Préface de Philippe Pascot (Un village sous influence)

C’est un honneur pour moi de pouvoir donner envie au lecteur de lire ce livre.

Ni rancœur, ni regret au fil des pages ; aucune vengeance ou aigreur dans le récit : juste la triste réalité de ce qu’on pourrait appeler « Grandeur et décadence de la vie politique française ».

J’ai rencontré dans ce livre, Un village sous influence, un élu d’une petite commune de France qui raconte avec des mots simples le quotidien d’un mandat local. Sans fioritures ni grandiloquence, il décrit par le menu le pourquoi du comment des différents dossiers qu’il a eu à traiter. Un élu de terrain qui découvre avec stupeur la duplicité d’autres élus. Un élu qui s’obstine, malgré tout et tous, à respecter ses engagements sans céder aux conseils « avisés » et aux pressions réitérées d’amis « bienveillants ». J’ai croisé dans cette lecture, un élu consterné par d’autres élus qui, le cœur sur la main, vous assurent de leur loyauté indéfectible… avant de vous poignarder dans le dos. J’ai apprécié un élu qui, à travers les lignes de son livre, prône naïvement l’intérêt général plutôt que son intérêt particulier.

Bref, un élu dit « normal » comme on peut en rencontrer majoritairement à travers la France. Un de ceux, nombreux, qui ne comptent pas leur temps, plus préoccupés à servir plutôt qu’à se servir. Un élu (comme ils devraient tous l’être) qui n’attend pas d’autre gratitude que le sentiment d’avoir fait ce qu’il fallait faire pour le bien de la communauté. Un élu comme j’aime à en rencontrer, brut de décoffrage, sans concession envers les malfrats, y compris ceux de son camp.

Vous allez découvrir chapitre après chapitre les petits arrangements entres gens de « bonne compagnie », la lutte inégale contre le lobby des chasseurs et la chasse à courre sur les terrains de la commune, des cautionnements bancaires garantis par nos impôts, qui pourraient prêter à caution (justement), l’inertie politique dans la dépollution d’une usine chimique à l’abandon et quelques autres « dossiers » que l’auteur a eu le courage de mettre au jour et d’exposer dans son livre.

J’espère que la majorité des élus « d’en bas » se reconnaîtront dans le récit de l’auteur élu qui ne fait que témoigner des déconvenues successives que l’on peut rencontrer au cours d’un mandat, quand la naïveté et la candeur du bon sens rencontrent la mauvaise foi, le calcul carriériste ou l’intérêt particulier (et financier…) de quelques-uns et toujours au détriment de tous.

Il est bon et sain que de plus en plus d’élus, tel l’auteur de ce livre, relèvent la tête et refusent de fermer les yeux sur des pratiques et des hommes qui font honte à la République.

Nicolas Tavernier participe à l’assainissement salutaire et de plus en plus nécessaire de la vie politique française.

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