Révélation attendue
Y’a des moments comme ça. La déprime de l’hiver. La routine qui s’installe.
Je ne tiens plus debout.

Je suis en poste, j’ai trouvé un CDI. C’est pas exactement ce que je recherchai. Et en fait je me rends compte que les critères que je m’étais imposée ne correspondent pas à ce que je recherche.
Qu’est-ce que je dois faire ? Attendre que ça passe ? Espérer des missions plus intéressantes ? Négocier une augmentation ? Essayer de changer les comportements de ceux qui m’entourent au travail ?
Je ne crois pas. Je pose des vacances. Une semaine devrait me faire du bien, NOUS faire du bien, avec Super Chéri. Un an et demi sans vacances, ça commence à être difficile au quotidien. Entre la date d’acceptation des congés et le premier jour de vacances, il se passe un mois. Je vous écris 3 jours avant mes vacances.
Je pense que mes vacances vont me permettre de faire un point détaché sur mon travail. Qu’est-ce que j’en attend ? Qu’est-ce que je veux faire ? Rester ? Partir ? Pour quoi ? Pour où ?
J’attends sans trop attendre. Sans trop savoir quoi penser. Je pense qu’il va se passer quelque chose, mais quoi ?
Et la révélation que j’attendais se produit.
Ce moment, ces heures, où je réalise que c’est ça. Je prends conscience.
J’ai déjà lu des articles de celles et ceux qui ont une révélation brutale et quitte leur CDI pour vivre plus simplement et souvent dans plus de précarité et qui y gagnent beaucoup de bonheur. Mais tous ces articles là, sont écrit à posteriori. moi j’y suis là. C’est maintenant. La révélation a eu lieu hier soir.

J’ai reçu un appel étrange. Un vol de chèque et une complice qui ne veut pas l’être. Et au fil des secondes, je comprends ce qu’il se passe. C’est l’histoire d’une femme amoureuse d’un bandit moderne. J’imagine tout. Je regarde trop de séries. J’ai peur pour elle et pour l’enfant que j’entends pleurer derrière le combiné. Plus tard, elle me rappelle, sans lui et confirme mes peurs. J’avais raison. Merde ! Je ne peux pas rester sans rien faire, je refuse de rester sans rien faire. Je lui parle doucement, j’essaie de créer un climat de confiance. Je la rassure et la soutien. Je l’écoute sans la brusquer. Mais autour de moi les regards sont lourds. “Raccroche”, “on s’en fout de sa vie”… OK là, maintenant, précisément, autour de moi, on a passé une ligne. J’ai atteint mon point de non retour dans cette boîte. Il est hors de question que je passe mes journées avec des gens qui réagissent comme ça.
C’est parti, je me casse ! Je comprends que je me suis trompée dans mes recherches de travail. Je ne peux plus quitter le social. Il faut que j’y retourne au plus vite.
