[474] A rose is a rose is a rose
La tombe de l’artiste surréaliste espagnol Salvador Dali devait être ouverte ce jeudi 20 juillet, 28 ans après sa mort, pour déterminer s’il a, ou non, une descendance. Une cartomancienne espagnole assurant en effet être le fruit d’une brève liaison dans leur village natal de Figueras. L’exhumation du fantasque peintre a été ordonnée fin juin par la justice, après la demande en reconnaissance de paternité déposée par Pilar Abel, 61 ans, qui affirme que sa mère, une employée de maison, l’avait rencontré chez des amis du peintre, à Portlligat, dans le nord-est de l’Espagne.Selon le journal barcelonais La Vanguardia, la coupole du musée sera recouverte de toiles opaques pour éviter que des photos soient prises à l’aide de drones. Les détails de l’exhumation seront dévoilés vendredi à 08H00 [06H00 GMT] par la fondation Dali, qui gère le théâtre-musée, lors d’une conférence de presse.
Le 26 août, pendant le lancement à Marseille de la foire Art-O-Rama et du salon de dessin Paréidolie, ANF Immobilier inaugurera un pôle artistique privé d’un genre nouveau. Galeries, collectionneurs et artistes bénéficieront d’espaces en rez-de-chaussée dans la rue du Chevalier-Roze, à deux pas du Vieux-Port de Marseille. Pour réveiller la rue du Chevalier-Roze, une parallèle de la rue de la République en plein centre-ville, ANF Immobilier a confié à Ombline d’Avezac [une ancienne du musée d’Art moderne de la Ville de Paris] la coordination du lancement de ce nouveau pôle artistique de plus de huit cents mètres carrés. Axel Dibie et Alix Dionot-Morani de la galerie parisienne Crèvecœur, la galeriste belge Catherine Bastide [Port Roze], l’atelier d’art Tchikebe, l’artiste Wilfrid Almendra, les historiennes de l’art Charlotte Cosson et Emmanuelle Luciani [South Studio] et le groupe de collectionneurs marseillais Lumière [Atlantis] s’installent donc dans sept espaces indépendants, le septième baptisé Sessions permettant d’accueillir des solo-shows d’artistes autour de l’image-mouvement. Ghislaine Seguin, le directeur général adjoint d’ANF Immobilier, souligne l’importance de la redynamisation de la ville d’un point de vue global : « Nous accordons une importance fondamentale à l’offre culturelle et de loisirs à proximité des bureaux, permettant de faire vivre les quartiers et à attirer de la clientèle en dehors des déplacements pendulaires. Avec le pôle artistique du chevalier Roze, ANF Immobilier souhaite renouveler l’attractivité du Quartier République à Marseille ». Rendez-vous le 26 août pour ce nouvel événement artistique du Sud.
Le Premier ministre indien Narendra Modi consolide son pouvoir en faisant élire à la présidence du pays un homme issu de la mouvance hindouiste comme lui. Originaire de la caste des intouchables, le président-élu Ram Nath Kovind aura à cœur de rapprocher sa communauté forte de 200 millions d’âmes de la coalition au pouvoir à New Delhi dont l’assise électorale est traditionnellement formée de communautés appartenant aux hautes castes. Les résultats sont tombés ce jeudi matin. Comme les spécialistes l’avaient prédit, c’est le septuagénaire Ram Nath Kovind soutenu par la coalition dirigée par les nationalistes hindous du Bharatiya Janata Party [BJP, parti du peuple indien] au pouvoir à New Delhi, qui a remporté haut les mains l’élection présidentielle en Inde. En réalité, compte tenu du poids des hindouistes dans le collège électoral composé des parlementaires fédéraux et régionaux qui élit le président, il ne fallait pas être grand clerc pour prévoir la victoire du candidat du pouvoir. La Constitution accorde peu de pouvoirs au président indien qui a un rôle plutôt honorifique. Celui-ci doit se contenter de signer documents et décrets qui lui sont présentés par l’exécutif. Equivalent de la reine d’Angleterre en statut, le président de l’Inde est quand-même le chef des armées.
Début 2018, les six pays membres du Conseil de coopération du golfe Persique prévoient d’introduire un impôt, en l’occurrence une taxe sur la valeur ajoutée [TVA] de 5%. Pour élargir leurs revenus en attendant de diversifier leurs économies. Cette irruption de la fiscalité dans la vie quotidienne des Saoudiens ou des Emiratis découle tout d’abord de la faiblesse des cours du pétrole, passés de plus de 110 dollars à moins de 50 dollars le baril depuis mi-2014. Cet impact se trouve renforcé par la décision des pays membres de l’OPEP d’abaisser leur production, fin novembre. Résultat, le gouvernement saoudien s’attend à un déficit budgétaire de près de 200 milliards de riyals pour 2017 [soit près de 51 milliards de francs], pour des dépenses équivalentes à 226 milliards de francs. Avec un déficit attendu à près de 25 milliards de francs, le Koweït a coupé dans ses subventions et a levé 8 milliards de dollars sur les marchés obligataires en mars.
Pourquoi les blancs sont-ils des « expats » alors que tous les autres sont des « immigrés » ? « Les Africains sont des immigrés. Les Arabes sont des immigrés. Les Asiatiques sont des immigrés. Pourtant, les Européens sont des expats parce qu’ils ne peuvent pas être au même niveau que les autres ethnies. Ils sont supérieurs. Immigrés est une façon de dire ‘races inférieures’ ». On retrouve cette distinction dans la fiche Wikipedia en français du mot « expatrié » : « En France, on le préfère au mot ‘émigré’ lorsqu’il s’agit de qualifier des Français établis hors des frontières nationales françaises pour des raisons professionnelles ». Mawuna Remarque Koutonin est rédacteur en chef de SiliconAfrica.com et signe une tribune terriblement juste dans The Guardian titrée « Why are white people expats when the rest of us are immigrants ? ».
Une attaque contre l’armée libanaise a provoqué un débat d’une violence sans précédent sur la présence de réfugiés syriens, certains appelant à leur retour dans leur pays en guerre, d’autres dénonçant une rhétorique raciste à leur égard. La tension est montée d’un cran le 30 juin, lorsque cinq kamikazes se sont fait exploser lors de raids de l’armée dans des camps de réfugiés syriens dans une région de l’est du Liban, tuant une fillette et blessant des soldats. L’armée a alors arrêté des dizaines de Syriens habitant dans les camps d’Aarsal, localité proche de la frontière syrienne, avant d’annoncer la mort de quatre détenus, invoquant des problèmes de santé préexistant. Une enquête a été ouverte après des soupçons de mort sous la torture. Depuis ces incidents, la polémique gronde entre Libanais. Certains accusent les réfugiés syriens de tous les maux et prennent la défense de l’armée. D’autres s’insurgent contre les amalgames et appellent à faire une distinction entre réfugiés et rebelles syriens implantés au Liban. Mais le tollé actuel est d’une telle violence que certains n’ont pas hésité à faire des parallèles avec la présence des réfugiés palestiniens qui avait profondément divisé le Liban juste avant la guerre civile [1975–1990]. « L’amalgame entre ‘Syriens’, ‘réfugiés’ et ‘terroristes’ est très dangereux », s’insurge sur Facebook Rima Majed, professeur en sociologie à l’Université américaine de Beyrouth [AUB], qui estime que la « décision politique de faire exploser le dossier des réfugiés a été prise ». Le Liban, pays de quatre millions d’habitants miné par des institutions et des infrastructures bancales, accueille plus d’un million de réfugiés ayant fui la Syrie voisine en guerre, certains vivant dans des tentes de misère, d’autres dans des appartements.
L’agence de presse progouvernementale turque Anadolu a révélé lundi 17 juillet la localisation de forces spéciales américaines et françaises au nord de la Syrie, provoquant ainsi la colère des États-Unis, qui craignent pour la sécurité de leurs soldats. Anadolu a donné l’emplacement de 10 installations militaires américaines, allant même jusqu’à révéler parfois le nombre de soldats des forces spéciales s’y trouvant. Ainsi selon l’agence, 200 soldats américains et 75 soldats des forces spéciales françaises se trouveraient dans un avant-poste à une trentaine de kilomètres au nord de Raqa, capitale autoproclamée de l’organisation jihadiste État Islamique [EI]. La divulgation de ces informations confidentielles expose les forces de la coalition à des « risques inutiles », selon le porte-parole du Pentagone, Adrian Rankine-Galloway. « Nous serions très inquiets si des responsables d’un allié de l’Otan mettaient volontairement en danger nos troupes en divulguant des informations confidentielles », a-t-il déclaré. « Nous avons fait part de nos inquiétudes au gouvernement turc », a-t-il ajouté, en refusant de commenter l’exactitude des localisations dévoilées par Anadolu.
Le Conseil d’administration du FMI a donné son feu vert « de principe » ce jeudi 20 juillet à la relance du plan d’aide à la Grèce, a indiqué le Fonds Monétaire International dans un communiqué. Ce feu vert se matérialise par un accord de principe de 1,6 milliard d’euros accordé à Athènes au titre d’un crédit « de précaution » mais le FMI ne déboursera pas ces fonds dans l’immédiat. Cet « accord de principe » du FMI, une manœuvre rarement utilisée par l’institution monétaire, avait déjà été annoncé en mai. Il a permis le versement d’une nouvelle tranche d’aide de 8,5 milliards d’euros de la part de la zone euro, effectuée en grande partie début juillet. Tout en donnant son aval, le FMI continue de mettre la pression sur les créanciers européens pour une renégociation de la dette grecque, qu’il juge insoutenable en l’état actuel.
« La gestion de l’ordre public au G8 de Gênes fut tout simplement catastrophique ». Il aura fallu seize ans presque jour pour jour après la mort du jeune manifestant Carlo Giuliani, le 20 juillet 2001, pour que les autorités italiennes reconnaissent officiellement leurs responsabilités. Dans une interview au quotidien la Repubblica ce mercredi, le chef de la police Franco Gabrielli, en poste depuis avril 2016, a ainsi admis que « les excuses a posteriori » n’étaient pas suffisantes et qu’il fallait aujourd’hui affronter sans détour les brutalités commises, durant plusieurs jours, au cours et en marge du sommet international — le premier en Italie après le retour au pouvoir de Silvio Berlusconi. « A Gênes, un nombre incalculable de personnes innocentes ont subi des violences physiques et psychologiques qui les ont marquées à vie, a reconnu Franco Gabrielli. Si aujourd’hui encore, seize ans plus tard, c’est un motif de douleur, de rancœur, de défiance [envers la police], cela signifie que la réflexion n’a pas été suffisante ».
Emmanuel Macron a rendu un hommage appuyé aux armées jeudi 20 juillet sur la base aérienne d’Istres [13], l’un des maillons de la dissuasion nucléaire, vingt-quatre heures après la démission fracassante du chef d’état-major des armées [CEMA], le général Pierre de Villiers. « Vous participez de cette mission essentielle à la sécurité de la nation. Votre quotidien est la crédibilité même de notre pays, a déclaré le président de la République. La dissuasion nucléaire est au cœur de notre défense. […] Je sais ce que la Nation vous doit ». Après avoir salué le général de Villiers et loué les qualités de son successeur, le général François Lecointre, qui l’accompagnait lors de sa visite, Emmanuel Macron a assuré que « l’effort de défense sera[it] porté à 34,2 milliards d’euros en 2018 ». « Cette augmentation est inédite. […] Aucun budget autre que celui des armées ne sera augmenté » en 2018.
Le Bureau de l’Assemblée nationale a officiellement acté le droit pour les députés de siéger sans veste ni cravate, selon une décision de la plus haute instance collégiale de la chambre basse publiée ce jeudi 20 juillet. Au cours d’une réunion mercredi, « le Bureau a rappelé qu’aucune disposition réglementaire ne fixant la tenue vestimentaire des députés, il n’y a pas lieu d’obliger les hommes au port d’une veste et d’une cravate dans l’hémicycle », indique le compte-rendu. Les députés du groupe La France insoumise ont bousculé les us et coutumes en se présentant sans cravate au Palais Bourbon depuis la première séance de la législature, justifiant ce choix par un rejet des « codes vestimentaires qui nous sont imposés ». Jusque-là, selon une source parlementaire, « aucune disposition du Règlement de l’Assemblée » ne concernait la tenue des députés, l’instruction générale du Bureau fixant seulement « des règles pour la tenue du public en séance ».
Les personnes séropositives décédées pourront désormais recevoir des soins funéraires, ce qui leur était interdit depuis 1986, selon un arrêté paru aujourd’hui au Journal officiel. La levée de cette interdiction, qui concerne aussi les personnes décédées atteintes d’hépatites, était réclamée de longue date par les associations de lutte contre le sida. Elle prendra effet le 1er janvier 2018. Les soins de conservation des corps, qui visent à retarder le processus de décomposition, consistent en particulier à injecter dans le système vasculaire un produit antiseptique et conservateur à la place du sang. Ces soins étaient jusque-là interdits aux personnes décédées séropositives et atteintes d’hépatites en vertu de deux textes datant de 1986 puis 1998 par crainte de contamination. Selon l’arrêté publié jeudi et signé par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, le sida et les hépatites ont été retirés de la liste des maladies concernées par cette interdiction. « C’est une grande victoire dans la lutte contre la sérophobie et pour la dignité des personnes séropositives et de leurs proches », a tweeté l’association Aides.
Le président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Renaud Muselier [LR], a lancé un Contrat régional d’équilibre territorial [Cret] de la Métropole Aix-Marseille-Provence. Dans l’hémicycle de l’hôtel de Région, c’est au côté de Jean-Claude Gaudin, président de la jeune entité territoriale, qu’une jolie enveloppe de 120 millions d’euros de la Région a été mise sur le tapis, ce qui a valu les « mille mercis » du sénateur-maire de Marseille. Ce dernier n’avait apparemment pas misé sur une telle somme mais plutôt sur 100 millions d’euros. Le 7 juillet dernier, lors de la première plénière sous la présidence de Renaud Muselier, les élus ont voté ce Cret, le 25e depuis le début de l’actuelle mandature. « Nous allons injecter plus de 120 millions d’euros — en trois ans — sur le territoire de la Métropole en soutien aux communes. Ils viendront en complément des 450 millions d’euros que nous consacrons, chaque année, au tissu économique, industriel, associatif, éducatif de la Métropole ». Les projets financés devront bien sûr correspondre aux compétences régionales définies : la transition énergétique et la croissance verte ; le développement économique ; la mobilité ; l’aménagement et l’équipement.
A Aix en Provence, la colombe sauvage* s’étant envolée avec sa deuxième adjointe [et conseillère régionale] pour discuter finances de la Métropole Aix Marseille Provence avec le président du Conseil Régional Provence Alpes Côte d’Azur, le conseil municipal fut bref et enlevé par le premier adjoint et grand argentier, toujours pressé d’en finir pour aller déjeuner. Le plus jeune conseiller de la majorité étant également absent, il revint une fois de plus à la conseillère d’opposition Gaëlle Lenfant de procéder à l’appel. Et si la colombe sauvage manquait, son mari n’était pas là non plus, mais en revanche sa fille, oui.
L’unique question orale émana du conseiller FN, préoccupé que des chiens viennent s’entrainer au parc de la Torse le samedi de 10h à 12h. La délibération portant sur les compteurs Linky fût opportunément retirée en séance, et quelques interventions de l’opposition, en matière de vente du patrimoine immobilier de la ville, notamment, firent un flop, le premier adjoint daignant à peine y répondre, dénonçant « un débat idéologique ». Pourtant, les « errements » de la ville pointés par la chambre régionale des comptes sur la vente de l’Office du Tourisme, de l’Hôtel de Caumont et de l’Institut d’Etudes Politiques [Notre Dame de la Seds], tout comme en matière de gestion des ressources humaines, ou encore le transfert des équipements sportifs et culturels à la ville pour éviter tout « cadeau » à la Métropole, auraient fait les choux gras de la colombe sauvage.
Seul l’adjoint au commerce, pris par son sujet, s’emballa, mais fut rapidement rappelé à l’ordre. Quant à l’adjoint à l’urbanisme, il évoqua à plusieurs reprises la nécessité de modifier la loi Barnier [sur l’environnement] pour permettre les constructions sur le site cézannien de la Constance dans la limite des cent mètres de l’autoroute A8, alors qu’il s’agit seulement de demander une dérogation…
Il s’enferra ensuite dans une sombre histoire de refus d’installations de chiche kebab dans le centre, précisant qu’il n’était pas raciste, [mais quand même, des chiche kebabs…], le premier adjoint le sauvant en indiquant que lui adorait les kebabs [et ne serait pas contre qu’il y en ait plus ?]. Bref, on put ainsi imaginer que le conseil ainsi expédié, le premier adjoint, qui contrairement à la colombe sauvage, garda le micro presque pour lui seul et fit voter les délibérations à la hussarde, partit tranquillement déguster son kebab.
Bonne journée
*La colombe sauvage désigne la maire d’Aix en Provence, depuis sa citation approximative « la bave du crapaud n’atteint pas la colombe sauvage », dans le combat qui l’oppose au dinGau, maire de Marseille et président de la Métropole Aix Marseille Provence
