Par Béatrice Delzangles, maître de conférences en droit public

Elle a été chargée de mission responsabilité sociale de l’université entre 2014 et 2016. Elle en est désormais référente égalité depuis février 2017.

La responsabilité sociale est une opportunité pour répondre aux attentes de la société. En tant qu’université responsable, Paris‐Dauphine s’est dotée de moyens au service de l’égalité des chances et de l’ouverture sociale qui répondent aux enjeux de développement de la diversité au sein des entreprises.


Quels sont les grands enjeux de l’égalité femmes‐hommes pour Paris-Dauphine ?

Nous cherchons à promouvoir l’égalité professionnelle, à favoriser la parité dans les organes décisionnels, à améliorer la mixité dans les filières. Comment ? En luttant contre les freins à la carrière des femmes, les stéréotypes, le sexisme, les violences de genre, mais de façon concertée. Pour ce faire, un groupe de travail égalité, parité et diversité a été mis en place au sein du Comité Responsabilité sociale de l’université. Nous avons fait le choix en effet d’une démarche inclusive, qui permet d’impliquer toutes les parties prenantes : étudiants, personnels administratifs, enseignants‐chercheurs, partenaires…

Est‐ce une attente forte des partenaires de Paris-Dauphine ?

De plus en plus d’établissements sont attentifs aux questions d’égalité professionnelle. Si nous voulons les avoir pour partenaires, si nous voulons que nos enseignants‐chercheurs et nos étudiants puissent participer à des programmes d’échanges avec ces établissements, il faut que nous soyons irréprochables sur ce point.

Comment avancez-vous sur ce sujet de l’égalité femmes-hommes ?

La Mission Egalité est effective au sein de l’université depuis mars 2017. C’est donc encore assez récent. Le premier travail que nous avons engagé, c’est celui du diagnostic. Nous récoltons des données et identifions les formations, filières dans lesquels il y a un déséquilibre massif, tout en étant attentifs à ne pas sur-interpréter les chiffres. L’enjeu est de dresser un état des lieux, pas de créer des problèmes là où il n’y en a pas !

Quelles actions allez‐vous mettre en œuvre ?

Nous avons décidé de nous pencher en priorité sur la lutte contre les violences sexuelles et les discriminations en réfléchissant à un dispositif de sensibilisation et d’alerte. Mais ma mission ne porte pas que sur l’égalité femmes‐hommes : il s’agit de lutter contre toutes les formes de discrimination !

Justement, pouvez‐vous nous parler du programme Égalité des chances ?

Il consiste à accompagner les jeunes de milieux peu favorisés et des ZEP vers le supérieur. Son objectif est de lever l’autocensure et d’ouvrir la voie à des établissements d’excellence à des lycéens de première et terminale, en proposant 60 heures de cours de renforcement dans différentes matières. Ces cours leur permettent de postuler à Paris‐Dauphine selon la procédure classique ou à d’autres filières d’excellence post‐bac.

Quels sont les résultats de ce programme depuis son lancement en 2009 ?

En huit années d’existence, 406 étudiants issus de ce programme ont été admis à Paris-Dauphine. Dans le même temps, nous sommes passés de 2 à 28 établissements partenaires, et de 10 à 130 enseignants du secondaire qui y dispensent des cours de renforcement. En 2017, nous avons reçu 280 candidatures, soit 44 de plus qu’en 2016. 70 ont été retenues cette année. Depuis 2016, nous avons ainsi atteint notre objectif initial : 10 % des étudiants de première année sont issus de ce programme.

Paris-Dauphine est aussi partenaire des Entretiens de l’Excellence depuis de nombreuses années. Comment cette politique répond aux attentes des entreprises recruteuses en termes de diversité ?

Il s’agit effectivement d’un dispositif qui permet de toucher des élèves de la quatrième à la terminale et qui permet d’améliorer la diversité sociale et territoriale de nos recrutements. Paris-Dauphine est partenaire des associations qui ont lancé ce dispositif car il permet d’intervenir assez tôt dans le parcours scolaire pour lever les freins chez les élèves et neutraliser l’autocensure.

Une fois rentrés dans l’établissement, quelles sont les mesures en faveur de l’égalité des chances ?

Ici, les élèves bénéficient d’un environnement très dynamique. Grâce à l’implication de nos entreprises partenaires, ils ont accès à des visites, simulations d’entretien, relecture de CV, stages, jobs d’été, mentoring… Par ailleurs, la Fondation Paris‐Dauphine a investi dans un programme immobilier neuf dans le quartier de La Défense. Sur les 55 logements disponibles, plusieurs sont mis à disposition de nos étudiants du programme Égalité des chances.

Est-ce que ces mesures trouvent un écho favorable au sein des entreprises ?

Bien sûr ! Elles s’inscrivent dans une démarche globale des entreprises, qui sont de plus en plus attachées à recruter dans la diversité. C’est pour elles un enjeu très fort car la diversité est aussi un facteur de réussite et de performances économiques. Les entreprises ayant fait le pari de la diversité sont très souvent des entreprises innovantes. C’est pourquoi elles sont de plus en plus nombreuses à réfléchir et agir avec nous pour développer cette diversité et pour mieux la manager.


POUR PLUS D’INFORMATION, RETROUVEZ NOUS SUR DAUPHINE.FR

)
Welcome to a place where words matter. On Medium, smart voices and original ideas take center stage - with no ads in sight. Watch
Follow all the topics you care about, and we’ll deliver the best stories for you to your homepage and inbox. Explore
Get unlimited access to the best stories on Medium — and support writers while you’re at it. Just $5/month. Upgrade