Ma mort, mon petit confort !
Elle est blonde, fraîche et pimpante mais pourtant, à 73 ans, elle a choisi de mourir. Ainsi présentée, Jacqueline Jencquel a un profil singulier pour quelqu’un qui veut se suicider. Une petite rengaine qu’elle se gausse à répéter de chaîne en chaîne, de média en média. Si vous avez raté ses interventions, voici de quoi vous rattraper ⤵️

Le ton que j’emploie ici n’est pas neutre. Je défendrai toujours la liberté, celle des individus à disposer de leur corps et donc, de leur vie. Je défendrai toujours une parole libre, comme celle de cette dame l’est. Mais là, je m’oppose.
Moralement, je m’oppose à ce combat. Ce combat qui promeut le suicide au lieu du droit à choisir sa mort. Le suicide est un acte grave et doit le rester. Il met fin à un absolu, la vie. Il nous plonge définitivement dans un autre, la mort.
Humains que nous sommes, la vie doit rester sacrée. Elle est ce degré de conscience qui nous différencie des animaux. Elle est ce qui nous a permis de construire nos sociétés, privilégiant la puissance des idées à la violence du gourdin. Elle est ce qui extrait l’homme de ses pulsions, ne l’y réduit pas.
Madame Jencquel, bourgeoise de la vie, le fait. Ainsi notre existence ne serait réduite qu’aux belles choses, aux bons moments et à la bonne santé. “La vieillesse est une maladie incurable”, du moins “serait”, comme l’indique le titre de son blog. Or, même les animaux que nous sommes, vieillissent jeunes avant de mourir, vieux.
Cela peut contraster avec Anne Bert, pour qui vivre était devenu un véritable combat quotidien. Si vous ne la connaissez pas, voici une très belle interview qu’elle a donné le 5 septembre 2017 ⤵️
Anne Bert était atteinte de la maladie de Charcot. Peu à peu, les neurones contrôlant les mouvements meurent. Avec le temps, il devient impossible de bouger le bout des doigts, puis la main, puis le bras. Progressant, le mal atteint les organes vitaux, qui finiront par s’éteindre.
Autonome jusqu’alors, chemin faisant, il est devenu impossible pour elle d’effectuer seule une quelconque tâche du quotidien. Impossible de se servir un café, de prendre sa douche ou d’écouter de la musique. Devenue entièrement dépendante. À la souffrance morale, vont s’ajouter les douleurs physiques. Dès lors, il n’existe plus d’horizon favorable.
Anne Bert l’avait décidé : lorsque sa vie sera au rebord de la mort, que sa condition physique s’en approchera, elle partira. Une décision au-delà de la morale ou de l’éthique, humaine. Sa vie prend la valeur de la réflexion qu’elle en a faite. Sa vie ne se résume pas à une partie de jambes en l’air avec un bel homme musclé, à une mort pour un petit confort.
