I’m Gone Note 1.
On quitting smoking, doubt and self-sabotage.

J’ai pas d’intro.

Je ne sais pas pourquoi la pensée ne me vient que ce matin, mais je crois que j’ai finalement réalisé à quel point la frontière peut être mince entre le doute et l’auto sabotage. 
25 ans. J’ai pris mon temps oui. 
Ca doit faire maintenant six ans que j’essaye d’arrêter de fumer. Entre les matins enfouie sous ma couette à lire des tonnes d’articles sur le cancer du sein/poumon et les soirs d’auto-flagellation pour deux cigarettes fumées en entier, j’avais tout simplement oublié qu’à la base,

Je n’ai pas eu besoin de documentation ou de persuasion pour commencer à fumer.

La partie la plus difficile jusque là dans mes tentatives, c’est la première envie du matin. Celle qui te tombe sur la gueule à peine après être sortie de ta chambre, après que tu aies prié, medité, demandé la force à Dieu et inventé toutes sortes de souvenirs de toi détestant la cigarette à mort. L’angoisse te prend part les tripes et tu te sens à peine plus haut que le pire des déchets de l’humanité au moment où tu craques finalement et tu en allumes une. 
Il n’y a rien de pire que de se lever un matin, l’esprit empli de bonnes intentions d’être meilleur, de prendre soin de sa santé, de savourer chaque bouffée d’air frais comme si c’était la toute première, et de se sentir abandonner à la première tentation venue. Comme si vouloir ce qu’il y a de mieux pour ses poumons était moins important qu’une séance d’inhalation de goudron.

Tout se met en désordre dans mon esprit. Je me demande si je souhaite véritablement arrêter, si je tiens vraiment autant à ma personne que je le prétends, avec mes lectures anti-tabac et mes projections dans un monde désormais imaginaire où je vis comme une non fumeuse. L’impact sur sa perception de soi-même est juste terrible. On se sent faible, plus faible qu’un cocaïnomane en position foetale à l’angle d’une rue. On ne sera jamais plus que cette personne incapable de lutter contre une envie de fumer, cette personne stressée qui grogne si elle n’a pas eu sa première cigarette et son premier café du matin, et qui grognera quand-même après les six, dix, quarante-cinq autres. A cause d’un moment de panique lorsque vient la tentation, où une voix dans notre tête nous murmure "tu sais que tu n’es pas de taille. Tu sais que tu vas craquer, cesse donc de te raconter des histoires"


J’ai pas de transition. Ce matin en sortant de chez moi me suis rendue compte qu’il y avait des briquets posés un peu partout sur mon passage. Aux toilettes, à la cuisine, dans un sac rempli de vêtements, dans un sac à main... Et pour la première fois, je n’ai pas eu envie de fumer — puis envie de pleurer parce que je sais déjà que je ne vais pas pouvoir résister à cette envie… —

je me suis juste demandée ce que quelqu’un fabriquait avec autant de briquets chez lui :-/…

Cette fameuse voix qui me dit, ou me dira encore à la prochaine contrarieté venue que je ne peux pas m’en sortir si je n’ai pas grillé une, est la même qui me dit que je suis incapable d’arrêter de fumer, est la même qui me dit que mon lundi va mal se passer.

Je crois que c’est plus rassurant pour une partie de l’esprit de se raconter qu’on est pas de taille à affronter certaines situations/relever certains challenges. Comme de l’instinct de conservation qui marche un peu de travers, ça nous protège par anticipation de la sensation d’échec cuisant au devant de laquelle on pense aller. Comme ça quand on finit par abandonner, c’est juste parce qu’on savait déjà qu’on était pas de taille, pas parce qu’on a effectivement essayé et qu’on s’est vus se rater en bonne et due forme.

Le souci c’ est à quel point on se fait du mal à essayer de se protéger d’un échec qu’on vient juste d’imaginer pour éviter de passer à l’action.

Le nombre de fois qu’on s’est placés sur le bon chemin et qu’on a changé de direction, parce qu’on a réussi à se convaincre qu’on est tellement imparfaits qu’un chemin aussi beau ne saurait nous convenir.

Aime-toi toujours assez pour différencier ce que ton coeur désire des efforts que ton cerveau a peur de fournir pour obtenir ce que tu désires, Humain.

Je ne sais pas ce que je fous avec autant de briquets chez moi, je devrais les jeter. Je ne sais pourquoi j’ai mis autant de temps a n’écouter que la voix qui me dit que je suis une incapable avant même que je démarre une une bonne action, je crois que je vais l’oublier un moment.

:) Oui, juste comme ca. Pourquoi pas, "juste comme ça?"

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