Les hommes et Dieu

« Je priais plusieurs fois, sans arrêt. J’en pleurais tellement j’aimais Dieu. » — J

Dieu est un amant imprévisible et capricieux. Son amour je ne peux le ressentir qu’en me plongeant entièrement en lui, au point de m’y oublier, au point de ne plus penser, au point de ne m’en remettre qu’à ma foi qui me dit que Dieu est là, qu’il m’écoute et qu’il m’aime. Quand bien même j’ai l’impression d’être abandonnée, je dois me souvenir qu’il a un plan et que tout ira bien un jour, sur cette terre ou ailleurs, dans un autre monde auquel j’aurais peut-être accès.

Dieu je l’aime depuis que je l’ai rencontré à 11 ans. Et je l’aime de la seule façon dont je sais aimer : avec à la fois intensité et apathie, obsession et désintéressement. Dieu est mon amant, ou plutôt je suis une de ses maîtresses. Je m’en éloigne parfois par dépit, parce que je trouve son humour cruel et que très souvent, ses plans vont à l’encontre des miens. Et parce que Dieu est invisible et occupé, j’ai souvent l’impression d’être oubliée. Qui suis-je pour capturer son attention, quand il y en a des milliards de comme moi avec d’autres vies, de vrais problèmes et une soumission entière à celui que tant de personnes nomment le Dieu jaloux ?

Cette sensation d’abandon me livre souvent au bras d’humains en qui je me remets comme au divin. Leurs attentions, je les mesure en preuves réelles de présence dans ma vie, comme la quantité et la qualité du temps passé en leur compagnie, les rires partagés ou encore le nombre et l’intensité des montées passionnées vers un ciel éphémère .

Je recherche en eux le Dieu qui ne me répond pas, l’amant cruel qui en aime sept milliards d’autres, le père absent qui délaisse sa responsabilité d’éducation et de protection à un monde confus et égoïste.

Mes recherches sont vaines, bien entendu. Les hommes sont imparfaits même s’ils paraissent souvent extraordinaires. Mais le temps d’un moment je peux les pratiquer, exister en eux et à travers eux, jusqu’à ce que les larmes qu’ils causent inévitablement me rappellent à l’adoration de Celui qui les mérite vraiment.

Restent encore ces interrogations: Ou trouver ce bonheur ? Est-il en quelqu’un ? En quelque chose ? Combien d’hobbies devrais-je essayer pour le trouver ? Combien d’hommes devrais-je aimer ?