“Micro-ville” en bus

Une file, un conducteur, peu de monde, plein de monde.

Prendre le bus quand tu fais tout à pied c’est finalement découvrir le monde. Découvrir les deux mamies qui se disent l’une à l’autre qu’elles vont aller faire leur courses de bon matin.

Entrer dans le bus c’est entrer dans cette “micro-ville” roulante, c’est découvrir les autres. Ces autres sont les jeunes ados qui charrient, non, se moquent du roux de la classe en montrant des photos issues de Facebook. Ces mêmes jeunes filles qui pointent leur Smartphone vers leur voisine dans le but de voir la personne la plus atypique de leur classe respectives. C’est entendre les nouvelles de la famille de deux “voisines” séparées par la distance de plusieurs arrêts. C’est aussi voir que le fonctionnement du bus est différent du train, on fait la file, on paye ou on valide directement son titre de transport à l’entrée; quand le contrôleur pointe le bout de son nez, c’est pour éventuellement nous tirer les oreilles.

Bonjour ! Bonjour ! On dit bonjour au conducteur jovial ou indifférent, on parcourt le vestibule posé sur quatre roues dans le but de trouver un espace pour poser notre arrière-train ou “arrière-bus” sur un tissus rembourré de poussières ou autres substances non identifiées.

Dans le bus, on découvre depuis peu, la présence d’un siège dédié aux “personnes et demies”, ce n’est ni un siège classique, ni une banquette pour deux, c’est simplement un siège et demi. Cette “banquette” qui n’est donc plus vraiment un siège, elle est alors gagnée par une personne arrivant seule. L’attitude du voyageur seul est qu’il ne souhaite à aucun moment s’assoir à côté d’une autre personne inconnue, sauf si cette décision devient presque obligatoire par l’absence d’une autre place libre. Le véhicule roulant avance, et se rempli de plus en plus, se bonde au point que chaque personne qui y entre se sent finalement forcée de s’assoir à côté d’une autre. Arrive le moment où, un voyageur entre et n’a pas compris le principe de la place et demi tente une approche vers cette place où une autre personne y est déjà confortablement installée. L’approche fonctionne malgré que la personne remarque que son derrière ne peut entrer dans la demi-place qui reste, résultat des courses, la proximité est telle que l’on dirait que le voyageur est sur les genoux de l’autre.

Déambuler dans la pièce roulante unique c’est accepter de ne pas trouver de place tout en étant dévisagé par une cinquantaine de paires d’yeux rivés sur soi. Le must arrive lorsqu’un passager a le malheur d’entrer les bras chargés de bagages, ces mêmes paires d’yeux n’auront que pour objectif de fixer le phénomène tel que s’il avait un cadavre sous le bras et n’a pas lieu d’être dans un bus et ce, la plupart du temps sans recevoir la moindre aide.

Finalement, le bus, c’est le bus, c’est un lieu roulant décoré de mystères du village, des villages, de la ville et des villes voisins, voisines. Prendre cette navette c’est une épreuve, donc je continuerai de voyager à pied un maximum!

Show your support

Clapping shows how much you appreciated Kris’s story.