Découvertes persanes

#CEA Marcoule

En Septembre dernier, je finissais mon stage en France dans le domaine de l’énergie nucléaire. Désormais, j’étais libre et diplômé. Pour fêter cela, je décidai de partir en voyage … en Iran. Paradoxal, sachant les problèmes avec le nucléaire iranien. Mais pourquoi partir en Iran alors ? Certainement pas pour visiter leurs centrales, secrètement gardée à l’abri des regards.

#le goût du voyage

En voyageant, on découvre des cultures, on admire des paysages et on rencontre des gens. Des gens qui eux même voyage et raconte leurs aventures. Ainsi de petites histoires en petites histoires, on voyage encore plus loin … dans l’imaginaire. Parfois on préfère garder ce rêve, parfois, irrésistiblement, on veut le découvrir et le vivre : on a pris goût au voyage. C’est ainsi qu’au fil d’un grand voyage en Asie, j’entendis parler de l’Iran …

#Han

Tout a commencé quelques années plus tôt donc, en … en Inde d’abord, par bribes où je fis la connaissance d’Aria, un irano-américain qui me parla un peu de ses origines et fit naître un questionnement sur ce pays que je ne connaissais que très peu, ou sous le mauvais angle. Puis plus tard, en Chine je dormais chez Han en couch-surfing. Il revenait d’Iran et me fit rêver en me parlant de la grandeur de la Perse, des paysages montagneux et de la bonté des gens. 
 Nous avons gardé contact depuis et ce soir il est dans cette salle.

#dernière gorgée

Je pars donc avec Théo, un grand ami à moi. Pendant l’escale, nous trinquons notre dernière bière, enfin nos derniers litres de bière, l’escale est longue. En effet, en Iran, l’alcool est prohibé, et la bière est à 0°.

#genre

Les femmes doivent également se voiler, la bonne conduite impose de ne pas entretenir la mixité en dehors du cercle familial. Par exemple, sur cette porte il y a deux marteaux de portes pour sonner. Ils ne font pas le même son … comme cela, les femmes de la maison iront ouvrir aux femmes et les hommes aux hommes en conservant les bonnes manières.

#Santa

A l’aéroport, justement Santa, une connaissance de connaissance vient nous chercher, voilée, nous nous serrons la main, à l’occidental. Bien sûr elle est accompagnée par un homme. Ils sont venus nous chercher malgré notre insistance pour prendre une navette ou un taxi : il est 3 h du matin. Rien à faire, c’est une première démonstration du sens de l’accueil iranien et d’un rythme fou entre le jour et la nuit.

#welcome

Chez Santa, nous sommes très bien accueillis. La politesse est primordiale en Iran et ce qui compte avant tout pour l’hôte, c’est que l’invité soit content. 
 Très vite, avec elle, on devient complices, les voiles tombent, on partage nos musique, nos blagues : il faut dire que Santa est très bout en train, très souriante.

#lafrenchtech

On part à la découverte du pays en voiture. Nous ne sommes que tous les trois, beaucoup plus librement qu’on ne l’aurait cru.
 
Les routes sont longues et grandioses, souvent je me dis que rien que pour la beauté route, cela valait le détour. A ce compte-là, au pays du pétrole, on fait facilement des bornes pour rien, il faut dire que l’essence n’est pas chère. Ah oui, un tiers des voitures doivent être des Peugeot et avec les sanctions économiques, il n’y a que des 405 et des 206.

#farsi

Voici Monsieur Saeid un ami de Santa. Quand je lui dis bonjour « Salam », il me reprit brusquement pour me dire que non, Salam était le terme arabe, bien qu’utilisé couramment en farsi, la langue iranienne, mais qu’en vrai farsi, on disait « Sobh bekheir ». Les iraniens ne sont pas arabes du tout et ils sont très fiers de ne pas l’être.

#A table

Il nous a invités à passer le week-end avec sa famille dans sa maison de campagne. Une maison et des traditions beaucoup plus rustiques qu’en ville. Voici la table qu’il nous avait dressée, enfin la nappe plutôt, on mange assis sur les tapis posés au sol. On goute les excellentes dattes bien sûr mais aussi de la confiture de carotte, des poissons de la mer Caspienne …

#casquette

Santa doit venir vivre en France, on lui explique alors que la casquette n’est pas forcément de très bon goût en France et qu’il faudra éviter. Elle ne voit pas trop ce que l’on veut dire. Pour être plus clair on lui dit que cela fait racaille. Mais forcément elle ne connaît pas ce mot qu’elle dû le chercher dans le dictionnaire … tout en conduisant.

#V8

Partir en week-end dans le désert ? Oui pourquoi pas ? Faire du chameau, voir les dunes à perte de vue … mais pas seulement, c’est surtout un grand tour en 4x4 à travers les dunes. Une grande équipe de 10 voitures qui surfe sur le sable. Bon, pas très écologique mais comme toujours, le pétrole coule à flot en Iran …

#whisky

Mais le désert c’est aussi lâcher la routine de la semaine, s’éloigner de Téhéran, de la ville et des contrôle : à 10 h du matin, le whisky aussi coule à flot. On n’y aurait jamais cru ! Une à une toute les barrières tombent … on parle de drogue encore, mais pas seulement.

#Damavand

Par la suite, nous partons sur notre propre route, ne voulant pas abuser de l’hospitalité de Santa. Elle est désolée de ne pas venir, ayant le sentiment d’abandonner ses invités et est très inquiète pour nous : comme notre Maman. Nous partons alors pour le Damavand, le sommet de l’Iran à 5600 m, un volcan endormi ou presque.

#self’ien

Ça c’est mon selfie avec un fidèle compagnon rencontré aux pieds de la montagne, on le nomme Laïko. Il nous suit jusqu’au refuge, abandonnant lâchement ses chiots 3000 m plus bas. Au sommet, un peu de neige, une fumée sulfureuse et une vue à couper le souffle … que nous avions déjà perdu. Nous y rencontrons également des polonais, des tchèques des norvégiens et bien sur des français !

#badgir

Le souffle justement, celui du vent permet de climatiser les habitations dans le Sud du pays, très chaud. Capté par les tours, il est dirigé sur un bassin d’eau qui le refroidi. Je me passionne aussi pour toute la complexité d’un réseau d’eau sous-terrain immense dans tout le pays et qui permet de l’irriguer, ce qui est essentiel dans ce désert. Même en voyage, je reste ingénieur.

#cunéiforme

En repartant par 5°C de Téhéran, je ne suis pourtant pas pressé d’arriver à Paris, bien qu’il y fasse plus chaud sauf pour voir le Louvre pour continuer à découvrir les merveilleux vestiges de la Perse antique. En effet, pour beaucoup de sites millénaires du pays, on trouve plus d’éléments archéologiques à Paris que sur place. Des écrits cunéiformes racontant le couronnement des rois, premières formes d’écriture.

#K&K

Au final je me suis rendu compte que ce pays a beaucoup à m’apprendre et que son histoire est passionnante. Même si les régimes ne sont pas toujours faciles, les habitants ont le cœur sur la main. Je reviendrai. Cela a changé mon regard.
Voyager est une drogue et peut nuire à l’environnement et au bon déroulement des relations humaines, à consommer consciemment et avec modération.

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