[468] Liberté Egalité Fraternité

Dans la forêt à Grande-Synthe, un enfant kurde de 3 ans dort à même le sol [juillet 2017] Photo : Help4Refugees

L’une des images partagées mardi 11 juillet sur Twitter par Damien Carême, le maire de Grande-Synthe, a quelque chose de tristement familier. On y voit un petit garçon habillé d’un pull rouge, endormi allongé sur le ventre. Il a sans doute à peu près le même âge qu’Aylan, le petit Syrien retrouvé mort, dans la même position, sur une plage turque en août 2015. La photo avait ému l’Europe et contribué à interpeller sur le sort des migrants. Cet enfant-là est bien vivant, mais survit dans des conditions sanitaires déplorables au bois du Puythouck, sur le territoire de la commune de Grande-Synthe, dans le Nord. « On s’est tous indignés pour le petit Aylan, commente le maire. Mais j’ai l’impression que depuis, on s’habitue à l’horreur, et je ne veux pas qu’on s’habitue. Quand j’ai vu ça, ça m’a retourné ». « Les politiques passent, les non-solutions restent », déplore encore le maire, qui n’en est pas à sa première tentative pour faire réagir les pouvoirs publics, après avoir interpellé le gouvernement Valls en 2015 et avoir publié une lettre ouverte au président Macron, le 7 juillet 2017.

Cela devait être l’acmé de la Biennale d’architecture de Lyon, organisée du 8 juin au 9 juillet 2017. Pour clore cette toute première édition, l’artiste écolo Thierry Boutonnier avait imaginé, avec l’agence Fabriques Architectures Paysages, une grande fauche participative sur une plantation de 4 000 mètres carrés de chanvre spécialement plantés pour l’occasion. C’était sans compter avec le zèle de la police municipale qui, croyant avoir découvert un champ de cannabis, a détruit la parcelle le 3 juillet. A vue de policier, rien ne distingue la feuille de cannabis de celle du chanvre. Seul diffère leur taux de THC, autrement dit leur degré de toxicité : de 5 % à 10 % pour le premier, dont la culture est prohibée, contre 0,3 % pour le second, qui constitue un matériau de construction et d’isolation de plus en plus tendance. « C’est surprenant d’avoir procédé à un arrachage sans enquête préalable, s’étonne toutefois Pierre Janin, cogérant de Fabriques Architectures Paysages. Surtout sur un terrain privé appartenant à SPL Lyon Confluences, un aménageur qui travaille directement avec la métropole ! » Le projet, d’un coût de 10 000 euros, avait été lancé au printemps dernier sur une friche industrielle le long du cours Charlemagne.

Le gouvernement uruguayen annoncera « sous peu » la date exacte du début de la vente de cannabis en pharmacies, prévue initialement pour le mois de juillet, a annoncé une source officielle à l’AFP jeudi. « Nous travaillons pour que soit respecté le calendrier initial », a déclaré cette source, en réponse à des informations de presse selon lesquelles le début de la vente serait repoussé au-delà de juillet, en raison de « problèmes logistiques ». De même, une des principales chaînes de pharmacies du pays aurait décidé de faire arrière et aurait renoncé à s’inscrire sur le registre officiel des officines qui vendraient donc ce produit. Si plusieurs médias uruguayens avaient avancé la date du 19 juillet, ce haut fonctionnaire a insisté sur le fait que celle-ci « n’avait rien d’officiel », rappelant que le gouvernement avait toujours parlé d’un début de la vente vers la mi-juillet approximativement. « Nous n’avons pas encore la date exacte, mais elle sera communiquée sous peu, avec la liste des pharmacies et le formulaire à remplir », a-t-il ajouté. Le calendrier de début de la vente de cannabis en pharmacies est un des points d’achoppement de la loi sur le sujet votée en 2013, sous la présidence de José Mujica [2010–2015]. La drogue douce sera commercialisée au prix de 1,30 dollar le gramme, chaque consommateur pouvant en acheter au maximum 10 grammes par semaine.

Samedi 8 juillet, en marge du sommet du G20 [groupe des vingt pays les plus riches] qui s’achevait à Hambourg, le président français Emmanuel Macron a répondu à cette question d’un journaliste ivoirien : « Combien les pays du G20 sont prêts à mettre dans l’enveloppe pour sauver l’Afrique ? » Après avoir écarté l’idée d’un Plan Marshall pour l’Afrique en arguant que cette aide historique qui a sauvé l’Europe d’après-guerre « était un plan de reconstruction, dans des pays qui avaient leurs équilibres, leurs frontières, leur stabilité », le locataire de l’Elysée a estimé que le « défi de l’Afrique est différent, il est beaucoup plus profond, il est civilisationnel ». Et de conclure : « Quand des pays ont encore sept à huit enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien ». Hasard du calendrier, trois jours plus tard, mardi 11 juillet, s’est tenue à Londres une conférence internationale sur le contrôle des naissances, Family Planning 2020, où l’on apprend que les femmes africaines ont 4,7 enfants en moyenne, et c’est le taux de fécondité le plus élevé du monde, dont la moyenne globale est de 2,5. Dans la région méditerranéenne, le taux est de 3,5, tandis qu’en Asie, le taux est de 2,4. Les Amériques suivent, avec un taux à 2,1, puis le Pacifique, avec 1,8, et enfin l’Europe, avec 1,7 enfant par femme.

Le Parlement de Malte a voté mercredi à la quasi-unanimité une loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe, trois ans après la création d’une union civile. Plus petit Etat de l’Union européenne, Malte devient ainsi le 25e pays du monde à ouvrir le mariage aux couples homosexuels et le 15e en Europe. Comment Malte, dont le catholicisme est religion d’Etat et où l’avortement reste illégal, a pu se retrouver à la pointe sur ces questions de mœurs ? « Il y a une grande influence de l’Eglise à Malte, mais le débat et le dialogue se sont faits à tellement de niveaux au cours des dernières années qu’il y a une réelle acceptation. Le pays est aujourd’hui à l’avant-garde des combats. Il existe une loi pour permettre aux personnes trans de changer d’état civil, qui est reconnue comme un modèle à l’échelle internationale. C’est aussi l’un des très rares pays à avoir interdit l’intervention médicale sans consentement sur les personnes intersexes », selon Evelyne Paradis, directrice de l’association ILGA-Europe, qui milite pour les droits LGBTI.

L’ancien président péruvien Ollanta Humala et son épouse Nadine Heredia ont été condamnés jeudi à 18 mois de prison préventive pour blanchiment d’argent lors de la campagne présidentielle de 2011, pour avoir reçu 3 millions de dollars de la part du géant brésilien du BTP Odebrecht.

Les prochaines semaines vont être judiciairement compliquées pour Benyamin Nétanyahou et pour certains de ses proches. Les enquêtes pour faits de corruption, dans lesquels leurs noms sont cités, progressent à grand pas. Les enquêteurs de l’Unité 433 [équivalent israélien du FBI] ont, semble-t-il, décidé de mettre les bouchées doubles. Depuis lundi, sept personnes soupçonnées de corruption, de fraude et de blanchiment ont été interpellées, dont trois placées en détention ou aux arrêts domiciliaires. Elles sont suspectées d’avoir manœuvré pour que le groupe allemand ThyssenKrupp se voit attribuer la commande d’au moins un sous-marin de type Dolphin, susceptible de transporter des têtes nucléaires, et de quatre corvettes Sa’ar destinées à protéger les gisements gaziers israéliens en Méditerranée. Pour l’heure, le Premier ministre n’est cependant pas impliqué dans cette affaire connue sous le nom de « dossier 3 000 ». Mais il sera interrogé dans les prochains jours puisque tous les suspects tournent autour de lui.

La Chine est un des pays les plus pollués au monde. Pourtant, le projet d’une ville-forêt que s’apprête à réaliser le célèbre architecte italien Stefano Boeri est à l’avant-garde en matière de révolution écologique. À Liuzhou, dans la province du Guangxi, dans le sud-ouest de la Chine, 30 000 personnes pourront habiter la « ville-forêt » de Liuzhou d’ici 2020. Le principe ? Des habitations, des espaces commerciaux, des écoles et deux hôpitaux dont les façades seront recouvertes de végétation, de sorte que la ville comptera plus de 1 million de plantes d’une centaine d’espèces différentes et 40 000 arbres. De quoi permettre à la future citéd’absorber « 10 000 tonnes de CO2, 57 tonnes de polluants par an et produire 900 tonnes d’oxygène chaque année ». Sur le site du projet de Stefano Boeri, cité dans le quotidien britannique, on peut lire : « La température moyenne de l’atmosphère diminuera. Les plantes créeront des barrières acoustiques naturelles et amélioreront la biodiversité. Elles généreront des habitations pour les oiseaux, les insectes et les petits animaux qui peuplent le territoire ».

« You’re in such good shape », Donald J. Trump told Brigitte Macron. He then turned to Emmanuel Macron, and said, « She’s in such good physical shape. Beautiful ». Sans doute ébloui par les effets de la lutte pour le climat sur Brigitte Macron, le président américain Donald Trump a affirmé que « quelque chose pourrait se passer » sur l’accord de Paris, en fin d’après-midi au cours de sa conférence conjointe avec son homologue français Emmanuel Macron. « Quelque chose pourrait se passer concernant l’accord de Paris », a-t-il dit, six semaines après avoir annoncé que les Etats-Unis comptaient sortir du Traité signé en 2015. « Nous verrons ce qu’il se passe », a-t-il ajouté. Emmanuel Macron a quant à lui déclaré : « Je respecte la décision du président Trump. Il va ainsi mener la réflexion et le travail qui conviennent et qui correspondent à ses engagements de campagne. Pour ma part, je reste attaché à l’accord de Paris et à la volonté qui est la mienne de poursuivre le cadre de cet accord et de pouvoir procéder étape par étape à ce qui est prévu par cet accord ».

La visite du président américain en France a vivement fait réagir la presse britannique, qui voit dans cet événement diplomatique la fin de la « relation spéciale » liant le Royaume-Uni et les États-Unis. « Plus que tout, Trump qui se pointe à Paris est une gifle dans la tête des Britanniques inhospitaliers », admet The Spectator, qui met l’accent sur les nombreuses manifestations anti-Trump ayant eu lieu à Londres ces derniers mois. La principale raison de cette « jubilation gauloise », selon l’hebdomadaire conservateur, est que « pendant les cinq années d’enfer sous Hollande, la France a été ridiculisée sans vergogne par son voisin d’outre-Manche ». La publication rappelle qu’en 2014 le Premier ministre de l’époque, Manuel Valls, s’était même rendu à Londres pour dénoncer le « french bashing » de la presse britannique.

Pour le centenaire de l’entrée des Etats-Unis dans la Première Guerre mondiale, ce sont des soldats américains qui ouvriront la marche sur les Champs-Elysées. C’est une parade du 14 juillet pas banale qui commence ce vendredi à 10 h 10 avec l’arrivée du président Emmanuel Macron pour la revue des troupes. Le défilé — qui célèbre non pas la prise de la Bastille mais la Fête de la Fédération, célébrée sur le Champ-de-Mars en 1790, soit un an plus tard — accueille en invité d’honneur Donald Trump, un autre président récemment élu. Outre cette invitation qui a donné lieu à quelques polémiques sur l’opportunité de dérouler le tapis rouge à un chef d’Etat américain qui milite pour l’isolationnisme économique, qui refuse de ratifier l’accord de Paris sur le climat, et tente des mesures antimigratoire radicales, le 14 juillet 2017 sera un millésime particulier aux yeux des troupes françaises. Les 3 720 militaires qui descendront les Champs-Elysées à pied seront les représentants de l’ensemble des forces armées françaises.

Les sénateurs ont supprimé du projet de loi de moralisation l’interdiction aux parlementaires d’embaucher des membres de leur famille. Avant de rétablir cette disposition 24 heures plus tard, sous la pression des cadres de la chambre haute, inquiets pour les dégâts sur leur image…
Dans la journée, le Sénat s’était prononcé pour l’interdiction des emplois familiaux dans les collectivités locales, après avoir également voté la même mesure pour les membres du gouvernement. Les sénateurs refuseraient donc de s’appliquer ce qu’ils imposent aux autres ! « On prenait le risque de se ringardiser et de se prendre une leçon de l’Assemblée, qui se serait fait un plaisir de voter la mesure pour se montrer plus vertueuse que nous », confie le président de la commission des lois Philippe Bas [LR].

La première conférence nationale des territoires se tiendra au Sénat le 17 juillet. Ce rendez-vous semestriel promis lors de la campagne présidentielle par Emmanuel Macron doit permettre de nouer de nouvelles relations de travail avec les collectivités territoriales. Et de débattre des mesures qui les concernent. L’initiative va dans le bon sens estiment les acteurs locaux. Mais les attentes nombreuses et la prudence reste de mise. La liste des sujets que souhaiteraient évoquer les collectivités lors de cette première CNT est plus longue encore. Notons par exemple la question des dotations de l’Etat, la confirmation d’une stabilité institutionnelle, la clarification des compétences de chaque échelon, respect « des engagements financiers du gouvernement de Manuel Valls sur l’attribution d’une part de TVA aux régions »… Cinq ateliers seront organisés.

Dans une tribune au « Monde », vingt-neuf directeurs de théâtres nationaux et artistes s’engagent, à l’occasion des 70 ans de la décentralisation théâtrale, à respecter la parité dans leur programmation, dans la répartition des moyens de production et de création et le traitement salarial des équipes permanentes et intermittentes. « L’anniversaire de la décentralisation théâtrale est l’occasion pour nous, artistes, directrices et directeurs de centres dramatiques nationaux [CDN], de célébrer et de partager l’esprit même des pionniers de la politique culturelle, il y a 70 ans. Un esprit de résistance, de liberté, de partage dans une France d’après-guerre qui a fait le pari de reconstruire son pays et de réparer sa population en affirmant avec conviction le rôle de l’art et de la culture dans ce grand chantier. Les CDN sont nés de cet élan de 1947, sous l’impulsion de Jeanne Laurent [1902–1989], et avec eux, l’affirmation d’une culture décentralisée, démocratisée, d’une culture pour toutes et tous ».

« Les obligations de construction de logements sociaux prévues par la loi de Solidarité et de renouvellement urbain [SRU] a donné lieu à d’ardents débats lors du conseil métropolitain [Aix Marseille Provence] de ce 13 juillet, entre maires de ville carencées et soumises à pénalités et maires qui souhaitent en être exemptés par le biais d’une délibération soumise au vote. Une troisième catégorie s’est aussi faite entendre par la voix de Jean-Claude Féraud, maire de Trets, celle des villes qui souhaitent allonger la liste des 27 communes déjà ciblées par la métropole. « Le préfet a donné la possibilité d’élargir l’exemption à des communes qui ont par exemple des problèmes d’inconstructibilité. Je vous propose donc d’ajouter de nouvelles communes à celles que vous avez déjà présentées », explique le maire qui siégeait lors du comité régional de l’habitat, ce lundi. Outre Trets, il évoque Simiane, Cabriès, Eguilles et Fuveau ».

« La Société du Canal de Provence a fêté ses soixante ans le 6 juillet. Tout le petit monde de la politique locale, départementale et régionale se pressait au château du Tholonet, pour féliciter cette Grande Société de son action. Le Président de la Région, lui-même, annonçait comme cadeau d’anniversaire une aide de 120 millions d’Euros … Les Aixois vont aussi participer à la prospérité de ce Géant : le prix de l’eau [y] était l’un des moins chers de France. Était… Les Maires précédents avaient réussi à maintenir le principe de la gratuité de 30 % de l’eau fournie par le Canal de Provence à la Ville, depuis 1965. La Maire actuelle n’a pas compris l’intérêt de la chose pour les Aixois… et elle a renoncé à la gratuité », écrit sur Facebook le conseiller municipal d’opposition Edouard Baldo.

Du 1er juin au 30 septembre, par arrêté préfectoral, les conditions d’accès, de circulation et de présence du public dans les massifs forestiers ainsi que les travaux dans les espaces exposés du département des Bouches du Rhône sont restreintes. La carte des accès aux massifs est actualisée chaque jour, à 18 heures pour le lendemain, et concerne 90 communes. Chaque massif y est indiqué, son accessibilité étant déterminée en fonction de la météorologie et de la sécheresse. Ce vendredi 14 juillet, l’interdiction de circuler concerne l’ensemble des massifs des Bouches du Rhône.

Bonne journée

Mathieu Grizard

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