Le cinéma policier Made in France

Le cinéma policier français prend ses quartiers à la Cinémathèque de Toulouse.

Le samouraï (1967) de Jean-Pierre Melville.

Si vous êtes fasciné par le polar et que vous aimez le cinéma d’époque, la cinémathèque de Toulouse vous propose une plongée dans le cinéma policier made in France, à travers une sélection de films cultes et incontournables du genre.
Au printemps dernier, la cinémathèque de Toulouse avait entamé un voyage dans le cinéma policier français, en mettant en lumière la période du muet aux années 50.

Classe tous risques (1960) de Claude Sautet.

Du 9 novembre jusqu’au 18 décembre, le voyage continue, avec le polar des années 1960 à nos jours. Une époque qui fut le cadre d’une véritable renaissance du genre, allant du côté du cinéma populaire comme du côté des auteurs, le cinéma policier a trouvé en France un territoire où prospérer. 
Au programme de cette rétrospective, des interviews, reportages, portraits, promotions… Plusieurs documents proposés par l’Ina.fr (qui marque là sa toute première participation) et le CNC sont placés en avant-programme de certaines séances, comme une projection surprise avant le film “Classe tous risques” de Claude Sautet.

Pour Franck Lubet, le responsable de la programmation de la Cinémathèque de Toulouse;

« Le polar est à la fois populaire auprès des spectateurs et laboratoire pour les cinéastes. La Nouvelle Vague, qui vient bousculer le cinéma, n’y coupe pas. Truffaut tire sur l’ambulance en y mêlant éléments comiques et mélodramatiques («Tirez sur le pianiste»). Godard, qui n’est jamais à bout de souffle, plonge Lemmy Constantine dans une aventure digne d’un collage surréaliste («Alphaville»). Chabrol, l’œil malin, en fait un pied-de-biche pour disséquer la société («Le Boucher»). Le polar n’est pas que divertissement, il est aussi dynamite. Les années 1970, 1980 — «Armaguedon», «Le Choix des armes», «Mort d’un pourri», «Extérieur, nuit», «Police», «L.627», le voient sortir de sa mythologie… pour en créer une nouvelle. Et c’est peut-être là l’essence du cinéma policier. Il peut parler de la société contemporaine, de sa production, en montrer les recoins les plus sombres, en dénoncer les institutions et se faire radiographie des hommes et des femmes qui la composent ; au final, il est surtout — il est avant tout — cinéma. Tour à tour iconographique et iconoclaste. Avec ses codes, que l’on respecte ou que l’on détourne, il est pour le cinéma un laboratoire où se fabriquent des images. Une imagerie. Une imageraie. Et quoiqu’on en pense, ce n’est pas par fascination pour les truands ou la maréchaussée que l’on aime le cinéma policier, mais pour le cinéma. On y trouvera un éventail de mises en scène (du cinéma de papa au cinéma de francs-tireurs, de la stylisation quasi abstraite de Melville au souci de vérité intransigeant de Pialat) réunies autour d’un dénominateur commun. Un genre. Le seul qui ait réussi à s’imposer dans le cinéma français, et si nous avons opté pour un hiatus des années 1990, c’est pour mieux le retrouver à partir des années 2000 avec Nicolas Boukhrief».
Le Convoyeur : photo Albert Dupontel, Nicolas Boukhrief.

Ce dernier, sera justement l’invité exceptionnel de la Cinémathèque, le mardi 29 novembre à 19h. Pour Franck Lubet, ses « films («Le Convoyeur», «Cortex», «Gardiens de l’ordre», «Made in France») s’inscrivent parfaitement dans une tradition du genre tout en le renouvelant ».

La cinémathèque entend bien nous faire découvrir ou redécouvrir des petits bijoux du cinéma hexagonal, Belmondo, Delon, Gabin, Ventura… vont tenir le haut de l’affiche et cela pour notre plus grand plaisir.
Pour en savoir plus sur la programmation, c’est par ici : http://www.lacinemathequedetoulouse.com/programmation/agenda?from=2016-11-15&to=2016-12-15

Du 9 novembre au 18 décembre,
à La Cinémathèque de Toulouse,
69, rue du Taur, Toulouse.
Tél. : 05 62 30 30 11.

photo: «Police»
© collections La Cinémathèque de Toulouse

L.D