Paris et les JO 2024

Entre dimanche et mardi dernier, le Comité international olympique a examiné à Paris la candidature de la ville pour l’organisation des Jeux en 2024. Après s’être fait voler la vedette par Beijing en 2008 et par Londres en 2012, la capitale s’est obstinée et pourrait bien décrocher le gros lot cette année.

Dans quel but ?

La réponse varie selon les bords politiques. Anne Hidalgo, l’actuelle mairesse de Paris, porte le projet à bras le corps en reprenant l’habituelle ode olympique. Selon elle, les Jeux offriront à Paris et à la France un rayonnement international sans précédent et de formidables retombées économiques. Elle estime que la construction d’infrastructures et l’accueil des spectateurs venant des quatre coins du globe stimuleront la croissance. Ces arguments bien ficelés ne font pas pour autant l’unanimité. D’une manière paradoxale, Mélenchon, un fervent opposant à la rigueur budgétaire imposée par la troïka européenne, affirme que ce projet « représente des dépenses considérables et « des grands travaux inutiles ». Les écologistes sont également sceptiques quant aux conséquences environnementales et s’insurgent face à l’absence de « grande consultation citoyenne » en amont. Quoiqu’il en soit, la candidature parisienne a bien été enregistrée en juin 2015.

Paris et la concurrence

Dès lors, il n’est plus question de savoir si il faut ou non organiser les Jeux mais plutôt comment obtenir l’assentiment du Comité olympique. Pour ce faire, la capitale bénéfice de nombreux atouts tant sur le plan financier qu’au niveau des installations selon Bernard Lapasset, le président du Comité Français du Sport International (CFSI). En effet, le Stade de France, Roland Garros, le palais omnisports de Bercy, le Parc des Princes, l’arena 92 du Racing Metro, la base nautique de Vaires-sur-Marne, et j’en passe, sont autant d’infrastructures pouvant déjà accueillir une grande partie des épreuves sportives. À la tête de l’une des premières villes touristiques dans le monde, Anne Hidalgo pourra aussi s’appuyer sur une capacité hôtelière qui en ferait pâlir d’envie plus d’un. Mais des investissements sont encore nécessaires pour construire le village olympique, la piscine ou encore le bâtiment qui servira de QG à la presse. Malgré ce bémol, le prix du projet, estimé à 4,4 milliards d’euros, reste relativement raisonnable au regard des expériences passées — Sotchi avait organisé les JO d’Hiver en 2014 pour la « modique » somme de 37 milliards d’euros.

Seulement, ce processus de candidature serait bien trop platonique sans une rude concurrence. Certes, de nombreuses villes, parmi lesquelles se trouvent Budapest et Rome, se sont retirées de la course mais le plus sérieux rival continue l’aventure et est en passe de prendre une avance significative. La semaine dernière, Los Angeles a réussi avec brio la visite du Comité international olympique si bien que de nombreux organes de presse s’accordent pour lui attribuer un sans faute. Cela n’a rien de surprenant car, grâce aux JO de 1984, la ville bénéficie d’une solide expérience et 90% des infrastructures sont d’ores et déjà prêtes à l’usage. Le Figaro a réussi à relever deux failles qui n’en sont même pas réellement. D’une part, l’élection de Donald Trump aurait pu être perçue comme une source d’instabilité si le président élu n’avait pas dernièrement réaffirmé son soutien au projet. D’autre part, la distance séparant le centre ville et le village olympique n’est plus un problème dans la mesure où le maire de LA a lancé la construction d’un métro permettant de dresser un pont entre les deux.

Une visite réussite

La concurrence est rude mais n’est pas insurmontable. C’est en tout cas ce que laisse penser la visite du CIO à Paris. Après avoir fait le tour des infrastructures et rencontrer le Président de la République, chose qui n’était pas arrivée aux Etats- Unis, le président de la délégation olympique n’a pas chômé en terme d’éloge envers la candidature parisienne. Il affirme que Paris 2024 a « développé une proposition excellente, construite autour d’un concept très solide, avec des remarquables sites bâtis autour d’endroits et de bâtiments historiques, d’une beauté extraordinaire » ; raison pour laquelle il lui octroie la même note que Los Angeles, c’est à dire un « 10/10 ».

Toutefois, de nombreux experts relativisent l’importance de ces visites. Elles permettent seulement l’élaboration d’un rapport qui sera peu consulté par la suite, comme l’affirme l’un d’entre eux au site SlowSwitch. L’essentiel vient ensuite. Le « grand oral » des candidats se déroulera en juillet à Lausanne et la décision finale sera proclamée lors de la conférence de Lima en septembre. C’est durant cette ligne droite que la délégation française doit se distinguer et prendre l’ascendant sur son concurrent américain. Et à en croire un fameux dicton, elle a toutes ses chances car « impossible n’est pas français ».

One clap, two clap, three clap, forty?

By clapping more or less, you can signal to us which stories really stand out.