‘Un meilleur avenir chez soi’: L’assistance à la réintégration au Cameroun

Par une chaude journée du mois d’août, le personnel de l’OIM à Douala, au Cameroun, tenait dans ses bureaux des machines à coudre, des rouleaux de tissu, des produits de salon de beauté, des fruits et légumes et beaucoup d’autres produits sous forme de kits d’assistance à la réintégration individuelle. À l’extérieur, 22 migrants de retour, récemment rentrés de Libye, attendaient patiemment.
« Je suis rentrée de Libye avec mon mari et notre fille de 12 ans », dit Marlise. « Là où nous étions, nous avons été témoins de torture et d’abus. C’était très dur, surtout pour notre fille, de supporter la faim et le bruit des coups de feu. Elle voulait rentrer au pays ».
L’OIM, l’organisme des Nations Unies chargé des migrations, a aidé Marlise et sa famille à rentrer au pays en toute sécurité. Elle lui a déjà fourni un soutien financier pour la scolarité de sa fille. La famille va maintenant recevoir une assistance supplémentaire pour un nouveau départ.
Grâce à l’assistance de leur conseiller pour la réintégration, Marlise et son mari ouvriront une épicerie dans la Cité des Palmiers à Douala, qui devrait leur permettre de recommencer une nouvelle vie.
Bertrand, âgé de 30 ans, est également en train de bâtir un avenir meilleur dans son pays. Il est rentré au Cameroun en novembre 2017, après quelques années difficiles à l’étranger.
« Toutes ces années que j’ai passées hors du Cameroun ont été un cauchemar pour moi », a expliqué Bertrand. « J’ai fait l’Algérie, le Maroc, le Niger et la Libye ». Sans ce soutien, nous ne saurions pas comment et par où commencer après toutes ces années de souffrance.
Son soulagement était tout aussi palpable lorsqu’il a reçu son kit de réintégration. En fonction de leurs différents projets dans leur pays d’origine, les migrants de retour ont tous reçu une assistance adaptée à leurs besoins.
« J’ai reçu une machine à coudre pour ouvrir mon atelier de couture », a indiqué Abdul, âgé de 22 ans. « C’était très dur en Libye. Il vaut mieux rester ici et essayer de se forger un avenir ».
Il avait le sourire aux lèvres lorsqu’il a reçu son kit d’assistance à la réintégration de Dr Boubacar Seybou, Chef de mission de l’OIM au Cameroun.

Hélène est rentrée de Libye avec une petite fille de six mois. Elle a quitté le Cameroun dans l’espoir de donner à son bébé un avenir meilleur en Europe, malheureusement leur voyage a fini en cauchemar en Libye. Après cette expérience douloureuse, elle a bénéficié d’une assistance au retour volontaire.
Cependant, il lui a fallu un peu de temps pour obtenir l’assistance à la réintégration. Elle est même venue se plaindre au bureau de l’OIM.
La réintégration est un long processus. Elle peut prendre jusqu’à six mois avant que l’OIM ne distribue les kits d’assistance. Pendant ce temps, les migrants de retour peuvent perdre patience ou épuiser leurs ressources. À cela s’ajoute le travail complexe que doit mener l’OIM pour identifier les besoins et les compétences du migrant, élaborer un projet de réintégration viable et fournir les équipements ou services nécessaires pour soutenir ce projet.
À la sortie de sa rencontre à l’OIM, Hélène était tout souriante.
« Je suis venue recevoir l’assistance qui m’est offerte ! » a-t-elle déclaré. Elle est repartie avec deux casques-séchoirs, des bacs de lavage cheveux et des fers à boucler pour équiper le salon de coiffure qu’elle prévoit d’ouvrir « pour un nouveau départ dans son pays ».

Le gouvernement est conscient de l’importance des projets d’autonomisation des jeunes, en particulier les migrants de retour. Imran et Hamed sont rentrés du Maroc en mars. Ils se sont rencontrés pendant leur périple migratoire et ont décidé d’ouvrir ensemble un restaurant dans leur pays d’origine. Leur kit d’assistance à la réintégration collective comprend un réfrigérateur, une cuisinière, une poêle à frire, des verres, des plateaux et d’autres équipements de cuisine.

Au début de l’été, le Ministre de la Jeunesse et de l’Éducation civique du Cameroun, M. Mounouna Foutsou, s’est rendu au bureau de l’OIM pour remettre à deux autres migrants de retour, Élise et Brice, du matériel d’élevage de volailles.
Marlise, Hélène, Abdul, Imran et Hamed font partie des plus de 560 Camerounais qui ont déjà reçu des kits d’assistance à la réintégration ou une formation professionnelle.
Depuis juin 2017, l’OIM a aidé 2069 Camerounais, la plupart bloqués en Libye et au Niger, au retour volontaire dans leur pays d’origine.
Les membres du personnel de l’OIM au Cameroun veillent à ce que tous ces migrants de retour bénéficient de l’assistance à la réintégration fournie dans le cadre de l’Initiative conjointe UE-OIM pour la protection et la réintégration des migrants, lancée au Cameroun en juin 2017.
Serena Pescatore, Responsable de communication et sensibilisation à l’OIM Cameroun.
