La France des baronnies : la preuve par 10 !

Dix maires, tellement aux ordres de leur président de communauté de communes, Eric Woerth, qu’ils signent le doigt sur la couture une lettre (ci-dessous) dénonçant mon livre Un village sous influence. (Ed. MaxMilo)

  1. Lorsque Amédée Bussière (le maire de ma commune) et moi-même dénoncions auprès d’André Gillot (le maire de Vineuil Saint Firmin) l’inaction locale pour stopper une pollution (de nos nappes phréatiques par une friche industrielle laissée à l’abandon) il me répondait, hautain et autoritaire :
    - On est ici sur ma commune, pas à Avilly.
    J’ai eu beau remarquer que nos administrés étaient beaucoup plus proches du danger que les siens, il m’a fait taire en répliquant :
    - Qu’est-ce que vous en savez du danger, vous n’êtes pas un expert.
    Offusqué par l’attitude de son alter ego, et venant à mon soutien, Amédée s’est alors tourné vers Saramito (le 1er adjoint qui accompagnait le maire), son ancien collègue de lycée, fraîchement retraité, pour lui dire :
    -Mais Marcel, toi qui es professeur de chimie, tu sais bien que c’est dangereux !
    -Oh, tu sais Amédée, j’ai tout oublié.
  2. Woerth voulait une crèche dans sa ville, mais financée par l’intercommunalité. Notre adjoint aux finances (et vice-président aux finances de Woerth) disait de ce projet, avant d’avoir été « acheté » par le poste politique de délégué de circonscription de Woerth lui-même : 
    « Pour avoir sa crèche, Woerth fait le Père Noël. La crèche de Woerth, c’est le sujet qui va nous péter à la gueule, dans pas longtemps ! C’est un projet communal, et non intercommunal »
    Notre adjoint renchérissait en imitant Woerth : 
    « Woerth veut sa crèche. Quoi qu’il arrive, il veut sa crèche. Donc, qu’est-ce qu’il fait ? Il distribue, chacun son truc… À Deshayes [maire de Coye-la-Forêt], Woerth a dit : “je vais t’envoyer à la Région”, Deshayes, il roule pour lui. Lui, il donne tout. Il va donner Coye si ça continue. Parce que lui, ce qu’il veut, c’est une place au chaud, bien au chaud, bien rémunérée et tranquille” ».
  3. Toujours à propos de cette crèche du « Père Noël », Patrice Marchand, (le maire de Gouvieux), n’était pas favorable au projet de Woerth. Il préférait un système moins onéreux en deniers publics, un système de MAM (Maison d’Assistantes Maternelles), éprouvé dans sa commune. Il nous disait, le 18 septembre 2015, en critiquant le projet Woerth : 
    « On est fou ! Pour 10 gosses ! Alors que pour le même tarif, tu peux mettre beaucoup plus de 10 gosses. Tu en mets 20. Et même à 20, tu ne dépenses pas 120 000 € par an. Quitte a mettre le même fric, à supposer qu’on puisse ponctionner le contribuable indéfiniment, mais ça, c’est un autre problème, autant le faire bien ! À ce moment-là, pour le même pognon, tu te rends compte, on ne parle pas de 40 places ! Et 40 places, ça va nous coûter 400 000 € par an ! Si on fait un modèle “ville de Gouvieux”, tu divises par 2500, tu as 150,160 gosses. C’est quatre fois moins cher ».

Quant à Amédée Bussière, que j’avais choisi pour mener une liste citoyenne et apolitique, il a « retourné sa veste » après dix années d’un travail main dans la main, et apposé sa signature à cette riposte. Le système est plus fort que les hommes. Mon cher Maire s’offusquait dans la presse en ces termes (Oise Hebdo n°1154) : 
« Eric Woerth dénonce nos absences aux réunions de bureau ou de commissions, c’est un peu fort ! Lorsqu’une décision de commission ne lui convient pas, il transfère le dossier vers une autre commission afin que cette dernière désavoue la précédente et entérine le choix du chef. » Il ajoutait : « Il est grand temps que nos Hommes politiques exercent leurs fonctions autrement… ». 
Aujourd’hui, le #SystemeWoerth a eu raison de son engagement apolitique.

La France des baronnies : C.Q.F.D. !

A quand la VRAIE moralisation de la vie publique, c’est à dire : dans nos démocraties locales?

A quand le lavage à 90 degrés des dysfonctionnements politiques !