L’OIM appuie les enfants dans les écoles coraniques de la Mauritanie pour améliorer leurs conditions de vie

OIM - ONU Migration
Nov 7 · 4 min read
Des élèves de la Mahadras de Teyarett (sud de Nouakchott). Magali Boivert/OIM Mauritanie

« A 13 ans, j’ai dû aider mes parents dans leur champ, mais mon rêve était de devenir Imam. Mes proches m’ont dit qu’en Mauritanie, l’enseignement du Coran était de très bonne qualité, et comme beaucoup d’habitants de mon village s’y rendaient pour suivre cet enseignement, j’ai décidé de faire le voyage en 2015 », dit Mohamed, un jeune Gambien de 17 ans.

Depuis le 13ème siècle, la Mauritanie est réputée en Afrique sub-saharienne pour la qualité de l’apprentissage du Coran, et pour ses villes saintes Oualata, Ouadane, Chinguetti et Tichit qui ont été classées au patrimoine mondial de l’UNESCO.

De nombreux musulmans de la région se rendent en Mauritanie afin de perfectionner leur apprentissage de la religion, y compris des enfants, envoyés par leurs parents. Ces enfants sont hébergés dans des écoles coraniques non formelles appelées mahadras qui dispensent une éducation islamique.

Les outils traditionnels de l’apprentissage du Coran sont une ardoise en bois, une plume en bois aiguisé et de l’encre noire. Magali Boivert/OIM Mauritanie.

Ces mahadras dépendent des dons en matériel ou en repas et subventions de particuliers pour subsister. En raison des mutations sociales et économiques dans le pays, le coût de l’éducation islamique a augmenté et la générosité ne suffit plus pour subvenir aux besoins des élèves.

Pis encore. Ces mutations ont un impact direct sur la qualité de vie des jeunes élèves qui se voient parfois dans l’obligation de mendier pendant des heures afin de subvenir à leurs besoins et de donner à leur maître coranique une somme journalière, au risque de subir parfois de mauvais traitements.

Un grand nombre d’entre eux sont des enfants migrants venus des pays de la sous-région, tels que le Sénégal, le Mali, la Guinée, la Gambie ou la Sierra Leone. Parfois, les Mahadras représentent également un lieu d’accueil pour des enfants migrants non-accompagnés en route vers l’Europe.

Mohamed, jeune Gambien de 17 ans est en Mauritanie depuis 2015 pour apprendre le Coran. Magali Boivert/OIM Mauritanie

Dans tous les cas, les liens familiaux et sociaux sont rompus, et ces jeunes sont davantage exposés à la violence et la marginalisation.

Depuis 2016, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) collabore avec l’Association des Oulémas* de Mauritanie pour améliorer les conditions de vie de ces enfants migrants résidant dans les Mahadras et créer des passerelles entre l’éducation traditionnelle et « la vie adulte » en leur offrant une opportunité d’intégrer la vie professionnelle.

Depuis le début de cette collaboration, plus de 1 100 enfants migrants et mauritaniens ont été soutenus à travers une aide alimentaire et non-alimentaire dans dix mahadras situées à Nouakchott, Bassikounou et Sélibaby. Une collaboration entre l’OIM et les ONG locales (APE, ESD et ACSADE) a permis de mettre en place plusieurs activités sportives et récréatives au sein de ces écoles coraniques.

Les outils traditionnels de l’apprentissage du Coran sont une ardoise en bois, une plume en bois aiguisé et de l’encre noire. Magali Boivert/OIM Mauritanie.

Récemment, les élèves ont commencé à suivre des cours de français, de mathématiques et d’arabe, et bientôt les plus âgés pourront participer à des formations professionnelles et démarrer leur activité génératrice de revenus.

« Je suis resté pendant six mois avec d’autres jeunes Gambiens dans un village au sud-est de la Mauritanie. Nous avons eu du mal à nous adapter, car nous ne comprenions pas la langue et nous avions du mal à manger les plats locaux. J’ai plus tard décidé de partir du village pour rejoindre une mahadras à Nouakchott, soutenue par l’OIM. Je me suis bien intégré depuis que je suis là. Il ne me reste que quelques hisibes (versets de Coran) à maîtriser, pour enfin pouvoir retourner dans mon pays et devenir Imam », confie Mohamed.

Des élèves de la Mahadras de Teyarett (sud de Nouakchott). Magali Boivert/OIM Mauritanie

Ces efforts ont été possibles grâce au financement du Programme de Développement Régional de Protection (RDPP) financé par l’Union européenne.

*L’Association des Oulémas est une organisation créée sous l’égide du Ministère des affaires islamiques et de l’enseignement originel pour coordonner et contrôler les activités au sein des écoles coraniques.

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Compte officiel de l'OIM, l'Organisme des Nations Unies chargé des migrations. Des histoires de résilience et de migration en français.

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