Insider Post #2 /// Hydra

Tuesday, 25 April 2017

Après 24h à Athènes, une visite de Documenta 14 et un anniversaire grec, nous voilà partis pour 2h de bateau en direction de Hydra. Ile idyllique, elle a la particularité de n’avoir connu aucune promotion immobilière ou voiture. Toute construction date d’avant le XXe, le seul moyen de transport sont les ânes. Le temps s’est arrêté. Une âme, un charme fou qui attire depuis longtemps des artistes. Léonard Cohen y a vécu 7 ans dans les 60’s, bien d’autres depuis, nous en avons rencontrés. L’île réussit à se prémunir d’un coté jet-set et garder son identité bohème. On y a vécu et travaillé près d’une semaine. Ce post traite d’Ingeborg Beugel et de l’évolution de la vision de notre projet.

Hydra, first day

Deux heures de bateau pour retrouver Ingeborg. En 5 jours sur place, elle est devenue à la fois notre pote, notre maman, notre conseillère, notre maître. À peine arrivés, elle nous emmène dans le plus beau bar de l’île, nous fait boire un nombre infini de cocktails, nous présente à 2 couples d’amis artistes à elle, qui par la suite nous invitent à manger dans leurs maison pleine de charme. C’est Byzance. Ça mange divinement bien, fume de l’herbe, boit du vin, et parle jusqu’à 3 heures du matin, pour finalement nous offrir une chambre. 12 heures extraordinaires avec Konstantinos Ladianos, Stefanos Exakanthon, Petros Tigas and John John. Le journalisme, c’est donner l’envie aux autres de s’ouvrir. L’amitié et la fête font parties du travail. Ingeborg est bien la meilleure journaliste du monde.

@ the boys place

Ensuite, on déménage chez elle, une journée s’écoule. Tout est tellement lent. Manger prend 3 heures, faire des courses 2 heures. Manger deux fois et envoyer 3 mails et la journée se vit. Le temps passe trop vite sur l’île. Ingeborg est ultra occupée, entre le skype d’un de ses amants (elle en a toujours plusieurs à la fois, ça n’en dérange aucun), un coup de téléphone d’un producteur pour une série qu’elle fait, une voisine grecque qui vient la voir pour lui raconter je ne sais quelle histoire du village, pondre ses articles de freelancer, envoyer ses 200 mails-tartines par jour, le tout au vin et fumant clope sur clope. Elle trouve toujours le temps quand on se croise de discuter, rigoler, nous raconter une de ses nombreuses histoires folles, nous faire à manger. Human contact first, the journalist. Magnifique.

Ingeeeeeee

3 jours s’écoulent où nous sommes un peu perdus dans l’espace-temps, cette île, ce village, cette femme, cette vie, on perd nos repères. Ou peut-être se laisse-t-on simplement vivre. On vit avec elle, boit ses paroles, ses histoires. On n’est pas avec le journaliste du Figaro qui écrit sur la Syrie depuis ses bureaux parisiens. On est avec le tintin moderne, qui a couvert la guerre des Balkans, la guerre d’Irak, qui a tourné des dizaines de documentaires, frôlé la mort plusieurs fois. Quoi de mieux à faire que d’écouter cette femme ? 3 jours exquis s’écoulent en sa compagnie.

Hydra

Quatrième jour, on reprend nos esprits. Notre mission est à Athènes, on doit rentrer. Mais aussi, on aimerait avoir Ingeborg dans notre vidéo de crowdfunding. On lui parle de faire une Interview. S’il y a bien une femme éloquente et convaincante, c’est elle. C’est son métier, elle connaît ça, elle accepte bien évidemment. Elle sera excellente et on le sait tous. À la recherche du joli spot pour la filmer, on lui parle de la problématique à laquelle on souhaite répondre. Elle nous démonte. “Vous n’avez rien compris les gars”. Elle nous explique qu’un documentaire, c’est pas un travail académique de mise en perspective de points de vue divergents visant à répondre à une question définie. Un documentaire, c’est une histoire, des sentiments, des personnages. Un film sans scénario où la réalité remplace la fiction. Que nos réponses doivent être suggérées et non imposées par la construction méthodique d’un argument. Elle sait, nous ne savons pas. Elle nous supporte et on l’écoute. On retravaille donc notre contenu et notre approche sous ses conseils. Plus d’infos là dessus soon.

Proud donkey guy

De retour à Athènes, notre journée consiste à nous trouver un toit pour ce soir et les prochaines semaines. We are feeling good, supported, and confident that we are about to produce quality work.

On vous embrasse,

A & A