[473] Inextricables

Mathieu Grizard
Jul 20, 2017 · 10 min read
Louise Bourgeois | Arch of Hysteria | tissu, fil [2000] Collection privée. Courtesy Galerie Karsten Greve, Paris

Des parures symboliques pour la protection ou la métamorphose, de curieuses broderies, des talismans, des reliquaires en papier, des nœuds votifs… En grande prêtresse de l’art brut, l’historienne Lucienne Peiry, ancienne directrice de la fameuse collection de Lausanne, propose à La Maison rouge [Paris] une troublante cérémonie, où se mêlent des œuvres de fils relevant de différents courants artistiques [art contemporain, arts premiers, art sacré et art brut]. Arthur Bispo Do Rosário, Annette Messager, Louise Bourgeois, Judith Scott, Michel Nedjar figurent parmi les artistes présentés. Les pièces sont somptueuses, déroutantes, le cheminement est initiatique. S’en échappe comme une prière à renouer les liens universels de l’humanité dans un monde technologique, multipolaire et désenchanté. Une exposition clé comme il en reste peu, à voir jusqu’au 17 septembre 2017.

Le musée de l’île de Tatihou, à Saint-Vaast-la-Hougue dans la Manche, a subi d’importants dégâts mardi 18 juillet dans la soirée. L’incendie, provoqué par la foudre, a ravagé un bâtiment abritant des œuvres d’art dont deux prêtés par le musée du Louvre. Les responsables de l’établissement indiquent qu’il s’agissait d’œuvres des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. « Les collections archéologiques sous-marines et terrestres sont pour leur part partiellement sinistrées », indique également l’institution. Alors que celles consacrées à « l’ethnologie ont été en grande partie évacuées » grâce à l’implication d’« une dizaine d’agents travaillant habituellement sur l’île revenus prêter main forte pour aider à l’évacuation des œuvres » indique le conseil départemental dans un communiqué. « L’incendie a été déclenché par deux impacts de foudre », a précisé le service communication du département. Un tiers de la surface totale du bâtiment, près de 150 m2, a brûlé dans l’incendie. Selon les premières estimations qui demandent à être confirmées par des expertises, le coût de ce sinistre pourrait être évalué aux alentours de deux millions d’euros.

Le plastique est désormais le troisième matériau le plus fabriqué par l’homme derrière le ciment et l’acier, selon une étude publiée mercredi 19 juillet dans la revue Science Advances. Dirigé par une équipe de scientifiques américains, ce rapport est la première analyse globale de la production, de l’utilisation et de la fin de vie des plastiques dans le monde. En basant leur méthode sur les chiffres de production de chaque pays, les chercheurs ont constaté qu’en soixante-quinze ans, les humains avaient généré 8,3 milliards de tonnes de matières plastiques, soit l’équivalent du poids de 822 000 tours Eiffel ou de 80 millions de baleines. Sur ces quantités gigantesques, 6,3 milliards de tonnes sont dès à présent devenues des déchets, dont seuls 9 % ont été recyclés, 12 % ont été incinérés et 79 % accumulés dans des décharges ou dans la nature. Si un monde sans plastiques semble aujourd’hui difficile à imaginer, son utilisation à grande échelle ne remonte qu’aux années 1950. Dès lors, la croissance de ce matériau a été exponentielle. De 1 million de tonnes en 1950, la production mondiale est passée à plus de 380 millions de tonnes en 2015, dépassant la plupart des autres matériaux synthétiques.

Après avoir été invités à « Réinventer Paris » [en surface et en sous-sol], puis à « Réinventer la métropole », les architectes et les investisseurs ont été conviés à « Réinventer la Seine ». Le concours portait sur des sites à Paris et banlieue ainsi qu’à Rouen et au Havre. Les lauréats ont été révélés ce mercredi au Havre. 21 équipes ont été retenues sur les 72 qui avaient atteint la deuxième phase. Les projets peuvent être vus au Pavillon de l’Arsenal, à Paris, jusqu’au 9 septembre.

Une semaine après la condamnation de Lula à près de dix ans de prison pour corruption, la justice brésilienne a ordonné mercredi 19 juillet le gel de comptes bancaires et la saisie de plusieurs biens appartenant à l’ex-chef de l’Etat brésilien. Plus de 600 000 réais [165 000 euros] ont été bloqués sur des comptes de Luiz Inacio Lula da Silva et trois appartements saisis. La justice a aussi ordonné la saisie de deux voitures et d’un terrain appartenant à l’ex-président. L’icône de la gauche latino-américaine, qui a présidé le Brésil de 2003 à 2010, a fait appel de sa condamnation et restera en liberté en attendant le jugement en seconde instance, probablement dans de nombreux mois. La saisie des biens de Lula a été ordonnée à la veille de manifestations en sa faveur convoquées dans tout le pays par le Parti des travailleurs [PT] que Lula avait fondé au début des années 1980. Sergio Moro, le juge de première instance, a pris cette mesure à titre de « réparation des dommages causés ».

« Le Venezuela se réveillait jeudi affecté par une grève générale de 24 heures à l’appel de l’opposition, portée par le vote massif de 7,6 millions de personnes lors de la consultation symbolique contre le président Nicolas Maduro et son projet de modifier la Constitution. Le pays est perturbé depuis bientôt quatre mois par une vague de manifestations violentes qui ont fait près d’une centaine de morts, accompagnées de blocages de rues dans une économie au ralenti. La grève, qui devait commencer à 06H00 locale [10H00 GMT], marquera le début de « l’heure zéro », c’est-à-dire une montée en puissance des protestations qui ont débuté le 1er avril. Les antichavistes — du nom d’Hugo Chavez, président de 1999 à sa mort en 2013, dont M. Maduro est l’héritier — sont lancés dans un contre-la-montre : dans dix jours, les 545 membres de l’assemblée constituante seront élus avec pour mission de réécrire la Constitution. La grève générale est soutenue par le patronat, les chambres de commerce et d’industrie, une partie des syndicats, les étudiants et les entreprises de transport ».

Elle n’avait sans doute plus le choix au vu des derniers développements survenus en Pologne : la Commission européenne a frappé très fort mercredi 19 juillet. Pour la première fois, elle a menacé très explicitement de déclencher l’article 7 des traités de l’Union européenne. Cette procédure, visant à priver un Etat de ses droits de vote au Conseil — la réunion des pays membres — entraîne une mise au ban de fait de l’Union. « Les quatre mesures envisagées par le gouvernement polonais concernant sa réforme du système judiciaire accroissent considérablement les menaces sur l’Etat de droit, car elles vont supprimer l’indépendance du système judiciaire du pays », a déclaré Frans Timmermans, le premier vice-président de la Commission, en charge des droits fondamentaux, et donc de la « question polonaise ». La Commission considère clairement que la Pologne, avec ses 38 millions d’habitants et son statut de leader des Etats d’Europe centrale et orientale, bascule vers une forme de régime non démocratique. « L’Etat de droit est une des valeurs qui définit notre Union. Ce qui se passe aujourd’hui en Pologne nous touche tous », a répété M. Timmermans.

La tension entre Berlin et Ankara a atteint un nouveau pic mercredi avec la convocation de l’ambassadeur de Turquie à la suite de la détention d’un militant allemand des droits de l’homme, dans un climat qui s’envenime de jour en jour. « Il est apparu nécessaire que le gouvernement turc comprenne immédiatement et directement l’indignation et l’incompréhension du gouvernement allemand », a déclaré à la presse le porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères, Martin Schäfer. Objet du courroux du gouvernement allemand : le maintien en détention en Turquie la veille d’un militant allemand connu des droits de l’homme, Peter Steudtner. Il avait été arrêté le 5 juillet aux côtés de dix militants turcs des droits de l’homme, dont la directrice d’Amnesty International pour la Turquie, Idil Eser, alors qu’il participait comme instructeur à un séminaire. Au total, neuf Allemands, dont quatre turco-allemands, sont détenus en Turquie depuis le putsch raté contre le président turc Recep Tayyip Erdogan selon les autorités allemandes.

Une guerre de tranchées semblait annoncée. Elle s’est soldée par une reddition inconditionnelle. Quelques jours après avoir, lors d’une audition parlementaire, protesté contre les coupes envisagées dans le budget 2017 de la défense, le chef d’état-major français Pierre Le Jolis de Villiers de Saintignon, 61 ans, a dû, mercredi matin, présenter sa démission à Emmanuel Macron. L’intéressé — nommé à ce poste par François Hollande en 2014 puis prorogé d’un an début juillet — s’était placé dans une opposition frontale au président de la République. Il dénonçait les 850 millions d’euros d’économies exigées des forces armées sur un budget annuel de 32,7 milliards. Le nouveau chef d’état-major, aussitôt nommé, est le général d’infanterie François Lecointre, 55 ans, vétéran des guerres de l’ex-Yougoslavie, durant lesquelles il s’illustra en mai 1995, avec la reprise aux Serbes du fameux pont de Vrbanja à Sarajevo, ordonnée par Jacques Chirac. Fait plus controversé : cet officier qualifié de « héros » par ses pairs [il a servi en Irak, à Djibouti et au Mali] fut déployé en 1994 au Rwanda, dans le cadre de l’opération Turquoise, durant laquelle la France est accusée d’avoir continué à soutenir les militaires génocidaires hutus, y compris via des livraisons d’armes.

La démission du général Pierre de Villiers, officialisée le 19 juillet, est un événement historique. « Aucun chef d’état-major des armées n’a été amené à démissionner » depuis que le poste a pris sa configuration actuelle de plus haut responsable militaire placé sous l’autorité du ministre de la défense, en juillet 1962, explique l’historien Philippe Vial, chercheur au service historique de la défense. « Seuls des chefs d’état-major d’armée ont démissionné sous la Ve République », précise l’universitaire. La crise avec le président de la République couvait depuis que le général Pierre de Villiers avait émis des réserves sur les économies réclamées aux armées.

La photo officielle d’Emmanuel Macron est plus haute de cinq centimètres que celle de ses prédécesseurs [50x70 cm contre 50x65 auparavant]. Conséquence : « les 36 000 communes vont devoir racheter un cadre », s’emporte le maire de Forges [Seine-et-Marne] Romain Senoble, qui a d’ores et déjà dressé la facture. Ce dernier estime à 77 euros le cadre approprié chez Sedi, qui équipe les collectivités en mobilier. Soit un total de 2,7 millions d’euros si l’on considère que chaque ville va devoir effectivement mettre la main à la poche. Pour mémoire, les maires ne sont en aucun cas obligés d’afficher le portrait du président de la République dans les mairies. Si elle est largement respectée, la pratique ne relève que de la simple tradition Républicaine. Et toutes les mairies reçoivent gratuitement un exemplaire du portrait officiel du chef de l’Etat, adressé par les préfectures. Une question, tout de même, reste à trancher. Les maires ont-ils le droit de rogner la photo de cinq centimètres ? En l’absence de toute réglementation sur le sujet, rien ne semble l’interdire.
A Aix en Provence, les deux portraits officiels de François Hollande avaient été dérobés peu avant l’élection présidentielle …

Le salut du territoire passera-t-il par la concertation ? C’est en tout cas ce que pense Martine Vassal, préférant tendre l’oreille du côté du Premier ministre, qui souhaite établir un véritable climat de confiance pour travailler. C’est de cette manière qu’elle entend œuvrer au service du territoire. Prochain rendez-vous à la rentrée avec un forum organisé à l’Hôtel du département. Le conseil de Provence suivra, avant la prochaine conférence nationale des territoires… dans six mois. La présidente LR du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône et première vice-présidente de la Métropole Aix-Marseille Provencen, Martine Vassal participait, lundi, à cette conférence des territoires au nom de l’Association des départements de France. Un rôle d’ambassadrice selon le souhait de Georges Cristiani, président de l’Union des maires des Bouches-du-Rhône. Celle qui aime « jouer collectif » est allée défendre les intérêts de ce territoire pour lequel elle n’a cessé de clamer : « On en a assez qu’on nous impose les choses d’en haut. On nous a imposé la métropole, ça suffit ».

« Comment se démarquer, quand on est un festival de musiques populaires et cosmopolites installé dans la deuxième ville la plus chère de France ? Si le défi semble compliqué, Zik Zac et ses vingt ans d’ancienneté nous prouvent le contraire. Fort de sa communauté toujours présente et sans cesse renouvelée, le festival connaît une demande importante de la part des anciens et des nouveaux publics. Il a le droit de s’en vanter : seul grand festival de musiques actuelles d’Aix-en-Provence, il n’a pas de rival sérieux dans cette petite enclave parisienne, comme certains aiment l’appeler, où domine un certain classicisme. Avec pour seul concurrent potentiel le festival C’est Sud et ses quelques concerts sur le Cours Mirabeau, Zik Zac compte parmi les principaux festivals d’Aix en matière d’esthétiques « actuelles » au sens large. C’est ainsi qu’il est reprogrammé chaque année pour le plus grand bonheur des Provençaux. Dans un esprit bien à lui, Zik Zac ne se limite pas à son espace géographique : l’événement gagne en popularité depuis ses dernières éditions, au point de se voir octroyer une diffusion intégrale en direct sur Radio Nova l’année dernière ». Du jeudi 20 au samedi 22 juillet à Aix-en-Provence, ZIK ZAC célèbre sa 20ème édition avec une programmation caniculaire de 17 concerts gratuits au parc de verdure du Jas de Bouffan.

« Nous sommes tous amenés à déambuler en ville et personne n’est à l’abri de faire face à un besoin naturel. Les toilettes publiques sont censées être là pour y remédier. Or, à Aix en Provence, on peut déplorer qu’elles soient parfois trop peu nombreuses pour répondre à la demande. La ville est très touristique et il lui arrive de faire face à des afflux massifs de visiteurs. Ce fut le cas, il y a quelques jours lorsque 1 300 croisiéristes malaisiens ont débarqué toute une journée. Avec la chaleur actuelle, tout le monde s’hydrate généreusement et les envies pressantes ne se font pas attendre. À Aix, on en dénombre moins d’une dizaine répartie sur la commune. Un seul est « gratuit » avec la traditionnelle « Dame pipi ». Les autres sont payants [50 centimes] et gérés par la société Decaux. […] En attendant une potentielle amélioration de leur nombre ou pour ceux qui ne veulent pas payer, il y a aussi l’astuce des plus futés qui est d’aller dans des établissements publics [celles de l’Hôtel de Ville à côté de la salle des Etats de Provence, notamment]. Une pratique rendue plus difficile depuis l’état d’urgence qui rend l’accès à ce type de bâtiments plus compliqué ».

A la salle des Etats de Provence se tient justement ce jeudi le conseil municipal de la ville d’Aix en Provence à partir de 10h30. Au programme, 73 rapports, où il sera notamment beaucoup question d’urbanisme.

Bonne journée

Mathieu Grizard

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Matinale en Provence, 24h ici et ailleurs / Every morning, a few words from Provence, 24h here and there

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