Moi, Amadou, migrant ou la quête d’une vie meilleure.

OIM - ONU Migration
Jul 29 · 4 min read

« Mon voyage a commencé au Mali. Je suis allé à Bamako où j’ai travaillé dans la couture parce que c’était très rentable », dit Amadou, un Mauritanien de 34 ans,. « J’ai pu gagner de l’argent que j’ai mis de côté pour la suite de mon voyage. »

Amadou a grandi à Nouakchott, la capitale de la Mauritanie. Plus jeune, il exerçait le métier de couturier dans son quartier : « J’ai créé mon propre atelier. Grâce aux périodes de fêtes durant lesquelles j’avais plus de clients, j’arrivais à économiser de l’argent tout en subvenant aux besoins de ma famille ».

Marié et père de trois enfants, il a pris la décision de tenter sa chance hors de la Mauritanie, « pour gagner plus d’argent », et ainsi assurer une bonne éducation à ses enfants.

“Il y avait plein de rumeurs disant que des personnes avaient traversé la frontière marocaine pour l’Europe.”

En 2016, Amadou se rend d’abord en Côte d’Ivoire pour faire du commerce. “Je revendais des produits divers tels que les accessoires électroniques. A cette période je gagnais bien ma vie”, dit-il.

Mais Amadou avait d’autres projets en tête. “Avec mes amis commerçants, on évoquait souvent l’idée de partir en Algérie. On nous disait qu’à partir d’Oran [au nord-ouest de l’Algérie] il était possible de traverser la frontière pour aller au Maroc, puis en Europe. Il y avait plein de rumeurs disant que des personnes avaient traversé la frontière marocaine pour l’Europe.”

Motivé par ces rumeurs, Amadou prépare donc son départ pour un ambitieux voyage. Avec ses compagnons il rejoint Bamako puis Gao, au nord du Mali. “Un groupe de personnes devait nous conduire jusqu’à la frontière algérienne pour 50,000 CFA (76€). Arrivés à mi-chemin, ils nous ont confié à un deuxième groupe qui s’est avéré malveillant ”, dit-il.

“Ils ont appelé ma famille pour dire que s’ils n’envoyaient pas 20 000 MRU (484€) ils allaient me tuer”

Le voyage d’Amadou tourne alors au drame. “Nous avons rencontré plusieurs barrages contrôlés par des groupes armés. Ils nous ont extorqué le peu de biens que nous avions. Nos habits, nos chaussures, nos montres et d’autres objets sans valeur. Il ne nous restait plus rien lorsqu’on est arrivé au lieu où ils nous ont gardé en otage.”

Frappés et torturés par le groupe de ravisseurs, Amadou et ses compagnons sont forcés de coopérer pour sauver leur vie. “Ceux qui ont résisté ont été tués et dépouillés et ceux qui n’avaient pas d’argent sur eux ont été forcés d’appeler leurs proches pour leur demander de payer leur rançon.”

“Ils ont appelé ma famille pour dire que s’ils n’envoyaient pas 20 000 MRU (484€) ils allaient me tuer”. La famille et les proches d’Amadou décident donc de coopérer afin de récolter ce montant et leur envoyer. Ceux qui ont réussi à payer leurs ravisseurs ont été libérés après huit jours de captivité. Ils ont ensuite été conduits à la ville de Bordj Bou Arreridj au nord de l’Algérie, “nous avons dû y rester car nous n’avions plus d’argent pour continuer jusqu’à Oran. J’ai travaillé de manière journalière dans un atelier de PVC, ce qui m’a permis de récolter un peu d’argent pour prendre le train jusqu’à la ville”.

“C’était la première fois que je me sentais en sécurité depuis le début de mon aventure.”

A Oran, les ennuis ont continué. Amadou est interpellé puis conduit à un centre de rétention de la ville. Quelques jours plus tard il est reconduit à la frontière avec le Niger. “Une fois à Assamaka au Niger, on a été accueilli par l’OIM qui nous a donné de la nourriture, des couvertures, des vêtements … Puis on a été emmenés au centre d’Agadez. Ils nous ont bien accueillis. C’était la première fois que je me sentais en sécurité depuis le début de mon aventure.”

Amadou a été pris en charge par l’OIM Niger qui lui a offert une aide médicale et alimentaire et un hébergement au centre d’accueil d’Agadez, puis il a émis le souhait de vouloir rentrer en Mauritanie. Les équipes sur place se sont mobilisées pour préparer son retour, il a été transféré par la suite au centre d’accueil de Niamey où il a été pris en charge en attendant son départ.

Une fois de retour, Amadou aura droit à un projet de réintégration. Il suivra d’abord une formation sur les AGR (Activités Génératrice de Revenu), ce qui l’outillera pour le choix et dans la mise en œuvre de son projet de réintégration.

Entre mai 2017 et mai 2019, 14 Mauritaniens ont été aidés au retour volontaire dans leur pays. L’OIM Mauritanie a par ailleurs assuré l’aide au retour volontaire de 407 migrants depuis la Mauritanie vers leur pays d’origine. Cette aide a été rendue possible grâce au financement de l’Union européenne à travers l’Initiative conjointe UE-OIM pour la protection et la réintégration des migrants en Mauritanie.

Cette histoire a été écrite par l’OIM Mauritanie.

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Compte officiel de l'OIM, l'Organisme des Nations Unies chargé des migrations. Des histoires de résilience et de migration en français.

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