« Mon Dieu, mon Dieu je t’en supplie, fais que je sorte de cette ornière, que je trouve enfin la voix, la solution, dans l’écriture ou autre chose. Aide-moi mon Dieu, aide-moi ! Ça fait des mois que je m’enlise. Il n’y a qu’à ma table que je sois bien, qu’à mon bureau, mais à ma table je n’avance pas, je ne sais pas tourner la page. Aide-moi mon Dieu, aide-moi à me libérer ou peut-être à arrêter d’écrire. Aide-moi, aide-moi, moi qui ne t’ai jamais trahi. » Et même si Dieu ne disait rien, s’il me laissait vraiment tout seul, tous les matins je le priais, tous les jours, à voix basse et dans ma tête, cherchant dans la religion de mon enfance l’apaisement et la lumière que l’écriture, religion de ma maturité, avait cessé de me donner. (…) Et quand, s’invitant par le Velux du plafond, la lune éclairait notre chambre, j’y voyais là encore ce Dieu et me prenais à lui parler, à l’invoquer, et tel Moïse au Sinaï, je levais vers lui des bras fidèles m’imaginant obtenir, en échange, les tables d’une loi dont, contrairement à Moïse, je savais pourtant bien que je ne pourrais jamais être que le seul et unique auteur. Volume II p76

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