant la moins ambitieuse. « Nous diviserons par deux les déchets mis en décharge et recyclerons 100 % des plastiques sur tout le territoire d’ici à 2025 », a promis le Premier ministre devant l’Assemblée nationale. Des objectifs confirmés jeudi par Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique. Autant dire qu’il reste du chemin à parcourir. Selon l’étude biennale de PlasticsEurope, l’association des producteurs de matières plastiques, la France a rejeté, en 2014, 3,3 millions de tonnes de déchets plastiques et en a recyclé… un quart seulement. Une autre partie de ces déchets est transformée en combustible, pour alimenter des chaufferies ou des cimenteries, par exemple, mais ce sont au final plus d’un tiers des matières plastiques usagées qui finissent en décharge. De quoi placer l’Hexagone loin des bons élèves européens [Allemagne, Norvège, Suisse, Autriche…], qui parviennent à en réutiliser plus de 90%. 
Serait-ce possible alors ?

Le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes [HCEFH] a publié, vendredi 7 juillet, les conclusions du rapport « Santé et accès aux soins : une urgence pour les femmes en situation de précarité ». Le texte a été remis à la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa. L’étude rappelle que « les femmes constituent aujourd’hui la majorité des personnes en situation de précarité ». Elles représentent par exemple 70 % des travailleurs pauvres et occupent 82 % des emplois à temps partiel. Et l’évolution est alarmante : « Depuis quinze ans, les maladies professionnelles, les accidents de travail et de trajet sont en forte augmentation chez les femmes, en particulier dans des secteurs à forte précarité ». Si leur accès aux soins est pointé du doigt, la santé même des femmes en situation de précarité est préoccupante. La mortalité prématurée liée aux maladies cérébro-cardio-vasculaires chez les ouvrières est en moyenne trois fois supérieure à celle des cadres et professions intermédiaires. Pour combattre ces « inégalités sociales et sexuées », le HCE a émis une liste de vingt et une recommandations à l’attention des pouvoirs publics.

Le Conseil national du Parti socialiste a approuvé, samedi 8 juillet, la désignation d’une nouvelle direction collégiale de 28 membres. L’ex-Premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis, avait proposé au parti d’approuver une liste de 26 noms. Ont finalement été rajoutés, après discussions, les noms de Régis Juanico, proche de Benoît Hamon, et de la sénatrice Frédérique Espagnac, proche de François Hollande. La mise en place de cette direction collégiale a été approuvée par 102 voix pour, 16 contre et 20 abstentions. La direction sera donc organisée autour d’un noyau de 16 personnes, huit hommes et huit femmes. Il s’agit, pour les femmes, de Frédérique Espagnac, Nadège Azzaz, Ericka Bareigts, Nathalie Koenders, Carole Delga, Valérie Rabault, Laurence Rossignol et Isabelle This Saint-Jean. Pour les hommes, outre Régis Juanico, de Guillaume Bachelay, Luc Carvounas, Matthias Fekl, Jean-Marc Germain, François Kalfon, Emmanuel Maurel, Rachid Temal… 
Et … combien de divisions ?

Après la conquête de l’Elysée et de l’Assemblée nationale, la REM compte mettre en place une nouvelle gouvernance pour dégager de grandes orientations. Quinze mois après le lancement officiel d’En Marche ! à Amiens, il est temps de reprendre son souffle pour le parti d’Emmanuel Macron, comme en témoignent les locaux fatigués par les campagnes présidentielle et législatives du QG rue de l’Abbé-Groult. La République en marche a détaillé samedi lors de sa première « convention » son nouvel organigramme, comprenant notamment un Conseil, un bureau exécutif et des délégués généraux, sans toutefois officialiser les visages de sa direction transitoire. Cette nouvelle organisation sera soumise à un vote électronique des adhérents, membres depuis au moins début avril, à partir du 23 juillet et jusqu’au 30 juillet, a précisé REM dans un communiqué. Parmi ses missions, le Conseil doit déterminer les “orientations politiques” du parti et exercer un contrôle sur son « bureau exécutif », dont il élit en son sein 20 membres sur la « trentaine » qui le compose. Le bureau exécutif, « resserré et paritaire », comprendra aussi « dix membres issus de la société civile et désignés par les vingt membres élus » issus du Conseil, ainsi que le trésorier national.

« Les nouveaux statuts de La République En Marche tirent la leçon de la défiance des Français vis-à-vis des partis politiques traditionnels en proposant une organisation ouverte, collective, citoyenne et paritaire. Ils tirent les conséquences du développement du mouvement et mettent en place une organisation efficace destinée à structurer durablement l’action de La République En Marche sur tout le territoire ».

Pour son premier déplacement au Festival d’Avignon en tant que ministre de la culture, du 6 au 8 juillet, Françoise Nyssen avait prévu de confirmer la « sanctuarisation » du budget de la Rue de Valois. « L’effort public en faveur de la culture sera maintenu pendant le quinquennat », avait en effet promis Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle. Mais la ministre n’a pas été en mesure de faire cette annonce. « Je vais me battre, mais pour l’instant je n’ai pas l’arbitrage », a-t-elle répété vendredi 7 juillet, devant ses interlocuteurs, un peu interloqués. Les premiers signes d’inquiétude sont apparus le 29 juin, avec la publication d’un rapport de la Cour des comptes dénonçant la dérive des dépenses publiques en France, héritée du quinquennat de François Hollande. Et la machine s’est emballée, le premier ministre Edouard Philippe annonçant des « mesures d’économies », ou du moins « une maîtrise des dépenses ». Puis, le 6 juillet, jour d’ouverture du Festival, le ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin, a prononcé la phrase fatidique : invité sur Franceinfo, il annonçait avoir proposé au premier ministre des mesures d’économies dans tous les ministères. Sous-entendu : la culture ne serait pas épargnée. « Les arbitrages seront rendus dans la semaine par Edouard Philippe », a-t-il ajouté.

Après Alain Badiou et La République de Platon, et le désopilant hommage de Thomas Jolly au festival d’Avignon l’année dernière, c’est au tour de l‘ancienne Garde des Sceaux d’assurer le feuilleton de lecture de grands textes, intitulé « On aura tout » pour cette 71e édition. « Écoute, écoute… dans le silence de la mer, il y a comme un balancement maudit qui remet le cœur à l’heure » : lorsque s’élève la voix vibrante de Christiane Taubira, un frémissement parcourt le public d’Avignon où débutait ce samedi 8 juillet le feuilleton des grands textes politiques qui l’ont inspirée. L’arrivée de l’ancienne garde des Sceaux a déclenché une cohue digne d’une sortie de Conseil des ministres avec une forêt de caméras et micros tendus. Mais c’est dans un silence seulement troublé par le chant des cigales au Jardin Ceccano qu’elle déclame, sans texte comme toujours, une partie du poème de Léo Ferré Il n’y a plus rien. Un « poème plein de rage et parsemé d’horreurs » pour introduire ce feuilleton très politique en 14 épisodes [du 8 au 23 juillet], qui abordera les thèmes qui lui sont chers : les femmes, les conquêtes du monde du travail, « les réfugiés qui nous ressemblent », la peine de mort, la démocratie, « ses atermoiements et ses incertitudes ».

Au moment de présenter, vendredi, le conseil de la Métropole Aix-Marseille Provence du 13 juillet prochain, la discussion avec dinGau a inévitablement tourné sur « le » sujet politique de ces derniers jours : une fronde des maires contre le transfert d’équipements culturels et sportifs à la Métropole. Jean-Claude Gaudin tonne : « Une fronde de qui ? Les maires empochent déjà 66 % des dépenses de fonctionnement de la Métropole, alors que c’est 25 % dans les autres. Mais de quoi se plaignent-ils ? D’ailleurs, ils ne se plaignent pas. En tout cas, pas devant moi ». « On fait une fixation sur les piscines. Il y en 17 à Marseille que nous souhaiterions voir prises en charge par la Métropole. C’est autant que les 18 piscines d’Aix, qui sont déjà à la Métropole ! »
En bon marseillais, dinGau exagère. 18 ? Mais où sont donc les 18 piscines à Aix en Provence ? On ne prête qu’aux riches…

Bonne journée

Mathieu Grizard

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