28 mai 2015 — Cnum

La première nuit dans ton kot

1/

La chaleur étouffante de l’été lançait ses tentacules dans le petit appartement aux fenêtres ouvertes. Une odeur de sauce tomate planait dans l’air. Les jeunes femmes vivant désormais là avaient officialisé leur installation dans leur appartement avec un cliché. La nuit tardait à venir, l’air était lourd. Les deux sœurs étaient assises dans le même lit. Un ordinateur portable de piètre qualité jouait un épisode de Doctor Who. Les couvertures avaient été rejetées au sol dans une tentative désespérée d’éviter la chaleur, de la tenir à distance. Le Soleil baissait dans le ciel, laissant place à la nuit et sa fraîcheur relative. Enfin, il allait être possible de respirer, de vivre un peu.

2/

Éventail en carton, tour rapide sur le balcon, fenêtres ouvertes, rideaux fermés, essuies humides, tout était bon pour échapper à la chaleur de l’été. L’eau mise à bouillir, les capellini, la sauce bolognaise de maman, les casseroles, les plaques électriques, des assiettes profondes, un repas, un classique, une blague. Deux sœurs, un ordinateur, une série, quelques épisodes, le temps qui passe, la liberté, le calme, leur appartement, leur kot. La chaleur, lourde, étouffante, le Soleil qui décline, la nuit qui s’installe, la première, un peu de fraîcheur. Enfin. Soulagement, respiration, l’air, vivre un peu.

3/

Je n’aime pas la chaleur. Je la déteste. Elle m’étouffe et m’oppresse. J’ai essayé d’aérer, de créer un courant d’air. J’étouffe. Je regrette la maison parentale, fraîche en été, chaude en hivers. On s’est fait des pâtes, on aime jouer avec les classiques, trouver les contre-pieds. Je me suis installée avec ma sœur devant notre série préférée. Il fait chaud. Trop chaud. Je n’arrive pas à penser à autre chose. L’essuie humide sur ma tête aide un peu. Lentement, trop lentement, la nuit tombe. L’air se rafraîchit et pour la première fois de la journée, j’ai l’impression de respirer.

la première matinée en supérieur

1/

Tu appuies. Tu appuies et l’application se charge. Elle se charge et elle se lance. Elle se lance et tu constates que tu n’es pas seul. Pas seul à avoir voulu tenter l’aventure, pas seul à avoir téléchargé ESIAJ. Ils l’ont tous téléchargés et ils sont là à attendre. À attendre que l’aventure commence pour eux. Que l’aventure commence, qu’ils explorent cette nouvelle application. Ils explorent, ils regardent, le chat se met en place. Il se met en place et les smartphone chauffent. Ils chauffent et les prises de contact sont prises. Toi, tu es là, tu regardes. Tu regardes et tu observes. Tu observes parce que tu sais tout ce que cela signifie pour toi. Et l’aventure se lance. Elle se lance et tu n’as d’autre choix que de lui embrayer le pas, que de te lancer avec elle.

2/

Au téléchargement d’ESIAJapp, vous devriez avoir ceci à votre disposition :

-1 étudiant nerveux

-730 utilisateurs inconnus

-1 école

-1 professeur par classe

Commencez par placez les utilisateurs inconnus et l’étudiant nerveux dans l’école.

Ensuite, trouver votre étudiant nerveux au milieu des 730 utilisateurs inconnus.

Une fois ceci fait, appliquez le plan de montage a.1 et trier les utilisateurs inconnus en groupe d’une quarantaine d’individu.

Attribuez un professeur par groupe.

Retrouvez le groupe de l’étudiant nerveux et appliquez le plan de montage a.2.

Faites lui faire le tour de l’école selon le plan b.3

3/

Créée en 2000, la section infographie de la haute école Albert-Jacquard fut disponible au téléchargement sous le nom d’ESIAJ. Depuis, les couloirs de la bâtisse sont parcouru par des créatifs en quête d’apprentissage. Il faut être inscrit pour avoir accès à cette application. Chaque année, l’espace d’un jour, cette dernière est ouverte aux curieux qui voudraient en savoir plus à son propos. Aujourd’hui, un nouvel arrivage d’inscris se lance dans l’aventure. Ils sont nombreux et surtout, ils sont impatients.

Mon usage des réseaux sociaux

Je n’aime pas m’épancher inutilement sur les réseaux sociaux. Facebook, twitter, des manières de garder contact voir de communiquer des passions, de faire des blagues sur mes univers favoris. Je suis loin d’être une dépendante du réseau social. Je ne suis que sur ces deux-là et ça me suffit. C’est même parfois trop.

J’aime communiquer mais pas sur moi. Mon ‘moi’ m’est privé. Les inconnus n’ont pas à le connaître. Et à quoi bon ? Retweeter une blague anglaise sur les anglais, partager des liens, oui. Ce genre de communications me plait. Je partage mes passions et mes coups de cœurs. Pas ma vie privée.

Les dérives me laissent perplexe. Il faut se sentir vachement important que pour se dire que des inconnus ont envie de voir une photo de ce que vous allez manger dans l’instant. Je ne suis pas importante. Je ne suis qu’une étudiante qui taille sa route et qui le fait avec le sourire.

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