Candide au pays de l’Intelligence Artificielle

Mickael GUERIN
Feb 2, 2018 · 5 min read

Deep Learning ou Machine Learning… Alibaba, Google, Facebook… Watson, Einstein… Une Intelligence Artificielle qui en créée une autre… Une IA qui lit plus vite et mieux que l’homme… Une IA qui créée son propre langage, incompréhensible par l’homme… On dirait les nouveaux « Martine à »: l’IA journaliste, l’IA à l’usine, l’IA fait de la musique, l’IA à la plage, l’IA à la ferme… Ca y est on a compris, l’homme est terminé, fini, dépassé par ces algorithmes qui vont nous remplacer dans toutes nos activités.

Heu OK, pourquoi pas… Mais si ce n’était pas (que)ça l’Intelligence artificielle. Si c’était quelque chose à la fois de plus pragmatique, simple, utile, intéressant, bref une technologie au service de l’humain ?

Comme tout le monde j’ai vu et lu l’actualité mainstream de l’intelligence artificielle. Mais à part les chatbots du e-commerce et subir les algorithmes de Twitter, Facebook ou LinkedIn, je n’avais pas vraiment rencontré l’IA pour de vrai. C’est chose faite depuis le 25 janvier, où j’ai assisté au 1er FlashMeet autour de l’IA en plongeant au cœur du Microsoft Technology Center chez Microsoft France à Issy les Moulineaux avec une dizaine de CDO, CMO, et autres experts es IA. Une soirée à l’invitation d’Emmanuelle Leneuf, créatrice du @FlashTweet , la matinale sur la Transformation Numérique sur Twitter, placée sous le signe de l’échange et de l’interactivité autour de l’IA et ses implications au quotidien.

Microsoft ? Celui qui avait lancé une IA sur Twitter qui a su très rapidement prendre nos travers bien humains… Microsoft? Celui qui a créé une IA capable de lire et de comprendre mieux que nous... Oui Microsoft. Entre un CDO star du Marketing Digital, celui d’un game changer de la téléphonie, des digital evangelist, des directeurs de l‘innovation, et autres spécialistes Tech professionnels, j’avais l’air un peu perdu, simple utilisateur d’outils numériques dont je ne comprends aucunement la technique, mais dont je me targue de percevoir parfois l’(in)utilité… Déjà en sortant de ma province pour monter à la Capitale, j’avais l’impression de rejouer Mr Smith au Sénat. Mais dans le sanctuaire microsoftien, c’était plutôt Candide au pays de l’IA… découvrant avec émerveillement les avancés et prouesses que nos hôtes nous présentaient, twittant icelles derechef. Et d’ailleurs, premier cas d’usage, j’ai changé mon clavier, utilisant la solution de Redmond et d’Issy les Moulineaux pour taper frénétiquement sur mon malheureux Smartphone qui n’en pouvait mais : Swiftkey , clavier à correcteur intelligent, comme les autres, mais qui apprend et retient mots et expressions les plus utilisées anticipant les prochaines frappes. Une accélération de l’écriture, très utile pour un Live Tweet…(vous pouvez d’ailleurs retrouver celui de cette mémorable soirée avec le hashtag #Flashmeet …)

Fort de ce méga booster, j’ai pu me concentrer sur les animations qui apparaissaient sur l’écran tactile géant. Géant à tous les sens du terme : un énorme écran interactif, et des présentations toutes plus intéressantes les unes que les autres.

L’équipe Microsoft, composée de Thomas Kerjean, Directeur du Cloud, Laurent Schloss, Directeur Secteur Public, Eneric Lopez, Directeur du programme Innovation/Startups/Audience, James Parker, Architecte Innovation et Kenza Ibnattya, Product Marketing Manager Data Platform & Artificial Intelligence, nous a accueilli et présenté les grandes actualité en matière d’IA : engagement collaborateurs, expérience client, aide à l’évolution des business model et efficacité opérationnelle.

Un bon dessin valant mieux qu’un long discours, le résumé de la soirée tient dans l’image suivante :

En parlant de dessin, et au vu du déroulé de l’évent, il me semble que l’une des compétences essentielles à la maîtrise de l’IA est la capacité à dessiner. Pictionary, prochain achat de Microsoft ? D’ailleurs l’entreprise a développé une IA capable de dessiner ce qu’on lui demande

Systèmes de reconnaissance faciale individuelle et collective, utilisant le langage naturel, reconnaissance de texte, de la voix, analyse des bruits ambiants, contextualisation…, nous avons eu une démonstration assez bluffante des capacités offerte par une IA. Utile pour gérer le drive d’un fast-food, sous titrer en direct une vidéo, ou afficher sur un PPT les commentaires en français d’un speaker anglais, mesurer les effets d’une publicité ciblée, ou encore permettant aux mal-voyants d’avoir une description assez fidèle d’une personne. Seuls certains d’entre nous se montraient peu convaincus par l’analyse d’âge réalisée par caméra (pour ma part, l’IA m’ayant rajeuni de 6 ans, je la trouve absolument formidable, je vois déjà comment mon espérance de vie peut être augmentée….).

Les partenariats (historique avec l’INRIA, ou actuels avec Station F et les 14 startups accompagnées) permettent à Microsoft de travailler autant dans la recherche fondamentale, que dans la recherche appliquée, dans les interactions des différents acteurs, leurs datas et leur histoire, dans la définition des digital twins dans l’ IOT (modélisation d’un objet physique dans le monde virtuel, permettant de reproduire l’évolution physique de l’objet virtuel et de récupérer des données à analyser et organiser pour suivre l’évolution de l’objet à distance.), ou encore interactions avec monde réel avec les cognitive servicies (algorithmes intelligents intégrés dans les applications, sites web et bots des entreprises permettant de saisir, sentir, analyser, comprendre et traduire les besoins des utilisateurs à partir de leurs comportements naturels).

Et pour comprendre la signification concrète de ces briques, EQUADEX, société accompagnée par Microsoft, nous a présenté une solution IA d’aide aux personnes atteintes des troubles du spectre de l’autisme, et leur entourage, Helpicto: une application mobile multiplateforme permettant de fluidifier la conversation entre les personnes atteintes de troubles autistiques, de la concentration ou du langage et leur entourage. La démo directes d’usages de IA par ceux la font. Une solution évolutive qui peut aussi bien s’inscrire dans la Silver Eco, en milieu associatif ou encore à l’école, pour servir de facilitateur…

Visiteur d’un soir, peut-être juste l’un des 15000 visiteurs annuels du centre d’innovation de Microsoft France, mais visiteur très privilégié ce soir-là d’avoir pu parler et échanger avec les équipes et partager ces moments autour de l’intelligence humaine collective au cœur de la transformation digitale, ce que Thomas Kerjean appelle l’augmentation de l’ingéniosité humaine. Le sens même d’un Flashmeet, l’IRLisation de ce que nous pouvons déjà vivre sur les Réseaux Sociaux : des rencontres, du perso et du pro, avec une bonne dose de convivialité et beaucoup de chaleur..

Les yeux grands ouverts, remplis d’étoiles, je suis reparti, un regard sur une fenêtre ouverte vers des futurs prometteurs. Avec l’envie de prendre la notion d’ “intelligence” dans sa vision anglo-saxonne, l’intelligence artificielle comme connaissance artificielle, à l’image de l’Intelligence Service pour les renseignements. Avec l’envie d’oublier les systèmes plus coercitifs, les applications cherchant à orienter nos choix, la question des données personnelles… Candide peut être, mais encore plus persuadé qu’au-delà du business et des aspects techniques, sans humanité, la technologie n’est et ne sert à rien…

Mickael GUERIN

Written by

Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts -I Newton - zébré - Synapse #Robots #innovations #digital #LaPoste #Drôme #Ardèche #i4Emploi