Une année hors du flux

Il y a un an presque tout rond, nous déposions les statuts de Noice. Nous sommes toujours là pour vous en parler, et ça c’est déjà cool. En un an, il s’est passé pas mal de choses, qu’on va essayer de vous raconter ci-dessous. Bonne lecture !

1ère satisfaction : cette idée de communication de temps long, “hors du flux”, fait son chemin

Il y a quelques semaines, nous sommes tombés sur cette simple mais puissante comparaison : si aujourd’hui, de plus en plus de consommateurs s’intéressent à l’origine et à la composition des produits qu’ils achètent — et c’est particulièrement vrai pour les produits alimentaires — peu en revanche s’interrogent sur la provenance et la qualité des informations qu’ils ingurgitent.

Le temps long, c’est un peu notre label bio à nous. Nous encourageons nos clients à produire moins, mais mieux. A fuir les contenus industriels, faits à la chaîne. A tourner le dos à l’élevage intensif de contenus, gavés aux intrants dans ces fameuses “fermes” de contenus.

Nous ne sommes pas les seuls à prôner cette approche écologique.

En l’espace d’un an, nous avons observé comme une accélération de la prise de conscience par les médias, les citoyens, et certains créateurs de contenus : le tourbillon de données, de sources, d’avis, de formats ne rend pas mieux informé ; pis, l’abondance d’information et la pluralité des points de vues disponibles désorientent. Face à cette opulence, la tentation est grande de se réfugier dans des narrations simples, voire des conspirations.

Les marqueurs de la désaffection envers le modèle du flux sont nombreux.

En un an, nous avons l’impression que le mouvement a passé le stade du frémissement. Et qu’il va être de plus en plus intéressant à suivre.

2ème satisfaction : Noice, ça marche 🦍

Le défi était de taille : convaincre des clients de miser sur une communication douce mais exigeante, une communication sensée, mais pas sensationnelle.

Défi relevé : sans compter les collaborations avec d’autres agences, une dizaine de clients nous ont fait — et nous font — confiance (merci à eux !). Notamment :

Nos missions ont été variées : stratégie et positionnement, surtout, mais aussi identité, production de sites, réflexion éditoriale, audit de marque et de comm’, conférences/ateliers/cours, etc.

Pour chaque mission — c’est notre petite fierté — nous avons réussi à faire du Noice, c’est-à-dire que nous n’avons pas dérogé aux quelques principes que nous nous étions fixés.

Nos stratégies ne promettent pas des quantités astronomiques d’interactions et de vues éphémères, mais bien des relations durables avec des publics véritablement intéressés ; nos sites sont conçus pour valoriser sur un temps long les réflexions et créations de nos clients ; les contenus que nous confectionnons s’affranchissent des formats et des contraintes de calendrier pour se concentrer sur l’essentiel : une voix unique, assumée, experte, inédite.

Quelques exemples :

1. Le Domaine des Hautes Glaces : stratégie & site

Sans doute notre projet le plus ambitieux, car le plus proche de notre philosophie. Après son rachat par le groupe Rémy Cointreau, le Domaine des Hautes Glaces cherchait une agence pour l’accompagner dans la professionnalisation de sa communication digitale.

Noice a été sélectionné pour mener à bien plusieurs projets : proposer une stratégie générale de communication, consolider l’identité du Domaine, construire son site (à la fois vitrine internationale, plateforme de discours et espace de vente), et enfin accompagner le Domaine dans la création de ses contenus.

Le Domaine des Hautes Glaces, sur le plateau du Trièves.

Situé sur le plateau du Trièves, au sud de Grenoble, Le Domaine des Hautes Glaces produit des whiskies d’exception. Contrairement à 99,9% des whiskies, il en maîtrise toute la chaîne de production : de la récolte des céréales (bio) qui poussent autour du Domaine, à la distillation, en passant par le maltage, les whiskies produits au domaine rendent hommage à la céréale et au terroir.

Sortie du site prévue au 1er trimestre 2019.

Une bonne occasion pour une excursion à la montagne au printemps dernier.

2. Institut pour l’Innovation Économique et Sociale, a.k.a le 2IES : stratégie, branding, conseil & site

Le 2IES est un think-tank indépendant qui réfléchit à l’amélioration du modèle social français. Il fait d’ailleurs plus que réfléchir : il expérimente de nouvelles idées, va sur le terrain, écoute, teste, explore. Il projette une situation idéale (par le biais de la fiction) et explicite les étapes pour la faire advenir.

Le 2IES prend à rebours les discours souvent alarmistes des autres cercles de réflexion, en proposant des solutions testées et avérées (par exemple, un dispositif de médiation prud’homale avec des entreprises partenaires).

L’Institut nous a contacté en fin d’année dernière pour l’accompagner dans son éclosion : stratégie de communication, création d’une identité visuelle, conception et développement de son site, …

C’est un projet passionnant, très riche, avec un client qui adhère complètement aux valeurs de Noice : fuir le bruit, envisager la communication comme un véhicule à idées plutôt que comme un levier de reconnaissance.

Rendez-vous dans les prochaines semaines pour la sortie du site et des premières études.

3. Le French Impact : branding, mini-site & stratégie

Le French Impact est une initiative gouvernementale, portée par le Ministère de la Transition Écologique et Solidaire, qui a pour mission de fédérer et valoriser la diversité des acteurs de l’innovation sociale. Une mission qui nous a tout de suite parlé.

L’idée derrière la création de cet accélérateur est simple : permettre aux initiatives locales (portées par des associations, startups, entreprises engagées, collectivités ou citoyens) qui ont un impact social positif et qui répondent aux grands défis sociétaux (transition écologique, économie inclusive, réussite éducative, accompagnement générationnel) de devenir des solutions nationales.

La problématique était épineuse : comment se mettre au service de l’économie sociale et solidaire, sans la dénaturer, ni se l’approprier ?

Nous avons eu la chance de rentrer très tôt dans le projet, et sur trois missions structurantes :

  1. La création d’une identité forte, loin des stéréotypes de l’ESS, flexible et facilement déclinable ;
  2. La création d’un mini-site pour présenter les grandes lignes du projet, son manifeste et les premiers projets accélérés ;
  3. Une stratégie de communication digitale globale, qui veut mettre au centre les projets et tous les acteurs de cette transformation en profondeur de notre société.
by Aurélien Jeanney https://www.aurelienjeanney.fr/#/le-french-impact/

Et avec — sans mauvais jeu de mots — un début d’impact intéressant (relayé ici et notamment).

Les limites du modèle (car tout n’est pas tout rose non plus)

Cette première année d’exercice a été passionnante. Mais tout n’a pas été toujours facile. En définissant nos valeurs, notre “vision”, nous avions fixé un cap ambitieux, et nous nous étions mis un sacré paquet de contraintes. Il ne fallait pas faiblir, ne pas lâcher, sans quoi Noice n’aurait été qu’une énième agence de comm’.

Le plus dur a donc été de tenir tête, de garder le cap, de dire “non” régulièrement. Dans la phase de prospection, nous avons refusé un certain nombre de projets qui ne nous correspondaient pas. Même en cours de mission, nous avons parfois dû rappeler nos convictions, les défendre.

Même pour nous, il n’a pas toujours été évident de résister à la tentation de faire “comme d’habitude” : est-ce que c’est assez Noice ? Est-ce que nous ne sommes pas en train de répéter des modèles déjà éprouvés ailleurs ?

In fine, et nous en sommes bien conscients, le long terme n’est pas la réponse à tout. Quand bien même nous mettons les sites au centre, il serait encore contre-productif, pour la plupart de nos clients, de les couper totalement des opportunités qu’offrent certains réseaux sociaux.

Charge à nous en revanche de les aider à les utiliser de manière sensée, parcimonieuse, et de ne pas les laisser être obnubilés par les chiffres (nombre de vues, likes…).

Être entrepreneur (alors, c’est cool ou pas ?)

C’est franchement cool.

Nous avons trouvé un meilleur équilibre entre vie privée et vie professionnelle — et c’était aussi le but. Personne n’y croyait à part nous (“vous verrez”), mais notre rythme est clairement moins frénétique, et permet de se poser confortablement dans chacune des missions, de prendre le temps de réfléchir, et de produire sans se précipiter.

Après avoir navigué pendant quelques mois entre cafés, terrasses et canapés, nous avons emménagé dans des bureaux place Sainte-Marthe, dans le 10ème. Des bureaux qui nous correspondent bien et qu’on partage avec joie avec l’équipe de Wandi.

Notre cour. Et oui, ce sont bien des poules et des canards.

Sinon, il est vrai que l’apprentissage de la vie d’entrepreneur est parfois plus compliqué que prévu. Et notamment le fameux problème de trésorerie fluctuante : les clients payent souvent tard (ils prennent le temps long un petit peu trop à cœur…), et il en est même un qui ne paye pas du tout.

Un grand merci au passage à notre banquier, Vincent, notre comptable, Franck, et notre avocat, Benoît.

Mais ce qui nous rend le plus heureux, dans ce nouveau rôle de “patrons”, c’est d’avoir le bonheur de collaborer avec des gens que l’on aime, et de pouvoir les payer pour cela. Et pour le coup, nous nous efforçons de les payer le plus rapidement possible.

L’occasion d’en placer une pour tous nos merveilleux partenaires qui ont fait un boulot remarquable toute l’année : Félix, Aurélien, Camille, Matthieu, Baptiste, Vincent, Émile, Alex, Thierry, Solen.

Les promesses de l’an II

Il serait naïf de se dire que nous sommes arrivés à destination, il nous reste toujours à gravir la montagne de défis, de surprises, de joies et de déceptions qui nous attendent. Et notamment :

  1. Nous sommes toujours deux aux commandes, et il nous titille de faire grandir l’équipe. Nous n’avons pas fondé Noice que pour nous deux.
  2. Côté business, nous avons de multiples envies inassouvies. Au fur et à mesure que nos projets de l’an I sortent, nous construisons un set de références qui nous permettra de viser plus haut. C’est un détail, mais nous n’avons par exemple pas encore signé de client étranger — malgré quelques tentatives. Ça nous plairait bien.
  3. Cette année, nous avons eu la chance de prêcher la parole de Noice ici et là : chez Air Liquide pour un meet-up interne, auprès de Saint-Gobain lors d’un atelier sur les KPIs du futur, à l’Institut Français de Presse de Paris II dans le cadre d’un cours sur l’influence du modèle publicitaire sur le journalisme, etc. C’était à chaque fois un vrai plaisir de confronter nos idées, et de les renforcer au contact d’autres expériences, et d’autres expertises. Nous chercherons assurément à continuer dans cette voie.

Voilà, c’est tout pour cette année, vous êtes arrivé.e à la fin de ce début d’histoire.

Si ça vous inspire, vous révolte ou vous donne des idées, vos commentaires sont plus que bienvenus. Et si vous souhaitez faire partie de notre an II → hello@noice.fr

Un dernier mot : nous organisons une modeste mais sympathique bringue d’anniversaire le 26 octobre au soir, au Molo Molo, Place Sainte-Marthe dans le 10ème à Paris. Vous passez nous voir ?

Il y a pile un an, Noice c’était une dizaine de slides (et quelques bières vides).