[478] Une magnifique désolation

Mathieu Grizard
Jul 25, 2017 · 15 min read
Les régions colorées contiennent plus d’eau que celles en gris. Les zones en jaune et orange sont celles qui contiennent le plus d’eau | Photo Université Brown/Milliken lab

Les futurs explorateurs pourront-ils se désaltérer avec de l’eau de lune ? Selon des travaux publiés ce lundi 24 juillet dans la revue Nature géosciences, les profondeurs de l’astre seraient étonnamment riches en eau. « Nous avons trouvé la signature de l’eau partout dans les profondeurs de la Lune en utilisant des données satellitaires », explique à l’AFP Shuai Li de l’université Brown à Providence aux Etats-unis et coauteur de l’étude. Pendant longtemps, on a perçu la Lune comme un astre aride, d’ « une magnifique désolation » ou encore « complétement sèche ». Mais la présence d’eau sur l’astre ne fait maintenant plus débat. En 2008 déjà, des chercheurs avaient trouvé des molécules d’eau à l’intérieur de magma ramené par des astronautes des missions Apollo. « Restait à savoir si ces échantillons reflétaient les conditions générales des entrailles de la Lune ou représentaient plutôt des régions riches en eau exceptionnelles, anormales dans un manteau sec », note Ralph Milliken, également de l’université Brown à Providence et coauteur de l’étude. Selon l’étude, les gisements contiennent peu d’eau [moins de 0,05%], mais ils sont énormes, pouvant atteindre jusqu’à 1.000 km2. L’astre serait donc finalement « étonnamment riche en eau », selon les chercheurs.

Plusieurs mouvements écologistes ont accusé lundi le président brésilien Michel Temer de prendre des mesures qui menacent la forêt amazonienne pour s’assurer le soutien du puissant lobby de l’agro-business au Parlement face à des accusations de corruption. Le chef de l’État a notamment mis en place récemment un programme qui prévoit de régulariser l’occupation illégale de terres dans de vastes zones de protection environnementale. Pour les écologistes, cette mesure pourrait stimuler la déforestation, aussi favorisée par des projets de loi visant à rabaisser le niveau de protection de sanctuaires naturels. M. Temer est aussi critiqué pour avoir donné son aval au gel de la cession de titres de propriété destinés à des Indiens d’Amazonie et de descendants d’esclaves venus d’Afrique. « Nous faisons face à une offensive du lobby de l’agro-business au Parlement », explique à l’AFP Elis Araujo, chercheuse à l’Institut de l’Homme et de l’Environnement en Amazonie [Imazon]. « Ce lobby tente de réduire le niveau de protection de nombreux territoires et de dresser des obstacles à la reconnaissance de territoires pour les communautés traditionnelles. Ils ont beaucoup d’influence au gouvernement », déplore-t-elle. Pour Mme Araujo, la protection de l’environnement est devenue « une monnaie d’échange ». Premier président brésilien en exercice mis en accusation pour corruption, M. Temer se livre depuis plus d’un mois à d’intenses tractations politiques pour sauver son mandat.

L’« affaire russe » rebondit cette semaine, avec, cette fois, l’audition devant le Congrès de membres de la famille Trump. Lundi, c’est à huis clos que le discret mais omniprésent gendre du président américain a été interrogé par les sénateurs de la Commission du renseignement sur ses connexions russes. Il le sera de nouveau ce mardi par des membres de la Chambre des représentants. Mercredi, les regards se tourneront vers le fils aîné, Donald Jr. Trump, au cœur d’une tempête en raison d’une curieuse rencontre avec une avocate russe à laquelle Jared Kushner a également participé. Donald Trump Jr. est de son côté toujours en « négociation » pour son audition de mercredi. Elle pourrait aussi se tenir à huis clos. Un manque de transparence propice à alimenter toutes sortes de spéculations dans une affaire déjà bien complexe. Ces auditions tombent alors qu’un fort vent de tempête souffle sur la Maison-Blanche, en lien avec les accusations d’interférence russe dans la présidentielle américaine. Le porte-parole de Donald Trump a décidé vendredi de claquer la porte, et le président américain, gêné par l’enquête menée par l’ex-patron du FBI Robert Mueller, montre des signes de nervosité en mettant de l’ordre dans son équipe d’avocats.

Les sénateurs américains devraient voter le mardi 25 juillet pour décider d’ouvrir ou non les débats sur l’abrogation de la réforme du système de santé de Barack Obama, longtemps promise par les républicains. Mais le vote risque d’échouer. Mettant son poids dans la balance, le président Donald Trump a une nouvelle fois reçu lundi à la Maison Blanche une vingtaine de « victimes » d’Obamacare, et a énuméré les conséquences néfastes, selon lui : augmentation des primes d’assurance… Obamacare, a-t-il dit, c’est « la mort ». Il s’en est surtout pris clairement aux sénateurs de son camp qui s’opposent au projet car ils le trouvent trop dur, en raison des coupes budgétaires qui affecteraient des millions d’Américains pauvres. Le dirigeant cajole et menace à la fois ses alliés du Congrès pour les forcer à voter pour remplacer Obamacare par une réforme « républicaine ». Il a laissé entendre que les rebelles pourraient subir des représailles politiques au moment de leur réélection.

Le « magnifique grand mur » promis par Donald Trump verra-t-il vraiment le jour ? « J’en doute, répond Everard Meade, directeur du Trans Border Institute à l’université de San Diego. C’est d’abord une question d’argent. Or, le budget demandé par la Maison-Blanche, qui doit encore être validé par le Congrès, en dit long sur le sérieux des intentions du président ». Ainsi, pour l’année fiscale qui commencera en octobre, une enveloppe de 1,6 milliard de dollars [1,37 milliard d’euros] est prévue… Alors que les estimations prudentes dépassent 25 milliards de dollars [21,4 milliards d’euros]. « Ce qui figure dans le budget est la construction, au Texas, de 55 kilomètres de mur et 60 de digue, le long du Rio Grande, et d’une vingtaine de kilomètres de clôture à San Diego », poursuit Everard Meade. Ce qui fait peu pour une frontière de 3 200 kilomètres… Le paradoxe est que Donald Trump a replacé l’immigration au centre des débats alors que la tendance à la baisse du passage des clandestins ne cesse de se confirmer. « Les appréhensions à la frontière l’an passé, autour de 416 000, sont quatre fois moins importantes qu’au début des années 1990 et au début des années 2000, analyse Everard Meade. Nous sommes retombés au niveau des années 1970. Le renforcement des contrôles est l’une des causes, mais pas la principale, de la chute de l’émigration mexicaine. L’amélioration de la situation économique au Mexique et le vieillissement de la population sont des facteurs bien plus importants ».

Le gouvernement israélien a décidé de cesser d’utiliser des détecteurs de métaux aux entrées de l’esplanade des Mosquées à Jérusalem, a annoncé mardi dans un communiqué le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Le cabinet de sécurité israélien a accepté « la recommandation de tous les organismes de sécurité de remplacer l’inspection au moyen de détecteurs de métaux par une inspection de sécurité basée sur des technologies avancées et sur d’autres moyens », déclare le communiqué. Lorsque la nouvelle de cette décision a commencé à se répandre, quelques centaines de Palestiniens se sont rassemblés pour la célébrer près d’une des entrées de l’esplanade des Mosquées. Ce site, troisième lieu saint de l’islam, est aussi le lieu le plus sacré pour les juifs, qui l’appellent Mont du Temple. Un des Palestiniens présents a tiré un feu d’artifice, ce qui a déclenché une intervention de la police israélienne qui a dispersé le rassemblement avec des grenades assourdissantes. Les autorités israéliennes avaient installé des détecteurs de métaux aux entrées de l’esplanade à la suite de l’assassinat le 14 juillet de deux policiers israéliens par trois Arabes israéliens. La décision d’enlever les détecteurs de métaux intervient après des discussions entre M. Netanyahu et le roi Abdallah II de Jordanie. La Jordanie est le gardien officiel des lieux saints musulmans de Jérusalem.

Rien ne semble avoir changé à Doha. Les gratte-ciels de la capitale qatarie défient toujours l’horizon brumeux. Pourtant l’émirat aux ambitions globales mais coincé sur sa petite péninsule vit la pire crise de son histoire. Sept semaines que ses voisins du Golfe l’ont placé sous embargo. L’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte l’accusent de soutien au terrorisme, d’accointances avec les Frères musulmans et de complaisance avec l’ennemi iranien. Ils réclament pêle-mêle la rupture avec Téhéran, le démantèlement d’une base turque ou encore la fermeture de l’emblématique chaîne Al-Jazira, basée à Doha. Lundi, le Qatar déroulait le tapis rouge au président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a exigé la levée de l’embargo comme préalable à toute négociation. Durant le week-end, il a livré le même message à l’Arabie saoudite. Dès le début de la crise, la Turquie est venue au secours du Qatar en acheminant des milliers de tonnes de denrées alimentaires par avion. Les deux pays ont un autre point commun : leur soutien aux Frères musulmans, bêtes noires des monarchies du Golfe et de l’armée égyptienne, laquelle a renversé en 2013 le président Mohamed Morsi, issu de la confrérie.

Le 24 juillet 1908, l’abolition de la censure, premier acte de la mise en place de la monarchie parlementaire sous l’Empire ottoman avait été célébrée à l’époque par les journalistes turcs. Ce lundi 24 juillet 2017, s’est ouvert à Istanbul le procès de dix-sept journalistes et collaborateurs du quotidien Cumhuriyet, l’un des derniers organes de presse indépendants du pays. Une foule immense s’est rassemblée devant le tribunal d’Istanbul pour accueillir les accusés par des applaudissements, des ballons multicolores et des pancartes. « Le journalisme n’est pas un crime » ou «la presse libre ne peut être réduite au silence », pouvait-on lire notamment. Plusieurs journalistes du quotidien, créé en 1924, ont rejeté lundi les accusations « imaginaires et calomnieuses » d’activités « terroristes » pesant contre eux. « Cumhuriyet n’a pas peur, ne se rendra pas, n’abandonnera pas », a déclaré au tribunal le patron du journal Akin Atalay, qui fait partie des accusés. « L’indépendance et la liberté sont l’ADN de ce journal », a-t-il ajouté. Parmi les accusés, onze sont en détention préventive, la plupart depuis près de neuf mois. Depuis l’arrestation de ses piliers, le journal laisse systématiquement un encart vierge là où auraient dû paraître les textes de ses chroniqueurs écroués, comme l’éminent chroniqueur francophone Kadri Gürsel.

Des manifestations dans tout le pays et la pression de la Commission européenne ont eu raison de lois affaiblissant la séparation des pouvoirs en Pologne. Bien que proche de l’équipe au pouvoir, le président polonais Andrzej Duda a choisi lundi 24 juillet de mettre son veto à deux des trois lois qui avaient été adoptées en Pologne. Elles menaçaient l’indépendance de la justice. Il faudra désormais que les conservateurs de Droit et Justice [PiS] trouvent une majorité des 3/5 — dont ils ne disposent pas au Parlement — pour passer outre. Ce coup d’arrêt, jugé encore la veille très improbable, a été à l’évidence possible sous l’effet de deux pressions simultanées. Aucune n’était a priori suffisante. Mais chacune était nécessaire. Des dizaines de milliers de Polonais avaient manifesté dans tout le pays dès jeudi dernier pour dénoncer un « coup d’État ». À Gdansk, Lech Walesa avait rejoint samedi le mouvement. La Commission européenne avait, elle, sommé mercredi Varsovie de « mettre en suspens » ces réformes en brandissant la menace de sanctions lourdes, telle qu’une suspension des droits de vote de la Pologne. Ce scénario qui impose une unanimité européenne était en fait bien improbable : Jaroslaw Kaczynski, président du PiS, pouvait compter sur le soutien du premier ministre hongrois, Viktor Orban. Cette mise en garde européenne marque pourtant une volonté croissante d’en finir avec certaines dérives au sein de l’UE : des pays membres prennent beaucoup de libertés avec les valeurs communes, tout en prétendant conserver les avantages liés à l’adhésion. Le message a été entendu à Varsovie parce qu’il a été puissamment relayé par la société polonaise. L’Europe sans le soutien des peuples qui la composent ne peut pas grand-chose.

Le 20 juillet 2017 a marqué en France le coup d’envoi des États généraux de l’alimentation. Au même moment, outre-Manche, se jouent les négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, et notamment en ce qui concerne l’alimentation. L’enjeu est crucial, alertent trois chercheurs des Universités de Londres, Cardiff et du Sussex dans un rapport de 88 pages intitulé « A Food Brexit : time to get real ». Les conséquences de « l’isolement alimentaire » lié à un Brexit mal négocié par l’équipe de Theresa May pourraient être critiques pour la population. Car le Royaume-Uni importe beaucoup de nourriture, notamment depuis les autres pays de l’Union européenne. Certes, sans l’Union européenne, il est possible d’importer de la nourriture ailleurs. Les États-Unis sont bien sûr une piste envisageable. Avec sa « junk food », son « bœuf aux hormones » [interdit dans l’Union européenne], du lait produit par des vaches dopées à l’hormone bovine de croissance commercialisée par Monsanto [interdit dans l’Union européenne], détaillent les chercheurs. En cas de contamination virale ou bactérienne, plus rien interdira les agriculteurs de désinfecter les volailles avec du chlore. Plus rien n’obligera les importateurs britanniques à étiqueter les produits contenant des organismes génétiquement modifiés, comme l’exige l’Union européenne.

Optimiste pour la zone euro et d’autres pays comme la Chine et le Japon, le Fonds monétaire international [FMI] s’est montré plus pessimiste sur l’impact de la croissance mondiale aux États-Unis et en Grande-Bretagne. Dans une actualisation de ses chiffres publiés en avril, « la reprise de la croissance mondiale annoncée [en avril] suit son cours comme prévu : la production mondiale devrait enregistrer une croissance de 3,5 % en 2017 puis de 3,6 % en 2018. Ces projections inchangées masquent toutefois des différences entre pays. Aux États-Unis, la croissance devrait être inférieure aux prévisions d’avril, en partant essentiellement de l’hypothèse que la politique budgétaire sera moins expansionniste que prévu », explique l’institution économique internationale. En conséquence, les chiffres pour les États-Unis ont été révisés à 2,1 % cette année et en 2018 contre respectivement 2,3 % et 2,5 % envisagés au printemps, bien en-deçà des 3 % visés par le gouvernement de Donald Trump. En Grande-Bretagne, la croissance devrait également ralentir à 1,7 % [- 0,3 point par rapport à avril] cette année, « en raison d’une activité plus faible que prévu au premier trimestre », même si elle devrait se maintenir à 1,5 % l’an prochain. « En revanche, les prévisions pour 2017 ont été révisées à la hausse dans beaucoup de pays de la zone euro, dont l’Allemagne, l’Espagne, la France et l’Italie, où la croissance au premier trimestre 2017 a généralement dépassé les attentes » grâce à une demande intérieure « plus vigoureuse que prévu », souligne le FMI.

Louis Gallois, le président de la Fédération des acteurs de la solidarité — qui regroupe 850 associations et organismes d’aide aux plus démunis –, se dit « préoccupé » par le silence du gouvernement quant à la lutte contre la pauvreté. Il faut « qu’il sorte de son silence et dise quelle est sa politique pour lutter contre la pauvreté. Cela fait deux mois qu’il est installé et nous ne savons toujours rien dans ce domaine : c’est un motif d’inquiétude. Je rappelle qu’en France 8,7 millions de ménages vivent sous le seuil de pauvreté [1 008 euros par mois et par unité de consommation], un million de plus qu’en 2008 ».

Dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron, publiée ce samedi sur Mediapart, le cinéaste Laurent Cantet fait part de son « profond écoeurement » sur le sort réservé aux migrants, après une tentative de suicide en rétention. « En 2015, sous François Hollande, la France s’était engagée à accueillir près de 30 000 demandeurs d’asile d’ici sur son sol à 2017. Mais on serait encore loin du compte. L’Hexagone a accueilli près de 5 940 réfugiés selon les chiffres de la Commission européenne datant de juillet 2017 ». Laurent Cantet rappelle le président de la République à ses récentes déclarations. Le 22 juin dernier, Emmanuel Macron en appelait « à la plus grande humanité » dans la gestion des migrants et avait assuré que la réforme du droit d’asile faisait partie des « priorités du travail gouvernemental », après les critiques renouvelées par le Défenseur des droits Jacques Toubon au sujet du site de Calais. Le lendemain, le chef de l’État jugeait depuis Bruxelles que « nous devons accueillir des réfugiés, car c’est notre tradition et notre honneur ».

Selon l’association Roya Citoyenne, « cent demandeurs d’asile ont été interpellés en gare de Cannes et transférés à la Police de l’Air et des Frontières [PAF] de Menton. Il est à craindre une fois de plus une reconduction illicite en Italie. Merci à celles et ceux qui le peuvent de se rendre à la PAF de Menton. NB : Les demandeurs d’asile ont le droit de déposer leur demande dans la Plateforme d’Accueil des Demandeurs d’Asile [PADA] de leur choix ; de plus en plus de demandeurs d’asile, dont le dossier est en cours, dorment dehors à Nice, y compris de nombreuses familles avec enfants. D’où le choix de beaucoup d’entre eux de partir vers des départements potentiellement plus respectueux du droit et de la dignité humaine ».

Depuis ce lundi 18 heures, Cédric Herrou, l’agriculteur de Breil-sur-Roya et figure symbolique de l’association Roya Citoyenne qui vient en aide aux migrants, a été interpellé et placé en garde à vue au commissariat de Cannes. C’est la sixième fois qu’il est placé en garde à vue, selon son avocat Maître Zia Oloumi. Plus de 200 migrants — des Soudanais, Érythréens, Somaliens et Tchadiens — ont rejoint Nice ce lundi matin pour se rendre à la Plateforme d’Accueil des Demandeurs d’Asile [Pada] où ils devaient faire une demande d’asile. Trop nombreux en gare ferroviaire de Breil-sur-Roya ce lundi matin, le groupe a dû se scinder en deux pour pouvoir prendre le train et rejoindre la Plateforme d’aide aux demandeurs d’asiles, boulevard Grosso, à Nice. Les frais de transport, à hauteur de 1.000 euros, ont été pris en charge par les membres de Roya Citoyenne. L’association qui vient en aide aux migrants était accompagnée par José Bové, l’eurodéputé écologiste, en visite dans la vallée de la Roya depuis ce samedi. De son côté, le Maire de Nice, président de la Métropole Nice Côte d’Azur et Président délégué de la Région Provence Alpes Côte d’Azur, dans un communiqué, a dénoncé [les] « provocations inadmissibles et [les] opérations coups de force » de Cédric Herrou, et a demandé au Préfet des Alpes Maritimes « de prendre des mesures suite aux occupations, par des migrants, des parcs et espaces publics [du] département », saluant l’intervention de la police municipale de Nice qui a fermé temporairement l’accès au jardin public de la promenade du Paillon.

« Le 2 février 2017, à l’occasion des assises régionales des transports, le Président [pas encore délégué] du Conseil régional Provence Alpes Côte d’Azur a indiqué que quatre axes, Aix-Pertuis, Avignon-Orange, Tende-Breil et Gap-Briançon, sont concernés par des études en vue d’un éventuel transfert du train vers le car. Il a consacré l’essentiel de son intervention contre la SNCF mais sans aucune proposition visant à apporter des solutions immédiates pour améliorer les conditions de transport des usagers ». Une pétition est en ligne pour demander au [nouveau] Président de la Région de ne pas remplacer les trains par des cars, et d’opter pour la complémentarité !
Elle a reçu à ce jour près de 7000 signatures. « S’il est vrai que la région PACA a la plus mauvaise qualité et fiabilité de France, ce n’est pas en déclarant la guerre aux salariés et aux cadres de la SNCF que la situation va changer ». « Il n’est pas acceptable de réduire le nombre des trains régionaux ou d’envisager de fermer certaines lignes ferroviaires, sur lesquelles de lourds investissements d’infrastructure ont été faits ou vont l’être pour faire des économies au profit d’autres politiques régionales ».

Les formations qui se rassemblent sous le sigle du Parti de la Gauche Européenne [PGE] au parlement européen vont tenir un forum d’un nouveau genre en novembre à Marseille. C’est ce qu’annonce l’envoyé spécial de La Marseillaise, à Budapest, dans le cadre des universités d’été que le parti organise en Hongrie. Les 10 et 11 novembre, ces partis devraient plancher sur la convergence des luttes. Pour Anne Sabourin du PCF, interrogée par la Marseillaise il s’agit de « sortir des logiques événementielles qui consistent à se réunir et débattre avant de rentrer chacun chez soi sans que nos échanges n’aient de conséquences sur nos actions ». Ces deux jours de forum devraient avoir lieu au Dock des suds, avec une dimension culturelle. D’autres formations de gauche, notamment écologistes et des syndicats devraient être invités à plancher.

Après une dizaine d’années de « calme », avec des étés à quelques centaines d’hectares consumés — un minimum de 48 en 2008 et un maximum de 1100 ha en 2010, dont un seul avait brûlé plus de 900 hectares -, les grands feux sont de retour. « Ce sont ces années de calme qui étaient anormales, pas celles que l’on vit ! », lâche d’emblée le commandant Michel Maufroy, chef du groupement feux de forêt et risques naturels du SDIS 13. « Depuis deux-trois ans, on a des hivers et des printemps beaucoup moins pluvieux du coup beaucoup de végétation meurt sur pied, ce qui représente un combustible énorme. D’autre part, on a eu pendant cette dizaine d’années moins de périodes de vent établi. On a à peu près le même nombre de départs de feu [entre 200 et 350 environ, NDLR] mais leur éclosion est donc beaucoup plus rapide et plus virulente ». Le colonel Grégory Allione, patron du SDIS 13, d’ajouter : « À ces conditions clémentes, il faut aussi intégrer le fait que notre région est toujours plus peuplée, que les routes se multiplient, que les touristes viennent en masse, et, comme 95 % des feux ont une cause humaine, dont 70 % de nature accidentelle, tout cela est logique », assure-t-il.

Ce mardi 25 juillet, le mistral continue de souffler.

Bonne journée

Mathieu Grizard

Matinale en Provence, 24h ici et ailleurs / Every morning, a few words from Provence, 24h here and there

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