[492] Une mémoire d’éléphant

Claude Monet | Nymphéas [CII]

Quarante-et-un tableaux de Claude Monet, dont des nymphéas, seront exposés dès juin 2018 au Musée de la Mer et de la Marine, actuellement en construction quartier des Bassins à Flots à Bordeaux. Cette exposition temporaire, montée avec le Musée Marmottan à Paris, marquera l’ouverture de ce musée privé, financé par le promoteur Norbert Fradin. Ce sera un des grands rendez-vous culturels de l’année 2018 à Bordeaux.

Selon les premières tendances obtenues par « Le Temps », les glaciers ont perdu deux mètres d’épaisseur en moyenne ces douze derniers mois. Ce n’est pas le record, mais c’est une année extrême : ils n’avaient pas autant souffert depuis 2003. Les données de MétéoSuisse montrent que la Suisse a vécu le troisième printemps et le troisième été les plus chauds depuis le début des mesures, en 1864. Les glaciers des Alpes ont d’autant plus souffert de ces chaleurs que l’enneigement hivernal avait été timide. Selon l’Institut WSL pour l’étude de la neige et des avalanches SLF, l’hiver dernier a été l’un des moins enneigés de ces 150 dernières années, et la durée du manteau neigeux continu a même été la plus courte jamais enregistrée. De nombreux modèles climatiques prédisent que ces conditions extrêmes seront bientôt banales.

Les éléphants d’Afrique, animaux diurnes, ont appris à se déplacer et à se nourrir la nuit, pour mieux se cacher le jour et échapper ainsi à l’attention des braconniers dans les zones où ceux-ci sévissent particulièrement, révèle une étude. L’an dernier, ce type de comportement avait pu être observé sur un éléphant baptisé Morgan, équipé d’un collier GPS, qui s’était mis en tête de traverser une région très risquée, souligne l’organisation de protection des animaux Save The Elephants et l’Université de Twente [Pays-Bas] dans un communiqué publié mercredi. Ce mâle solitaire avait quitté la région côtière du sud-est du Kenya pour aller jusqu’en Somalie. Pour traverser cette zone très périlleuse pour les éléphants, il avait adopté une stratégie de survie en marchant essentiellement la nuit et en se dissimulant au milieu des arbustes le jour.

Grâce à des archives inédites, un chercheur sud-africain raconte comment des agents du pouvoir raciste installés à Paris ont pu acheter illégalement des armes avec l’aide des services français. La compagnie Thomson-CSF [devenue Thales] a été l’un des principaux bénéficiaires. Construite en 1974, l’ambassade sud-africaine à Paris fait face à la Seine et n’est qu’à trois rues du ministère français des Affaires étrangères. Le bâtiment fait dix étages et compte trois niveaux en sous-sol organisés autour de grands et coûteux panneaux de marbre noir et blanc. Ce n’était pas une ambassade ordinaire. De la fin des années 1970 au début des années 1990, l’un des plus grands secrets de Pretoria y était gardé — un bureau clandestin où travaillaient près d’une trentaine de représentants d’Armscor, l’organisme public sud-africain chargé des programmes d’armements. Leur mission était d’acheter des armes auprès d’entreprises d’armement et d’intermédiaires venus de toute l’Europe occidentale — du matériel qui alimentait la machine de guerre de l’apartheid. Tout au long des années 1970 et 1980, les allées et venues de ces agents à l’ambassade étaient parfaitement connues des services français du renseignement. Certains d’entre eux disposaient même de passeports diplomatiques.

Un conflit maritime pourrait, demain, embraser l’Extrême-Orient déjà secoué par la crise Coréenne. Pécheurs arraisonnés, embuscades en haute mer, constructions sauvages d’aérodromes et de bases militaires sur ces rochers perdus… Dans les lointaines îles Paracels et Spratleys aux fonds riches en ressources, Vietnamiens et Chinois se livrent une dangereuse guerre de l’ombre. En refusant, en juillet 2016, de respecter le jugement du Tribunal permanent d’arbitrage de La Haye [Pays-Bas] qui a donné raison aux Philippines contre ses prétentions historiques sur les îles disputées, la République populaire de Chine s’est affranchie du droit international, preuve que l’heure n’est plus aux escarmouches cachées. Aux abords des Paracels comme des Spratleys, le redoutable chassé-croisé naval se déroule désormais au grand jour, à coups de constructions militaires sur les récifs, de survols menaçants d’hélicoptères, et d’expéditions punitives contre les bateaux de pêche en provenance des autres pays d’Asie du Sud-Est qui revendiquent ces rochers aux fonds marins richement dotés.

Une musulmane issue de la minorité malaise est devenue, ce mercredi, la première femme présidente de Singapour, un événement assombri par des critiques sur son accession, sans élection, à ce poste largement honorifique. Halimah Yacob, ancienne présidente du Parlement où elle était déjà la première femme à occuper ce poste, a accédé automatiquement à la fonction suprême après que deux rivaux eurent été éliminés car ils ne remplissaient pas tous les critères requis, selon les autorités. L’un des critères prévoit que les candidats venant du secteur privé doivent justifier de trois ans de travail à la tête d’une entreprise dotée d’un capital d’au moins 500 millions de dollars singapouriens [310 millions d’euros], ce qui n’était le cas d’aucun des deux rivaux. Halimah Yacob, mère de 5 enfants, sera investie jeudi pour un mandat de six ans.

Deux semaines après les premières arrivées de Rohingya dans le sud du Bangladesh, sur l’autre rive de la rivière Naf — qui sépare le Bangladesh de la Birmanie –, le doute n’est guère permis : les Rohingya n’affrontent pas une persécution supplémentaire, un énième épisode dans la longue série de cataclysmes meurtriers ayant marqué l’histoire tragique de cette communauté musulmane de l’Arakan [appelé par les autorités birmanes Etat de Rakhine]. Cette fois, les Rohingya birmans sont la cible d’une campagne de déportation systématique, dont l’objectif semble être qu’elle soit totale et définitive. Une fin de leur monde. « Partez ! » « Vous avez une minute pour quitter le village ! » « Vous devez tous partir ! » « Partez ou vous allez tous mourir ! » Ce sont les ordres donnés par l’armée birmane aux plus chanceux des Rohingya, ceux qui ont eu droit à des paroles avant les tirs…

L’ONU a réuni ce mercredi son Conseil de sécurité afin de discuter, à huis clos, de la crise des Rohingyas, qui continuent d’affluer par milliers vers le Bangladesh, où plus de 370.000 personnes sont arrivées depuis fin août pour fuir les violences en Birmanie. A la frontière entre la Birmanie et le Bangladesh, pendant que le dossier des Rohingyas prenait de l’ampleur au niveau diplomatique, la crise humanitaire s’aggravait. Le haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, avait évoqué lundi « un exemple classique de nettoyage ethnique ». La dirigeante birmane et prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi est très critiquée pour sa retenue sur ce sujet mais reste fortement soutenue dans son propre pays. D’autres prix Nobel de la paix, Malala Yousafzai et l’archevêque sud-africain Desmond Tutu puis le dalaï-lama, admiré par Aung San Suu Kyi, l’ont appelée à intervenir. Mais la dirigeante birmane vient d’annuler un déplacement à l’Assemblée générale de l’ONU, a annoncé ce mercredi son porte-parole. « La conseillère d’Etat n’assistera pas à l’assemblée générale de l’ONU » fin septembre, a déclaré à l’AFP Zaw Htay, son porte-parole, à quelques heures de la réunion du Conseil de sécurité sur cette crise.

La Corée du Nord a promis mercredi d’accélérer ses programmes militaires interdits en réponse aux sanctions « maléfiques » imposées par le Conseil de sécurité de l’ONU à la suite de son sixième essai nucléaire. « L’adoption d’une autre ‘résolution sur des sanctions’ illégale et maléfique pilotée par les États-Unis permet à la RPDC de vérifier que la route qu’elle a choisi de prendre est absolument la bonne », a indiqué le ministère nord-coréen des Affaires étrangères dans un communiqué publié par l’agence officielle KCNA qui cite les initiales du nom officiel du régime, la République populaire et démocratique de Corée. « La RPDC redoublera d’efforts pour augmenter sa force afin de protéger la souveraineté du pays et son droit à l’existence », a ajouté le ministère. Le Conseil de sécurité a voté à l’unanimité lundi un huitième train de sanctions pour pousser Pyongyang à renoncer à ses programmes balistique et nucléaire interdits. Le ministère nord-coréen des Affaires étrangères a décrit la résolution comme « une provocation haineuse visant à priver la RPDC de ses droits légitimes à l’autodéfense et à étouffer son État et sa population au moyen d’un blocus économique total ».

Le Royaume-Uni ferme s’apprête à quitter le marché unique mais continue de faire ses courses chez ses voisins européens. C’est ainsi que l’un des symboles de l’excellence agro-alimentaire italienne, le vinaigre balsamique de Modène, tombe dans le panier de l’Associated British Food. Il y côtoiera un autre symbole, mais Made in UK cette fois : les non moins célèbres thés Twinings. Le groupe international britannique, présent dans 50 pays avec 130.000 salariés, réalise plus de 13 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Il a mis sur la table 300 millions d’euros pour racheter le consortium Acetum détenu par Clessidra.

Le Parlement européen a voté ce mercredi 163 septembre [543/100/43] pour une objection à une proposition de la Commission européenne visant à alléger les contrôles sur l’importation de denrées alimentaires et d’aliments pour animaux en provenance de zones proches de Fukushima. Cette objection avait été déposée par Michèle Rivasi en juillet 2017 avec le soutien de ses collégues Sirpa Pietikäinen [EPP], Christel Schaldemose [S&D], Frederique Ries [ALDE]], Lynn Boylan [GUE] et Piernicola Pedicini [EFDD]. Pour Michèle Rivasi, « Le vote d’aujourd’hui est une victoire. Le Parlement européen a fait entendre sa voix en s’opposant à la proposition de la Commission européenne prévoyant de réduire tant le nombre de municipalités que d’aliments soumis aux contrôles de contamination radioactive ».

Et de sept. Cédric Herrou, agriculteur de la vallée de la Roya connu pour son action en faveur des migrants, est une nouvelle fois en garde à vue. Il s’est rendu [mardi] matin à une convocation de la police à Breil-sur-Roya pour être entendu. Après avoir été transféré à la police de l’air et des frontières de Menton, il a été placé à la caserne Auvare à Nice. Sa garde à vue a été prolongée de 24 heures. Selon son avocat, maître Zia Ouloumi, il fait l’objet d’une plainte pour « violences aggravées et séquestration » de la part d’un homme actuellement en détention. Toujours selon son avocat, il s’agirait du passeur professionnel condamné à 8 mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Nice, étranger lui-même en situation irrégulière. Cédric Herrou avait dénoncé son activité et s’était constitué partie civile. Une nouvelle perquisition a eu lieu à son domicile de Breil. La garde à vue de Cédric Herrou a été levée mercredi en milieu d’après midi. Elle aura duré plus de 30 heures.

Chacun ses combats. La députée LR des Bouches-du-Rhône Valérie Boyer a choisi de partir en guerre, lundi, contre la disparition des croix orthodoxes sur les églises représentées sur les paquets de yaourts à la grecque de la marque « Carrefour », et a dévoilé sur son compte Twitter le courrier incendiaire adressé au PDG du groupe Alexandre Bompard. « Permettez-moi de vous adresser ce courrier pour vous manifester mon étonnement suite à la disparition des croix chrétiennes sur certains produits de la marque Carrefour, notamment sur les paquets de yaourts brassés à la grecque », écrit l’ex-fillonniste. « En effet, il est étonnant de voir qu’à l’image de Nestlé, Lidl ou Danone, vous avez fait disparaître les croix des deux coupoles de l’Anastasis de l’église grecque orthodoxe du village d’Oïa dans l’île de Santorin en Grèce ». Sur une page et demie, la députée effectue un rappel historico-conceptuel sur la place du christianisme dans le socle culturel de la nation française. « Votre démarche renforce le christianomépris [sic] et donne raison à celles et ceux qui cherchent à supprimer les croix à l’entrée de nos cimetières », menace Valérie Boyer.

Laurent Wauquiez, pourtant toujours enclin à dénoncer l’ « assistanat » — ce « cancer de la société française » — conserve son poste au Conseil d’Etat et cumule les points de retraite, le tout sans mettre un pied au Palais Royal depuis treize ans. Treize ans de droit à la retraite pour un poste occupé… seulement deux mois. Côté légalité, Laurent Wauquiez n’a aucun souci à se faire : si la loi Cahuzac [2014] interdit désormais aux parlementaires et ministres de se mettre en détachement de leurs postes de fonctionnaires, il n’en est rien pour les présidents de région. Elle n’est pas belle la vie ?

Après un siècle d’attente et de cuisants échecs, Paris a été officiellement désignée ville hôte des Jeux olympiques 2024, ce mercredi 13 septembre lors de la 131e session du CIO à Lima, au Pérou. Parallèlement, au terme du même processus de vote, Los Angeles s’est vue confier les JO d’été 2028. Et Marseille n’est pas en reste puisque de fait, elle accueillera les épreuves olympiques de voile et de football.

Aucune visite ne sera organisée à la « Maison du fada » ce week-end, à l’occasion des Journées du patrimoine, ce que confirme l’office du tourisme de Marseille. Une première qui en dit long sur la colère qui couve depuis plusieurs mois dans les rues de l’Unité d’habitation du boulevard Michelet [8e]. À l’origine de cette décision prise par le syndic de copropriété il y a quelques jours, « le refus de la Ville de nous aider financièrement à organiser ces journées », explique Magali Mazzella, présidente du syndic. Chaque année, les copropriétaires de la Cité radieuse investissent quelque 3 500 € dans les Journées du patrimoine, afin d’assurer « des frais de gardiennage, de nettoyage et de maintenance des ascenseurs », poursuit la responsable. En filigrane, ce sont cinq années d’absence de subventions municipales qui sont ici visées. Bâtiment classé au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis l’été 2016, l’Unité d’habitation de Le Corbusier bénéficie d’aides publiques pour sa rénovation, au coût faramineux [13 millions d’euros rien que pour la restauration des façades Est et Ouest depuis 2005, Ndlr]. La Drac participe à hauteur de 33 % des frais engagés, le Département prend en charge 9 %, comme la Ville… à l’exception de ces dernières années.

« La médiathèque du futur est à Pertuis [13]. La Métropole Aix-Marseille-Provence vient d’inaugurer la médiathèque des Carmes réalisée à Pertuis dans un ancien couvent du XVIe siècle. Cette médiathèque est la première de France à offrir — en plus d’une collection de 60 000 livres, disques et DVD en prêt et d’espaces de lecture — un fab lab d’expérimentation numérique, un espace de travail collaboratif [coworking] et un auditorium de 100 places. La médiathèque des Carmes est un établissement dont l’architecture allie le passé atypique de cette bâtisse de style gothique à la modernité d’un lieu culturel innovant. Elle accueillera dès le mois de novembre l’opération métropolitaine « La Lecture par Nature ». L’ouverture au public est prévue dès le début 2018 ».

A Aix en Provence, après des mois de fermeture par des barrières de béton, et l’installation la semaine dernière de plots antiterroristes, restreignant l’accès aux véhicules de toutes sortes, et notamment aux lignes de minibus, la ville aurait décidé la réouverture du cours Mirabeau à la circulation…

Aix en Provence, le mag, l’organe officiel des roucoulades de la colombe sauvage, est sorti.

Bonne journée

Mathieu Grizard

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