“J’AI LA FORCE” — Une mère de 15 enfants découvre qu’elle a le choix à propos de la grossesse

M’Buyi doit se dépêcher. Il est dix-sept heures et elle est déterminée à donner à manger à ses enfants avant le coucher du soleil. En zone rurale au fin fond de la campagne de la République Démocratique du Congo (RDC), il n’y a pas d’électricité. Dans peu de temps, l’obscurité forcera M’Buyi et ses 15 enfants à se retirer dans leur case de paille d’une pièce pour partager un seul matelas. La majorité dormira à même le sol.

« Nous n’avons pas un bon endroit où dormir », dit M’Buyi en remuant une pâte de farine de maïs sur un feu. La fumée du feu de bois envahit son visage. « Nous consommons un repas par jour ».

Même dans les meilleures des circonstances, élever 15 enfants serait difficile. M’Buyi et son mari Kebwé, agent de sécurité pour une compagnie Congolaise de chemin de fer, supportent une famille de 17 membres avec à peu près 2 USD par jour.

M’Buyi et les enfants plus âgés renoncent souvent à leur repas pour que les plus jeunes puissent avoir assez à manger. Elle sacrifie tout pour ses enfants, même lorsque cela met sa vie à risque.

Grossesses, l’Une Après l’Autre

Bien que la taille de la famille de M’Buyi soit remarquable, il n’est pas rare pour les femmes de son village d’avoir dix ou onze enfants. La RDC a le taux de fertilité le plus élevé au monde.

« J’ai eu des jumeaux », dit M’Buyi. « Ensuite, à la grossesse suivante — encore des jumeaux ».

Sans accès à du matériel médical moderne tel qu’une échographie, M’Buyi ne savait pas combien d’enfants elle aurait jusqu’à ce qu’ils viennent au monde. (Au cours de ses grossesses, une sage-femme pressait fortement un appareil traditionnel d’écoute contre le ventre de M’Buyi. Elle n’a détecté des battements de cœur multiples qu’une seule fois).

En tout, M’Buyi a donné naissance à quatre bébés simples, à quatre paires de jumeaux et finalement à des triplés.

Risquant sa vie à chaque nouvelle grossesse, M’Buyi s’inquiétait pour la survie de ses enfants si elle-même ne survivait pas. Elle tenait désespérément à protéger sa famille, mais que pouvait-elle faire ? Elle n’avait aucune connaissance de la contraception.

Sa Santé, Ses Droits

Pendant à peu près 60 ans, une conviction est demeurée au cœur du travail de Pathfinder International dans le monde : chaque personne devrait avoir le droit et l’opportunité de décider de quand et si avoir des enfants.

Et nous sommes plus que jamais près de réaliser cela…

En collaboration avec les gouvernements et les partenaires locaux, nous avons renforcé les systèmes de santé et engagé des leaders communautaires et religieux à travers le monde à briser les mythes nuisibles et à accroître le soutien à la contraception.

Créer une Nouvelle Voie A Suivre

Pathfinder est animée par la passion d’atteindre des femmes comme M’Buyi parce que nous sommes conscients de l’importance des enjeux — pour sa santé, l’avenir de sa famille et le futur de son pays.

En ce moment en RDC, les personnes qui luttent pour survivre sont sur le point de faire face à un défi sans précédent. Dans juste 34 ans, soit en 2050, il est prévu une hausse de la population de l’ordre de 165% — de 73 à 194 millions de personnes.

Le développement durable pour la RDC, pays de M’Buyi et l’un des pays les plus vastes d’Afrique, dépend de la santé et des droits sexuels et reproductifs de ses citoyens. Ils ont besoin du pouvoir de prendre des décisions libres et éclairées au sujet de la contraception.

“J’ai appris le planification familiale”

C’est le matin. Dans un cyclone d’activités, 15 jeunes enfants se lèvent et se suivent à la porte. Les filles les plus âgées s’apprêtent pour l’école. Les autres suivront M’Buyi au champ, récoltant du manioc, produisant souvent peu.

Félicien, un volontaire local appelé « distributeur communautaire », se rend à vélo auprès des personnes mal desservies comme M’Buyi pour leur fournir des informations au sujet de la contraception.

Un bébé dans chaque bras, M’Buyi se rappelle le jour où elle a rencontré Félicien, un agent de santé communautaire qui a changé sa vie. « Nous avons acquis des connaissances à propos des bénéfices de la planification familiale, à propos de chaque méthode ».

Formé et soutenu par Pathfinder et nos partenaires, Félicien conseille M’Buyi et son mari sur la contraception et veille à ce qu’ils sachent où l’obtenir.

M’Buyi a choisi un implant contraceptif — une tige hormonale de la taille d’une allumette insérée dans son bras qui prévient la grossesse sur une période allant jusqu’à cinq ans. « Avec les autres méthodes, vous devez beaucoup retourner au centre de santé », dit M’Buyi. Mais avec l’implant, il n’y a aucun problème ».

Quand elle le peut, M’Buyi joint Félicien pour propager le message sur la contraception dans la communauté (elle a même participé à un projet de formation afin d’être en mesure de fournir des informations complètes à ses voisins). M’Buyi veut que les femmes sachent qu’elles ont des options. Ici, elle montre du doigt son bras — et son implant contraceptif.

M’Buyi est heureuse de son choix et elle veut que les gens le sachent.

« Je suis en bonne santé. J’ai maintenant la force de travailler et de trouver de la nourriture pour mes enfants. Et je ne suis pas tombée enceinte. Mes amis m’ont demandé comment je l’ai fait. Je leur ai répondu que c’est parce que j’utilise la planification familiale ».

En riant, six tout-petits se tiennent les mains et sautent en cercle. M’Buyi, résiliente mais lasse, les regarde affectueusement.

« J’ai besoin de nourrir mes enfants et de les garder en bonne santé. Je veux qu’ils fassent tous de bonnes études afin qu’ils puissent avoir une bonne vie ».

C’est pourquoi elle est reconnaissante à la contraception.

« Mon mari et moi, nous nous sentons bien à propos de la planification familiale. Nous avons déjà beaucoup d’enfants. A présent, nous œuvrons à trouver comment les élever.

Le projet Evidence to Action (E2A) de Pathfinder met en œuvre ce projet Communautaire de Planification Familiale soutenu par la mission de l’USAID en RDC

Photographie
BANGLADESH Quamrul Abedin
BURUNDI Sala Lewis
DRC Felix Masi
HAITI Frederick Alexis
INDIA Simon deTrey White
MOZAMBIQUE Sala Lewis & Maren Vespia