Gouvernance partagée : élection des 3 co-présidents de Démocratie Ouverte

Ce dimanche 11 février, les membres de Démocratie Ouverte (DO) ont voté pour leurs 3 co-présidents : Mathilde IMER, Kévin ANDRÉ et Antoine BRACHET. L’occasion pour DO de vous présenter son nouveau système de gouvernance partagée.

Au sein de Démocratie Ouverte, nous avons acté notre transition vers une gouvernance partagée lors de notre dernière Assemblée Générale Extraordinaire en décembre dernier. A l’occasion de cette AG les membres du collectif ont notamment validé à l’unanimité un nouveau fonctionnement avec 3 co-présidents.

Un nouveau système de co-présidence pour Démocratie Ouverte

Ce dimanche 11 Février 2018, Kévin ANDRÉ, Mathilde IMER et Antoine BRACHET ont été élus co-présidents par les membres de DO sur la plateforme Loomio, un outil que notre collectif utilise pour prendre ses décisions en ligne.
Maxime ARROUARD, membre de DO depuis ses débuts, avait exprimé sa volonté de s’engager davantage dans le collectif, notamment pour faire le lien avec l’historique de l’association. Il apportera son soutien sur les sujets de stratégie, d’organisation et de vision.

Nos co-présidents sont élus pour 3 ans (1 co-président renouvelé tous les ans, pour assurer une continuité) par tous les membres actifs, via une élection sans candidat lors d’une Assemblée Générale annuelle (sauf pour la première élection qui s’est faite en ligne, avec candidats).

Leur rôle ?

  • Être au service des membres et des projets de la communauté, dans une posture de garant et d’animation, pour que celle-ci gagne en puissance et améliore son impact sur notre système démocratique.
  • Porter la responsabilité juridique de l’association et veiller à ce que notre manifeste soit respecté et mise en œuvre.
  • Apporter une vision et une réflexion sur la stratégie et les orientations du collectif.
  • Utiliser leur droit de véto sur les décisions qui sont prises par le Cercle des Engagés s’ils estiment qu’elles mettent en danger notre collectif financièrement, juridiquement, ou dans la mise en oeuvre de sa raison d’être : “rassembler, accompagner et promouvoir tous ceux qui œuvrent à réinventer la démocratie”.

Ces missions seront assurées de manière bénévole par les trois co-présidents.

Pourquoi Démocratie Ouverte fait sa transition vers une gouvernance partagée ?

Au delà de la raison d’être exemplaire sur la question de notre propre gouvernance (ce qui semble évident pour un collectif démocratique), plusieurs raisons nous ont poussé à opter pour une gouvernance partagée :

  • Appliquer à notre propre structure nos valeurs et nos principes, pour les vivre, les incarner, les expérimenter, et ainsi représenter le changement de culture démocratique que l’on appelle de nos voeux. Car la démocratie est une culture, une manière de vivre et de faire ensemble, avant d’être des outils, des processus et des institutions.
  • Expérimenter et faire évoluer des outils de gouvernance partagée, et ainsi stimuler l’innovation démocratique, l’affiner, la faire maturer.
  • Depuis 2017, beaucoup de membres de notre collectif travaillent la question de la démocratie en entreprise. Ce thème devient même un axe phare du développement de Démocratie Ouverte en 2018 …et quelle meilleure manière pour s’emparer de cette question que de devenir nous-même un laboratoire inspirant pour nos membres et nos partenaires ?
    De plus en plus de grandes entreprises et d’administrations cherchent aujourd’hui à mieux impliquer leurs collaborateurs, à réinventer leurs modes de prise de décision, à développer l’intelligence collective et l’autonomisation de chacun à l’intérieur de leur structure mais aussi à l’extérieur. Notre gouvernance ouverte, c’est donc aussi une manière de donner envie aux organisations publiques et privées d’abandonner leurs modèles pyramidaux basés sur le contrôle …pour faire vivre des modes de gouvernance basés sur l’intelligence collective, la confiance et l’ouverture.

Comment Démocratie Ouverte fait-elle sa transition ?

Soyons clair : ouvrir sa gouvernance est un processus long et qui ne se décrète pas du jour au lendemain ! Il s’agit d’une transformation culturelle importante et un maximum de membres de l’organisation doivent contribuer au processus pour se l’approprier.

Chez Démocratie Ouverte, nous ne sommes pas au bout du processus, loin de là ! Nous venons simplement de franchir une étape importante : passer d’une structure associative classique, pyramidale, à une structure plus ouverte et coopérative.

Nous avons commencé début 2017 avec une Assemblée Générale Extraordinaire facilitée par une animatrice en intelligence collective. Un format adapté du World Café nous a permis de lancer la dynamique, continuée sur notre site, avec une démarche participative en ligne (propulsé par l’un de nos membres, Cap Collectif). Cette démarche nous a permis de co-construire et de voter notre manifeste, document structurant notre identité, notre raison d’être, notre vision, nos missions et les actions que nous souhaitons mener. 
Une seconde phase, réalisée en ligne et lors de différentes rencontres, nous a permis de traduire de ce manifeste : un mode de gouvernance, un modèle économique et une organisation opérationnelle validée lors d’une Assemblée Générale Extraordinaire puis un vote en ligne, fin 2017. En quelques lignes, voici le résultat concernant notre gouvernance :

  • Nouvelle présidence : passage d’un président à 3 co-présidents,
  • Evolution du Conseil d’Administration (anciennement élu) en Cercle des Engagés, plus ouvert et évolutif, basé sur le volontariat. Mise en place d’un Cercle des innovateurs démocratiques réunissant les porteurs de projets / organisations membres (asso et entreprises de la civic tech notamment) pour veiller que les actions du collectif leur sont bien utiles et pour donner les grandes orientations à venir.
  • Expérimentation (petit à petit) d’un nouveau mode de prises de décisions : la gestion par consentement (GPC) lors des rencontres physiques (nous comptons proposer des formations à nos membres engagés, pour partager cette pratique) et le vote en ligne (sur loomio) pour les décisions importantes du collectif (notamment pour permettre la participation des membres de toute la France et de la francophonie).
  • Nouvelle structuration pour activer le bénévolat et l’engagement des bénévoles, avec le recrutement de Léa Giraud, animatrice de la communauté des innovateurs démocratiques. Objectif : capitaliser davantage sur la force du collectif, la créativité et les ressources de chacun afin de mieux répondre aux demandes de la communauté et de nos partenaires.

Les profils des co-présidents

Kévin ANDRÉ

Professeur à l’ESSEC en innovation sociale, Kévin André a fondé Kawaa, CivicTech membre de Démocratie ouverte, agréée “entreprise solidaire” qui propose une plateforme collaborative pour développer le lien social et la participation citoyenne dans la vie réelle. Ses travaux portent sur la gestion des organisations à finalité sociale, notamment les processus d’innovation, de collaboration, de changement d’échelle et de mesure d’impact social.

Diplômé de l’ESSEC, titulaire d’un DEA de philosophie et d’un doctorat en sciences de gestion à l’Université Paris-I Panthéon-Sorbonne, il a également été Professeur des écoles et engagé dans le domaine de l’égalité des chances avec l’association Zup de Co qu’il a cofondé et dirigé.

Mathilde IMER

Mathilde est une citoyenne curieuse qui cumule différentes activités qui toutes visent à favoriser la transition écologique et solidaire.

Elle a notamment co-fondé plusieurs mouvements de jeunes en faveur du climat (WARN, CliMates), travaillé au sein du cabinet de l’ambassadrice (Laurence Tubiana) en charge des négociations pendant la COP21, et accompagné la structuration des acteurs de la finance participative au sein de l’association professionnelle Financement Participatif France.

Intimement persuadée que la transition écologique ne pourra se faire sans donner un nouveau souffle à notre démocratie, elle est partie à la rencontre d’innovateurs démocratiques en Amérique Latine dans le cadre du projet EscapaDemos, avant de devenir administratrice de DO il y a un an et de rejoindre Sparknews afin de promouvoir les innovations en faveur du climat et de la démocratie en entreprise.

Antoine BRACHET

Antoine cumule différentes activités, qui toutes servent le même objectif : contribuer à éveiller les consciences sur le monde post révolution digitale que nous avons créé, pour que celui-ci reste à hauteur d’homme.

Il a cofondé le mouvement citoyen de réflexion et d’action « Les 100 Barbares » rassemblant plus de 6 000 change-makers. Il fait partie du comité de direction de Bluenove, en charge de la partie “Intelligence Collective”.

Il est également partie prenante de différents projets permettant l’éclosion d’une démocratie réinventée.

>> Lire leurs professions de foi.

Nous souhaitons aussi adresser un GRAND MERCI à Florent GUIGNARD, co-fondateur du journal Le Drenche et président “sortant” de Démocratie Ouverte, ainsi qu’à Louis-Alexandre LOUVET, de IS lean et trésorier de DO jusqu’à fin 2017. Florent et Louis-Alexandre ont admirablement aidé le collectif durant cette période de transition 2017.

Le collectif Démocratie Ouverte regroupe des entrepreneurs citoyens, des civic tech, des chercheurs, des élus, des responsables associatifs, des journalistes, des agents publics (personnes physiques, associations, entreprises et institutions) …tous acteurs de l’innovation démocratique. Rejoignez-nous en adhérant en ligne.