[464] Des chambres séparées

Grâce au prêt exceptionnel consenti par un amateur d’art impatient de partager ses trésors, plus de 60 œuvres permettent au Musée Angladon-Collection Jacques Doucet d’Avignon de s’interroger sur la joie de vivre et la profonde légèreté de l’art de Raoul Dufy [1877–1953]. La rétrospective prend place dans les salles d’exposition temporaire nouvellement aménagées au 2e étage du bâtiment. Le lieu — qui rouvre ses portes après des mois de travaux — expose « La légèreté Raoul Dufy » jusqu’au 27 août. Dans toutes ces toiles, la même délicatesse des couleurs et ce trait où l’effort semble invisible. Facile d’accès par son apparente légèreté, la peinture de Dufy et sa démarche artistique sont pourtant le fruit d’un acte « sérieux », réfléchi où l’artiste a observé, ressenti, digéré le monde qui l’entourait pour en extraire l’énergie vitale, positive.
Malgré l’état d’urgence [récemment prolongé ‘pour la dernière fois’] et la récente attaque dans l’enceinte du Louvre, les musées ont la cote. Il y aurait près de 200 projets d’ouvertures en cours, selon Europe 1, alors qu’en moyenne, il y a déjà en moyenne douze « musées de France » par département. Parmi tous ces travaux, il y a ceux par exemple le Musée de la Marine de Paris qui a fermé récemment ses portes pour les cinq années à venir, ainsi que ceux du Carnavalet au cœur du Marais, consacré à l’histoire de la ville lumière, dont la transformation sera achevée en 2020. À Roubaix, c’est la Piscine, le musée d’art et d’industrie dont l’agrandissement de plus de 2000 m² touchera à sa fin à l’automne 2018. Et en Gironde, à Bordeaux, le Musée de la mer et de la marine sortira de terre au printemps de la même année. Les travaux de restauration du musée Ingres de Montauban devraient être achevés pour 2019. La raison de ce renouveau tiendrait tout simplement à une demande de plus en plus forte de la part des touristes en matière de musée. Entre 2009 et 2015, la quantité de visiteurs est passée de 56 à 61 millions par an, soit une hausse d’environ 8,19% rapporte encore Europe 1.
L’île d’Okinoshima, l’un des lieux les plus sacrés du Japon, représente une « valeur universelle exceptionnelle » pour l’humanité, même si elle est interdite aux femmes, a jugé dimanche l’Unesco. Le Comité du patrimoine mondial de l’agence onusienne, réuni à Cracovie [Pologne], l’a inscrite sur sa liste des sites culturels les plus précieux de la planète. Il est même allé au-delà là des recommandations de son organe consultatif, Icomos, étendant cet honneur à l’ensemble du complexe de temples Munakata Taisha, qui comprend plusieurs autres sites, comme l’avait proposé le Japon. L’île ne reçoit des visiteurs extérieurs qu’un jour par an, le 27 mai. Leur nombre est limité à 200 hommes qui doivent auparavant accomplir des ablutions dans la mer. Le reste du temps, un seul prêtre shintoïste y réside. Certains intervenants dans le débat à l’Unesco se sont interrogés sur l’interdiction d’Okinoshima aux femmes, qui pourrait constituer une discrimination, mais la directrice du Centre du patrimoine mondial Mechtild Rössler a répondu qu’un précédent existe, celui du mont Athos en Grèce, également interdit aux femmes.
Les Nations unies ont nommé une juge française pour commencer à faire la lumière sur d’éventuels crimes internationaux en Syrie. Catherine Marchi-Uhel sera à la tête d’un « mécanisme d’enquête international », qui doit y rassembler les preuves permettant de juger les auteurs des plus graves violations du droit international depuis 2011. Cette structure est financée par les contributions volontaires d’une vingtaine d’Etats. La plupart des bailleurs de fonds sont européens, mais un pays africain, un seul, a mis la main à la poche : le Botswana. Lorsqu’il est question de droits de l’homme, le Botswana n’est pas le meilleur élève de la classe africaine. On n’y trouve pas de commission nationale des droits de l’homme. La peine de mort n’y a pas été abolie et l’homosexualité reste interdite. Mais lorsqu’il est question de droit international, Gaborone [la capitale du pays] est intraitable. Quand l’ONU lui a demandé de contribuer à un « mécanisme » permettant d’enquêter sur des crimes de guerre en Syrie, il a répondu présent — contrairement à tous les autres Etats africains.
Régime syrien et opposition se retrouvent lundi à Genève pour un septième round de négociations de paix sous la houlette de l’ONU, avec peu d’espoir de trouver une issue au conflit qui ravage le pays depuis six ans. Le processus de Genève a été de plus en plus éclipsé par des discussions à Astana, au Kazakhstan, qui sont chapeautées par la Russie et l’Iran, alliés de Damas, ainsi que la Turquie, soutien de la rébellion. Et dimanche, un cessez-le-feu négocié par les Etats-Unis, qui soutiennent certains rebelles, la Russie et la Jordanie est entré en vigueur dans le sud de la Syrie, là encore hors du cadre de Genève. Autant d’acteurs internationaux, impliqués de près ou de loin dans le dossier, qui démontrent la complexité d’une guerre qui a fait depuis 2011 plus de 320.000 morts et jeté sur les routes plus de la moitié de la population. Les discussions de Genève seront axés sur quatre points : la rédaction d’une nouvelle Constitution, la gouvernance — terme flou pour évoquer une transition politique — , la tenue d’élections et la lutte contre le terrorisme.
Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a proclamé dimanche la victoire dans Mossoul « libérée » à l’issue d’une bataille de près de neuf mois contre les jihadistes du groupe Etat islamique [EI], a indiqué son bureau dans un communiqué. M. Abadi « arrive dans la ville libérée de Mossoul et félicite les combattants héroïques et le peuple irakien pour cette victoire majeure », indique le communiqué. Les djihadistes de l’EI s’étaient emparés de cette grande métropole du Nord irakien en juin 2014. Les combats ne sont toutefois pas terminés dans cette grande ville du Nord irakien. Les forces d’élite de l’armée irakienne ont atteint plus tôt dans la journée les rives du Tigre dans la vieille ville, laissant supposer que les derniers réduits tenus par les combattants du groupe Etat islamique étaient sur le point de tomber.
Au lendemain du sommet du G20 à Hambourg, la presse allemande constate les dégâts. Alors que les vingt plus grandes puissances économiques mondiales se sont quittées le 8 juillet sur un bilan mitigé — le communiqué de presse qui a conclu ces rencontres acte la sortie des États-Unis de l’accord de Paris sur le climat mais le qualifie d’ « irréversible » — la ville, elle, a été pendant trois nuits le théâtre d’affrontements violents entre les manifestants du Black Bloc et la police. Et c’est ce que retenaient les journaux ce dimanche 9 juillet. Depuis le début du sommet, les rues de la ville ont été en proie aux affrontements permanents entre les manifestants et la police : voitures incendiées, barricades, magasins pillés du côté des manifestants. Utilisation des gaz lacrymogènes et des canons à eau du côté de la police… Pour le quotidien conservateur « die Welt », la ville est sous le choc et les blessures risquent d’être profondes. En particulier dans les quartiers pillés, ceux qui prônent la tolérance, la diversité et les modes de vie alternatifs — une « vie de gauche ».« Ce n’est pas le seul paradoxe dont nous avons fait l’expérience ces derniers jours à Hambourg. Ce sommet du G20 va s’inscrire dans l’ADN de la ville, ces trois jours resteront présents comme, peut-être, l’inondation de 1962 », conclut le journal. Cette année-là, l’Elbe avait connu sa plus forte crue depuis 100 ans. Les digues avaient cédé, et le fleuve avait inondé la ville. On avait recensé 315 morts.
Le Parlement européen a voté à une forte majorité le projet d’interrompre les négociations de la Turquie à l’Union européenne, si les nouvelles modifications apportées à la constitution turque entrent en vigueur. Ce vote ne doit cependant pas faire illusion sur la détermination des eurodéputés à sanctionner le régime d’Erdogan. En réalité, plusieurs points de la nouvelle constitution turque — celle qui a été adoptée lors du referendum d’avril dernier, et dont les résultats ont été contestés par plusieurs rapports internationaux — sont tout simplement contraires aux critères d’adhésion à l’U-E. L’arrêt des discussions est donc, si la constitution est appliquée, automatique. La résolution votée par le Parlement européen prévoit le maintien d’un « dialogue ouvert et constructif » avec la Turquie d’Erdogan, dialogue jugé essentiel pour « faire face aux défis communs, tels que la migration, la sécurité et le terrorisme ». Autant de formules diplomatiques qui atténuent largement les effets du vote du Parlement, et laisse la porte ouverte pour poursuivre les discussions avec Erdogan.
Le chef de l’opposition turque a bouclé dimanche par un rassemblement de plusieurs centaines de milliers de personnes à Istanbul sa « marche pour la justice », partie d’Ankara le 15 juin, afin de protester contre l’incarcération d’un élu de sa formation. « Nous briserons les murs de la peur », a déclaré à la foule Kemal Kiliçdaroglu, le chef du Parti républicain du peuple [CHP], au terme de 25 jours de marche. « Le dernier jour de notre marche est un nouveau départ ». La foule s’étalait sur une grande esplanade en bord de mer, près de la prison de Maltepe, un quartier d’Istanbul, où est incarcéré Enis Berberoglu, un député CHP condamné à 25 ans de prison pour avoir fourni au journal d’opposition Cumhurriyet des informations confidentielles. Berberoglu est le premier député du CHP à être incarcéré dans le cadre des purges qui ont suivi le putsch avorté contre le président Recep Tayyip Erdogan, il y a un an. Kemal Kiliçdaroglu, qui a parcouru près de 450 km sans insigne partisan et avec « Justice » comme seul mot d’ordre, a rallié une foule croissante tout au long de sa marche, attirant des milliers d’opposants au président Erdogan. Cette initiative, sans précédent en Turquie, est la plus grande manifestation de l’opposition depuis le mouvement contestataire de 2013.
Les partisans de l’opposition vénézuélienne ont célébré dimanche 9 juillet dans la rue le centième jour de leur mobilisation contre l’administration socialiste de Nicolas Maduro. Ils étaient particulièrement galvanisés par la sortie de prison de Leopoldo Lopez, un de leurs chefs de file. Comme lors des précédentes manifestations, qui durent depuis trois mois, les opposants vêtus de blanc se sont rassemblés sur un grand axe routier de l’est de Caracas. Beaucoup de rassemblements ont donné lieu à des heurts avec les forces de l’ordre qui ont fait 90 morts depuis le début du mois d’avril. « Nous ne renonçons pas. Le fait que Leopoldo soit chez lui nous donne la force de continuer le combat », a déclaré une manifestante.
On savait que l’année 2016 avait été plus difficile que 2015 pour l’immense majorité des paysans français. Les résultats publiés le 6 juillet par la « Commission des comptes de l’agriculture » le confirment. En 2016, la valeur ajoutée brute du secteur agricole a reculé de 8,40%, succédant à une croissance de 4,6% en 2015. Les conséquences de la dérégulation de la production laitière et la baisse des rendements céréaliers accompagnée de prix bas sur le marché mondialisé expliquent ce résultat. Du fait des mauvaises conditions climatiques de la fin du printemps, la production de blé tendre a reculé de 32% en 2016. Parallèlement le prix du blé a baissé de 7%. Du coup la valeur globale de la récolte de 2016 de blé tendre baisse de 36,8%, celle du maïs chute de 14,1% et celle des plantes industrielles, dont les oléagineux, de 5,5%. La situation de l’élevage n’a pas été meilleure après une année 2015 difficile du fait notamment de la chute du prix du lait. Ainsi le prix des gros bovins a chuté de 4,7% en 2016 et le prix du lait a baissé de 6,5%.
Les députés entament lundi 10 juillet la discussion sur la loi d’habilitation qui autorise le gouvernement à réformer le Code du travail par ordonnances. L’adoption du projet de loi ne fait pas de doute mais pour les opposants la bataille ne fait que commencer. Dans un texte court, neuf articles seulement, les députés sont invités à autoriser le gouvernement à légiférer en matière de dialogue social, négociation collective, licenciement, pénibilité du travail en fixant les principes généraux et en lui accordant un délai de six mois maximum.
Le Préfet de Région Stéphane Bouillon est intervenu devant les conseillers régionaux de Provence-Alpes-Côte d’Azur ce vendredi 7 juillet lors de la plénière de l’institution régionale « pour l’exercice auquel [il] attache beaucoup d’importance au nom de la démocratie locale, de présentation du bilan d’activité de l’État pour l’année 2016 ». Le code général des collectivités territoriales dispose en effet que le représentant de l’État présente chaque année au conseil régional, un rapport sur l’activité des services de l’État. Au-delà, le Préfet a profité de l’occasion pour annoncer que l’État faisait appel de la décision du Tribunal Administratif dans le cadre de la Centrale biomasse de Gardanne « pour erreur manifeste dans l’utilisation des forêts. Il y a dans la région une capacité en bois sur pied et de récupération de bois en usagé pour faire fonctionner cette unité. Par ailleurs, nous travaillons avec les collectivités, les propriétaires, les organisations syndicales, les associations pour que la fin de la centrale à charbon se passe dans les meilleures conditions ». Il a également abordé le dossier Alteo : « Des étendues vertes apparaissent là où a lieu l’épandage des poussières. On pose du polymère pour empêcher l’envol des poussières et un travail est mené pour réutiliser ses poussières. Alteo a présenté plusieurs pistes. Concernant les rejets en mer, les analyses effectuées montrent que nous sommes au-dessous des chiffres de la dérogation que j’avais acceptés et se rapproche des chiffres de la réglementation européenne. Nous avons donc bon espoir de résoudre ce dossier ».
Pour sa première prise de parole publique depuis qu’il s’est reposé sur Terre, le 2 juin, après six mois dans l’espace, Thomas Pesquet a choisi Aix-en-Provence et ses Rencontres Economiques. Une demi-heure de conférence matinale pour « parler de science, d’éducation et d’environnement, et de comment l’exploration spatiale nous aidera à surmonter les défis du futur » devant un amphithéâtre la tête dans les étoiles, avant de reprendre un avion pour Houston. Au cours de ce rêve dominical grandeur nature, l’astronaute français, devenu star avec ses photos envoyées de l’ISS, a raconté son expérience. Les six années d’entraînement, le voyage incroyable en capsule Soyouz.
Promouvoir la culture dans les quartiers éloignés du centre-ville : telle est la mission confiée au médiabus. Voilà 30 ans que cette bibliothèque mobile a été mise en service par la Cité du livre d’Aix-en-Provence. Cette camionnette [100% électrique] dessert 9 villages limitrophes, selon un planning bien rodé. « Le principe est d’être présents au pied de leur immeuble et de permettre à des personnes qui ne peuvent pas se déplacer d’y accéder », explique Alix Blois, bibliothécaire. Romans, mangas, CDs, DVDs…: avant chaque tournée, plus de 2 000 documents sont sélectionnés afin d’approvisionner les rayons du médiabus.
Bonne journée
