[466] Est-ce ainsi que les hommes vivent ?

Leila Alaoui | Sans Titre (série No pasara) [2008] Courtesy Fondation Leila Alaoui & GALLERIA CONTINUA
Brassaï | Graffiti, série II |Le langage du mur [1940] Photographie noir et blanc

« Alors que le Festival d’Avignon bat son plein, il est bon, entre deux spectacles et pièces de théâtre, de faire un détour par la Collection Lambert qui vient de lancer sa programmation d’été. Agnès b., Keith Haring, Anselm Kiefer, Leila Alaoui… De grands noms de l’art contemporain, de la photographie et de la mode se donnent à voir, tout au long des beaux jours, dans le musée fraîchement rénové au charme atypique. Au sein de ses espaces agrandis, l’ancienne faculté d’histoire de la ville médiévale nous raconte de belles histoires pour les beaux jours. Celle, d’abord, de Leila Alaoui, décédée en janvier 2016 lors des attaques terroristes de Ouagadougou, dont deux séries de photographies et de vidéos [Marocains, No Pasara] transpirent d’humanisme et de beauté. Celle, ensuite, d’Agnès b. qui expose, parmi ses 5000 œuvres d’art, 400 pièces exceptionnelles dans différents tableaux dédiés à des artistes renoms : Banksy, Jean-Michel Basquiat, Brassaï, Nat Finkelstein, Bruce Weber… Celle, enfin, de Keith Haring dont les toiles pop et saturées continuent de fasciner ».

Pour la première fois depuis la création de la Fondation Blachère à Apt [84] en 2004, celle-ci a ouvert ses portes pour présenter une sélection de pièces, hors les murs, dans quatre lieux emblématiques d’Avignon. Entre le Palais des Papes, le Musée du Petit Palais et les musées Calvet et Lapidaire, ce sont plus de quatre-vingts pièces de la collection qui font parler le continent africain. Cette collection inégalée qui fait aujourd’hui référence dans le monde, n’a, à ce jour, jamais été exposée dans un lieu muséal. Les choix d’installation des sculptures ont été guidés par les dimensions monumentales des grandes salles du Palais, les pièces choisies, en habitant ces espaces, créant un dialogue entre deux civilisations, l’architecture médiévale et la sculpture contemporaine d’Afrique. Ce dialogue inédit entre création contemporaine africaine et patrimoine médiéval est à voir jusqu’au 14 janvier 2018.

« Une plage, des vacanciers qui profitent de l’instant présent comme des milliers de français et, tout autour d’eux, une multitude de corps recouverts de draps blancs qui symbolisent la tragédie quotidienne des migrants. Avec ce film, Emmaüs a décidé d’agir afin de marquer les esprits pendant la période de trêve estivale. Ce film est le premier acte d’une campagne de mobilisation citoyenne qui se prolongera durant tout l’été. Elle se conclura entre le 4 et le 10 septembre 2017, dates auxquelles une cinquantaine de compagnons, bénévoles et salariés du Mouvement Emmaüs traversera le Détroit de Gibraltar à la nage et en kayaks ». Une traversée militante en hommage aux dizaines de milliers de personnes mortes en Méditerranée et pour l’application de l’Article 13 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme : « Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays. »

En déclarant avoir des « preuves » qu’il existait des contacts, voire des liens financiers, entre des réseaux de passeurs et certaines ONG, Carmelo Zuccaro, procureur de Catane, en Sicile, a lâché une bombe, fin avril 2017. S’il a nuancé ses propos quelques jours plus tard, affirmant n’avoir fait qu’émettre une hypothèse, il n’en a pas moins relancé un débat qui n’a cessé d’enfler depuis : les ONG alimentent-elles la crise migratoire en faisant « appel d’air » ? Y a-t-il vraiment collusion entre ces organisations et les réseaux de passeurs ? L’engagement des ONG dans la zone remonte à l’année 2015, quelques mois après que l’opération « Mare Nostrum » a pris fin. Ce dispositif de la Marine italienne, qui assurait le sauvetage des embarcations de migrants, a en effet été arrêté en 2014, car trop lourd à assurer pour le pays, délaissé par ses partenaires européens. Il est intéressant de relever que Mare Nostrum connaissait déjà, à son époque, les mêmes critiques que ses successeurs. « En Méditerranée occidentale [entre le Maroc et l’Espagne], il y a récemment eu une hausse de 46% des migrations. Pourtant, les ONG y sont moins présentes… ». Et selon le chercheur Charles Heller, co-auteur de deux rapports sur le sujet avec Lorenzo Pezzani « à chaque fois que les ONG ont été présentes en nombre, le nombre de morts a eu tendance à diminuer ».

Le gouvernement, qui doit annoncer le 12 juillet un plan « migrants », veut réduire le délai d’instruction des demandes d’asile. « Alors qu’auparavant, le délai moyen de traitement était de neuf mois, explique Pascal Brice, directeur général de l’Ofpra, qui a mené une importante réorganisation en 2013, il est actuellement de cinq mois, et on descendra à trois d’ici à la fin de l’année. » Pour satisfaire l’objectif gouvernemental, qui entend ramener de 14 à 6 mois la durée moyenne de toute la procédure, dont deux à l’Ofpra, des effectifs supplémentaires devraient être annoncés. En 2016, l’Office français de protection des réfugiés et apatrides a accordé un statut à 29 % des demandeurs d’asile. Au terme de la procédure d’appel devant la Cour nationale du droit d’asile [CNDA], le taux grimpe à 38,1 %. Moins de 4 chances sur 10 donc.

Donner active des zones du cerveau liées à la sensation de bonheur, montre une étude publiée mardi, qui suggère que ce mécanisme pourrait expliquer les actes de générosité. L’équipe de six chercheurs a conduit une expérimentation à l’université de Zürich [Suisse], dans laquelle ils ont annoncé à 50 personnes qu’elles allaient recevoir 25 francs suisses [environ 23 euros] par semaine, pendant quatre semaines. A la moitié des participants, les chercheurs ont dit que cet argent était pour eux, tandis qu’à l’autre moitié, ils ont dit que cette somme devait être dépensée au profit d’autres personnes. Résultat : le groupe qui s’était engagé à donner l’argent déclarait un niveau de bonheur supérieur à l’autre groupe, alors même que le don n’avait pas été effectué en réalité, selon l’étude publiée dans la revue Nature.

Avant même d’organiser sa rencontre, le 9 juin 2016 à la Trump Tower, avec l’avocate russe Natalia Veselnitskaya qui devait lui fournir des informations compromettantes sur Hillary Clinton, le fils aîné de Donald Trump a « été informé par un mail que ces informations faisaient partie d’un effort du gouvernement russe visant à favoriser la candidature de son père », révèle The New York Times. Ce mail lui a été envoyé par « Rob Goldstone, un publicitaire et ancien reporter britannique qui a aidé à organiser la rencontre », rapporte le quotidien. Dans une première déclaration, le 9 juillet, le fils de Donald Trump avait reconnu qu’il était « intéressé à l’idée de recevoir des informations compromettantes sur Hillary Clinton, mais [n’avait] donné aucune indication sur le fait qu’il pensait que l’avocate avait un lien avec le Kremlin », explique le journal.

C’est une petite révolution qui se joue actuellement aux Etats-Unis. Ivanka Trump, dont l’influence auprès de son père n’est plus à prouver, porte actuellement un projet de congé maternité : 8 semaines de repos, payées à 70 % du salaire et entièrement financé par les Etats. Budget prévu : 18 milliards de dollars [soit 15,7 milliards d’euros] sur dix ans, de quoi faire grincer des dents dans le camp républicain. Si le projet de loi venait à passer, ce serait le tout premier congé maternité payé à voir le jour aux Etats-Unis, à l’exception de ceux déjà mis en place par quelques Etats en pointe comme la Californie, le New Jersey, Rhode Island et New York. A l’heure actuelle, le Federal Family and Medical Leave Act autorise 12 semaines… non payées, pour les salariés d’entreprises de plus de 50 employés. Mais le projet d’Ivanka Trump ne réunit pas un grand nombre de conditions imposées par l’Organisation internationale du travail [OIT]. En comparant les régions du monde, on constate que c’est en Europe de l’Est que les pays proposent les plus longs congés. Les législations d’Europe occidentale sont également avantageuses. Dans le monde, seuls deux pays ne proposent pas de congé maternité payé : la Papouasie-Nouvelle-Guinée… et les Etats-Unis.

Dans l’Arkansas, aux Etats-Unis, il sera désormais impossible pour une femme d’interrompre sa grossesse sans en avoir préalablement référé au « père » du fœtus. La loi, votée en mars dernier dans cet Etat conservateur du Sud des Etats-Unis, entrera en vigueur dès la fin du mois suscitant l’indignation de nombreuses associations. Selon cette loi, le fœtus doit désormais être considéré comme un « membre de la famille décédé », pour lequel les parents doivent se mettre d’accord sur ce qu’ils souhaitent faire du corps. Dans les faits une femme ne pourra donc plus avoir accès à l’avortement sans la permission de son partenaire sexuel. Dans le cas des jeunes filles mineurs, les parents pourront s’opposer à l’avortement. Dans le pire des cas, la victime d’un viol sera obligée d’obtenir la permission de son agresseur avant de de pouvoir pratiquer une IVG [interruption volontaire de grossesse].

Arrivée au pouvoir par la grâce du Brexit voici tout juste un an, Theresa May n’est pas loin aujourd’hui d’être poussée abruptement vers la sortie pour la même raison. Sauf si la gifle que viennent de lui infliger les électeurs britanniques et le vent nouveau franco-allemand qui souffle du Vieux Continent ne la poussent à assouplir sa position. Le 13 juillet 2016, vingt jours après le choc du référendum [51,9 % pour le Brexit], cette femme de 59 ans que personne n’attendait s’était hissée à Downing Street au grand soulagement du Parti conservateur. La discrète ministre de l’intérieur, surtout connue pour ses appels à dénoncer les étrangers sans papiers, avait su profiter du désarroi des brexiters, Boris Johnson en tête, si peu confiants en leur victoire qu’ils s’étaient montrés incapables de l’assumer. Vaguement europhile, Mme May avait su réconcilier les tendances des tories en tranchant la guerre des egos et en se muant en ardente militante d’un divorce radical avec l’Union européenne [UE]. A l’heure du premier anniversaire de son couronnement, la reine du Brexit n’en mène pas large. Si elle reste au pouvoir, chacune de ses promesses a du plomb dans l’aile.

Le comité olympique a adopté mardi à l’unanimité la proposition de la commission exécutive du CIO concernant la double attribution des Jeux 2024 et 2028 à Paris et à Los Angeles. Le texte précise que les deux villes sont invitées à se mettre d’accord avec le CIO d’ici la session de Lima [13 septembre]. Si cet accord tripartite est trouvé, la 130e session du CIO de Lima n’aura qu’à le valider. Si les deux villes ne parviennent pas à un accord, le CIO reviendra alors à la procédure initiale, autrement dit un vote sur les seuls Jeux 2024. A l’issue de ce vote, Anne Hidalgo, maire de Paris, et son homologue de Los Angeles, Eric Garcetti, sont montés à la tribune pour dire « merci » de concert.

Un quart seulement des Français consomment cinq fruits et légumes par jour, une recommandation de santé publique datant de 2001 qui est de moins en moins respectée, notamment chez les jeunes, selon une étude du Crédoc diffusée mardi. Entre 2007 et 2017, la proportion d’adultes de 18 ans et plus respectant la recommandation de cinq portions de fruits et légumes par jour pour combler les besoins en vitamines, minéraux et fibres et obtenir un effet protecteur contre les pathologies chroniques est tombée de 27% à 25%. Le Crédoc confirme de très grandes disparités sociales et géographiques dans la consommation de fruits et légumes frais. Le Crédoc met en évidence un autre phénomène : celui de « l’effet génération ». En effet les jeunes en général consomment de moins en moins de fruits et légumes. Le Crédoc pousse à la mise en place de politiques publiques ciblées pour « réduire au plus vite les fractures alimentaires ».

Pour respecter les 3% de déficit tout en baissant les impôts, le gouvernement compte « réduire le train de vie des ministères ». Mais pour savoir comment, il faut encore attendre… Dans un entretien au Parisien, ce mardi 11 juin, le ministre de l’Action et des Comptes publics affirme avoir trouvé 4,5 milliards d’euros d’économies portant « sur le seul budget de l’Etat » — ce qui veut dire que ni les collectivités territoriales ni la Sécurité sociale ne sont affectées. « Le ministère de l’Intérieur va faire 526 millions d’euros d’économies de fonctionnement, sans toucher aux effectifs de police et de gendarmerie », explique Darmanin. L’Education nationale devra économiser 75 millions d’euros, « mais il n’y aura pas de postes de professeurs supprimés pour la rentrée scolaire », promet le ministre, qui assure que le gouvernement tiendra « l’intégralité des promesses du président de la République, notamment sur l’accompagnement des auxiliaires de vie scolaire auprès des enfants handicapés ». De même, le ministère de la Culture sera mis à contribution à hauteur de 50 millions d’euros, mais « nous ne touchons pas à la création et au spectacle vivant », jure Darmanin, qui dit avoir dégagé cette somme « sur la gestion du ministère », sans plus de précisions.
Certes, mais où se feront exactement les économies ?

L’État va être mis à la diète, mais le budget de la Culture devrait être globalement maintenu. «La création et le spectacle vivant ne seront pas touchés (par le train d’économies) a indiqué le ministre de l’Action et des comptes publics, Gérald Darmanin, mardi 11 juillet, au Parisien «mais nous avons trouvé, sur la gestion du ministère, 50 millions d’économies». Le budget global alloué à la rue de Valois avoisine, en 2017, les 7,5 milliards d’euros, dont 3,6 sont consacrés la Culture et 3,9 à l’Audiovisuel public. À Aix en Provence, et à la veille de l’annonce par le ministre des Comptes publics, Françoise Nyssen s’était déjà dite « confiante », avec l’optimisme de celle qui avait reçu des assurances de la part de Bercy. « Le président a toujours dit qu’il soutiendrait la culture, le Premier ministre aussi et voilà, je leur fais confiance », avait-elle déclaré.

Après le revirement sur la date d’entrée en vigueur de la réforme sur la taxe d’habitation, c’est au tour de la ministre de la santé Agnès Buzyn de faire marche arrière sur la question de la généralisation du tiers-payant. Ce mardi 11 juillet, Agnès Buzyn a ainsi assuré que le tiers payant chez le médecin « sera généralisé », une semaine après avoir annoncé qu’elle souhaitait « éviter son obligation ». « Il sera généralisé, c’est vraiment une question d’équité et d’accès aux soins puisque beaucoup de Français renoncent à aller se faire soigner parce qu’ils ne veulent pas avancer l’argent chez un médecin, c’est donc impératif d’aller vers un tiers payant généralisé », a déclaré sur France Inter la ministre de la Santé.

Dans la nuit de lundi à mardi à Forcalquier, la maison de Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement a été taguée, ont révélé nos confrères de France Info. Le message « Castaner nous aussi on va te vacciner, fais attention » a été inscrit sur le mur d’enceinte, mais également sur d’autres murs de la commune. Réélu député de la 2e circonscription des Alpes-de-Haute-Provence, Christophe Castaner est encore maire de Forcalquier. Il cèdera sa place prochainement conformément à l’exigence de l’Elysée de ne pas cumuler un mandat local avec un poste au gouvernement. La semaine dernière, la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, a confirmé la décision du gouvernement de rendre obligatoire huit vaccins supplémentaires pour la petite enfance, contre trois actuellement. « Un impératif de santé publique », a plaidé la ministre.

France Nature Environnement lance un cri d’alarme à Marseille concernant les risques pour la santé liés aux particules fines. Les habitants du quartier de Mourepiane se sentent particulièrement exposés par la pollution des ferrys et des bateaux de croisière qui font escale dans le port. Maladies respiratoires, cardio-vasculaires, la pollution aux particules fines serait responsable de 950 décés prématurés chaque année à Marseille.

Sur l’ensemble des massifs des Bouches-du-Rhône, 6 seront totalement interdits d’accès mercredi 12 juillet : Trevaresse, Concors — Sainte Victoire, Montaiguet, Collines de Gardanne, Regagnas et Sainte-Baume. L’accessibilité est déterminée chaque jour en fonction de la météorologie et de la sécheresse. Elle est rendue publique pour chaque massif et pour les 90 communes concernées, sur le site internet de la préfecture bouches-du-rhone.gouv.fr

A Aix en Provence, le conseiller municipal d’opposition Hervé Guerrera a déposé auprès du commissaire enquêteur son avis circonstancié sur la Modification du Plan Local d’Urbanisme d’Aix-en-Provence [Parc Rambot] et sur le projet de la Zone d’Aménagement Concerté [ZAC] de Barida, en soulignant les contradictions de la municipalité.

Bonne journée

Mathieu Grizard