Les matières augmentées, un pas de plus vers la science-fiction

La matière augmentée, vieux rêve de l’humanité, comme la cape d’invisibilité, capable de cacher une ou deux personnes de la vue du monde, avantage décisif de Frodon et Harry Potter. Comme la chemise de Mithril de Frodon, encore, qui brille de mille feux, est légère et protège des coups d’épées et autres lances que le porteur de l’anneau se prend à longueur de films.
L’homme a souvent enrobé la matière et notamment le tissu d’un aura presque magique. Et puisque la magie n’est qu’une science que l’on ne comprend pas, on peut se tourner vers la science-fiction pour nous donner des exemples de tissus merveilleux. Imaginez, une combinaison qui change de couleur, comme la peau d’un caméléon, qui change de taille et de forme, ou même une armure qui prendrait son indépendance comme celle d’Iron Man ?

Si l’on est encore loin, il est déjà des exemples intéressants à explorer.
Signe de notre époque, c’est le tissu tactile qui booste les esprits en ce moment. Une pression du doigt, un léger glissement et l’information passe et part.
Et lorsque l’on parle d’innovations capable d’atteindre la lune (= a moonshot project), Google n’est jamais bien loin puisque le Projet Jacquard a fait le buzz à la dernière conférence I/O. Cela correspond en une bobine de fil connectée compatible avec la majorité des machines à coudre et qui permet, avec un simple travail de retouche, de rendre le textile tactile. En frottant simplement sa manche, on pourrait ainsi répondre à un appel ou changer de musique sans sortir son smartphone de sa poche. A l’heure où ceux-ci sont de plus en plus compliqués à manipuler, c’est un enjeu plus important qu’il n’y parait.
Pour une voiture, on pourrait imaginer des dossiers tactiles qui permettraient de contrôler le tableau de bord depuis l’arrière, ou des commandes sur un accoudoir dont les boutons seraient complètement invisibles à l’arrêt.
Car un autre type de fil commence à faire son apparition et excite la mode, développé par la start-up Primo 1D du CEA de Grenoble, le e-thread est un fil constitués de LED, pour un vêtement scintillant, et d’une puce RFID pour identifier le vêtement. Avec une couture propre, on peut ainsi imaginer un T-shirt capable d’afficher différents message la nuit, ou justement de faire apparaître des boutons pour les fonctionnalités tactiles. Quant à la puce RFID, elle permet d’identifier un tissu sans se tromper ou d’embarquer des informations dans sa manche, littéralement.
Si cela fait rêver votre âme de Maker, je vous conseille également le site de Maurin Donneaud qui est rempli de projets excessivement passionnants sur le textile connecté. Il a l’avantage de tout expliquer et d’être (théoriquement) réalisable à la maison. Pour avoir testé lors d’un salon son Keyboard, j’ai été vraiment bluffé des possibilités qu’offre son montage sommes tout assez rudimentaire.

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