Freelance : Les Barbares de la loi du travail
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Je suis d’accord qu’il est bon de réfléchir au paradigme “Travaille bien à l’école, comme ça tu auras un CDI, puis tu pourras faire un crédit pour acheter une maison”. C’est ce que les américains appellent la “rat race”, le petit rat qui court dans sa roue pour attraper un fromage ( https://en.wikipedia.org/wiki/Rat_race ). Mais s’agit pas de tomber dans l’excès inverse…

“Un emploi qualifié, développeur, consultant, formateur, se rend compte aujourd’hui que s’il se mettait à son compte, il gagnerait 2 à 3 fois plus.”

Sur quoi tu te bases pour dire ça ?

Moi quand j’écoute les américains (par exemple ça: http://www.itworld.com/article/2896790/survey-c-is-the-most-valuable-software-engineering-skill.html ) un développeur gagne davantage dans une startup moyenne, puis dans une grosse entreprise, et enfin quand il sera consultant/freelance il sera bon dernier en terme de rémunération (30% de moins).

Et aussi, comment tu mesures ? Est-ce que tu ramènes ça au coût horaire ? C’est sûr que si je travaille soir et week-end en tant que freelance, je pourrais gagner plus…

Mais au fait, pourquoi vouloir gagner toujours davantage d’argent ? Pour acheter une plus grosse maison, une plus grosse voiture et toujours davantage d’objet inutiles à entasser chez soi ? Je crois que le vrai “hack”, c’est tout ce qui tourne autour de la décroissance, l’économie circulaire, etc. Sortir de la société de consommation, quoi ! Et ce paradigme de “plus de profit” (comme tu dis) me semble encore plus toxique que la “rat race” et la recherche du CDI.

“Dans les PMEs, tout le monde à le statut cadre.”

Pas dans la mienne…

“Nos usines ne créent même plus des emplois à la chaine.”

Toyota à Valenciennes créé des postes de travailleur à la chine, 30% des recrutés abandonnent la première semaine, m’ont-ils dit quand j’ai visité l’entreprise.

“Le Medef devrait nous représenter ? Probablement. Mais nous on se reconnait pas comme des patrons.”

Le Medef, non. Par contre la FEDAE, oui.

“Plutôt que de supprimer un emploi quand ca ne va pas bien et de le recréer quand ça va mieux, on attend que la situation soit catastrophique et on supprime des emplois en quantité.”

Bof. Pour avoir beaucoup voyagé, la “rigidité” à la française qu’on n’arrête pas de brocarder — pourquoi est-elle toujours là d’ailleurs si elle est si nocive ?– a pas mal d’avantages pour le salarié et pour l’entreprise. D’abord, la cohésion d’équipe, la montée en compétence, et le management facilité. Essayer de monter un projet avec des collaborateurs mercenaires qui partent à la concurrence pour gratter 1k€ dès qu’ils peuvent, c’est beaucoup plus difficile. Ensuite en période de crise, ça permet de garder les compétences. Je me souviens de l’exemple d’Airbus et Boeing dans la crise du transport aérien des années 2000. Boeing a licencié beaucoup de monde. Airbus ne pouvait pas et à attendu. Résultat : quand c’est reparti, Airbus avait toutes les compétences et a repris rapidement. Pas Boeing qui a dû re-recturer des gens et les former.

“On veut embaucher 15 personnes en se disant que dans 3 mois on aura peut-être pas de quoi les payer et avancer. Sauf que si ça se passe mal, tu te retrouves avec 15 prud’hommes derrière à gérer.”

Et qu’est-ce qui te fait dire que les freelances sont plus flexibles sur ce point ? On reste en droit français. Et en droit français, si une entreprise veut arrêter de travailler avec un freelance, elle doit lui notifier par écrit en respectant un préavis, sinon elle peut se faire poursuivre pour “rupture brutale des relations commerciales” et payer des dommages et intérêt (http://www.entreprises.cci-paris-idf.fr/web/reglementation/developpement-entreprise/droit-affaires/la-rupture-brutale-des-relations-commerciales). Par sûr que ça soit plus safe pour elle que les prud’hommes, au contraire ! C’est un exemple, il y en a bien d’autres, sur la charge de travail, sur la requalification d’un autoentrepreneur en salarié, etc.

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