Etre bloggueuse, ça craint!

Allo, bonsoir, suis-je bien aux blogueuses non-anonymes ? Je m’appelle Mylène Flicka et je suis accro au blogging. Dans exactement 07 jours et 10h, ça fera 2 ans que je bloggue. Ouais, ça craint grave.

1- Je suis devenue connue

Ce n’est pas un mérite. Je le dois à toutes ces personnes qui sans me connaître, sans que je ne les connaisse, relayent mes articles, discutent avec moi, acceptent de me lire. Sans eux, sans vous, rien de tout ça ne serait arrivé. Rien de tout ça n’aurait de sens.

Figurez-vous que j’étais au bord des larmes, le dimanche dernier, quand un abonné d’Irawo a quitté sa table et son frère pour saluer notre équipe pour son travail. A l’écouter, j’avais la chair de poule.

L’équipe de Irawo et Elisco Godwin

Mais ce n’est pas fun tous les jours.

Je sais qu’il est difficile de faire croire que je déteste la popularité et que je suis timide. Certaines personnes sont prêtes à être damnées juste pour un instant de célébrité mais pour les gens comme moi, c’est une galère continuelle. Comment vous expliquer ? Je déteste les projecteurs, la lumière, l’attention. Je souffre du syndrome de l’imposteur, yeah I said it. La popularité m’a enlevé des hectares de vie privée. Même utiliser un pseudonyme (non, je ne m’appelle pas pas Mylène Flicka) ne m’épargne de cette constante impression d’être nue. La popularité est un combat permanent à garder une part de soi-même. L’une de mes récentes déconvenues a été de découvrir qu’une relation amoureuse que j’ai pris le soin de dissimuler n’est en fait qu’un secret de polichinelle. Le monde suit vos faits et gestes, on vous prend à témoin, en exemple quand bien même vous avez cela en horreur. Vous êtes invité à vous exprimer sur tel ou tel sujet chaud de l’actualité, même quand vous n’y avez aucune expertise. Vous sentez le poids de nouvelles responsabilités, la peur de décevoir, de mal faire ou d’en faire trop. C’est une putain de pression.

2- Je suis devenue moins spontanée

Je suis impulsive, c’est ma définition de base : je dis ce que je pense, quand je le pense et comment je le pense. Mais plus maintenant. Ce qui est censé être bénéfique s’est petit à petit retourné contre moi. Vous savez, l’authenticité c’est comme la richesse, elle se sent toujours. Quand vous êtes obligés de tout calculer au point d’agir contre votre nature, vos lecteurs le sentent. Le monde le sait. Le blogging m’a rendue précautionneuse et perfectionniste. Je reste franche et directe mais je travaille deux fois plus mes propos et pour moi, ça les rend sans saveur, dénués de l’essentiel : ma personnalité. Alors des fois, je me lâche, un peu comme ici…

3- Je travaille un peu trop à mon goût

Il n’y a aucun mal à être flemmarde hein, rassurez-moi ? Et quand je dis flemme, je dis travailler smart and fast. Quand vous avez le désir de créer un gigantesque répertoire de talents ,d’avoir une brillante carrière d’écrivain ( ouais, ça aussi…sur founmi.com ) et de terminer vos études, il est suicidaire de ne pas faire les tâches à temps : programmer les interviews et les faire, programmer les tournages et les faire, stalker les futurs Irawos et se les…euh je veux dire les contacter, écrire des articles, jouer le community manager, élaborer les stratégies de com, faire la veille et s’instruire constamment, gérer l’équipe qui heureusement existe mais fait chier des fois mais je les adore mais j’espère qu’ils ne liront pas cet article, et entretenir la flamme de l’écriture parce que vos lecteurs sont accros à vos histoires et attendent les suites.

Alors oui, quand je ne vois ma petite sœur de fille, ma famille et mes amis qu’en « séance express », je trouve que j’en fais un peu trop à la fois. Je suis obligée de méditer (oui, ça aussi je déteste) pour évacuer le stress et rester calme. Mon partenaire vous dira que c’est normal, que je suis un peu BDSM sur les bords (mais faites comme si vous n’avez rien lu).

Credits: @tayo_______

4- Je vis dans les nuages

Ou plutôt dans mes clouds, wesh *tape la démarche de geek*. Ma génération est environnée de success stories 3.0, de théories sur la révolution digitale, d’encouragement à utiliser les nouvelles technologies pour tout. Pour dire vrai, des fois on se perd et on y perd beaucoup : argent, temps et espoir. La verité c’est que beaucoup d’entre nous se casseront la gueule, c’est que nous sommes tous dans les nuages, à rêver d’être les prochains Steve Jobs, Paul Graham, Jessica Livingstone, etc. Nous rêvons tous d’être les Uber de ci, les Google de ça, les Facebook et les Buzzfeeds de tel.

La vérité, c’est qu’on y croit vraiment, à chacun de ces rêves digitaux et qu’on vit dans nos nuages, espérant très fort que tout cet investissement finira par payer. La vérité, c’est que j’ai peur des fois de m’être jetée dans un abyme qui me fera rater ma vie. J’ai peur quand mon père me rappelle que j’ai abandonné mes études pour Irawo. Et des fois, j’ai envie de tout lâcher pour suivre la voie que ma mère m’indique, celle qui mène à un master en deux ans-à un boulot stable en 3 ans-à un époux en 5 ans-à ces gosses que je ne veux surtout pas avoir, en 10 ans- et à des regrets certains dans 40 ans. Voilà, c’est dit. Mais abandonner, c’est comme faire un pied-de-nez à ceux qui nous soutiennent, croient en notre idéal tout le temps.

On y croit, ils croient en nous. Pourquoi donc écouter nos peurs et laisser choir ?

5- Je ne veux pas arrêter

Vous vous en doutiez bien, non ? Ne me demandez pas d’arrêter parce que cette putain de vie, je l’adore en somme. Chaque nouvel an, je demande à Papa Noël (écoutez, ma mère m’a dit qu’il existe vraiment, donc ne me jugez pas) de m’aider à toujours aller loin dans mes entreprises, à être toujours occupée à faire quelque chose et à en percevoir les fruits. Même si cela inclut des sacrifices étranges comme la perte de l’anonymat, de la flemme, de mon temps libre et de mon jemenfoutisme caractériel, j’y souscris en bonne masochiste. Grâce au blogging, je suis plus épanouie, je me sens utile et accomplie. J’adore l’écriture, j’adore Irawo et Founmi. C’est ce que j’ai toujours rêvé faire. Oui, le blogging ça craint si fort que même quand ça te frappe, t’en veux encore. Oh oui oui oui !!

Dessin par Enock Diègue Yaovi
Mais en réalité, ce n’est pas le blogging qui a changé ma vie. C’est avoir des personnes pour me soutenir qui a changé ma vie.

C’est le moment de vous dire merci, encore et encore pour tout cet amour. Merci d’avoir été là et d’être toujours là pour me donner un coup de pouce.

Donc, voilà mon histoire. Allo ? Allo, vous m’entendez ? Suis-je toujours aux bloggeuses non-anonymes ? Ah, ici c’est un asile…ah, d’accord.

PS : Je reconnais avoir écrit cet article en possession de toutes mes facultés, en toute sobriété et en toute folie,

Signé,

Une bloggueuse pas du tout alcoolique

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