“Tribune VIP”, Bataclan et Fdesouche

Samedi soir, le 12 novembre, je couvrais la réouverture du Bataclan pour BuzzFeed News. Sting était le premier à fouler la scène depuis les attentats du 13 novembre 2015 au cours desquels 90 personnes y avaient été assassinées par des jihadistes se revendiquant de l’EI. Au cours de la soirée, que j’ai racontée via un livetweet disponible ici, j’ai observé qu’au balcon, un petit groupe de VIP étaient réunies au même endroit. Parmi ces VIP, Anne Hidalgo, Valérie Pécresse ou encore Juliette Méadel.

Sur le moment, rien d’étonnant. Le balcon se remplit de visages connus, mais aussi de beaucoup d’anonymes, que je présume être des victimes ou des familles de victimes. La “tribune VIP”, comme je l’appelle à ce moment-là, représente une quinzaine de places, sur les 200 que compte le balcon. Situé près de la fosse, il me semble normal, et même souhaitable, que les élu-es ne soient pas installé-e-s en bas, au milieu de la foule. Question de sécurité.

Récup’ et indécence

C’était sans compter sur la fachosphère et quelques élus, Sandra Fellous en tête, qui avaient décidé que cette soirée ne serait pas un hommage aux victimes, mais l’occasion de salir un peu la mémoire des lieux.

Je n’ai jamais dit que le balcon était “réservé” aux VIP, ni que le “vox populi” (allez savoir de qui il s’agit) n’avait pas été “invité”. Ce que j’appelle alors “tribune VIP” n’en est même pas vraiment une, c’est simplement le nom que je lui donne sur le moment, mais passons. On a pu mal comprendre mon tweet, je m’en explique donc avec Pierre Sautarel, animateur de Fdesouche, fer de lance de la fachosphère.

Je le répète, parce que je lui ai déjà dit dans un autre tweet. Mais qu’importe, son message mensonger est toujours en ligne, et reçoit, aujourd’hui encore, des réponses d’internautes outrés. On aurait pensé, j’aurais pensé, qu’un soir pareil imposerait un peu de décence. De la musique, pour ceux qui en avaient le courage, le silence et le recueillement pour ceux qui voulaient rendre hommage aux 90 spectateurs tués et aux innombrables autres blessés ce 13 novembre 2015.

C’était sans compter sur les patriotes du net, qui ne vont jamais dans les lieux dont ils commentent les soubresauts, mais qui croient mieux analyser un événement que celui qui en témoigne directement. Pierre Sautarel peut nous bassiner toute la journée avec son patriotisme et sa fausse compassion pour les victimes. Il se moque bien des victimes présentes à ce concert, installées ou non au balcon, guéries ou non. Leur cracher au visage était le prix à payer pour nourrir une polémique stérile, et montée de toutes pièces.

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