Ces Francais Star de la Silicon Valley.

Interview dans L’Opinion du 22 Septembre par Hugo Sedouramane

Après une carrière dans des grands groupes français, vous êtes arrivés dans la Silicon Valley pour travailler pour le fonds d’investissement Next World Capital. Comment observez-vous les comportements à l’égard des français dans le secteur technologique en Californie ?

La Silicon Valley est un monde de performance, les croissances des start ups y sont fortes, les coups d’arrêt brutaux aussi. Votre valeur vient moins de votre diplôme et de votre expérience, et davantage des résultats que vous délivrez à court terme par rapport à vos engagements. C’est valable pour tout le monde, 60% des cerveaux. viennent d’en dehors de Californie et 40% d’en dehors des Etats-Unis. Il est juste de dire que la communauté indienne est très bien implantée et a beaucoup de personnalités au top des Gafas et start ups, la communauté française a de son côté une bonne image (maths/ ingénieurs, entrepreneurs) et est bien organisée. Les français de la Silicon Valley sont toujours attachés à la convivialité, entre eux ou dans les évènements du consulat, de la chambre de commerce Franco-Américaine et de réseaux (exemple Frenchfounders).

Vous parlez d’une forte compétition mais d’une forte entraide.

L’entraide est très développée. Ici si n’importe qui dans le secteur envoie un mail à une personnalité connue, il est rare que la personne refuse de le voir pour une conversation autour d’un café, trente minutes. C’est la culture du “pay it forward”, où la réciprocité pourra trouver sa place sur le long terme. Les “petits nouveaux” sont bien accueillis. On ne retrouve pas cela à New-York, y ayant travaillé plusieurs années. Il reste un travail médiatique à faire : les français de la Silicon Valley médiatisés en France ne sont pas représentatifs. En fait, les plus influents, entrepreneurs, experts (ex AI, home/voitures connectées) sont les plus discrets et restent souvent méconnus.

La diversité et la place des femmes dans la technologie fait beaucoup parler. La Silicon Valley se différencie-t-elle de l’Europe en la matière ?

Les femmes s’organisent, notamment les anciennes de Google ou de Facebook. Je pense que le plafond de verre est identique à celui que l’on constate en France, en particulier dans la Tech. La Silicon Valley est très forte en écosystème orienté vers les services aux entreprises (BtoB), or les femmes ont davantage tendance à développer des services pour les consommateurs (BtoC). Il n’y a pas assez de femmes investisseurs et les capitaux-risqueurs sont peu à l’aise avec certains secteurs. Une jeune entrepreneuse dans la mode m’a rapporté avoir entendu souvent “Je vais en parler à ma femme et vous répond demain».

Comment les femmes s’organisent-elles face à ces plafonds de verre ?

Des initiatives originales font leur apparition. Sukhinder Singh, la fondatrice de la start-up Joyus a lancé the Board List, une plateforme destinée à mettre les entreprises en relation avec des femmes pour les faire entrer à leur conseil d’administration. Il y a une attention croissante à ce sujet dans la Silicon Valley et on observe des femmes créer des fonds d’investissements destinés uniquement à financer des projets qui sont créés par des femmes, ou des projets qui impactent la vie des femmes.

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