Les 10 raisons de craquer pour Westworld

Ça fait quelques années que je l’attendais, cette série qui allait me renverser. Certes, en 2015, il y avait eu “Sense8” et “Mr. Robot”, la saison 2 de “The Leftovers”. Des pépites qui n’atteignaient pourtant jamais tout à fait le niveau d’un “Six feet under” ou “Breaking Bad” en leur temps.

Avant de regarder le premier épisode, je ne savais que très peu de choses : la rencontre du western et de la science-fiction, un casting 5 étoiles, une débauche de moyen, une complexité narrative saluée par les journalistes et spectateurs du monde entier dès les premiers épisodes. C’est pourtant une critique en 1 tweet du dernier des 10 épisodes qui m’a convaincu de dépasser ma crainte du syndrome Game of thrones. Avant de pouvoir apprécier dans toutes leur dimensions les papiers très élaborés de ceux qui se sont laissés comme moi embarqués.

Pour ceux qui hésiteraient encore, voici les 10 raisons aussi simples que possibles de vous inviter à plonger de toute urgence dans ce “Westworld” et surtout, à ne pas capituler au bout des premiers épisodes. Une sélection très personnelle, et très comparative avec d’autres séries, choisie aussi pour éviter tout spoiler et offrir le plaisir que j’ai eu à découvrir sans rien savoir.

1. La résolution des énigmes

L’oeuvre est mystérieuse au point de se révéler compliquée à suivre, exigeante, presque agaçante lors des premiers épisodes. Non seulement chaque minute de ces épisodes se révèle au final utile à la narration contrairement à “Game of thrones” mais “Westworld” réussit là où “Lost” a échoué : les auteurs savent exactement où ils vont et offrent donc des résolutions à chacune de ces énigmes.

2. Des twists XXL

Ce que j’aime le plus dans un récit, ce sont les surprises inattendues. Si possible sans tomber dans la caricature, certes jouissive, de “How to get away with murder” et ses twists de moins en moins vraisemblables toutes les 10 minutes. Ces révélations qu’on ne voit pas venir. Je ne crois pas avoir jamais été autant surpris par quelques-uns des retournements de situation.

3. La métaphysique utile

La dimension métaphysique de “Westworld” n’est pas un prétexte : elle est la raison d’être de la série. L’intelligence artificielle est pour une fois observée de point de vue de l’humanoïde plus que de ses créateurs. Les questionnements autour de la souffrance, les pulsions de violence et l’auto contemplation nos renvoient à nos propres dérives particulièrement d’actualité. Assumer ses prétentions métaphysiques sans tomber dans la prétention tout court se révèle l’exploit le plus notable de “Westworld”.

4. Chercher le héros

Impossible avant les 5 premiers épisodes de déterminer quels seront au final les personnages, bons ou mauvais, qui sortiront du lot, prendront une place à part. J’ai adoré me laisser perdre puis reconquérir par certain(e)s, surprendre par d’autres, séduire et décevoir par quelques-un(e)s.

5. L’argent est sur l’écran

Décors somptueux, effets visuels à couper le souffle… : les 100 millions de dollars annoncés pour 10 épisodes sont là où on les attend. Mieux encore, ils contribuent à la puissance et au souffle du récit qui aurait souffert d’un traitement plus austère à la “Real humans”.

6. La BO en exercice de style réussi

Le moins qu’on puisse dire est qu’elle est ciselée, le tout en répondant parfaitement à l’exercice imposé du piano mécanique. Mais c’est sur un très symphonique “Paint it black” que l’importance de la musique tout au long du show est annoncée dès les premiers épisodes.

7. Un casting avec encore plus d’étoiles que prévu

Il y a ceux qu’on connait (Anthony Hopkins, Ed Harris, James Marsden…), ceux qu’on attendaient moins (exceptionnelles Evan Rachel Wood et Thandie Newton), et pas mal de coups de coeur (Rodrigo Santoro, Tessa Thompson…). Aucune fausse note, la partition est exécutée avec excellence.

8. Incontournable pour briller en ville

Annoncé comme le remplaçant de “Game of thrones”, multi-nommé aux Golden Globes et probablement à toutes les récompenses de l’année 2017, il faudra avoir quelque chose à dire sur “Westworld” cette année. Autant l’avoir vu pour se simplifier la tâche.

9. Une mise en abyme inratable pour tout fan de série

Rarement une production télé aura à ce point joué avec son propre système narratif en faisant de ses boucles (loops en anglais) des ressorts qui nous plongent dans l’histoire et les coulisses de sa création. Les auteurs ont réussi ce tour de force de nous rendre complices des histoires tout en nous laissant surprendre par ce qu’elles entraînent. De façon beaucoup plus allégorique mais finalement pas si éloigné de “UNReal”, le réalisateur, les producteurs, le showrunner, les scénaristes et les acteurs d’une série sont à leur poste, presque à nos côtés.

10. Eviter la frustration

Une saison 2 est déjà annoncée (et amorcée dès la saison 1). Vous savez déjà que vous allez entendre parler longtemps de la série qui a réinventé le genre, ouvert une nouvelle ère, marqué pour des générations.

Le seul bémol -qui n’empêchera personne de regarder- tient à ce goût de mélange et de sexe qu’il faut montrer pour que la diffusion câble labellisée HBO soit omniprésente. Leur présence est certes nécessaire, leur exposition frontale parfois exagérée.

La bonne nouvelle en revanche est que Westworld est très facilement disponible en France : sur OCS ou en téléchargement sur plusieurs plateformes légales.

Comme toujours dans ces (rares) cas là, j’aimerais tellement être à la place de ceux à qui il reste encore à découvrir “Westworld”.

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