Kilomètre 0-Retard 1 (heure et 120 minutes)
Mercredi 19 Juillet, 11h, Douzillac
Le voyage se raconte déjà dans sa préparation. Et entre la tournée d’au revoir, les imprévus et les prévus depuis trop longtemps, une question surgit : ai-je vraiment envie de partir ?

Bienvenue dans le stress pré-départ. Quand on part seul, on a beau préparer au mieux son expédition, il y a toujours cette once de doute de la bonne voie à prendre, et aucun camarade de voyage pour te dire « allez hop hop hop, on va être en retard ! ». Et quand on voit tout le beau monde qu’on quitte, et l’été qui va avec, le pari d’un voyage réussi peut paraître un peu risqué. Sédentarité, quand tu nous tiens…
Ainsi, le coq a beau avoir eu l’amabilité de me réveiller à 6h ce matin pour prendre de l’avance dans mes préparatifs, tout semble vouloir te retenir : le sac que tu n’as jamais vraiment fini, les pots de fleurs qui ont pris leur envol après la tempête d’hier soir, les chats du quartier affamés, les muscles endoloris de la journée vélo de la veille, les articles qu’il te faut publier sur le site internet… Puis il y a tous ces actes du quotidien qu’on laisse en stand-by alors qu’on s’en sent responsable.
Note à moi-même et mon égo : “Paul, le monde peut et sait tourner sans toi!”
Non, au final, le comble se trouve qu’aujourd’hui, je pars à la recherche de mes racines, et pourtant chaque départ est un pincement à l’identité, puisqu’on ne sait jamais comment on va revenir, comme le résumait bien Edmond Haraucourt dans son poème Rondel de l’Adieu :
Partir, c’est mourir un peu,
C’est mourir à ce qu’on aime :
On laisse un peu de soi-même
En toute heure et dans tout lieu.
C’est toujours le deuil d’un vœu,
Le dernier vers d’un poème ;
Partir, c’est mourir un peu,
C’est mourir à ce qu’on aime.
Et l’on part, et c’est un jeu,
Et jusqu’à l’adieu suprême
C’est son âme que l’on sème,
Que l’on sème à chaque adieu :
Partir, c’est mourir un peu…
Allez, c’est l’heure de partir, à bientôt!
