[475] Le vrai du faux
Le collectionneur toscan Carlo Pepi ne décolère pas. Depuis plusieurs mois, il alertait les autorités italiennes sur la présence de faux grossiers, placés au côté de chefs-d’œuvre venus des plus grands musées du monde, dans l’exposition Modigliani qui s’est ouverte le 16 mars au cœur du Palais ducal de Gênes. Deux mois après cette dénonciation aux magistrats de Rome, les carabiniers sont passés à l’action. Le soir du 13 juillet, trois jours avant son terme théorique, la manifestation a été fermée. Pour la centaine de milliers de visiteurs abusés, le mal est fait. Il faut surtout faire en sorte désormais que les tableaux ne s’évanouissent pas dans la nature, avant qu’on ait pu procéder à des prélèvements, qui doivent être faits dans les prochaines semaines. Au total, ce ne sont pas moins de vingt et une des cinquante œuvres exposées qui ont été mises sous séquestre pour expertise. La plupart des tableaux incriminés sont censés être de la main d’Amedeo Modigliani [1884–1920], les autres étaient attribués à son ami Moïse Kisling [1891–1953]. A plusieurs dizaines de millions d’euros la toile — authentique –, l’exposition de Gênes pourrait bien avoir masqué une tentative d’escroquerie d’une ampleur vertigineuse.
La famille des moustiques, qui compte environ 3500 espèces, est responsable de plus de morts que les requins, les lions, les hippopotames, les crocodiles, les serpents. Ce sont les vecteurs du parasite du paludisme et de vers responsables de filarioses, mais aussi des virus de la dengue, du chikungunya, du Zika, de la fièvre jaune, de l’encéphalite japonaise, de la fièvre à virus West Nile. La dengue est endémique dans plus de 100 pays. En 2015, la région des Amériques a signalé 2,35 millions de cas dont 10 200 cas de dengue sévère qui ont provoqué 1181 décès. Près de la moitié de la population mondiale est exposée au risque de contracter le paludisme. Chaque année, environ 500 000 enfants en meurent à cause des moustiques. En 2015, les conflits humains ont provoqué la mort d’environ 580 000 personnes alors que les moustiques, en ont tué 834 000 par l’intermédiaire des maladies qu’ils transmettent. Les requins n’avaient tué que 6 hommes, les serpents 60 000, les crocodiles 1000.
Dans son dernier rapport publié ce jeudi, l’Onusida note un sensible progrès dans la lutte contre le sida : le taux de mortalité provoqué par l’épidémie a été divisé par deux depuis 2005. En 2016, près de 19,5 millions de personnes sur les 36,7 millions atteintes du virus ont accès au traitement antirétroviral, soit plus d’un malade sur deux. En 2003, seulement 4% des malades avaient accès à un traitement. Aujourd’hui, 19,5 millions de personnes en bénéficient. On passe de 4% à 70%. Ce qui se traduit par une baisse de 50% de la mortalité. On n’aurait jamais imaginé ça il y a quelques années. La mortalité reste l’indicateur le plus puissant pour mesurer l’impact d’un programme. Par ailleurs, les nouvelles infections ont été réduites de 16%.
Est-il possible de « rembobiner » sa vie jusqu’à revenir à l’état d’embryon et, par-delà, accéder à ses vies antérieures ? C’est en tout cas l’un des enjeux des techniques de régression de mémoire [« past-life regression »] étudiées par l’anthropologue Emmanuel Grimaud, dans un article intitulé « Renaître en temps réel. Techniques de régression de mémoire et expériences de vies antérieures », issu du n°66 de la revue Terrain. Lors des séances, le thérapeute induit par une forme d’hypnose des régressions successives dans la vie du patient, le faisant revenir à son adolescence, son enfance, jusqu’au ventre de sa mère. En poursuivant la régression, celui-ci peut se retrouver dans d’autres corps, la plupart du temps humains mais aussi parfois non-humains [certains régressés se visualisent en serpent ou en poisson]. Cette technique s’est révélée efficace pour guérir des traumatismes ou des phobies ou, tout simplement, mieux se connaître. Le marché de la régression thérapeutique est aujourd’hui en pleine expansion, en Europe et en Amérique du Nord comme en Inde, où cette dernière séduit de plus en plus les classes moyennes urbaines.
Les femmes chiliennes devront encore attendre avant de pouvoir avorter légalement et continueront à encourir des peines de trois à cinq ans de prison en cas d’interruption volontaire de grossesse [IVG] clandestine. Contre toute attente, l’adoption définitive d’un projet de loi visant à dépénaliser au Chili l’avortement thérapeutique et en cas de viol a été retardée, jeudi 20 juillet, au Parlement. En mars 2016, la Chambre des députés avait voté en première lecture ce texte-phare de la présidente, Michelle Bachelet. Mais il avait dû passer par plusieurs commissions, puis par le Sénat, qui l’avait amendé, avant de revenir à la Chambre basse. « C’est douloureux pour nous tous, a déclaré le sénateur socialiste Alejandro Guillier, et je sens que nous avons failli auprès des femmes chiliennes ». Bien que ne s’appliquant qu’à trois cas exceptionnels et précis [danger pour la vie de la femme enceinte, viol et non viabilité du fœtus], cette loi constituerait, si elle était finalement votée, une avancée vers la protection des droits des femmes au Chili. En l’absence de chiffres officiels, on estime qu’au moins 120 000 avortements sont pratiqués tous les ans, dans la clandestinité.
Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a annoncé vendredi 21 juillet geler tous les contacts avec Israël tant que les nouvelles mesures de sécurité mises en place par l’Etat hébreu autour de l’esplanade des Mosquées, à Jérusalem, ne seraient pas annulées. M. Abbas s’exprimait devant des journalistes à l’issue d’une journée d’affrontements entre manifestants palestiniens et forces israéliennes qui ont fait au moins trois morts et des centaines de blessés à Jérusalem-Est et en Cisjordanie occupée : « Au nom de la direction palestinienne, j’annonce […] un gel de tous les contacts avec l’Etat d’occupation à tous les niveaux, jusqu’à ce qu’Israël s’engage à annuler toutes les mesures contre notre peuple palestinien en général et à Jérusalem et dans la mosquée Al-Aqsa en particulier ». Les tensions sont allées crescendo depuis une semaine contre la mise en place de portiques de détection de métaux autour de l’esplanade des Mosquées, dans la vieille ville de Jérusalem. Depuis l’assassinat de deux policiers, le 14 juillet, par trois Arabes israéliens, de strictes mesures de sécurité ont été décrétées par la police israélienne à proximité de ce lieu saint.
Les rebelles syriens sont un peu plus seuls après que les Etats-Unis les ont définitivement lâchés. Il y a près d’un mois, Donald Trump a mis fin au programme de la CIA visant à armer les combattants anti-Assad, a révélé mercredi 19 juillet le Washington Post. Il s’agit d’une concession majeure à la Russie. Les sources qui ont parlé au journal soulignent que ce soutien n’avait plus de sens depuis l’intervention militaire en 2015 de Moscou aux côtés du président Bachar el-Assad. Celle-ci a définitivement fait basculer le conflit. Cette décision est tout sauf une surprise. La priorité des Etats-Unis est plus que jamais la lutte contre l’Etat islamique, qui vient d’être délogé de Mossoul dans le nord de l’Irak. En avril, Donald Trump s’en était pourtant directement pris au régime de Bachar el-Assad, en bombardant une base de l’armée syrienne en représailles à une attaque chimique sur une ville tenue par les rebelles dans le nord du pays. Ce coup de sang aura finalement été sans lendemain. « Il est désormais évident pour la plupart des dirigeants dans le monde que les efforts pour renverser Bachar el-Assad ont échoué », analyse Joshua Landis, directeur du Centre d’étude sur le Moyen-Orient à l’Université d’Oklahoma. La France, qui était l’un des derniers pays à réclamer le départ de Bachar el-Assad, s’est ravisée. Emmanuel Macron a en effet déclaré que la destitution du président syrien n’était plus « un préalable ».
Le Washington Post révèle vendredi que Donald Trump a souhaité se renseigner auprès de ses conseillers sur l’étendue de la grâce constitutionnelle du président américain. Il s’agirait de gracier toutes les personnes impliquées dans l’affaire russe en cas d’accusation, aussi bien conseillers, membres de sa famille que… lui-même. Aucun nom n’a été donné, mais les avocats de Trump en auraient aussi discuté entre eux. En pleine enquête sur la possible implication de Trump et de ses proches dans les soupçons d’ingérence russe dans la campagne présidentielle de 2016, l’équipe de Trump entend limiter voire saper l’enquête conduite par le procureur Robert Mueller. Un proche précise que les interrogations sur la capacité du président d’appliquer la grâce constitutionnelle à lui-même restent « purement théoriques ». Peu de temps après la publication du Washington Post, le porte-parole de l’équipe juridique de Donald Trump, Mark Corallo, a annoncé sa démission.
Le porte-parole de la Maison-Blanche Sean Spicer a présenté sa démission, selon les informations du New-York Times et l’agence Associated Press. Sa démission intervient juste après la nomination par Donald Trump de l’homme d’affaires Anthony Scaramucci au poste de directeur de la communication de la Maison blanche. Scaramucci, un partisan de longue date de Donald Trump, remplace Michael Dubke, qui a démissionné en mai dernier. Depuis lors, Sean Spicer occupait les deux fonctions de « press secretary » [porte-parole] et de directeur de la communication. Actuellement employé à l’Export-Import Bank, Anthony Scaramucci devrait commencer le mois prochain à son nouveau poste, précise-t-on de source gouvernementale. Fondateur de Skybridge Capital, il s’était déjà vu proposer le poste d’ambassadeur des Etats-Unis auprès de l’OCDE à Paris.
L’euro a grimpé, vendredi 21 juillet, à un plus haut de près de deux ans face au dollar, toujours porté par les propos de Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne [BCE] tandis que le billet vert pâtissait de son côté de nouveaux rebondissements à Washington. Vers 23 heures heure de Paris, vendredi, la devise européenne s’échangeait à 1,1663 dollar pour 1 euro — contre 1,1631 dollar pour 1 euro, jeudi à la même heure. Elle est même montée, vers 19 h 25, à 1,1683 dollar, son niveau le plus élevé depuis la fin août 2015. L’euro baissait en revanche face au yen, la devise nipponne, à 129,60 yens pour un euro contre 130,13 yens la veille. Le billet vert reculait également face à la monnaie japonaise, à 111,12 yens pour un dollar contre 111,88 yens jeudi soir.
Les « États généraux » inaugurés jeudi sont des États généraux « de l’alimentation » et non de l’agriculture. C’est une volonté de replacer la question dans son véritable contexte, celui d’une consommation où, bien sûr, le prix est central, mais aussi la manière dont les Français se nourrissent. Replacer ces données à l’intérieur d’une filière où la production agricole est, certes, la variable essentielle mais où elle n’est plus dans un face-à-face destructeur avec l’industrie agroalimentaire, comme le pot de terre face au pot de fer, c’est l’enjeu essentiel. Grâce à l’intimidation, souvent au moyen de pratiques illégales, les quatre centrales d’achat de la grande distribution profitent en effet d’un rapport de force disproportionné dans leurs négociations avec les producteurs. Résultat : en trois ans les revenus des exploitants ont chuté de 51 %, un agriculteur sur trois gagnant moins de 350 euros ! Les travaux de la conférence continueront jusqu’à mi-novembre, au travers de quatorze ateliers. Avec au sommet de la pyramide, un atelier transversal, où la discussion sera féroce, qui doit discuter de la répartition des cinq milliards d’euros du plan de modernisation de l’agriculture promis durant la campagne présidentielle.
Alors que les députés sont déjà au travail à l’Assemblée, le Conseil constitutionnel examine les recours contre l’élection de certains d’entre eux. Ce vendredi les Sages ont commencé à rendre public leurs premières décisions, dont trois concernent les Bouches-du-Rhône. Ainsi, des recours contre l’élection de Pierre Dharréville [PCF] dans la 13e circonscription et celle d’Éric Diard [LR] dans la 12e ont été tous deux rejetés. Un troisième recours, qui visait trois circonscriptions à la fois, la 10e, la 11e et la 12e, a connu le même sort.
Une délégation, composée notamment du député Jean-Luc Mélenchon et de membres d’un collectif de riverains a été reçue ce vendredi matin par la ministre de la Culture Françoise Nyssen au sujet des vestiges grecs du boulevard de la Corderie à Marseille. Bien que le projet immobilier contesté soit maintenu, comme l’avaient décidé les services régionaux de l’État, la ministre a informé la délégation qu’une partie du site allait être classé, a révélé ce vendredi La Provence. « Elle a confirmé la préservation de 600 mètres carrés du site, avec une servitude de passage, précise Sandrine Rollengo, riveraine membre de la délégation. Un couloir de passage à travers la résidence qui va, de fait, gêner les plans de construction de l’immeuble tels qu’ils sont prévus à ce stade. Françoise Nyssen a aussi plaidé pour « qu’il y ait une médiation culturelle en direction des scolaires » autour des vestiges.
Frédéric Chevalier, le président fondateur de thecamp a été victime vendredi 21 juillet dans l’après-midi d’un accident de la route au volant de sa moto sur une route de Cabriès [13], à deux pas du plateau de l’Arbois où il construisait son campus d’innovation. A 52 ans, ce chef d’entreprise à succès qui avait lancé High Co dans les années 90, était depuis quelques années porteur d’un projet emblématique de la French Tech provençale, un campus à l’américaine : thecamp, emblème du territoire qui s’apprête à ouvrir ses portes en septembre prochain. Il avait su convaincre de nombreux investisseurs privés et publics de le suivre dans son aventure. Le site dessiné par l’architecte Corinne Vezzoni, avec laquelle il échangeait régulièrement sur l’évolution du projet, était devenu en l’espace de quelques mois l’un des lieux les plus attractifs de la métropole Aix Marseille Provence.
À l’automne 2017, « The Camp », nouveau campus d’innovation numérique unique en Europe, va ouvrir ses portes au sud d’Aix en Provence. Tout comme la « Singularity University » de la Silicon Valley, il regroupe sur un même lieu, entreprises, recherche et formation. Avec toutefois des particularités qui lui sont propres. Tout comme sur le campus de la Silicon Valley, le but est de faire de The Camp un écosystème qui mêle le public et le privé. Et, dans ce dernier, autant des grandes entreprises que des entreprises de tailles intermédiaires [ETI] ou que des startups, peu importe leur phase de maturité. « Les écosystèmes les plus efficients sont ceux qui sont transculturels et transgénérationnels. Il faut casser le système de silos qui existe en France et au contraire créer une transversalité », met en avant Frédéric Chevalier. Le chantier avait été lancé en juillet 2015 par celui qui était encore à l’époque ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique, Emmanuel Macron. L’inauguration du projet, prévue à l’autonome, pourrait, elle aussi, se faire en présence du nouveau Président de la République.
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