[471] Mission impossible

Hélène Delprat | Peinture pourrie [2014] Pigments, acrylique et paillettes argents sur toile [200 cm x 295]

« Antoine de Galbert, fondateur de la Maison rouge, a annoncé qu’il fermerait les portes de la fondation parisienne en 2018. « Je ne vois pas comment nous pourrions faire mieux, aller plus loin. En créant la Maison rouge, je savais que l’aventure finirait un jour ». Pourtant devant l’opulence d’expositions toujours plus surprenantes les unes que les autres, on se dit que la fondation avait encore plusieurs années devant elle pour étinceler dans le monde de l’art parisien. La preuve en est l’explosion d’inventivité qu’est l’exposition « I did it my way ». C’est un étrange couloir qui nous invite à pénétrer dans l’univers d’Hélène Delprat. Recouverts de plaques réfléchissantes, les murs du couloir fonctionnent comme un gigantesque miroir caduc : la lumière se décompose directement sur les plaques et ainsi ne peut nous rendre notre image. Cet incipit insaisissable est à l’image du travail de l’artiste : un questionnement inlassable sur l’identité. En effet, ce miroir met en lumière la diffraction de l’identité, que ce soit celle de l’artiste ou du spectateur. « C’est l’inconnu. C’est l’inconnu qui fait peur », martèle la bande son, emplissant le couloir d’un souffle inquiétant ».

« L’Inde est en passe d’élire pour la seconde fois un président issu de la caste inférieure des intouchables, toujours méprisée dans la société traditionnelle indienne. La bataille électorale oppose Ram Nath Kovind, candidat de l’Alliance démocratique nationale, et Meira Kumar, représentante de l’Alliance progressiste unie. Le premier, élu de la coalition de la droite nationaliste hindoue dirigée par le Bharatiya Janata Party [BJP], part favori. Quasiment inconnu du grand public, il a exercé la profession d’avocat avant d’être élu sénateur à la Rajya Sabha [chambre haute du parlement] puis nommé gouverneur de Bihar. « C’est un fils de paysan qui vient d’un milieu humble et qui a consacré sa vie au service des pauvres et des marginaux», a écrit sur Twitter Narendra Modi, premier ministre et figure de proue du BJP. L’élection de Ram Nath Kovind renforcerait la position du premier ministre au pouvoir. Face à lui, Meira Kumar est la représentante du centre gauche mené par le Congrès national. Diplomate de carrière, elle a été nommée plusieurs fois députée et ministre. La dirigeante de l’opposition et présidente du Congrès, Sonia Ghandi, a appelé à rejeter « la vision étroite, clivante et communautariste du BJP ». C’est la deuxième fois qu’un intouchable accède à la présidence, après Kocheril Raman Narayanan [1997–2002]. Cette fonction demeure symbolique en Inde. Garant de la Constitution, le chef de l’Etat contrôle les armées mais ne possède aucun pouvoir exécutif et s’efface devant les décisions du premier ministre ».

L’opposition vénézuélienne a proclamé avoir réuni plus de 7 millions de votants dimanche lors d’un vote purement symbolique contre la dernière décision du président Nicolas Maduro : l’élection le 30 juillet d’une Assemblée constituante. Pendant ce temps, le gouvernement socialiste faisait une répétition générale dans 600 bureaux, deux semaines avant ce scrutin. La démonstration de force de l’opposition a infiniment plus de poids que le test réalisé par le camp présidentiel. Même si le chiffre de 7,1 millions de votants est invérifiable, les Vénézuéliens sont se sont rendus en masse dans les universités, où les urnes avaient été disposées. L’opposition, dont le large éventail va de la droite ultralibérale à une fraction de la gauche déçue par Maduro, est gonflée à bloc par le résultat. C’est pour elle une nouvelle victoire après la libération le 8 juillet de Leopoldo Lopez, un de ses responsables, autorisé à purger à son domicile, pour raisons de santé, la lourde peine dont il a écopé en 2015 : 13 ans et 6 mois de prison.

Aux Etats-Unis, la réforme de la santé ne sera peut-être pas votée cette semaine, contrairement à ce qu’a annoncé ce week-end Donald Trump sur Twitter. La dernière version du texte, présentée jeudi dernier aux sénateurs, ne fait pas l’unanimité chez les républicains majoritaires. D’autant que l’opération chirurgicale, vendredi, de l’un d’entre eux, l’ancien candidat à la présidence John McCain, les prive d’une voix indispensable au passage de la loi. Les chirurgiens de John McCain ont annoncé que sa convalescence pourrait durer une ou deux semaines de plus. Alors que la cote de popularité du président Trump est en chute libre, un sondage conduit par le Washington Post et ABC News montre que 63% des Américains préfèrent que l’assurance santé des plus démunis soit maintenue au détriment d’une réduction des taxes.

160 migrants dont plus de 80 enfants ont été contraints de quitter lundi 17 juillet le squat de la Poterie, à Rennes [Ille et Vilaine]. Ils occupaient cette ancienne maison de retraite après que la justice leur ait accordé le droit d’investir les lieux pour six mois. Ces familles de Mongolie, de Tchétchénie, d’Albanie, du Congo, qui y avaient pris leurs habitudes, établi des repères, après des vies souvent très chaotiques. C’est aujourd’hui l’inconnu qui les attend. La préfecture dans un communiqué, annonce que « la situation des occupants de l’immeuble de la Poterie sera examinée au cas par cas, en fonction de leur situation administrative, et, le cas échéant, des possibilités d’hébergement ».

« Il est urgent que l’hospitalité redevienne aussi une valeur politique ». La présidente du Secours catholique, Véronique Fayet, exprime son indignation face au comportement de l’Etat à Calais, et son inquiétude après l’annonce d’un plan migrants axé sur la coercition : « D’un côté, Emmanuel Macron nous parle de l’honneur de la France à accueillir des réfugiés, nous répète que l’immigration est une chance pour notre pays et de l’autre, le ministre de l’intérieur [Gérard Collomb] a une attitude extrêmement dure. Lorsqu’il est venu dire aux associations à Calais « d’aller exercer leur savoir-faire ailleurs », la critique nous a humiliés, nous a fait mal… C’était très violent pour les gens qui, sur le terrain, tentent chaque jour d’apporter le minimum de réconfort à des migrants, souvent très jeunes, pourchassés par la police. Aujourd’hui, il nous apparaît incompréhensible que le gouvernement refuse la mise en place d’un dispositif d’abris pour les exilés qui sont là. Il n’y a pas que les associatifs qui le demandent : tous les rapports qui ont été faits plaident pour qu’on propose des solutions de mise à l’abri, du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés au Défenseur des droits en passant par la mission d’expertise de Jean Aribaud et Jérome Vignon ».

La stratégie économique suivie par le nouvel exécutif français est « ambitieuse, complète et équilibrée ». C’est l’avis des experts du Fonds monétaire international, venus en France à la rencontre des responsables politiques et économiques du pays, comme chaque année. À l’issue de ces 15 jours de rencontres à Matignon et à l’Élysée ; à Bercy, comme auprès de représentants du monde économique et syndical, les délégués du FMI ont senti « une énergie et un vent d’optimisme inédits depuis plusieurs années que je participe à cette mission », affirme Christian Mumssen, chef de la mission pour la France, avec un optimisme inédit du côté de l’institution internationale, lorsqu’il s’agit d’évoquer la France…À l’appui de cet enthousiasme, « strictement basé sur l’analyse des éléments détaillés fournis par Paris », a précisé Christian Mumssen, un programme qui « pourrait fortement contribuer à résoudre les défis économiques auxquels la France se heurte de longue date : déséquilibres budgétaires persistants, chômage élevé et faible compétitivité extérieure. » Un par un, le document reprend ces grands défis économiques pour la France, en saluant la direction empruntée et en y ajoutant des conseils « pour aller plus loin ».

Conformément à ses engagements, le ministère de la transition écologique et solidaire vient de publier deux listes de pesticides susceptibles de contenir des perturbateurs endocriniens [PE]. Mises en ligne vendredi sur les sites des ministères de l’écologie et de l’agriculture, ces listes — non exhaustives — contiennent les noms d’environ un millier de biocides pour l’une [insecticides pour la maison, produits de protection du bois ou pour l’hygiène vétérinaire] et près de 600 phytosanitaires [fongicides, herbicides, insecticides] pour l’autre. Ces « listes de produits pesticides autorisés, susceptibles de contenir des substances perturbatrices endocriniennes » sont rendues publiques « conformément aux engagements des ministres de la transition écologique, de la santé et de l’agriculture », le 4 juillet. Ce jour-là, les Etats de l’Union européenne [UE] — dont la France — s’étaient accordés pour définir les PE dans les pesticides. Un texte salué comme une avancée par le ministre Nicolas Hulot, car devant permettre l’interdiction de certaines substances, mais critiqué par les ONG pour lesquelles il manque d’ambition.

Le ministère du travail a confirmé, lundi 17 juillet, qu’il va bénéficier d’une enveloppe supplémentaire par rapport à ce qui était initialement prévu pour 2017, financée grâce à une rallonge de 450 millions d’euros, confirmant ainsi une information des Echos du 13 juillet. Le cabinet de la ministre Muriel Pénicaud a annoncé avoir obtenu une « rallonge de 450 millions d’euros prévue dans la loi de finances », qui permettra notamment de financer « 13 000 contrats aidés supplémentaires » cette année. Le budget pour 2017 prévoyait 280 000 nouveaux contrats aidés, mais le gouvernement de Bernard Cazeneuve en avait déjà programmé 189 500, soit les deux tiers, au seul premier semestre. Quelques 293 000 contrats sont désormais prévus pour l’ensemble de l’année, un chiffre qui reste toutefois nettement inférieur aux quelque 459 000 contrats aidés de 2016.

Emmanuel Macron a beau afficher de grandes ambitions pour moraliser la vie publique, les députés de la majorité ne le suivront pas les yeux fermés. Deux mesures phares du projet de loi du gouvernement devraient être amendées lors des débats qui démarrent la semaine prochaine, ont révélé Contexte et Marianne. Selon leurs informations, le groupe La République en marche [LREM] à l’Assemblée nationale a en effet décidé mardi dernier de conserver la réserve parlementaire ainsi que le contrôle a posteriori des indemnités représentatives de frais de mandat. Sur la réserve parlementaire, « ça s’est joué à deux voix près », indique le collaborateur d’un député ayant assisté à la réunion de groupe. « La position majoritaire était de dire qu’elle pouvait être supprimée si un fonds était abondé pour les collectivités territoriales. Mais, on sait que la compensation aurait été compliquée à mettre en œuvre et laissée au bon vouloir de Bercy… », ajoute-t-il. Sur ce sujet, une fracture existe entre les députés fraîchement élus et les plus anciens.

En arrivant ce lundi 17 juillet au Sénat, les représentants des collectivités locales [régions, départements, communes] savaient qu’ils ne venaient pas écouter de bonnes nouvelles. L’exécutif a pourtant mis les petits plats dans les grands pour cette première « Conférence des territoires », appelée à se réunir tous les six mois, avec une prise de parole liminaire du Premier ministre Edouard Philippe et une conclusion du président de la République Emmanuel Macron. Après plusieurs heures de tergiversations, la potion amère a finalement été annoncée en réunion d’ « instance de dialogue » à huis clos, vers midi, par le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin : les collectivités locales devront finalement réduire leurs dépenses de 13 milliards d’euros d’ici à 2022, soit… 3 milliards de plus que ce que prévoyait le programme de campagne d’Emmanuel Macron [sur un total de 60 milliards de réductions de la dépense publique]. Du côté des bonnes nouvelles — elles étaient rares — Emmanuel Macron a promis une couverture de la France entière « en haut et très haut débit » d’ici « à la fin de l’année 2020 », devant la Conférence nationale des territoires réunie au Sénat.

A la suite de la conférence nationale des territoires qui s’est tenue ce lundi 17 juillet au Sénat, sous l’autorité du Président de la République, avec la mobilisation de nombreux parlementaires, élus, responsables d’associations, François-Michel Lambert, député [LREM] membre de la commission Développement Durable et Aménagement du Territoire, présent à cette conférence, avance via un communiqué : « Moins de 1 mois après l’installation de la nouvelle Assemblée nationale, la politique d’aménagement du territoire redevient un levier de l’action politique et de transformation de la France dans un monde en mutation. C’est bien une politique de décentralisation guidée par la confiance en la responsabilité des élus territoriaux ». Reconnu pour son expertise en Aménagement du Territoire, FM Lambert, seul parlementaire des Bouches-du-Rhône, non marseillais, à soutenir, dès 2012, le projet et la réalisation de la métropole Aix-Marseille-Provence, déclare : « Jean-Claude Gaudin demande d’aller moins vite, moins loin, moins fort. Je dis au contraire que nous devons aller plus vite, plus loin, plus fort. Monsieur Gaudin doit passer la main sur la présidence de la Métropole Aix-Marseille-Provence. Dès aujourd’hui il faut entamer la démarche de fusion d’une partie du département des Bouches du Rhône avec la Métropole AMP, pour accélérer notre territoire et enfin être à la hauteur des enjeux actuels et à venir. Son immobilisme sacrifie l’avenir de centaines de milliers d’habitants de notre Métropole. »

Cette fois, le non semble définitif. Interrogé par La Provence, le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin a affirmé il y a quelques jours son opposition à la construction d’un pont transbordeur reliant les deux rives du Vieux-Port, à l’image de son prédécesseur détruit en 1944. Le quotidien revenait sur le projet défendu depuis plusieurs années par l’architecte Paul Poirier. Ce dernier souligne que le pont ne devrait pas coûter un centime aux Marseillais et que les 80 millions d’euros nécessaires seraient entièrement auto-financés par l’agence privée NPPI, qu’il dirige. Ce projet est soutenu par Renaud Muselier, président [LR] du conseil régional, qui propose une consultation des habitants. Jean-Claude Gaudin, qui avait fait lancer une étude par le conseil municipal rechignait à se prononcer sur cette promesse incluse dans son programme pour 2014 — « pont transbordeur ou passerelle », disait le document. La réponse est désormais ferme : « Il n’y aura pas de pont transbordeur » sous son mandat.

La mise en vente du célèbre château de La Barben [13] est annoncée ce lundi matin sur le site de BFM Business. Situé à quelques kilomètres de Salon-de-Provence, le château de La Barben est l’un des rares fleurons architecturaux encore intacts même si sa construction, commencée avant l’an 1000, a connu des aménagements à chaque époque, notamment à l’époque classique. À noter les jardins du château signés André Le Nôtre, jardinier de Louis XIV, à qui l’on doit notamment ceux de Versailles. Il fut simultanément la propriété de la famille de Pontevès, du roi René, puis de la famille de Forbin, nom illustre en Provence, qui le conserva pendant 500 ans. En 1963, sans héritier, le marquis de Forbin le vendit à André Pons. Le château de la Barben est, depuis 1984, classé monument historique. Sa mise à prix est de 15 millions d’euros, mobilier d’époque en option.

L’incendie qui s’est déclaré dans la commune de Saint-Cannat près d’Aix-en-Provence samedi 15 juillet 2017 à 15h30 a été maîtrisé par les pompiers dimanche dans la matinée. Environ 800 hectares de forêt ont été brûlés. Le feu s’est fortement propagé en raison du vent et de la sécheresse. L’incendie a engendré d’impressionnantes fumées, visibles jusqu’à Marseille. Au cours de l’incendie, Air Paca a observé un épisode de pollution caractérisé par des particules issues de la combustion de la biomasse très importante à Marseille. En effet, le vent de nord-ouest a entraîné un nuage de particules, émises par le feu de forêt, de Saint-Cannat vers Marseille. Des pics horaires de concentrations en particules ont été observés. Déjà qu’ils avaient les bateaux de croisière, voilà que la colombe sauvage leur envoie ses fuméees…

A Aix en Provence, l’élu de la Duranne, et conseiller départemental, vient d’être nommé président de la commission d’appel d’offres des marchés publics par Martine Vassal, président du Conseil départemental des Bouches du Rhône, pour succéder à l’avocat marseillais Yves Moraine [né à Aix en Provence]. Le Conseil départemental est l’un des plus gros donneurs d’ordre de France, avec environ 500 millions d’achats et d’investissements par an…
Dans une interview à la Provence le 3 juillet dernier, le dit élu indiquait que 10% des biens du Conseil départemental [1,5 millions de mètres carrés] ne servent… à rien.

Bonne journée

Mathieu Grizard

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