MAKE AMERICA GREAT AGAIN : Déchiffrage du slogan de Donald Trump

Le slogan de la campagne du 45e président des Etats-Unis.

Comme vous le savez, le 8 novembre 2016, Donald Trump a été élu 45e président des Etats-Unis à la surprise générale. Beaucoup de médias et d’analystes avaient misé sur une victoire haut la main de la candidate démocrate, il n’en fut rien. Les élites de la politique américaine se doivent de faire avec “The Donald” à la Maison-Blanche, et tous s’accordent à dire que sa présidence sera sûrement une présidence inédite dans l’histoire américaine. Par ailleurs, vous n’êtes sûrement pas sans savoir que le slogan de Donald Trump était “Make America Great Again”. Mais d’où vient ce slogan? Donald Trump est-il similaire à celui à qui il l’a emprunté? De quoi est-il représentatif? Vous trouverez toutes les réponses à ces questions dans l’article qui suit!


LET’S MAKE AMERICA GREAT AGAIN!

Tels étaient les mots de… Ronald Reagan! Et oui, le slogan du président-élu n’est pas du tout une invention ou une formule magique sortie de l’imaginaire de ses collaborateurs, en réalité, ce slogan fût utilisé il y a déjà bien des années, pour la campagne d’un autre outsider républicain qui, lui aussi, avait gagné la Maison-Blanche a l’issue de la campagne. Nous sommes en 1980, L’Amérique est présidée depuis quatre ans par le démocrate Jimmy Carter, éleveur de cacahuètes, très croyant, progressiste et surtout pacifiste, il croit en une Amérique morale et irréprochable. Il apporte alors une vision idéaliste de la politique extérieure américaine, mais cela fera de lui un “président faible” malgré ses réussites par exemple concernant l’accord du Camp David entre Israël et l’Egypte en 1978, ou encore l’accord SALT II ( Strategic Arms Limitation Talks ) l’illustration même de cette faiblesse du point de vue externe, c’est l’invasion de l’Afghanistan par l’URSS en 1979, du point de vue interne, c’est un discours prononcé le 18 septembre de cette même année, et qui sera surnommé par ses opposants “Le discours du malaise”. Il y annonce aux américains que la nation est en crise de confiance. Celui-ci, sans forcément le vouloir, va faire peur aux américains, qui ont une hantise prononcée du déclin, ce qui va profiter évidemment aux républicains. En 1980, Ronald Reagan, ex-gouverneur de Californie se lance dans l’élection présidentielle. Il remporte la primaire face notamment à George.H.W.Bush, et affronte Jimmy Carter. Celui-ci insiste sur le fait que Carter serait le président du déclin, qu’il n’aurait rien fait pour éviter aux soviétiques de prendre de l’influence, il annonce aussi que l’ère de la détente est terminée, et qu’il faut négocier avec Moscou en position de force. La fougue de Reagan étonne, effraie, mais crée surtout un engouement populaire pour la personne et pour le discours! C’est un discours à contre-courant, agressif d’un point de vue extérieur et populiste d’un point de vue intérieur, Reagan est en effet ultra-libéral, il brise totalement les régulations mises en place par ses prédécesseurs. C’est ici que Donald Trump est une sorte de réincarnation de Ronald Reagan, tout en étant son contraire.


IS DONALD TRUMP THE NEW RONALD REAGAN?

No, he is not. Même si Donald Trump va utiliser la même stratégie que son adversaire, et même son slogan, il défends des idées radicalement différentes de celles de Reagan. Alors que celui que Nancy Reagan surnommait affectueusement “Ronnie” était ultra-libéral, pour des dérégulations à tout va, et pour une politique étrangère ferme et puissante, “The Donald” est en faveur d’une sorte de nouvel isolationnisme américain, même si celui-ci est à prendre avec des pincettes et surtout à modérée. Nous parlons ici d’isolationnisme car Donald Trump est favorable à deux courants idéologiques qui sont en contradictions avec l’idée de Destinée Manifeste qui anime les Etats-Unis depuis bien longtemps.

  • Donald Trump est favorable au protectionnisme, c’est à dire à l’idée de protéger l’économie face à certaines nations qui selon les partisans contemporains de ce courant, utiliseraient le néo-libéralisme et le libre-échange pour détruire les emplois des nations industrialisées.
  • En faveur d’une Amérique qui n’assumerait plus le “fardeau du monde libre” ou en tout cas pas seule, ce qui se concrétiserait par une diminution des troupes américaines dans le monde, et donc de l’influence de Washington. Notons aussi une hostilité vis-à-vis de certaines institutions historiquement acquises à Washington comme l’OTAN par exemple.

De ce fait, ces deux dogmes de campagne sont antithétiques à ceux de Ronald Reagan en son temps. Par ailleurs, le fils du 40e président des Etats-Unis s’était opposé à Donald Trump lors de certaines interventions publiques. Mais force est de constater que Donald Trump a utilisé la même méthode que Reagan pour arriver à ses fins : Surfer sur des idées à contre-courant et s’attaquer à l’Establishment de Washington. Néanmoins, la comparaison précise des campagnes et présidences de Ronald Reagan et de Donald Trump se fera dans un autre article.


MAKE AMERICA GREAT AGAIN : DE QUOI EST-CE SIGNIFICATIF?

Si le candidat républicain de 2016 a repris le slogan du candidat républicain de 1980, ce n’est pas pour rien. En effet, les problèmes semblent êtres les mêmes, en tout cas pour la droite américaine. Le président Obama aurait eu une politique étrangère faible : La fameuse ligne rouge bafouée en Syrie, le désastre libyen, l’insolence russe, l’expansionnisme de Pékin en mer de Chine, les relations médiocres avec Israël, le traité iranien… Bien des actions ( ou inactions ) de Barack Obama qui ont déplus à une partie de l’électorat républicain, et même américain en général. Ainsi, Trump en bon populiste, a déclaré haut et fort ( et il ne fut pas le seul ) que le président Obama avait mis en situation de déclin l’Amérique ce qui est clairement à nuancer tout comme il avait fallu nuancer le bilan de Jimmy Carter. Barack Obama a réussi à abattre l’homme le plus recherché du monde : Ben Laden. Il a réussi à éviter certains conflits au peuple américain grâce à la doctrine du Leading from behind. Ainsi, ce qui peut paraître faible aux yeux d’un faucon peut paraître intelligent aux yeux d’une colombe, ou surtout d’un modéré. Mais les américains ayant une hantise historique du déclin, ils ont préféré voter pour un homme menaçant de lancer une bombe nucléaire sur l’Europe ou au Moyen-Orient. Ainsi. Le Slogan utilisé nous démontre bien que le populisme a gagné aux Etats-Unis, et que les américains se sentent en situation de déclin, déclin relatif mais qui existe, nous verrons cela dans un prochain article.

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